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La Société était plus heureuse en Chine, où jusqu'alors elle avait éprouvé bien des déboires, et n'avait pu fonder aucune mission sur de larges assises capables de résister aux persécutions.
Par suite des circonstances, ses prêtres avaient vu leurs travaux arrêtés dès les débuts ; Maigrot avait été chassé du Fo-kien, Danry el Leblane äu Yun-nan, Basset et de la Balluère du Su-tchuen, et plus tard, de Martiliat, de Verthamon, Lefèvre avaient subi le même sort.
Cependant en 1752, grâce à la persévérance du Séminaire, la Société était définitivement chargée de li province du Su-tchuen érigée en Vicariat apostolique.
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Ces trois provinces formaient ainsi une seule mission, la plus vaste et la plus peuplée de toutes celles qu'évange lisait la Société, puisqu'elles avaient une superficie d'environ 600,000 kilomètres carrés et plus de 60,000 ,000 d'habitants. Quatre missionnaires en avaient successive ment été nommés évêques et Vicaires apostoliques : J.-B. Maigrot!, La Cerre ?, de Reymond # et Kerhervé #. Par une étrange coïncidence, deux d'entre eux étaient morts avant leur sacre, un troisième Kerhervé, avant de partir de Siam, et La Cerre n'avait pas cru devoir accepter, Pendant dix ans, la Société n'avait donc été représentée au Su-tchuen que par un seul prêtre, François Pottier; mais ce prêtre en valait plusieurs; il était un de ces grands élus par lesquels Dieu fonde les institutions et sauve les peuples.
Né à la Chapelle-Saint-HHippolyte, village situé à trois lieues de Loches, le 9 mars 1726, François Pottier fit ses premières études au collège de cette ville, et le quitta pour aller à Paris étudier la théologie au séminaire du Saint-Esprit, d'où il passa au séminaire des Missions-Étrangères. IL s'embarqua pour la Chine, à Lorient, le 30 décembre 1753.
Son départ pour les Missions ne se fit pas sans combat ; un oncle et une tante qui l'avaient recueilli orphelin, et avaient remplacé avec un touchant dévouement son père
sa mère morts jeunes voulaientle retenir pour consoleret embellir leurs derniers jours. I les quitta après les avoir
1, Nommé évêque de Sura, mort 1e 20 octobre 1752.
9. Du diocèse de Toulouse, parti en 1737, missionnaire à Siam, procureur à Macao, nommé évèque de Zéla en 1753,
3. Du diocèse de Saint-Claude, parti en 1753, nommé évèque de Cinne en 1756, mort la même année.
4, Nommé évèque de Gortyne en 1763, mort à Chantaboun Siam) le 22 janvier 1766.
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prévenus, mais sans oser leur faire ses adieux: « Je vous avoue, leur écrivit-il, que j'aurais succombé chez vous à l'assaut que me donnèrent votre tendresse, vos larmes et vos prières, si je n'avais eu recours chaque jour à la divine Providence qui m'avait tracé ma voie, Ne croyez pas cependant avoir aidé un ingrat ; je vous serai toujours reconnaissant des bontés que vous avez euces pour moi, » [entra au Su-tchuen au moment même où Urbain Lefèvre en sortait, conduit de prétoire en préloire jusqu'à Canton. Les prêtres indigènes administraient le nord, le sud et l’ouest de la province : il prit la partie orientale, On ne crut pas d'abord qu'il résisterait aux fatigues de son ministère. Petit, maigre, souvent malade, il semblait n'être venu au Su-tchuen que pour y mourir: il se soutint néanmoins, se fortifia peu à peu, et brava fatigues et périls.
I fit plus et mieux, il étudia avec beaucoup de perspicacité le caractère chinois; le connaissant bien, il le mania avec une rare dextérité: il prit, peu à peu, un très grand ascendant sur les fidèles et sur les prêtres indigènes, devint plus encore par sa valeur personnelle que par sa qualité de prêtre européen et de missionnaire apostolique, le chef incontesté du Vi ‘ariat; en 1760, il fut arrêté,
On sait que la Chine est le pays des sociétés secrètes, dont les nombreux affiliés travaillent sourdement au renversement de la dynastie tartare-mandchoue. La plus audacieuse de ces sectes révolutionnaires est celle du Nénuphar Blanc.
Ses adhérents portent le nom de Pe-lien-kiao. Une de leurs révoltes amena des complications dont le contrecoup frappa les catholiques ; un décret fut rendu. prescrivant de rechercher non seulement les Pe-lien-kiao, mais également les adeptes de toute religion étrangère. Pottier fut dénoncé au mandarin qui envoya immédiatement
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