‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 2 sur 248 · CT · texte numérisé non relu

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formule suivante que l'on appela le serment d'allégeancet ;

«... Je promets sincèrement et jure que je veux être fidèle et tenir une véritable allégeance à Sa Majesté le roi Georges.

« Ainsi Dieu me soit en aide, »

Cette tentative était un piège dangereux: car si les Acadiens avaient prêté ce serment sans réserve, on n'aurait pas manqué de s'en prévaloir pour leur dire #1 quils étaient devenus sujets anglais et n'avaient plus 0 le droit de quitter le pays.

Les vaincus se tirèrent de ce mauvais pas avec

autant d’habileté que de sagesse. Ils protestèrent de “ù leur obéissance au roi Georges et de leur reconnais- “ sance pour ses bienfaits, mais en même temps ils " déclarèrent qu'ils avaient, dès la conclusion du traité d'Utrecht, pris la résolution de quitter l'Acadie pour se rendre au Canada et que, par conséquent, ils ne 4 pouvaient prêter serment.

4 Caufield se contenta de ces protestations; ses succes- Ù soeurs, John Doucet, Nicholson, Philipps, eurent moins de bienveillance et usèrent de moins de temporisation. 2: Leurs attaques se portèrent principalement sur les prè- Ltres, qui, disaient-ils, fomentaient le trouble dans le pays, et empêchaient d'amener la population à l’obé- Lissance. Cette accusation qui allait se répéter jusqu'en :1755 était fondée : les missionnaires, en effet, étaient : coupables d'entretenir les Acadiens dans la fidélité au catholicisme. On leur défendit alors de se méler en rien des affaires civiles de leurs chrétiens et de leur donner aucun conseil, comme si leur qualité de prêtre leur enlevait le titre et les droits de citoyens,

Le but évident de ces ordres était de mieux profiter

!: Voyage au pays d'Évangéline. Casgrain.

de l'ignorance des habitants laissés à eux-mômes et de surprendre plus facilement leur bonne foi, Les Anglais voulurent également forcer les missionnaires à rejeter l'autorité de l'évêque de Québec, et à violer par là les règles les plus élémentaires de la hiérarchie catholique. Is allèrent jusqu'à disposer des cures, déplacer des curés et les remplacer par d'autres.

Is empêchèrent de bâtir de nouvelles églises et de réparer les anciennes, ils en démolirent même quelquesunes, entre autrest, à la Prée-Ronde de Port-Royal.

M. Gaulin, vieillard vénérable, blanchi dans les missions sauvages, où, écrivait-il, iln'avait eu souvent pour toute nourriture que les coquillages de la mer, fut jeté dans un cachot par le gouverneur Armstrong. Les réclamations de ses paroissiens, les habitants des Mines, dont Armstrong redoutait la vengeance, finirent par ouvrir les portes de s» prison. Certains gouverneurs cherchèrent à imposer des lois aux prêtres jusque dans l'administration des sacrements. Ainsi par exemple, l'un d'eux, Mascarène, écrivit des lettres de menaces à M. Desenclaves, parce qu'il n'avait pas accordé l'absolution à des catholiques qui refusaient de faire des restitutions.

Mais ce qui était plus alarmant et inspirait aux Acadiens et à Jeurs prêtres la pensée que leur foi était en danger, c'était les tentatives de perversion faites parmi eux par les protestants. On croyait en effet que les forcer à embrasser la religion de leurs maitres était le seul moyen « d'en faire de bons sujets ». Impuissants de ce côté, les Anglais en revinrent à presser les vaincus de prêter le serment d'allégeance.

Pendant sa seconde administration, le gouverneur Philipps réussit enfin à l'obtenir (1730) en accordant une

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