‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 179 sur 248 · SI )ÉC · texte numérisé non relu

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indépendamment des rapports généraux qui les lient aux lois du sacerdoce, une existence particulière déterminée par la fin spéciale de leur institution. Sous ce

point de vue, ils ont besoin d'être sous la surveillance d'un supérieur commun, Sans cela, iln'y aurait point d'unité dans les opérations, etil y aurait confusion dans les résultats.

« J'ose donc proposer à Votre Majesté de mettre tous les établissements des missions sous une direction commune,

Cette direction est trop importante, voir être confiée à un supérieur qui ne serait point lié par sa place au bien de l'état. Votre Majesté pensera peut-être que le grand aumônier de l'Empire, qui ne peut avoir d'autres vues que celles de Sa Majesté ellemême, et qui à l'avantage d'être auprès de son auguste personne, serait plus propre que tout autre à garantir à l'État, que les Missions seront dirigées vers la plus grande utilité publique. En conséquence, j'ai l'honneur de proposer à Votre Majesté le projet de décret Joint au présent rapport.

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« Je suis avec un profond respect

( SIRE € De Votre Majesté, « Le très obéissant, très dévoué et tres fidèle et sujet.

serviteur

« Porraus.

«Paris, 5 germinal an XIII (mars 1805). »

Ce rapport traitait les Missions à peu près comme un bureau de la guerre, de l'administration ou de la police, il émettait plusieurs erreurs, entre autres l'existence de l'autorité d'un supérieur général sur toutes les Missions. Le décret fut néanmoins porté le 7 germinal an XII : il plaçait les Missions sous la direction du grand aumo-

nier de l'empire, « sans préjudice du droit des évêques, dans tout ce qui intéresse la police et la discipline de leurs diocèses », Un Conseil, composé de M. Bilhère et des deux supérieurs de Saint-Lazare et du Saint. isprit, fut constitué sous le nom de Conseil des Missions :

il devait être présidé par le cardinal Fesch. Le décret

ne fut pas exécuté et le Conseil siégea bien rarement,

À Les trois Congrégations visées restèrent dans l'état où elles étaient; il n'en pouvait guére être autrement, d'ail.

leurs, car elles n'étaient composées que de quelques

membres épars : en se réunissant, elles auraient surtout

mis en commun leur misère et leur pauvreté, La Société

des Missions-Étrangères, en effet, souffrait d'une très grande disette de prêtres. Pendant toute la durée de l'empire, de 180% à 1815, elle n'envoya que deux missionnaires en Extrême-Orient : Audemart, parti en 1804, mort en 1821 coadjuteur du Vicaire apostolique de Cochinchine, et Louis Fontana? parti en 1807, mort en 1838 chef de la mission du Su-tchuen.

Le clergé français était presque aussi pauvre que la Société des Missions-Étrangères. La conscription enie-

vait chaque année la majeure partie des jeunes gens, les séminaires diocésains étaient à peu près vides, les

É carrières libérales en partie abandonnées: la guerre À était un gouffre qui engloutissait de jeunes générations, La gloire dévorait la France dans sa fleur.

En 1808, Napoléon qui jetait parfois un coup d'œil Fe sur la carte d'Extrème-Orient, demanda de nouveaux cr renseignements sur les Missions. Le cardinal Fesch | appela chez luile Conseil, interrogea les trois supérieurs

sur le nombre des chrétiens, sur les dépenses nécessaires à l'entretien des prêtres et des catéchistes. Dans cette

1. Du diocèse de Toulouse, agrégé à Digne, 2. Du diocèse d'Ivrée.

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DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES , 123 réunion, Île cardinal parut s'intéresser sérieusement aux Missions, il engagea les supérieurs présents à développer leur Enstitut, à agrandir leur champ d'action, et émit certaines idées fort justes sur le recrutement des ouvriers apostoliques ! :

« Les conjonctures impérieuses dans lesquelles nous sommes, leur dit-il, rendent totalement insuffisantes et nulles les mesures naguère suffisantes pour le recrutement des sujets; autrefois les diocèses divers fournissaient des ouvriers à choisir: tandis qu'aujourd'hui nul évêque de France ne veut ni ne peut en donner, attendu l'extrème disette d'ecelésiastiques : il devient donc indispensable d'étendre un peu votre plan et de former vous-mêmes des sujets pour vos missions, et non seulement pour les vôtres, mais pour toutes les portions du champ que Dieu voudra vous envoyer défricher, Je crois donc nécessaire et même urgent que vous vous appliquiez à cet objet, que vous montiez un séminaire, que vous enseigniez la théologie et même la philosophie, autrement la Congrégation ne se renouvellerait pas et l'euvre s'éteindrait avee vous. » Le cardinal oubliait, comme beaucoup d'excellents conseillers, d'offrir les moyens de réaliser son plan et semblait ignorer que les mesures prises par son impérial neveu stérilisaient l'Église de France, En soi cependant, les avis de l'archevêque de Lyon étaient bons : ils seront appliqués dans le cours du xix° siècle, lorsque les circonstances seront plus favorables, sans que les directeurs du Séminaire se doutent, peut-être, qu'ils suivent un plan émis pour la première fois par le cardinal Fesch. Pour le moment, la réunion et les conseils! ne produisirent aucun résultat, Les Missions demeurèrent sans proteclion et sans ressources, et le gouvernement ne parut

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