Arcb. des M.-Ë., vol. 8, p
maison prêchaient alors une mission en Beauce. Dès qu*ils furent revenus, ils reçurent de Gazil et de Poitevin, une déclaration en date du 10 mars 1664,^ « que tout ce qu'ils avaient fait jusque-là, n'avait été qu'en attendant le retour de ceux avec qui ils étaient de concert pour ce dessein, — et attendu qu'ils étaient alors tous présents et que leur intention avait toujours été de les associer, — ils associent par le présent acte avec eux également, les sieurs de Meur, Bézard , Fermanel et Nicolas Lambert — pour avoir le même droit. »
La réunion générale se tint le 11 juin 1664, dans la chapelle du Séminaire, en présence de Tévêque de Rodez, Abelly. L'élection se fit à la pluralité des voix. Vincent de Meur fut nommé Supérieur, Bézard premier assistant et Fermanel économe ; on nomma aussi un professeur de théologie et un Directeur spécialement chargé des séminaristes. Ces nominations étaient faites pour trois ans.
Si maintenant nous résumons les phases diverses de la fondation du Séminaire, nous voyons que les évêques Tont préparée en demandant l'autorisation à la Propagande, qu'ils l'ont assurée en nommant leurs procureurs et en réglant avec eux, d'un commun accord, les mesures à prendre pour former les ouvriers apostoliques et soutenir les Missions, que ces procureurs ont accompli leur mandat par l'achat d'une maison, par l'obtention de la reconnaissance légale des autorités civiles et ecclésiastiques de France. Le 27 octobre 1663, le Séminaire existe, il reçoit son organisation définitive par les élections du 11 juin 1664.
1. Teneur de cet acte d'association; Xrch. des M.-É., vol. 163, p. 30.
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M. de Meur, à qui incombait la tâche de guider les premiers pas du Séminaire des Missions- Etrangères, était né à Tonquedec, près de Lannion, en 1628; il était le dernier rejeton d'une antique famille de Bretagne, de la branche des Kerguz-Kerhuon ^ . Sa devise le peint tout entier; au-dessus de son écusson « d'argent à la fasce d'azur », héritage de ses ancêtres, il avait fait graver ces mots : « Parler de Dieu ou se taire. » 11 était abbé de Saint-André de la Bellière, et attaché à Taumônerie royale. Lors de son examen de Doctorat en théologie, il avait soutenu la thèse : << que ceux qui ne reconnaissaient pas la condamnation des cinq propositions de Jansénius étaient schismatiques. »
Cette thèse lui avait valu un bref du Pape et Tinimitié des Jansénistes.
En 1637, nous l'avons dit, il avait lu à Alexandre VII la supplique qui demandait des Vicaires apostoliques.
A peine fut-il supérieur, qu'il sollicita de Rome la confirmation de l'établissement du Séminaire. Le cardinal Flavio Chigi, neveu du Souverain Pontife et son légat en France, l'accorda par la lettre suivante :
« Flavius, par la miséricorde divine, cardinal de la Sainte Eglise romaine, du titre de Sainte-Marie du Peuple, légat a latere de Sa Sainteté le Pape Alexandre VII, au prince sérénissime Louis, roi très chrétien de France et de Navarre, ainsi qu'à tout son royaume, à toutes les provinces, domaines, cités et terres à lui soumises, et à nos bien-aimés en Jésus-Christ Vincent de Meur, François Bézard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Armand
1. Vincent de Meur, missionnaire breton, par Arthur du Bois de la ViUerabel, p. 10 et suivantes.
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Poitoân, prêtres de Paris et d'autres villes ou diocèses, maîtres en théologie, salut éternel dans le Seigneur.
« Le devoir de notre légation apostolique nous oblige à donner tous nos soins et à prendre toutes les mesures qui dépendent de nous pour conserver dans leur fermeté et dans leur intégrité les institutions autorisées par les diplômes royaux et confirmées par l'autorité ordinaire pour le progrès du culte divin, la propagation de la religion et la prospérité des communautés ou séminaires des personnes ecclésiastiques. On nous a exposé dernièrement comment, de par la congrégation de la Propagande et à rinstance des Ré vércndissimes Evêques envoyés chez les peuples canadiens, tonkinois et chinois pour leur conversion, vous vous êtes chargés du soin de former et d'instruire des clercs qui, devenus plus tard de bons ouvriers et de fervents missionnaires, iront dans ces pays infidèles pour prêcher l'Evangile et aider ces mêmes évoques. C'est dans ce but que, inspirés par l'esprit de Dieu et afin de faire produire à la vigne du Seigneur des fruits de plus en plus abondants, vous avez érigé, fondé et institué dans le faubourg Saint-Germain, près Paris, muni des patentes royales et de rautorité de l'ordinaire, un établissement pour la formation de ces ouvriers; mais, désirant de fortifier autant que possible cette autorisation royale et ordinaire, vous avez voulu la mettre, avec tout ce qui concerne l'érection de ce Séminaire sous notre patronage, et vous nous avez présenté vos humbles suppliques pour cet objet.
« Désireux de tout ce qui peut contribuer au progrès du culte divin et de la religion, et plein d'affection pour ces sortes d'établissements ecclésiastiques, nous vous absolvons de toutes les censures et peines ecclésiastiques que vous pourriez avoir encourues pour assurer l'effet de ces présentes lettres, accédons à vos supplications, confirmons et approuvons, par l'autorité du Siège apostolique
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^lont nous sommes suffisamment muni pour cet objet, par la teneur des présentes, sans préjudice de qui que ce soit, Térection, la fondation et l'institution dudit Séminaire et les écritures qui s'y réfèrent avec ce qu'elles contiennent et tout ce qui s'ensuit, pourvu que ce soit licite, honnête ^t nullement contraire aux saints canons et décrets du concile de Trente, suppléant tous les défauts, tant de droit que de fait, qui pourraient être intervenus, et déclarant nul et vain tout ce qui pourrait être tenté en sens contraire, soit à bon escient, soit par ignorance, par cjuelque autorité que ce soit, nonobstant les constitutions *'t ordonnances apostoliques ou autres contraires à ces lettres.
« Donné à Paris, en Tannée de Tlncamation de Notre- Seigneur, le troisième jour des ides d'août 1664^. »
Cet acte donnait au Séminaire son existence dans TEglise, et lui assignait une place particulière, comme les Lettres patentes avaient affirmé son existence légale dans l'Etat. La nouvelle en fut aussitôt envoyée dans les Missions où elle excita la joie la plus ^'ive.
<c Lorsque les missionnaires apprirent rétablissement à Paris d'un Séminaire, dit Mgr de la Motte Lambert, ils rendirent incontinent grâces à Dieu, comme d'un des plus grands ouvrages qui se pouvaitentreprendrepoursa gloire qui pourrait davantage attirer la bénédiction du Ciel sur la France*,» et, ajoute Mgr Pallu, « ce nous fut un nouveau motif de nous appliquer avec plus de confiance <[ue jamais aux fonctions de notre ministère *. »
A ce moment, la Société des Missions-Étrangères est définitivement et complètement fondée, elle a un but général et exclusif, Tapostolat dans les Missions ; un but
1. 11 aoâi. Teneur de la Bulle de Confirmation, par le Légat; traiiuit & la même époque. Arch. des M.-Ê., toI. 165, p. 52.