‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 95 sur 218 · Arch. M.-É., vol · texte numérisé non relu

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tant la première détermination, ils seront toujours prêts et disposés à être mis ailleurs, suivant les besoins de la mission qu'on ne peut pas prévoir.

« 4® Ils n'entreprendront rien d'extraordinaire sans l'avoir communiqué à leur supérieur et sans avoir pris ordre de lui. »

La rédaction de ces conseils était due à M. de Brisacier dont le premier supériorat avait commencé en 1681.

M. de Brisacier n'appartenait à la Société et n'était directeur du Séminaire que depuis cinq ans, mais il était depuis longtemps très dévoué aux Missions. Né dans le diocèse de Blois en 1642, il était docteur de Sorbonne, abbé de Flabcmont, aumônier, conseiller et prédicateur de la reine Marie-Thérèse. C'était lui qui avait prononcé l'oraison funèbre de la duchesse d'Aiguillon. Son administration, la plus longue de toutes celles qui ont gouverné le Séminaire, fut marquée par des faits extrêmement importants pour la Société et que nous raconterons en leur temps.

Il signala ses débuts par la construction d'un nouveau Séminaire. L'habitation, vendue aux directeurs par l'évêque de Babylone, avait été bientôt jugée trop étroite, et surtout sa position sur le bord môme de la rue était contraire au calme nécessaire à une maison de prières et d'études.

On résolut donc d'en bâtir une autre, à une vingtaine de mètres en arrière, dans les jardins qui s'étendaient entre la rue de Varennes et la rue de Babylone.

L'église fut construite la première. Dieu avant les hommes, c'était de toute justice, d'autant que, pour servir de chapelle, on n'avait alors qu'une salle très pauvre-

ment décorée. Sur rinvitation de Louis XIV, toujours désireux de manifester sa bienveillante sympathie aux Missions-Étrangères, l'archevêque de Paris, François de Harlai, posa la première pierre le 24 avril 1683.

Tous les prêtres du Séminaire, maîtres et élèves, revêtus du surplis, rangés sous la grande arcade qui joignait les deux cours, reçurent le prélat accompagne des évoques de Dax, de Gap et de Laon. Les associées de l'œuvre de charité fondée par Mgr Fallu, considérant avec raison que cette fête était un peu la leur, puisque le Séminaire allait s'élever grâce à leur générosité, étaient venues en grand nombre ; « onles plaça par quatre dans leschambres qui donnaient sur l'emplacement de la chapelle. M. l'abbé Bailly était choisi pour les y conduire, et Dieu sait comme il s'en acquitta. Les toits et les fenêtres des maisons voisines étaient couverts d'ouvriers et de gens du peuple qui n'avaient pu trouver place dans la cour.

« Le supérieur, M. de Brisacier, fit à Tarchevêque un compliment qu'il dit parfaitement bien et qui fut fort goûté. L'archevêque répondit par un petit discours en trois points : le premier, sur l'admiration que tous les chrétiens devaient concevoir de la bonté de Dieu, qui, malgré toute sa grandeur, ne dédaignait pas d'habiter dans des temples bâtis par la main des hommes ; le second, sur la piété et la religion du roi, qui, au milieu de ses grandes occupations, s'intéressait à toutes les œuvres se rapportant à la gloire de Dieu, principalement à celles qui pouvaient porter cette gloire jusqu'aux extrémités du monde; et le troisième, touchant la joie qu'il éprouvait d'avoir été choisi pour cette bénédiction solennelle, et son bonheur de pouvoir témoigner en cette occasion son estime et son affection pour le Séminaire. » 11 termina en souhaitant que cette bénédiction attirât sur la maison « la rosée du ciel et celle des biens de la terre ». Après la cérémonie, il s'entretint avec les directeurs et les dames

de charité; apercevant son petit neveu, âgé de dix ans, venu avec sa mère, il l'appela, et, s'adressant au supérieur, « lui demanda s'il Taccepterait pour porter le surplis dans son séminaire ; à quoi gravement le supérieur répondit : « qu'il ne fallait pas une autorité moindre que celle de Sa Grandeur pour le faire admettre dans une maison comme la nôtre. » Le procès-verbal de la cérémonie fut dressé et envoyé dans toutes les Missions ; une médaille commémorative fut frappée et offerte au roi, aux ministres, à plusieurs hauts dignitaires du clergé et à tous les amis de la Société.

M. de Brisacier accompagna la remise de cette médaille à Tarchevêque de Paris des paroles suivantes : « Monseigneur, nous sommes ici pour vous rendre de très humbles actions de grâces des nouvelles obligations que nous avons à Votre Grandeur. 11 semble que vous les consommâtes hier toutes par l'audience favorable que Votre Grandeur nous ménagea auprès du Roi. Jamais prince ne rendit plus obligés des sujets qui s'estimaient infiniment indignes d'un si grand honneur, et jamais prélat ne fit mieux voir le crédit qu'il a sur Tesprit du plus grand de tous les princes. Agréez donc. Monseigneur, que pour répondre autant qu'il est en nous à vos bontés, nous vous donnions cette faible marque de notre reconnaissance. Si Votre Grandeur pouvait prendre nos cœurs, elle y verrait des sentiments qui sont au-dessus de toutes nos expressions*. »

A la fin de sa longue administration, M. de Brisacier fit quelques changements dans l'intérieur du Séminaire, dont la distribution est ainsi décrite par un manuscrit de la première partie du xviii* siècle : « C'est un bâtiment à trois étages carrés et un en mansarde couvert partie en tuiles, partie en ardoises avec chenaux et descentes en

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