‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 103 sur 248 · PR RP A · texte numérisé non relu

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nies de l'Océan indien et africain les objets de première nécessité.

« Et, alors nous aurions véritablement en mains les moyens efficaces, non seulement d'arrêter les Anglais dans les projets qu'ils ont de nous chasser de l'Inde, afin de s'étendre et de pousser leurs établissements dans toute la côte de l’est, mais encore de les faire trembler plus tard jusque dans le Bengale, qui est le siège principal de leur puissance, pourvu, toutefois, que cet établissement de Cochinchine fût compris et fait de la manière qu'il mérite d'être. »

« Ce discours, ajoute M. Faure, peut être livré sans commentaire à la méditation des hommes d'État et des militaires de notre temps qui se sont occupés, les uns de politique coloniale, les autres d'opérations de guerre dans l'Extrème-Orient. Ils y trouveront, à n'en pas douter, un esprit de sagesse qui leur a parfois manqué et que la nation, non sans justice, à eu raison de réclamer et d'exiger d'eux. L’historien qui compare et qui juge en dernier ressort constate que l'évêque d'Adran fut, en même temps qu'un patriote éclairé, un profond politique, et que, d'autre part, nos hommes d'État et nos militaires contemporains n'avaient qu'à s'éclairer du passé qu'ils ont eu le tort de trop négliger. »

L'éloquence simple et singulièrement précise de l'évèque d'Adran gagna la cour à la politique coloniale qu'il défendait. D'ailleurs, il ne négligea rien pour éclairer les ministres et les bureaux, leur remit plusieurs notes sur la composition des troupes, les approvisionnements, les moyens et les ports de débarquement.

Un rapport pour régler les mesures de détail fut immédiatement soumis au roi par le maréchal de Castries.

Les salons s’immiscèrent à leur façon dans la question coloniale. Tout était sujet de spectacle à la société légère

de la fin du xvui siècle, l'infortune, le bonheur, les

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L'Angleterre, seule visée

petites et les Srandes causes. Le prince Canh, enfant et proscrit, encore paien ct arrivant des extrémités du monde, avait tout ce qu'il fallait pour toucher les sensibles de l'époque, bientôt on se

tous les salons de Versailles et de Paris.

ræine s'en mêla; le fameux Léonar inventa pour les hommes 1 Cochinchine, et pour

âmes le disputa dans La mode souved, coiffeur de la reine, à Coiffure au prince royal de les élégantes de la Cour, les chi-

Sons à la chinoise, qui firent fureur pendant toute Ja

saison, Aujourd'hui

, On institue des fêtes de danse avec d'

autant plus d'entr:

plus irrémédiables : l’e

charité, et l’on un que les malheurs sont sprit français d'alors se prodiguait n couplets, en épithalames, en imprompà l'arrière-boutique, tout le monde rimait à propos de tout et à Propos de rien: voici

paroles d'une de ces Compositions qui égaye-

Gommencons par l'illustre enfant, Que son sort est intéressant, Fait pour porter le diadème,

On le voit assis parmi nous, Royal enfant, Consolez-vous,

Vous régnerez : Adran vous aime, Tôt, tot, tôt,

IL bat chaud,

Tôt, tôt, tôt,

Son courage

?, Quand pour vous

Nous CONNaissons €

Double est l'ouvrage, inq couplets de cette chevaleresque mandons Point pardon à nos lecr tous.

Des complications politiques, survenues en Euro £ociations de Mer Pigneau.

La France et la Hollande s'étaient liées en 178 ‘ande partie relever nos compromises par ]

pe,

5 par affaires t guerre d'Amérique.

Par ce traité, cut l'habileté

de faire appel à la Prusse, et de la lancer contre la Hollande, qui, sur ua prétexte futile, fut envahie en 1787. Notre gouvernement ne fit rien pour soutenir son allié, et le traité fut rompu. La ruine de notre alliance avec la Hollande eut pour première conséquence d'humilier la France devant l'Angleterre, qui dès lors exigea l'exécution pure et simple des conventions de 1783. !l est clair que dans de telles circonstances l'affaire de la Cochinchine devait sembler intempestive au ministére, De Montmorin n'y renonça pourtant pas ostensiblement, seulement tout en signant le traité, il parait bien qu'il se promit de ne pas l'exécuter.

ar cette convention, la France s'engageait à envoyer des secours en Cochinchine, afin d'aider Nguyân-anh à reconquérir son trône. Ces secours devaient se composer du régiment alors en garnison aux iles de France et Bourbon, de 200 hommes d'artillerie, de 250 Cafres, de 2 pièces de 8, de 4 obusiers, 2 mortiers, d'une frégate, de 2 flûtes et de plusieurs transports, En échange, la France acquérait la propriété absolue du port de Tourane et de l'ile de Poulo-Condor et le privilège de faire, à l'exciusion des autres nations européennes, le commerce avec la Cochinchine; la convention fut signée le 28 novembre 1787 par de Montmorin et par l'évêque d’Adran: le même Jour, elle fut revêtue de la sanction royale.

À cette occasion, Mgr Pigneau ne reçut pas, comme on l'a dit, le titre de comte, mais seulement quelques ‘adeaux parmi lesquels une tabatière en or enrichie de brillants. Aimant à préciser toutes choses, il demanda qu'on déterminât les avantages que la France réclameait au roi de Cochinchine, et l'indemnité à laquelle lui-même avait droit. Il fit passer au ministre des affaires étrangères le billet suivantt :

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