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tude, augmentée de beaucoup par le chagrin que j'ai d'ebandorner mes pauvres fidèles, destitués ainsi de secours spirituels. »
Le missionnaire vit bientôt son inquiétude justiliée. Le 29 novembre, après 75 jours d'emprisonnement, il reçut l'ordre qui le bannissait de l'empire ; ilse mit en route sous la garde de quelques prétoriens. Arriv : à Ouan-hien sur le Yang-tse 1, il apprit que le premier mandarin de la ville avait été destitué, et que son remplaçant n'était pas encore arrivé. Pottier n'était pas seulement attaché à sa mission, c'était un esprit éminemment pratique. Il jugea la circonstance favorable pour obtenir sa liberté, En beaucoup de pays, tout s'arange avec de l'argent, il parait qu'il en est de même en Chine, grâce à quelque don plus où moins considérable, les voleurs y deviennent honnôtes, les esprits obtus vifs et clairs. Le missionnaire trouva, moyennant une somme assez modique, deux prétoriens qui comprirent sans trop de peine que la faute pour laquelle il avait été condamné n'était pas grave; ils lui remirent l'ordre d'exil qu'il brüla immédiatement, puis il loua une petite barque, et après sept jours et sept nuits de voyage, Il était de retour au milieu de ses chrétiens. Sa détention et ses souffrances furent marquées d'une grâce spéciale qu'il a racontée lui-même : « Depuis plusieurs années, javais des douleurs dans les jambes, qui me rendaient difficiles les voyages continuels. Dieu permit qu'après la torture des pieds, je pus recouvrer non seulement l'état ordinaire de ma santé, mais je me vis complètement délivré de cette infirmité, »
Pottier resta au Su-tchuen pendant cinq années encore, sans autres collaborateurs que des prêtres chinois qu'il dirigeait avee douceur et fermeté.