Arch. M.-E., vol
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Le supérieur du séminaire qui avait été pendant plusieurs années M. Bricart, était à cette époque M. Sérard,
prêtre pieux, savant et très appliqué à ses devoirs. Les aux
deux outrois autres missionnaires européens étaientchar- que I
és de l'administration des districts : M. Savary, dans RU
le Nghe-an, avait autorité sur tout le territoire qui 7
forme aujourd’hui le Tonkin méridional, M. Viard quille
eut à peine le temps de commencer ses travaux apos- des g
toliques; parti de France en 1768, il mourut en 1770; Fe
M. Thiébaud parcourut les provinces de Nam-dinh, motte:
{! Ninh-binh et Thanh-hoa. humai (É : Les conversions étaient assez nombreuses eu éga rd au une ès If. petit nombre des ouvriers apostoliques : elles variaient mad li ordinairement de 500 à 700, quelquefois cependant «€ P ll elles s'élevèrent à un chiffre supérieur; en 1770, on en céden! l'A compta 861. Cette mème année, l'état général de la on | mission était tracé en ces termes par Mgr Reydellet ? : temps 1l « Notre sainte Religion sous le règne de ce nouveau partou pe roy est assez tranquille. Les missionnaires et les chré- léont f tiens jouissent d'une certaine liberté, et peuvent vaquer 1769. c 1j à leurs fonctions et à leurs exercices plus aisément nor li qu'autrefois. Cependant les anciens édits portés autrefois où bas jf subsistent encore et ne sont pas révoqués. Les gouver- La f neurs de quatre provinces, sans être chrétiens, parais- onto L: sent affectionnés, et gardent le silence sur le christia- os s || nisme. Quelques grands mandarins de la cour favorisent trées la l les chrétiens, mais seulement sous main, et sans le faire Lel: h paraitre au dehors, pour ne pas donner de l’ombrage des Mis aux autres mandarins, avec lesquels, pour des raisons ques en particulières, ils doivent se ménager. D'autres, retenus nantes par la crainte, n'osent suivre les penchants de leur ons
cœur et de leur cupidité, parce qu'ils voient sous leurs bn. veux les châtiments visibles que Dieu a exercés contre de l'im ment de 1. Arch. M.-E., vol. 690, p. G55. pas rect
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ceux qui ont osé toucher aux choses saintes, c'est ainsi que Dieu tout bon et tout miséricordieux a pitié de ses enfants trop timides et encore faibles dans la foy.
« Les affaires du siècle ne sont pas tout à fait si tranquilles. Les voleurs et les brigands, malgré Ja diligence des gouverneurs de provinces, font des courses et sur mer et sur terre, ils pillent de côtés et d'autres, ils mettent la terreur partout, ils contiennent le genre humain dans des alarmes continuelles, et répandent une espèce d'amertume sur la douceur de la vie de ce monde. C’est un fléau dont Dieu punit ces pays.
« Pour les rebelles dont on a parlé ces années précédentes, qui étaient réfugiés dans les montagnes, qui avaient des intrigues dans la plaine où ils faisaient de temps en temps des descentes, Jetaient l'épouvante partout, ravageaient et pillaient des cantons entiers, ils ont été repoussés par les armées du roy en l’année 1769, et au commencement de 1770. Depuis ce temps-là ils n'ont fait aucune descente ni aucune invasion dans ce bas pays. On désire que cette paix soit durable, »
Le Vicaire apostolique du Tonkin occident»! ne se contenta pas de prêcher la parole de Dieu aux populations annamites, il essaya de la faire porter aux contrées laotiennes.
Le Laos avait plus d'une fois tenté le zèle de la Société des Missions-Étrangères : ses premiers Vicaires apostoliques en avaient été chargés; Mgr Pallu avait rédigé de longues instructions pour les missionnaires qu'il avait l'intention d'y envoyer.
Par suite des circonstances difficiles, de la grandeur et de l'importance des travaux que nécessite l'établissement de toute nouvelle mission, ces desseins n'avaient pas reçu leur exécution.
Mer Reydellet résolut de commencer; il y était poussé par son ardeur pour la conversion des infidèles
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et aussi par le désir de réaliser un projet dont les missionnaires s’entretenaient souvent dans leurs lettres et dans leurs conversations.
Connaissant mal le climat insalubre et les obstacles matériels d'un séjour prolongé dans les montagres et les forêts de l’ouest, ils espéraient pouvoir y fonder, en dehors des atteintes du gouvernement annamite, des postes qui leur serviraient de refuges pendant les persécutions et y établir un séminaire jouissant de la tranquillité et de la paix nécessaire aux études.
Situé entre l'Annam, le Cambodge; le Siam, la Birmanie et la Chine, le Laos comprend une superficie d'au moins 500,000 kilomètres carrés couverts de nombreuses forêts, arrosés par de grands fleuves.
Le pays est très montagneux, très accidenté et exposé à de fréquentes inondations. Il est habité, en grande partie, par une population appartenant ainsi que les Siamois à la famille Thaï, et désignée par les Birmans sous le nom de Chan. Dans l'est, près du Tonkin et de la Cochinchine, sur les hauts plateaux, habitent les tribus sauvages connues sous la qualification générique de Moïs et portant les nonis différents de Phouon ou Phouen, de Tho, de Samma, de Mili, de Sa, etc.
Si nous étudions leur religion, nous voyons que les Laotiens sont bouddhistes, mais d’un bouddhisme peu orthodoxe, mêi: de toutes sortes de pratiques superstitieuses; ils croient aux sorts, aux présages, aux esprits, aux démons auxquels ils font de nombreux sacrifices; ils ont des sorciers dont le rôle est très souvent rempli par une femme, qui conjure les esprits en dansant jusqu'à tomber de fatigue dans une crise nerveuse. Atin d'éloigner les génies malfaisants, ils construisent de petits fétiches en bambou ou en rotin et les posent à la porte d'entrée de leur enclos ou sur
une perce en voyas ches ave.
Chez ] dite, si} avec ses gnement perstition l'homme somme le des morts à une au puissance în 177 d'aller ex) des habita première Saint-Sièg La répoi crétaire de vier 1773 sans cepen dental.
Lorsque par Mer R d'explorati ü, avaler son affluen Trân-ninh « lent le Petit chau qui es iWaient tro dans les m que plusieu Trân-ninh.
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une perche plantée au bord du chemin. Quand ils sont en voyage, ils font près de leurs Campements des fétiches avec quelques rotins croisés en treillis,
Chez les Moïs, il n'y a pas de religion proprement dite, si par relig
gion on entend un corps de doctrine avec ses dogmes et ses mystères tr &#nement régulier. Tout se borne perstitions extrêmement nombr l’homme dans les actes de sone somme le fétichisme des morts, la c
ansmis par un enseià un ensemble de su- ‘euses, qui enserrent xistence entière, C'est en animiste, le culte des esprits ct ainte des forces naturelles, la croyance à une autre vie et plus ou puissance supérieure,
ün 1771, Mer Reydellet chargea deux catéchistes d'aller explorer le Pays, de S'enquérir des dispositions des habitants et de choisir un village convenable à une première fondation, en même temps il demanda au Saint-Siège juridiction sur le Laos,
La réponse de Rome fut favorable, et Mgr Borgia, secrétaire de la Propagande, écrivit à l'évêque le 17 janvier 1773 que le Pape étendait ses pouvoirs sur le Laos sans cependant l’annexer à la mission du Tonkin occidental.
Lorsque cette lettre arriva, les catéchistes, envoyés par Mgr Reydellet, étaient de re d'exploration, Ils étaient partis de ] in, avaient remonté le Song-ca son affluent le Song-con, ils av
moins vaguement à une
tour de leur voyage à province de Nghed'abord et ensuite aient visité une partie du Trân-ninh que les missionnaires de cette époque appellent le Petit-Laos par opposition au Grand-Laos ou Laoschau qui est situé plus au nord.
talent trouvé quelques chréti dans Les montagnes pour éc que plusieurs tribus ét
IS racontèrent qu'ils ens tonkinois réfugiés happer à leurs créanciers, aient en guerre, mais que dans le
Trân-ninh, de nombreux habitants leur avaient promis
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l'uuhvoocser Ja religion, s'ils venaient se fixer parmi
voyage les avait d'ailleurs extrêmement fatieués, et ils priaient Mgr keydellet de leur permettre de se reposer pendant plusieurs mois avant de reparür.
On ne pouvait attendre davantage d'une première tentative confiée à deux catéchistes, il restait à envoyer un missionnaire européen pour juger en dernier ressort de la situation, etsavoirs'ilétait possible de fonder un établissement stable. Malheureusement des troubles civils et religieux venaient d'éclater au Tonkin, ils ne laissaient pas à l'évêque les hommes, le temps, les ressources el la liberté indispensables à toute fondation nouvelle. Si la mission eût été établie, on eût pu la continuer ; mais l'inaugurer en pleine tourmente était impossible, On remit donc cette expédition à des temps plus calmes, et nous verrons combien elle tiendra au cœur des Vicaires apostoliques du Tonkin,