‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 3 sur 218 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

réaliser, il m'a semblé nécessaire de composer deux ouvrages distincts : le premier, l'Histoire générale de la Société des Missions-Etrangères, et le second, divisé en plusieurs parties, l'Histoire particulière de nos Missions groupées selon leur situation géographique et leurs relations historiques.

Dans l'Histoire générale, j'exposerai les faits principaux de l'existence de la Société : Origine, règlement, développement, influence religieuse et civilisatrice; je dirai les œuvres de ses évoques et de ses missionnaires les plus remarquables; les souffrances de ses confesseurs de la Foi, la mort de ses martyrs ; la fondation et la marche de ses séminaires, de ses collèges, de ses procures ; l'établissement de ses maisons de charité et de prières, orphelinats et hospices; l'importance de ses services politiques ; l'utilité de ses travaux scientifiques et littéraires, sans omettre les événements publics dont la Société a ressenti le contre-coup funeste ou Tinfluence heureuse.

Dispersés à travers l' Extrême-Orient , apôtres de peuple s nombreux, les prêtres des Missions-Etrangères poursuivent cependant un même but et sont soumis à un même règlement. Cette double condition suffirait pour assurer l'unité à la vie de la Société et à son Histoire ; un autre lien logique se révèle dans l'étude des faits, qui s'enchaînent par les points de contact, les analogies, les causes et les effets, et qui offrent souvent les mêmes caractères dans des situations diverses et sous des latitudes différentes.

Le second ouvrage, celui que j'appelle Histoire des

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Missions de ]a Société, aura autant de divisions que la Société possède de groupes de missions : Chine, Tonkin, Cochinchine, Indo-Chine occidentale, Indes, Japon; il de^nra expliquer la fondation et l'organisation des Vicariats apostoliques, des districts et des paroisses sous l'action des missionnaires; raconter les travaux des prêtres indigènes et des catéchistes, le dévouement des relig:ieuses, les vertus et les faiblesses des chrétiens, et pendant les persécutions la haine des tyrans, la cruauté des bourreaux, l'héroïsme des victimes; étudier avec plus de précision les causes et les obstacles des conversions ; en un mot, pénétrer dans le secret de la vie de ces Églises naissantes, et montrer le rang qu'elles ont le droit d'occuper dans l'Église universelle.

Ces deux ouvrages ne se confondent ni ne se répètent, pas plus que le règlement particulier d'une mission ne se confond avec le règlement générstl de la Société et ne le répète ; ils marchent parallèlement, et quelquefois se rencontrent et s'éclairent.

Dans l'un et dans l'autre, on retrouve la Société des Missions-Etrangères ; mais le premier la présente tout entière avec ses membres et ses organes, leur juxtaposition et leur fonctionnement; le second s'occupe seulement de quelques-uns de ses prêtres, et encore les considère-t-il dans leurs rapports avec les Vicariats apostoliques qu'ils fondent et les chrétiens qu'ils dirigent : CMi an mot, j'écris séparément l'Histoire d'une Société ecclésiastique et l'Histoire des Églises établies et conduites par les missionnaires de cette Société.

Avant de publier l'Histoire des Missions avec Tautori-

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sation de nos évéques. de nombreuses et longues études me sont indispensables.

Les sources auxquelles j*ai puisé, pour composer l'Histoire de la Société, sont de trois sortes : les manuscrits, lettres et mémoires, conservés dans les archives du Séminaire des Missions-Etrangères, au nombre de plus de cent mille, et que j*ai, pendant dix ans, soigneusement analysés; les livres : Annales de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance, Bulletins des Missions catholiques, biographies particulières, histoires religieuses et profanes des contrées évangélisées ; enfin la connaissance particulière que j*ai acquise directement des choses et des hommes ; cette dernière source est évidemment la moins importante.

Dans un ouvrage de cette nature et fait pour la première fois, les citations de documents originaux et inédits devaient être nombreuses, afin de permettre au lecteur étranger d'apprécier par lui-même les événements, et aux missionnaires de goûter, sous leur forme première, la pensée de leurs anciens dans Tapostolat; d'ailleurs ces citations étant fréquemment des enseignements, il y a double profit à les entendre avec l'accent du maître.

Raconter impartialement les faits est le premier devoir d'un historien, c'est le devoir d'un fils qui a souci de l'honneur d'une mère noble et généreuse, qu'aucune apothéose ne glorifierait autant que la vérité ; je m'y suis donc fortement attaché, sans multiplier d'ailleurs les appréciations, toujours trop aisément absolues et si difficilement exactes.

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