‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 47 sur 248 · MISSI · texte numérisé non relu

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en 17706 aux Missions-Étrangères où dans celles dont elle fut chargée peu après, on ne compte que trois paroisses protestantes de quelque importance : Tranquebar, Tandjour et Trichenopoly,

Les Frères moraves envoyérent des missionnaires dans l'Inde vers 1750, ils n'eurent que de médiocres succès, et après avoir langui pendant une soixantaine d'années à Tranquebar où ils avaient formé leur principal établissement, ils quittèrent cette ville en 1801.

La foi catholique avait été prêchée dans le Carnate par les Capucins vers le milieu du xvur sièele et par les Jésuites pendant le xvine,

D'après des listes authentiques dressées vers 1750, le nombre des néophytes dans le Carnate était de 80,000 : dans le Maïssour, de 35,000, de 150,000 dans le Maduré, et de 120,000 de la province de Marava au cap Comorin.

En 1776, le nombre de ces chrétiens avait notablement diminué, en grande partie par suite de l'insuffisance numérique des missionnaires portugais.

En un seul jour (1755) par les ordres iniques de Pombal, 127 Jésuites portugais furent enlevés aux mis-

! sions de l'Inde et transportés à Lisbonne où ils s'étei-

snirent lentement dans les cachots du fort Saint-Julien. Les Jésuites français, restés en très petitnombre, se trouvèrent dans l'impossibilité d'exercer sur les chré-

tiens la surveillance et la direction nécessaires.

Les longues et sanglantes guerres des F ‘ançais, des Anglais et des princes indigènes, qui ravagèrent tout le

!Décan, pendant une partie du xvui siècle ruineèrent

ces chrétientés florissantes ; la peste et la famine, surtout en 1770, achevèrent ce que la guerre avait si larsement commencé.

Uest à ces causes, beaucoup plus, malgré les assertions contraires, qu'à la promulgation et à l'application de la bulle contre les Rites Omnium sollicitudinum du

12 décembre 1744, qu'est due la diminution des catho liques!. Lorsque cette mission fut remise à la Société, elle n'avait pas de clergé indigène, elle comptait peu de catéchistes et encore moins d'écoles, elle comprenait d'après l'estimation de plusieurs missionnaires € de vingt à vingt-quatre mille communions pascales », ce qui ne suppose pas un chiffre total dépassant 55,000 à 60,000 chrétiens.

La ville de Pondichéry possédait un couvent de Carmélites et un couvent de religieuses indigènes où se retiraient beaucoup de veuves chrétiennes auxquelles les coutumes indiennes ne permettent pas de se remarier.

La Société des Missions-Étrangères n'était point une

inconnue dans ces parages, puisqu'elle y entretenait un

procureur depuis 1699, que plusieurs de ses prêtres les avaient traversés et que d'autres avaient exercé les fonctions d’aumônier dans les troupes françaises.

Lors de son arrivée, Mgr Brigot eut à régler les questions d'ordre intérieur que nécessitait le changement d'administration.

De Sartine avait prévenu le gouverneur et le conseil de Pondichéry des mesures à prendre en cette circonstance, La lettre qu'il envoya à cette occasion au gouverneur, M. de Bellecombe et à M. Chevreau, commandant général et ordonnateur des établissements français, est curieuse par les détails dans lesquels elle entre sur la conduite à tenir enveï: les Jésuites et envers l'évêque de San-Thomé.

1, Telle était en particulier l'opinion de Mgr Laouënan, archevêque ue Pondichérv, qui a laissé sur cette question des notes décisives.

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Bienveillante dans la forme et assez Juste dans son ensemble, elle montre l'intrusion du gouvernement dans une affaire qui semble relever exclusivement de Rome : cette manière d'agir était ordinaire à cette époque, Les passages que nous citerons aideront à comprendre l'esprit de l'administration fran ‘aise avec laquelle les missionnaires allaient avoir à traitert : « L'intention de Sa Majesté est que, de concert avec Mgr l'évêque de Tabraca, vous tâchiez de conserver autant des anciens missionnaires qu'il vous sera possible, sous la condition néanmoins qu'ils s'affilieront à la Congrégation des Missions-Étrangères, et qu'ils se soumettront à l'autorité du nouveau supérieur de la mission malabare, et au régime qu'il leur prescrira. Ils vivront en tout et sans aucune exception comme s'ils étaient du Corps des Missions-Étrangères et demeureront associés comme aupaavant à l'œuvre des Missions et à tous les avantages temporels qui en pourront résulter. Sa Majesté n'exige d’ailleurs aucune formalité de ceux de ces anciens missionnaires qui resteront attachés à cette mission. Vous pouvez même les assurer de la protection de sa Majesté et d’une retraite utile à la fin de leurs travaux, soit qu'ils demeurent affiliés à cette Congrégation, soit qu'ils viennent à s’en séparer après leur retour en France.

«Ceux, au contraire, qui pourront continuer leurs travaux et qui refuseront de reconnaitre le nouveau supérieur qui leur est donné par Sa Majesté, prouveront par là qu'ils tiennent encore opiniätrement au régime de la Société absolument éteinte en France et dans toute l'Europe. Vous les préviendrez qu'ils se trouveront sans état à leur retour en France et qu'ils S'y présenteront d'une manière peu favorable pour obtenir des pensions

& Arch. M.É., vol, 31, p. 543,

que les circonstances obligeront au surplus à rendre très modiques.

« Sa Majesté vous laisse les maitres de donner à ceux de ces anciens missionnaires, qui montreraient d’abord quelque répugnance, tout le tems que vous Jugerez à propos pour faire leurs réflexions, sans qu'ils puissent exercer aucune fonction jusqu'à ce qu'ils se soient soumis à l'autorité du nouveau supérieur. Cependant si vous en reconnaissiez quelques-uns dont le séjour dans la colonie vous parait dangereux, vous prendriez les mesures convenables pour empêcher qu'ils ne mettent des entraves à l'exécution des ordres du roi et pour les renvoyer promptement en France.

« Je joins également ici le Bref de Préfet apostolique et les pouvoirs accordés par le Pape au Père Sébastien, supérieur de la mission des Capucins, ainsi que les lettres d'attache du roi pour leur exécution. Vous ferez aussi enregistrer cesdifférents titres au conseil supérieur.

«Sa Majesté a jugé à propos de donner cette nouvelle forme aux deux missions qui sont desservies par ses sujets dans les Indes, pour les soustraire à tout acte de juridiction de la part de l'évêque de San-Thomé. Vous veillerez soigneusement à ce que les intentions du roi à cet égard soient strictement exécutées. Le Supérieur de la Mission malabare et le Préfet apostolique de celle des Capucins sont munis de pouvoirs suffisants pour être indépendants à tous égards du prélat portugais, et vous ne permettrez en aucun cas qu’il puisse, où par lui-même ou par ses délégués, remplir aucune fonction ecclésiastique dans ces deux missions. Les particuliers, soit français, soit indiens attachés à ces deux missions, ne pourront désormais s'adresser à ce prélat pour obtenir des dispenses, et vous empêcherez l'exécution de celles qu'il pourrait leur avoir accordées.

« Vous uscrez néanmoins de beauconp de ménage-

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