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Précédemment elle s'était appelée rue de la Maladrerie

User ce dessein^ il céda cette demeure à la Société des Missions-Etrangères ainsi que tout ce qu'il possédait à Ispahan : son évêché, sa chapelle et sa bibliothèque. Le contrat de vente fut signé le 16 mars 1663, par les deux procureurs laïques des Vicaires apostoliques, de Garibal et Antoine de Bouillon, seigneur de Morangis, qui remplaçait Voyer d'Argenson.

Les conditions de cette vente furent les suivantes : les acheteurs devaient laisser à Tévêque de Babylone le logement qu'il occupait dans le Séminaire, lui payer une rente viagère de 3,000 francs; une autre rente viagère de 500 francs à son aumônier Silvestre Cazadaval, une rente égale à sa domestique Louise Chérot ; verser, après sa mort, une somme de 2,000 francs à THôtel-Dieu de Paris et 500 francs à l'Hôpital Général, « afin qu'il soit prié Dieu pour le repos de son âme et célébré des messes à son intention, selon la charité des administrateurs ». Une clause particulière obligeait les procureurs des Vicaires apostoliques à ne pas négliger la Mission de Perse ^ .

Le même jour, un second acte passé entre les mêmes parties portait que cette cession, ainsi consentie et libérée, aurait lieu, même si l'érection légale du Séminaire ne pouvait être obtenue, et dans ce cas, la propriété serait employée à d'autres œuvres pies*.

C'est cet acte de vente, souvent appelé donation, qui a pendant longtemps fait croire et écrire que l'évêque de Babylone fut le fondateur du Séminaire des Missions- Etrangères. On voit qu'il n'en est rien et que le simple énoncé des conditions du contrat suffit à prouver l'inexactitude de cette assertion.

De Garibal et de Morangis cédèrent le 18 mars leur nouvelle acquisition à Gazil et à Poitevin. Par cet acte,

1. Teneur de racle de cession; Arch. des M.-É., vol. 165, p. 17.

2. Teneur de l'acte passé le même jour de la cession ; Arch. des M.-É., vol. 165, p. 28.

le Séminaire passait entre les mains des procureurs ecclésiastiques spécialement chargés de le diriger ^.

La reconnaissance légale, obligatoire en fait, sinon en droit à cette époque, fut facilement obtenue. La sympathie de Louis XIV et de ses ministres s'était trop hautement affirmée en faveur des Missions-Etrangères pour qu'ils hésitassent, au moment de mettre la dernière main à leur établissement.

Il suffit d'une demande adressée par quatre procureurs Gazil, Poitevin, de Morangis et de Garibal pour recevoir des Lettres patentes qui furent datées du mois de juillet 1663. Les motifs de l'autorisation exprimés dans le préambule de cette pièce sont remarquables d'esprit catholicpie :

« Depuis qu'il a plu à la Bonté divine de nous donner la paix si nécessaire au culte de la Religion et à la Iranquillité publique, nos principales vues ont été, par la reconnaissance que nous devons aux soins de la Providence sur notre personne et notre Maison royale, de réprimer autant qu'il nous a été possible, le progrès de l'hérésie, que les misères du temps ont à notre grand regret fait tolérer dans ce Royaume, empêcher le cours des erreurs naissantes et nouvelles sectes du Jansénisme, et d'étendre la Religion catholique au delà de ses bornes ordinaires pour en porter les lumières jusque dans les extrémités du monde.

« Pour cela, nous avons procuré auprès de Notre Saint Père le Pape, d'envoyer des Évêques dans la Nouvelle France, en Perse, au Tonkin, en Chine et Cochiiichine et contribué de nos libéralités royales au fonds des voyages •si hasardeux et entreprises si chrétiennes et généreuses pour la conversion des âmes. »

Les Lettres patentes rappelaient ensuite le contrat passé

1. Teneur de l'acte de déclaration au profit d^s sieurs Poitevin et éiazil; Arch. des M.-É., toI. 165, p. 32.

entre Tévêque de Babylone et les procureiw^^ le but de rinstitution du Séminaire dont elles spécifiaient le nom : « Séminaire pour la conversion des Infidèles dana les pays étrangers », et ordonnaient de graver ce nom sw la porte d'entrée ^ .

La décision royale n'est pas tombée dans Foubli; aujourd'hui encore, au-dessus de la grille qui ferme l'entrée de la cour du Séminaire se dresse en fer forgé, le chiffre des Missions-Etrangères : ME, surmonté d'une croix.

Ces Lettres furent enregistrées sans modification par le parlement, le 7 septembre 1663*.

Louis XIV fut aussi généreux envers le Séminaire qu'il l'avait été envers les Vicaires apostoliques ; il lui assigna une rente de 15,000 francs.

L'autorité ecclésiastique témoigna une grande bienveillance. L'abbaye de Saint-Germain avait alors juridiction sur tout le faubourg et par conséquent sur le Séminaire. L'abbé commanditaire, Henri, duc de Verneuil, pair de France, autorisa, le 10 octobre 1663, « les sieurs Poitevin et Gazil et leurs associés, de faire l'établissement dudit Séminaire pour la conversion des Infidèles, pour y \'ivre en communauté ecclésiastique et séculière, ainsi que les autres séminaires institués dans notre ville et faubourg Saint-Germain, sous la conduite d'un Supérieur qu'ils pourront élire, lequel sera tenu de requérir et recevoir de nous ou de nos grands vicaires, prieurs de notredite abbaye de Saint-Germain, la confirmation et institution. » Il statua qu'il avait le droit de censure ou d'approbation du règlement, le droit de visite du Séminaire et d'examen des comptes, que les prêtres envoyés en Mission prendraient de lui ou de ses grands Vicaires des lettres

1. Teneur des Lettres patentes; Arch. M.-É., vol. 165, p. 37.

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