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Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]

L Etat politique et religieux de l'Acadie, — 1f, Les missionnaires d'Acadie : Maillard, Girard, Manach, Leloutre, Combats et travaux de Leloutre, — IL est fait prisonnier par les Anglais, — IIf. Expulsion des Acadiens, — Les missionnaires prisonniers des Anglais. — Sollicitude de Leloutre envers les Acadiens, Lettre de Manach, — Travaux de Maillard resté en Acadie, IV. Les Anglais attaquent le Canada. —- Triste état du pays. — Siège de Québec, — Défaite des Francais, — Capitulation de Québec et de Montréal, — Le £ouverneur anglais brise les rapports du séminaire de Québec et du séminaire de Paris, — Sentiments de Mgr Taschereau sur ce sujet, -- Résumé des travaux de la Société des Missions-Étrangères en Amérique, — V, La Société à Socotora, — Comment elle consent à évangéliser cette île, Journal de MM. Louis et Meyère, — Mme de Rupelmonde, les Carmélites, — VIOMM. Dupuy et Querville, — Détails sur Socotora, — Tentative des missionnaires à Socotora, leur mort.

2 La Société des Missions-Étrangères s'étend de France à Siam, en Cochinchine, au Tonkin, dans la Chine occi- “dentale, elle à un petit coin de terre à Macao, à Pondichéry, en Amérique: elle fait quelques tentatives M'évangélisation sur la côte d'Afrique. Nous devons “once la suivre sur toutes ces plages. Elle va d'ailleurs, “bar la force des circonstances, diminuer le cercle de son 4 ction, et c'est la dernière fois que nous quittons l'Europe ou l'Extrème-Orient pour exposer ses travaux en Amé- “rique et en Afrique.

Nous avons précédemment parlé de l’Acadie, fait con- Maitre sa position et sa population, raconté l'établissenent et les labeurs des premiers missionnaires envoyés

par le séminaire de Québec et soutenus par le Séminaire de Paris; nous allons maintenant dire les malheurs qui accablèrent ce pauvre pays fidèle au catholicisme et à la France, le courage et lestribulations des derniers prêtres que la Société des Missions-Étrangères y entretint. Afin de se rendre compte de la position des Acadiens à l'époque où nous sommes, c'est-à-dire en 1754, il est nécessaire de tracer le tableau des événements politiques et religieux qui se sont succédé depuis la paix d’Utrecht.

Par ce traité signé le 11 avril 1713, la France céda à l'Angleterre l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse. Ce fut le premier anneau qui se détacha de la chaîne de nos colonies américaines. L'abandon de cette province découvrit le Canada qui fut ainsi fatalement condamné à succomber à son tour et dont la chute devint une simple question de temps. La perte du Canada devait entrainer celle de la Louisiane etde la vallée du Mississipi, jusqu'à ce qu'il ne restât plus rien de la domination francaise, sur ce grand continent où elle a marqué si profondément sa trace.

Une clause spéciale du traité garantissait aux Acadiens le libre exercice de la religion catholique et accor-dait une année de délai à ceux d’entre eux qui préféreaient se retirer de la province. Peu de jours après la signature de cette convention, la reine Anne enleva cette restriction et prolongea le délai indéfiniment.

La mort de la reine et l'accession au trône du roi Georges [°" fournirent aux autorités anglaises un moyen de garder les Acadiens sous leur dépendance et de les lier à la Nouveile-Ecosse, ce fut le serment d'allégeance imaginé par le gouverneur Caufield.

Le serment du test ordonné à tous ceux qui devenaient sujets anglais renfermant un acte d'apostasie, il ne pouvait être question de l’imposer. On y substitua la

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