M. Baroudel
2. Du diocèse de Lyon destiné au Tonki - Ù yon, des au Tonkin
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3. Du diocèse de Lyon, destiné au $ : yon, des au Su-tchue juillet 1848. on ï. Catéchistes ambulants.
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En face des immenses besoins de l'évangélisation et du petit nombre de prêtres dont la Société des Missions- Etrangères disposait, les vétérans de l’apostolat regardaient l'avenir, cherchant partout, sans les apercevoir, des signes avant-coureurs du relèvement, A leur dernière heure, ils se demandaient avec angoisse si leur œuvre, fruit d'un siècle et demi d'efforts, allait disparaitre avec eux, ne laissant de son passage qu'une trainée lumineuse éclairant des ruines.
Certes, leur tristesse était légitime, leurs alarmes justifiées, et cependant lorsque le chrétien regarde de haut la marche du monde, peut-il jamais désespérer? Une confiance invincible, une espérance inébranlable ne doivent-elles pas remplir son âme”? Qu’a-t-il à craindre? Quand il écoute le Ciel, il entend les paroles d’éternelle durée dcanées à l'Église catholique, sa Mère; quand il regarde la terre, combien de fois ne voit-il pas le triomphe succéder à la défaite.
Au 1v° siècle, Dioclétien chantait l'hymne de mort du catholicisme et le berceau de Constantin était déjà préparé. Au vint siècle, les Mahométans envahissaien! l’Europe et Charles Martel les brisait dans les plaines de Poitiers; pendant que les vaincus se rejetaient sur l'Asie et sur l'Afrique qu’ils courbaïient sous le joug de leur religion, la Providence envoyait Charlemagne à l'Église, et successivement les États scandinaves et une partie des peuples slaves embrassaient la foi catholique. Au xvie siècle, Luther arrachait des nations à Rome. et Christophe Colomb lui donnait un monde. A la fin du xvie siècle, la France agonisait dans le sang, ses prétres et ses fidèles montaient par milliers à l’échafaud, le pape mourait prisonnier sur la terre d'exil, et quelques
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DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES 501 années plus tard, le successeur du pape prisonnier et exilé chantait un 7 Deum à Notre-Dame de Paris, et sacrait le vainqueur de l'Europe. À son tour, l'empereur devenait persécuteur de l’Église, puis il s'en allait mourir sur une Île perdue de l'Océan Atlantique, pendant que le souverain Pontife reprenait la route de sa capitale et remontait sur son trône glorifié par ses souffrances. En vérité, la parole de Dieu et le spectacle des choses humaines ne suffisent-ils pas pour aviver l'espérance des chrétiens et fortifier leur foi en celui-là seul qui, selon l'expression de Bossuet, « tient tout en sa main, qui sait le nom de ce qui est et de ce qui n’est pas, qui préside à tous les temps et prévient tous les conseils, »
Au commencement du xix° siècle, la Société des Missions-Etrangères et les Missions, qui lui étaient confiées, dépérissaient. Sans ressources et sans ouvriers, qu'allaient-elles devenir? Nous avons vu ces merveilles, nous pouvons bien les dire.
La Providence inspira et développa l'œuvre de la Propagation de la Foi d'abord, et plus tard celle de la Sainte-Enfance, elle donna ainsi à la Société et à ses prètres les secours qui leur étaient nécessaires, en même temps elle suseita de nombreuses vocations apostoliques, que la glorieuse mort de nombreux martyrs encouragea, et que le Séminaire des Missions-Etrangères, par un changement dans ses études, put heureusement accepter.
À ces deux premiers éléments de succès, qui laissent si visiblement apparaître la main de Dieu, s'en adjoignirent deux autres : la facilité des communications avec l'Ex-
trème-Orient par la découverte des applications de la vapeur, et la liberté pour les ouvriers apostoliques d'entrer dans les pays de Missions, liberté que l’Europe en armes , la France surtout, obtint en Chine, en Indo-
Chine et au Japon, Car il est bon de le faire remarquer, cette dernière modification fut très importante pour ne pas dire nécessaire,
Comment, en effet, la Société aurait-elle pu, ainsi qu'elle le fait maintenant, Jeter dans l'Extrème-Orient persécuteur 40 à 50 prêtres chaque année? Par quels moyens les aurait-elle introduits au Su-tchuen, au Yunnan, en Cochinchine et au Tonkin qui fermaient obstinément leurs portes? La Providence a donc disposé et conduit toutes choses avec l'admirable sagesse qui préside à ses desseins,
I nous reste maintenant à raconter ces faits en détail,
Le premier qui se présente à nous est la fondation de la Propagation de la Foi.
Simple prètre de la Société des Missions-Étrangères il ne saurait m'appartenir d'exprimer ici mon respect et mon admiration pour les hommes dévoués, qui ont organisé cette belle œuvre, et, depuis 70 ans, la dirigent, pour les chrétiens riches et pauvres du monde entier qui la soutiennent: mais Je Manquerais à mon devoir: d'historien, si je passais sous silence ses origines, son accroissement, les immenses services qu'elle à rendus et rend à la Société, et la profonde gratitude que celle-ci lui à vouée. I] nous importe d'autant plus de parler de cette grande œuvre que la Société n'a Pas été étrangère à sa naissance, et qu'en racontant sa fondation nous ne nous éloignons pas de notre sujet.
Les faits que nous allons analyser ne sont pas précisément une révélation, ils n’ont cependant jamais été étudiés dans leur ensemble,
La première association de prières et de bonnes œuvres pour le salut des infidèles, ainsi qu'elle se nommait, date, du moins telle que nous la connaissons, de la fin du xvin siècle. Nous ignorons l'époque précise de
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sa fondation et le nom de celui qui en eut la pensée; mais nous savons qu'en 1780, une brochure fut répandue dans le publie, exposant le but et les pratiques de l'association, Cette brochure existait dans les archives
du Séminaire des Missions-Étrangères de Paris en 1799 ; elle y fut retrouvée en 18161. Voici le résumé des règles qu'elle contenait, Les associés devaient : chaque Jour réciter la prière de saint François Xavier :
ÆEterne rerunr et celle de saint Bernard : Memorare 0 piissima ;
tous les vendredis offrir leurs bonnes œuvres « pour obtenir par les mérites de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la conversion des infidèles; chaque année
aux six messes déterminées, communier s'ils étaient
pauvres, et faire célébrer ces messes ou les célébrer eux-
mèmes s'ils étaient riches, Is n'avaient aucune formalité
à observer ; ils n'étaient inscrits sur aucune liste, et n'avaient à verser aucune cotisation. Cette première association, qui consistait seulement dans la récitation de prières communes et dans le zèle pour les Missions, disparut pendant la Révolution.
Plusieurs fois, comme nous l'avons dit, M. Chaumont publia des brochures renfermant des lettres de missionnaires et sollicitant des aumônes, Dans l'exposé de l'état et des besoins des Missions-Étrangères qu'il fit paraitre en 1816, il explique ce que pratiquaient depuis longtemps, en Angleterre, les anabaptistes. Ceux-ci formalent des associations appelées sociétés auxiliaires, il
« par le moyen desquelles toutes les classes de citoyens, même les plus pauvres, en mettant de côté chaque semaine un sou ou deux pour cet objet, ont la satisfac- 1 tion de contribuer aux progrès de l'Évangile?, » L'explication s'arrête là; M. Chaumont n’exhorte pas
directement à fonder de semblables associations: il paraît bien cependant qu'il n'est pas éloigné d’y songer. En 1817, les directeurs du Séminaire publient une brochure ayant pour titre : « Association de prières pour demander à Dieu la Conversion des infidèles, la persévérance des chrétiens qui vivent au milieu d'eux, et la Prospérité des établissements destinés à Propager la Foi, »
Tout d'abord ils détaillent les besoins des Missions et ensuite demandent des aumônes ; ils engagent les fidèles à appliquer au soutien des établissements, destinés à propager la foi dans les régions infidèles, une: légère portion de ces sommes qu'on sacrifie si souvent et sans regret à des dépenses folles, inutiles ou criminelles. »
Les pratiques de l'association sont déterminées avec précision et clarté,
Dans les paroisses où les associés sont nombreux, on leur recommande de choisir l’un d’entre eux comme chef, qui inscrira les noms, et réunira les associés pour réciter en commun des prières indiquées.
Ces prières, pour la plupart les mêmes que celles qui étaient fixées avant 1789, sont : la prière de saint Francois Xavier: “Ælerne rerum; celle de saint Bernard à la sainte Vierge : Memorare 0 Püssima, qui Pourra être remplacée par trois Pater et trois Ave, T
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citent un De profundis où un Pater et un Ave pour le repos de l'âme des associés défunts ; les prêtres célèbrent au moins une messe chaque “Nnée à la même intention. Les fêtes principales de l'association sont l'Epiphanie, la Pentecôte, saint Joseph et saint François Xavier. On exhorte les chrétiens à se confesser et à communier le jour de leur entrée dans l'association.
Le secrétaire de la Propagande voulut bien se charger de présenter au Souverain Pontife le résumé de la sup-
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« Très Saint Père,
«Les directeurs du Séminaire des Missions-Étrangères de Paris, voulant obténir de Dieu qu'il envoie dans les contrées infidèles de dignes ouvriers évangéliques, et qu'il accorde aux infidèles la gràce de la conversion, désirent établir une espèce d'association de personnes pieuses, soumises à quelques règles et statuts qu'ils nous ont transmis, dont l'objet serait de prier pour les fins énoncées ci-dessus. Et dans le cas où votre Sainteté daignerait approuver cette pieuse union, ils la supplient de vouloir bien accorder quelques indulgences aux associés qui feront avec dévotion les œuvres qu'on leur propose. »
Un assesseur de la congrégation des Rites, Louis Gardellini, fut chargé de l'examen de cette affaire, et fit un
‘apport favorable. « Loin d'y rien trouver qui mérite d'être blâmé, conclut-il, j'y trouve, au contraire, de justes motifs de louer les membres du Séminaire des Missions- Étrangères de Paris. qui, voyant le déplorable état où se trouvent quelques provinces, faute de dignes ouvriers qui se consacrent à la culture de la vigne de Jésus-Christ dans ces contrées ingrates, pleines de ronces et d'épines» ont formé le plan d'une semblable association. »
’ar un indult du 30 novembre 1817, Pie VII approuva l'association, accorda à ses membres une indulgence plénière le jour de leur inscription, quatre indulgences plénières chaque année aux fêtes de l'Epiphanie, de la Pentecôte, de saint Joseph et de saint F ‘ançois Xavier, et enfin une indulgence partielle de cent Jours chaque fois qu'ils réciteraient les prières prescrites. Cet