‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 17 sur 248 · D0 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

D0 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ

de ces faisceaux, on tendit des cordes sur lesquelles, à une hauteur triple des murailles, furent placés des canons. La sottise s'unissait à la folie pour perdre le rovaume de Siam. Hélas! sous toutes les latitudes sonnent ces heures fatales où les peuples et les rois s’abandonuent au plaisir, à l’insouciance, et, par un orgueil voisin de la démence défient l'avenir plein de menaces qui verra sombrer leur puissance, leur gloire et parfois leur honneur. Mgr Brigot s'attristait de ces fêtes insensées et de ces puérils préparatifs de combat. Sentant l'orage approcher, il fit de nouveau partir les élèves du séminaire que MM. Artaud et Kerhervé conduisirent à Chantaboun.

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Les prévisions de l'évêque étaient exactes, et le 6 mai l'ennemi parut devant Juthia. Les Siamois païens, persuadés que la valeur des chrétiens avait seule protégé la ville lors de l'invasion précédente, vinrent en foule se réfugier dans leur quartier. Mgr Brigot et M. Corre! en profitèrent pour enseigner les vérités catholiques, ils furent écoutés avec une respectueuse indifférence. Les Siamois n'étaient pas éclairés par leurs malheurs qui leur paraissaient l'effet de causes entièrement naturelles: la justice de Dieu était encore cachée à leurs Yeux.

Le baptême des enfants païens consola les missionnaires de l'endurcissement des parents. Pendant les années 1765 et 1766, époque de famine et de guerre, le chiffre de ces baptêmes dépassa dix mille.

« Le bruit de la guerre a ramené tout le peuple dans la capitale, écrivait M. Corre à M. Darragon, directeur du

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