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De Clermont, parti en 1736, mort le 23 février

5. Arch M.-É., vol. 688, p. 280. Lettre du 28 février 1752. TraducUon de Mgr Néez.

an, située dans le vicariat occidental : c'est M. Jean Le RouXy provicaire apostolique du royaume du Tonkin qui est décédé. Nous demeurions avec lui dans la même maison, nous connaissions son naturel et sa manièi^e d'agir lorsqu'il était vivant. C'est pourquoi nous prenons la liberté d'en écrire à Votre Grandeur, afin qu'elle prie pour le repos de son âme.

« 1° Il était si rempli des trois grandes vertus, la foi, l'espérance et la charité, qu'elles se répandaient à l'extérieur.

C'est pourquoi toutes les semaines, il avait coutume de prêcher le dimanche sur ces trois vertus, afin que les gens de la maison se les imprimassent dans le cœur.

« 2** Pour la charité envers le prochain : il avait des entraiUes de miséricorde et de tendresse pour tous les gens de la Maison de Dieu*, grands et petits, pour les religieuses Amantes de la Croix, et pour tous les chrétiens de l'un et l'autre sexe ; il aimait tous ces différents états d'un amour égal à celui d'un père à l'égard de ses propres enfants. C'est ce qui le faisait souvent s'écrier lorsqu'il les voyait dans la tristesse : Plût à Dieu que je pusse répandre mon sang pour que celui-ci ou celuilà sortit de l'affliction, et alors mon cœur serait au comble de la joie.

« 3® Il a toujours conservé son àme dans une grande

1. « Nos premiers missionnciires senUrent vite la nécessité d'avoir un personnel qui les aidât dans leurs travaux, surtout pour ce qui regarde i instruction et la surveillance des ûdëles. Us choisirent donc des enfants (»u des jeunes gens qu'ils formèrent à la science et à la piété, afin de s en servir ensuite comme l'on se servait des clercs dans la primitive Église. C'est ainsi que fut fondée la « Maison de Dieu » qui comprend tout le personnel attaché au service de la mission.

« Tous ses membres sont entretenus sur la bourse commune, mais ils ne reçoivent aucune rémunération* pécuniaire. D'autre part, ils ne sont liés par aucun vœu ni par aucun engagement bien défini, et chacun peut rentrer dans le monde quand il lui plaît. Mgr Gendreau, — Compte rendu de la mission du Tonkin Occidental en i892.

patience. C'est pourquoi lorsque quelques-uns ^ grands ou petits, le méprisaient, le blâmaient ou lui faisaient de la peine en quelque occasion que ce fût, il ne se mettait point en colère et ne se fâchait pas ; il les souffrait pour lors, et ensuite, quand la bourrasque était passée, il leur reparlait et les exhortait, afin qu'ils reconnus* sent leurs fautes et se corrigeassent. S*il rencontrai! quelques entêtés et quelques superbes qui n'écoutaient pas la raison, il se contentait de leur dire : Dieu te punira.

« 4° Il était exact observateur des règles de la Maison de Dieu. Ce que ses prédécesseurs, dans le poste qu'il occupait, avaient pratiqué, il le pratiquait exactement sans oser y ajouter rien de nouveau de lui-même. Ainsi., quelque chose qu'il fit, il avait coutume d'interroger et de prendre conseil des plus anciens ; ce qu^ils avaient vu observer auparavant, il l'observait exactement sans y rien changer.

« Lorsqu'il était encore vivant, aous n'avons jamais osé rien dire de ses rares qualités à Votre Grandeur; à présent qu'il est sorti de cette vie, nous prenons la liberté de vous faire un abrégé de quelques-unes de ses vertus. Il y a encore beaucoup de choses que nous ne pouvons pas raconter, parce qu'il cachait tout le bien qu'il faisait; sa manière de vivre était fixe et secrète en toute façon. Nous voyions que Votre Grandeur possédait une espèce de pierre précieuse ornée de plusieurs belles qualités, pour servir de compagnie à Votre Grandeur dans sa vieillesse, notro cœur en était rempli de joie; mais Dieu, dont les vues sont infiniment impénétrables, ôte ce diamant des mains de Votre Grandeur, et nous laisse dans le cœur un sentiment douloureux de la pertc' que nous faisons. Voilà tout ce que vos petits enfants prennent la liberté d'écrire à Votre Grandeur, en la priant de se ressouvenir et d'avoir pitié d'eux. Tous

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VOS petits enfants y qui étions les ministres du défunt , attestons la vérité de tout ce qui vient d'être rapporté, et nous nous sommes soussignés ci-après. »

Tels sont les Vicaires apostoliques, et les prêtres des Missions-Etrangères qui, au milieu du xvin* siècle, soutiennent la prédication de TEvangile en Chine, en Gochinchine, à Siam et au Tonkin : inspirés du plus pur esprit apostolique, pénétrés des traditions de la Société, pleins d'obéissance pour Rome, animés d'un grand amour pour la France. On les voit tout à la fois conseiTer et combattre, s'occuper du bien des âmes et de l'honneur de la patrie. Pendant cette période difficile, ils sont chassés de Chine et de Cochinchine, ils sont en nombre très restreint au Tonkin et à Siam. Cependant, aucune des missions confiées à la Société ne périclite; les chrétiens n'abandonnent pas la foi, les catéchistes restent fermes à leur poste, la persécution ne fait pas les ravages extrêmes qui ont anéanti d'autres contrées. D'où viennent ces résultats? Sans doute d'une moindre violence dans la persécution, mais également de la présence des prêtres indigènes. En certaines contrées, eux seuls échappent aux perquisitions, à la proscription, à l'exil; eux seuls veillent à tout, à la conservationdes fidèles, àl'instruction des enfants, à la conversion des païens; ils étendent même leur action plus loin et plus haut jusque sur la vie et sur la situation générale des missions. Tantôt en effet ils gardent des relations avec les mandarins influents, adoucissent leurs sentiments à Tégard du catholicisme et arrêtent le feu de la persécution; tantôt ils conseillent les chrétiens, leur apprennent l'art difficile de souffrir en silence, de fuir s'il en est besoin et de reparaître au moment propice.

S'il avait été nécessaire de prouver par des faits combien les Souverains Pontifes avaient raison en ordonnant

la formation d'un clergé indigène séculier, la preuve est complète, et c'est à la Société des Missions-Etrangères la première, que revient l'honneur de l'avoir donnée en Extrême-Orient.

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