‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 37 sur 248 · Arch. M.-É,, voi. 501, p · texte numérisé non relu

Arch. M.-É,, voi. 501, p

il se servit du terme de si longue, ainsi la durée de ma tribulation était bien pesée devant Dieu avant la séparation des chrétiens d'avee moi: considérant qu'il n'y avait pas d' apparence que je fusse martyr, Je pensais avec une grande peine que vraisemblablement tout se réduirait à la fin à me renvoyer à Canton comme bien d'autres. Je regrettais cela assez amèrement, ne désirant rien que de rester en cette mission ici. Comme j'étais dans ces peines-là, je reçus une grande miséricorde de la très sainte Vierge, en laquelle elle me dit en termes formels qu'elle s'offrait à faire que je ne serai point renvoyé à Canton, mais que je serai tout simplement remis en cette mission ici, Quand j'entendis ma glorieuse Mère Reine me parler ainsi, je lui répondis que je croyais fermement qu'en sa suprème royauté et en la gloire de la maternité divine, elle pouvait, quand et comme il lui plairait, opérer cela, mais qu'étant un si misérable pécheur comme je suis, je n'osais pas deinander une telle grâce, qui me paraissait un miracle. Quoique je répondisse ainsi, je ne laissais pas d'avoir conlunce que cela s'accomplirait par après: réfléchissant là-dessus, je me fis une peine assez sensible sur la la manière dont j'avais répondu à la très sainte Vierge. ‘exemple d'Achaz me reviat à l'esprit lorsqu'il refusa de demander un miracle que lui proposait le prophète Isate ; etselon mon penchant de mettre au grief toutes les fautes que je fais, au préjudice de la confiance en Dieu, je concus de la crainte d'avoir peut-être mis obstacle par mon imprudente réponse à l'accomplissement de la prophétie de la très sainte Vierge

Comme j'étais dans ee’te peine-là, je recus une crande etinestimable raiséricorde de mom Dieu le Saint-Esprit que j'invoquais tant alors. Etant dans la eourde la prison vers le milieu du jour, commençantune oraison , au début de laquelle j'avais coutume de dire tout ce que je sa-

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vais d'hymnes en l'honneur du Saint-Esprit ; lorsque j'en fus à dire ces paroles : « Vent sancte Spirilus, et emitte cœlitus lucis tuæ radium », tout d'un coup, sentant naistre en moi une grande plénitude de paix et de consolation intérieure, je vis en haut devant moi à la distance d'une quinzaine de pieds environ, l’'adorable personne du Saint- Esprit sous la forme d'une colombe ‘ayonnante et lumineuse, et du bec du symiole il descendait un grand trait de lumière qui se terminait à moi et m'investissait, Alors j'entendis mon Père adorable me parler avec des gémissements d'une si profonde et si infinie miséricord: d'une si tendre et si intime compassion, qu'iln'y a point d'expression humaine pour exprimer cela, des gémissements que l'Écriture appelle inénarrables, il faut sentir etéprouver cela pour scavoir ce qui en est; et mon Père adorable, me parlant ainsi, me dit : Je vous éclairerai, je vous Inspirerai, je vous conduirai. Je vous protégerai, et vos ennemis seront bouleversés, et s embarrasseront dans leur fausse et mondaine prudence, sans qu'il puisse rien arriver au préjudice de ce qui vous à été promis: Ce que j'ai souligné (c'est-à-dire Je vous éclairerai, je vous Inspirerai, je vous conduirai, Je vous protégerai), fut en paroles formelles et le reste en une inspiration trés forte et très vive. Après cela, la lumière cessa. Par le fait d'une si grande miséricorde, je connus clairementque mon Dieu avait pitié de moi, et que mon jimprudence, en répondant à la très sainte Vierge Marie, n'empêcherait point | accomplissement de sa promesse .» Nous citerons encore cette vision de Dieu le Père et le La très sainte Vierge, qui est une des plus remarquables.

€ Environ au milieu du mois de décembre de cette année-là, mon Père adorable vint me visiter un soir par les insignes grâces ici. Comme J'étais accoudé sur mes paillasses, faisant mes pauvres prières à l'ordinaire,

tout d'un coup, avee une grande paix et consolation in térieure, je vis devant moi, vers ma droite, un peu en haut comme à la distance d'environ 60 pieds de moi un grand apppartement semblable à une grande nef d'élise; à terre, au milieu de cet appartement-là, je vis la personne de mon Dieu le Père en forme humaine assis sur un fauteuil qui lui servait de thrône, La très sainte Vierge était assise avec lui à sa droite sur un autre fauteuil aussi qui lui servait de thrône, vêtue d'un vetement de la couleur que portent ordinairement les religieuses, c'est-à-dire de couleur noire, je vis que j'étais devant eux, à leurs pieds, tout à fait couché pur terre sur mon côté droit, vêtu comme je l'étais avant ma persécution, jouissant de la consolation qui était répandue en moi, et considérant tout cela, je vis tout d'un coup que je n'étais plus couché par terre, mais à genoux devant mon Père adorable et ma très chère Mère Reine, en grande paix et confiance, et à ce qu'il me semble en prières, offrant mes demandes ordinaires, ayantété quelque peu de terips ainsi, je sentis en mon intérieur que mon Père adorable me bénissait, me remplissait de force, de courage et de grâce, et m'envoyait travailler au salut des âmes, à l'instant je me levai, et me mis à m'en aller en courant vers la porte qui était au bas de l'église. L’exultation et la dilatation de cœur, que je ressentis à ce moment-là, furent si fortes, que je perdis presque entièrement l'usage des sens, et ne pensais plus que ce qui se passait était en vision. Après avoir ainsi couru huit où neuf pas, mon Dieu permit que je sentis encore que j'étais en ma prison. Sentir cela et gémir un peu, ce fut toute une mème chose. Incontinent je me revis de nouveau à genoux comme auparavant, gémissant doucement de ce que cela n'était pas en réalité. Alors je vis mon père adorable et matrès chère Mère Reine me regarder avec un visage si riant, et d’une si douce com-

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