‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 177 sur 248 · A1S HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

A1S HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ

mer. L'apôtre oubliant le soin de sa vie, se précipite entre les combattants, il les interpelle avec force, les supplie, les menace des châtiments de la terre et du ciel pour les détourner de ce crime.

Les barbares, redoutant en lui un accusateur et un témoin, le lièrent avec le capitaine et les précipitèrent tous deux dans les flots.

Les élèves, embarqués avec M. Rabeau, furent épar-gnés et conduits en Birmanie, d'où ils regagnèéren Siam et ensuite repartirent pour Pinang: ils eurent un second voyage moins accidenté que le premier, et arrivèrent sains et saufs au Collège général, où l'on com ptait alors 25 à 30 séminaristes, entassés fort à l'étroit, Pauvrement nourris, mais dédommageant leurs éveques des dépenses faites pour eux, par leur application à l'étude et leurs progrès dans la vertu.

La Propagande, instruite de la fondation de cet éta. blissement, qu'elle considéraitcomme très important, eut la pensée de s’en charger, et tout en laissant la direc. tion à M. Lolivier, elle lui envoya, comme collaborateurs, deux des missionnaires italiens récemment arrétés en Chine et aussitôt expulsés : MM. Conforti et Ferretti. La santé de ces deux prêtres zélés, prématurément usée par les fatigues et les voyages, ne leur permit pas de s’habituer à la vie de professeur, plus pénible en Extrême-Orient qu'en Europe. M Ferretti quitta Pinang, et M. Conforti ne fit que languir, Les prêtres de la Société des Missions-Étranr gères demeurèrent donc seuls chargés de la maison. Malheureusement, le 29

Juin 1812, un incendie terrible éclata et consuma avec une partie de la ville de Georgetown le séminaire généal.

M. Letondal, qui était alors à Pinang, partit aussitôt pour Madras chercher des ressources, afin de réparer ce désastre. IL trouva dans le wou-

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verieur des Indes l'appui qu'il avait quelques années auparavant, gouverneur de Manille, et chez les Anglais protestants, la même cénérosité que chez les Espagnols c

d'est là que Dieu avait marqué | si bien remplie. Le vaillant Procureur des Missions- Etrangères mourut à Pondichéry le 17 novembre 1813. Sa mort fut un deuil pour les Européens, qui habitaient l'Extrème-Orient et n'avaient pu connaitre, sans l'admirer, cet homme de grand cœur, de haute et vigoureuse intelligence, En l'annoncant, le procureur général de la Propagande, M. Marchini, rendait au défunt cet hommage mérité : « Je pleure la perte de M, Letondal, l'aimais beaucoup. I a fait un

rencontré, dans le

atholiques. à fin de cette carrière

je grand bien aux missions.

son activité et son énergie étaient 6e

sales à sa piété, 1] sera difficile de le remplacer. » Malgré ce malheur

général fut sebati, et reçut peu ù peu un personnel de professeurs et d bles d'assurer sa prospérité,

inattendu, le séminaire

es secours Capa-

Le Séminaire de Paris, qui envov Ï \

ait ces ressources en hommes et en argent, avait cependant subi de nouveaux malheurs, I

à bienveillance de Napoléon envers lui s'était promptement démentie, après s'être mal

adroilement exercée.

Le décret de rétablissement du Séminaire avait été porté, avons-nou: dit, au mois de mars 1805. Presque au lendemain de cet heureux jour, le reur reprit ses projets de réunir, en une seule, les trois congrégations de missionnaires : celles de Saint Vincent de Paul, du Saint-Esprit et des Missions-Étrangères. Napoléon se targuera plus d’une fois d'être le successeur de Charlemagne etde continuerson rôle ; il yeut, en effet,

mpe-

dans sa politique religieuse, comme un reflet de celle du grand empereur chrétien, mais un reflet si incomplet que l’image était méconnaissable, Charlem: gne s'était immiscé dans les choses de l'Église, à la facon d'un ami dévoué qui soutient, Napoléon Sy ingère à la manière d'un maitre qui commande: il sait qu'avant là Révolution, l'Église et l'État étaient intimement unis, il veut refaire cette union, mais à son profit ou à ce qu'il 4 croit tel ; et il travaille à réaliser les idées des Vieux parlementaires français qui, dans plus d'une question, placaient l'Église au-dessous de l'État et exigeaient d'elle soumission et respect

Il ordonne à Portalis de lui faire un rapport en ce sens sur les Missions-Ét ‘angères, le ministre obéit ct présente le mémoire suivant ! :

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