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directeurs du Séminaire de Paris, mais aux directeurs des séminaires de toutes les Missions.
• Si un chrétien, pour s*a&ctionner à son état et pour être fidèle à ses obligations, doit toujours estimer et croire fermement qu'il ne peut rien faire de meilleur, qui soit plus glorieux à Dieu et plus avantageux pour le bien de son âme. que ce qu*il pratique dans Tétendue de sa vocation^ vous trouverez toujours, dans la considération de la vôtre, les plus puissants motifs pour y donner tout votre cœur et vous y attacher inviolablement, puisque non seulement il n*y a rien de meilleur pour vous, mais aussi parce que cette haute et sublime vocation surpasse t>eaucoup toutes les autres dans sa dignité, dans son importance et dans sa nécessité. Si les emplois apostoliques ont tant de mérites, s'ils sont tant estimés de tous les sages, quelle opinion ne doit-on pas avoir de ceux qui ont pour objet de faire des ministres de TEvangile. La vie apostolique est une continuation de celle des Apôtres ; la vôtre imite et continue la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui semble n'avoir point eu d'autre dessein. Tout ce qu'il a dit et pratiqué, durant les trois dernières années de sa vie, a eu j>our but de former, instruire et exercer ses apôtres et ses disciples, pour les envoyer ensuite prêcher son Evangile à toutes les nations du monde.
« Voilà, Messieurs, tout ce que vous prétendez dans votre Séminaire, voilà quelle est toute votre application, et vous trouverez votre paradis dans la contemplation de ce divin Maître que vous avez continuellement devant les yeux pour bien réussir dans ce grand et important dessein ; sans sortir de votre Séminaire, vous irez dans foutes les parties du monde où vos séminaristes sont envoyés, vous prêcherez continuellement par leurs bouches, et ensemencerez les terres stériles des infidèles de la parole de vie, dont vous les avez pourvues; vous
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répandrez en tous les lieux la bonne odeur de Jésus- Christ par l'exemple des plus éminentes vertus, qu'ils ont apprises auprès de vous, et vous ne cesserez point d'enfanter à Jésus-Christ, de nourrir et de perfectionner tous ceux qu'ils ont le bonheur de régénérer dans les eaux du baptême et de repaître du corps et du sang de notre divin Sauveur.
« Mais ce que vous devez par-dessus tout estimer dans Télévation où met cette noble et illustre vocation, c'est la nécessité qu'elle vous impose d'être de très grands saints et de tendre continuellement au degré d'amour et de perfection qui lui soit proportionné. Si les saints Pères relèvent tellement l'obligation que tous les ministres de l'Evangile ont d'être parfaits, que ne doit-on pas dire et penser deceux qui, par état, doivent continuellement être appliqués à former des ministres, autant et beaucoup plus par leurs exemples que par leurs instructions. 11 faut assurément que cette perfection imite de plus près celle de Jésus-Christ en qualité de Maître. »
Pendant que ces mesures d'organisation étaient prises, et que ces conseils pieux et sfiges étaient donnés, les négociations continuaient leur cours avec les ministres siamois. Ceux-ci, malgré leur désir de voir leur prince entrer en relations avec les souverains d'Europe, ne diminuaient pas les exigences de leur cérémonial. Le roi, informé des objections émises par les Vicaires apostoliques, décida qu'on dérogerait pour eux à l'étiquette ordinaire, et qu'on observerait les usages des ambassadeurs européens.
L'audience fut fixée au 18 octobre 1673. La veille, Laneau, accompagné de tous les missionnaires alors à.
Siam et de sept autres Français, porta les lettres de Clément IX et de Louis XIY dans un palais spécialement iaffecté au dépôt des lettres des princes étrangers. Des mandarins vinrent les prendre, les placèrent séparément dans des corbeilles d'or et les portèrent k la salle du conseil, où le premier ministre et beaucoup d'officiers les attendaient. Devant eux, Laneau traduisit les deux missives qui furent déposées sur un trône et respectueusement portées par deux officiers entre une double haie de soldats jusqu'au palais du roi.
Le lendemain, vers cinq heures du matin, une barque pavoisée de drapeaux et d'oriflammes, montée par cinquante rameurs et suivie de quatre petits canots, vint chercher les évêques à leur résidence. Ceux-ci se rendirent au palais, en grand costume épiscopal, et traversant au son des hautbois, tambours, trompettes et tam-tams, quatre cours remplies de soldats en armes et de mandarins en tenue officielle , ils entrèrent dans un pavillon extérieurement recouvert de lames en cuivre doré. Phra-naraï parut aussitôt, vêtu d'une robe de soie jaune et rouge brochée d or, éclatante de pierres précieuses; il s'assit sur son trône, tandis que le premier ministre et lesgrandsde la cour se prosternaient, « ayant en tête le bonnet national, en figure d'un pain de sucre relevé d'or. »
Les évêques firent trois inclinations profondes et s'assirent en face du prince sur des tapis dp soie, brodés d'or et d'argent. Alors un grand mandarin lut à haute voix la lettre du Pape dont voici la traduction ^ :
« Sérénissime Roi, salut et lumière de la grâce divine. Nous avons appris avec plaisir que votre royaume, toujours comblé de richesses et de gloire, ne fut jamais aussi florissant qu'il l'est sous le règne de Votre Majesté. Ce