Vie de Mgr de Lavait par M. Gosselin, vol. 1, p
a seront choisis et nommés par MM. du Séminaire de Paris, suivant leurs règlements, et recevront ensuite la bénédiction de Tévêque avant d'entrer en charge. Ils seront tenus d'élever dans le séminaire et de former à Tétat ecclésiastique les jeunes gens doués des qualités nécessaires et possesseurs du revenu exigé par les lois de rÉglise. »
L'évêque et le séminaire de Québec nommèrent, pour leurs procureurs à Paris, MM. Poitevin et Lescot qui, en leur nom, signèrent le 29 janvier 1665, l'acte d'union entre les deux séminaires ; celui de Paris était représenté par MM. de Meur, Bézard, Fermanel, Gazil et Nicolas Lambert.
« On voit donc, conclut le cardinal Taschereau, que le séminaire de Québec était à la fois séminaire épiscopal et diocésain, et comme tel soumis à Tévêque selon les canons du concile de Trente, et séminaire des Missions- Étrangères dépendant de celui de Paris pour le temporel et pour la nomination de ses supérieurs ^. »
Des lors, la Société dirigea plusieurs de ses prêtres vers le Canada jusqu'à la prise de Québec par les Anglais eu 1759 ; les uns passèrent leur vie dans l'enseignement, et les autres se consacrèrent à l'évangélisation de l'Acadie et de la Louisiane; entre leur situation dans la Société et celle des missionnaires d'Extrême-Orient^ il y eut toujours ces deux différences : ils étaient libres d'accepter ou de refuser d'aller, au Canada, et ils ne recevaient pas la patente qui associait directement aux Missions-Étrangères ; tandis que les missionnaires d'Asie devaient, sous peine d'exclusion, accepter la mission qu'on leur désignait, et étaient incorporés dès leur départ.
1. histoire manuscrite du Séminaire de Québec, par le cardinal Taschereau, p. 19.
MISSIONS-ÉTRANGÂRES. — I. 11
L'union que Mgr de Laval venait de conclure prouvait sa confiance dans l'avenir de la Société et du Séminaire des Missions-Étrangères; beaucoup étaient loin de partager ses sentiments, et chaque incident excitait des» inquiétudes ou soulevait des critiques.
L'arrivée en Europe de Mgr Fallu produisit sur ses. amis et sur ses adversaires un double effet également fâcheux. Les premiers incomplètement renseignés sur les obstacles auxquels se heurtaient les Vicaires apostoliques, et sur les questions importantes qu'ils avaient à résoudre, virent avec un étonnement mêlé de tristesse un retour si prompt, que rien ne leur semblait motiver. La place de Tévôque, pensaient-ils, était à la tête de sesmissions, et s'il avait des affaires à traiter en France et à Rome, il devait en charger ses procureurs.
Ses adversaires s'écrièrent que leurs prévisions étaient justifiées ; à peine rendus sur le théâtre de leurs travaux^ les Vicaires apostoliques l'abandonnaient; c'étaient bien là l'enthousiasme et l'inconstance français ; c'était bien aussi le résultat d'une œuvre dont les bases n'étaieriJ pas assez solidement établies. Ces bruits par\înrent aux oreilles de Mgr Pallu, qui, tout en essayant de rassurer les directeurs du Séminaire, ne s'émut pas outre mesure. Il avait la conscience de remplir son devoir et la foi vive en la Providence ; quelques censures n'étaient pas pour le troubler.
« On me mande, lisons-nous dans une de ses lettres, que mon retour en Europe fait bien parler du monde et surprend mes amis. J'ai appris par la grâce de Dieu âne pas m'étonner du bruit et à me soucier fort peu de ce cju'on dit de moi, pourvu que je sois dans l'ordre de ma vocation. Ma seule peine est celle que je cause à mes
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frères et à tous ceux qui me font l'honneur de m'aimer. Je me sens obligé de faire tout mon possible pour les en relever, sans néanmoins m'en occuper par trop, mais je vois que ce n'est pas une petite affaire, car ils sont préoccupés et prévenus de certaines pensées qu'il ne sera pas aisé de détruire; j'espère néanmoins que le temps fera tout avec la grâce de Notre-Seigneur. J'écris à ce sujet plusieurs choses dont j'abandonne l'effet au Saint-Esprit, auquel il appartient seulement de convaincre ou de persuader en ces sortes d'affaires ^ . »
Sans se défendre davantage, Mgr Pallu alla directement à Rome, et dans un premier mémoire, il exposa l'état des missions qu'il avait traversées, les travaux des religieux, leurs souffrances, leur pauvreté, et sollicita des secours particulièrement pour les églises d'Alep, où « plusieurs congrégations travaillaient avec une union de cœur et une harmonie de conduite dignes de servir de modèle. »
La moi*t du Pape Alexandre Vil, sur lequel il comptait, puisque ce Pontife avait nommé les Vicaires Apostoliques, suspendit bientôt toutes les affaires.
Clément IX lui succéda le 20 juin 1667.
Dès que les fêtes de Texaltation furent terminées, l'évêque demanda et obtint une audience, et développa les raisons qui l'avaient obligé à revenir en Europe. Le pape l'accueillit favorablement, et l'adressa aux cardinaux de la Propagande, à qui revenait la tâche d'examiner sesdemandes, consignées dans plusieurs longs mémoires et dont le triple but était : 1** de montrer la nécessité de confirmer et d'amplifier les pouvoirs qu'Alexandre Vil avait accordés aux Vicaires apostoliques, et d'étendre leur juridiction sur le royaume de Siam ; 2® de prouver l'importance d'étaJ:)lir des règles de discipline, afin de