Arch. M-É., vol, 39, p
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« Nous avons vu le cardinal Antonelli auquel M. Bilhère a présent l’ancien mémoire que vous avez vu, il y a mis seulement quelques additions. Son Éminence a eu la bonté de nous visiter aux Missions-Étrangères, il nous à engagés à aller parler au cardinal di Pietro que le Pape vient de nommer préfet de la Propagande. Sa Sainteté doit parler elle-même de notre œuvre à l'empereur et demander que les Lazaristes soient chargés de leurs anciennes missions, en nous laissant continuer d'administrer les nôtres sous le gouvernement de nos supérieurs ordinaires; on pourra aussi demander quelques secours pécuniaires, mais on n'a fait encore aucune proposition à ce sujet. Le cardinal di Pietro nous a demandé avec beaucoup d'instances des renseignements que nous lui avons fournis; il est plein de zèle et de désir de procurer le bien. »
Le cardinal Antonelli, plus apte que le cardinal di Pietro à traiter les questions des Missions, puisqu'il avait été longtemps préfet de la Propagande, sollicita le rétablissement des Missions-Étrangères, des Congrégations des Lazaristes et du Saint-Esprit.
Bilhère, de son côté, n'épargnait rien de ce qui pouvait le faire réussir; de chez les cardinaux romains, il passait chez le cardinal Fesch, ensuite il allait voir Mer Bernier, Talleyrand, Portalis ou son secrétaire. Que disait-il dans ses entrevues, quels arguments nouveaux pouvait-il faire valoir? Probablement il rappelait l'importance des Missions et l'utilité du Séminaire, il répétait ce que contenaient ses mémoires ou ses lettres. Il avait aussi pour toucher, ce qui souvent est le meilleur moyen de convaincre, une raison à laquelle il ne songeait pas sans doute, mais qui se dégageait spontanément de sa personne et de ses actes. On ne devait pas voir, sans quelque émotion, ce vieillard de 81 ans, ardent comme un jeune homme, passionné pour son
œuvre, poursuivant, depuis dix ans, le même but avec la même indomptable persévérance, combattant pied à pied, conquérant le terrain lentement, avec bien des peines, mendiant des secours pour racheter son Séminaire et des protections pour le rétablir, obtenant un décret qui restaurait les Missions et qui semblait détruire le Séminaire, s’attachant au premier point, recommençant pour faire changer le second, les mêmes visites, les mêmes lettres et les mêmes rapports. En étudiant les archives de cette époque, on admire, non sans la regretter un peu, la discrétion de M. Bilhère ; ses lettres sont rares, courtes, sobres de faits, plus sobres encore de sentiments. [1 n’est guère possible que dans ses longues luttes, il n'ait eu quelques moments de découragement, quelques impressions de tristesse, qu'il n'ait recu çà et là des paroles dures, des pr'omesses banales, des sourires de dédain que connaissent tous les solliciteurs; il ne le dit pas et ne s’en plaint pas; il agit et supporte tout en silence: un seul sentiment le domine, l'espérance: encore voudrait-on qu'il nous expliquât par quels moyens il compte réaliser ce qu'il espère; il ne le dit point : « Nos affaires vont bien. » « Je ne désespère pas de réussir. » « On s'occupe activement de notre affaire: » quelquefois il ajoute le nom d'un personnage qu'il a sollicité ou l'indication d’une visite qu'il a faite et c’est tout. Il fallait assurément qu'il fût doué d'un caractère fortement trempé et d’une expérience consommée, ce vieillard qui seul concevait ses plans, seul les exécutait, ne confiant au papier et à ses amis que le résultat de ses efforts.
Au-dessus de tous les personnages importants que Bilhère essayait d'intéresser à son œuvre, il y avait à Paris, un homme qu’il n'était nul besoin de solliciter, et de lui-même s'occupait des Missions. C'était le Sou-
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Jortants que il y avait à le solliciter, tait le Sou-
verain Pontife Pie VIL. Lors de sa visite à la Malmaison, il avait présenté à l'empereur un mémoire pour lui recommander divers instituts français et en particulier le Séminaire des Missions-É trangères.
La réponse se fit longtemps attendre, enfin le21 mars
1805, le gouvernement impérial écrivit au chef de Fe l'É glise. A RREE Dans l’article qui concernait les Missions, il était dit : LA SADE MA
«Sa Majesté dotera volontiers le Séminaire des Missions-Étrangères et pourvoira abondamment à tout ce que la Propagande pourra décider. Pour un objet IL ER si important, les plus grands sacrifices lui paraitront DIE ni] légers. » Là
Deux jours plus tard, Napoléon rétablissait le Sémi- (11 naire des Missions-Étrangères et la Congrégation du ji Saint-Esprit par le décret suivant ! :
« Au palais des Tuileries, le 2 germinal an XIII 1
(23 mars 1805). LUE «Napoléon, empereur des Français, sur le rapport du h ministre des cultes, décrète : !
« Les établissements des Missions, connus sous les dénominations des Missions-Étrangères et du Séminaire du Saint-Esprit, sont rétablis.
« M. de Bilières, /sic) supérieur du Séminaire, dit des ll Missions-Étrangères, rue du Bac, est autorisé à accepter des tiers acquéreurs, la donation de l'édifice, autrefois consacré à ce Séminaire, et les revenus et biens qui ail y étaient attachés. Il pourra, ainsi que ses successeurs,