‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 46 sur 248 · Arch, M.-É., vol, 31, p · texte numérisé non relu

Arch, M.-É., vol, 31, p

notamment celle qai est connue sous le nom de mission malabare, seront desservies à l'avenir et jusqu'à ce que nous en ayons autrement ordonné, par des prètres du Corps de l'association pour les Missions-Étrangères.

An. 2

« Les prêtres auront, pendant qu’ils desserviront les missions, l’administration et jouissance de tous biens meubles et immeubles dont le fond et la propriété sont affectés aux missions, ensemble ceux qui ont été donnés soit par les rois nos prédécesseurs, soit par des particuliers et qui ont été chargés de fondation ou destinés à la Propagation de la Religion catholique, à l'enseignement et à l’entretien des missionnaires et des Indiens nouvellement convertis, »

Les trois autres articles concernaient la translation des propriétés de la mission des Jésuites aux Missions- Étrangères.

En même temps, notre ambassadeur à Rome pressait vivement la conclusion de la négociation; malgré de nombreuses démarches, malgré les sollicitations du procureur particulier de la Société, la nomination d’un Vicaire apostolique ne put être obtenue, Le ministre, écrivant aux directeurs du Séminaire, s'en excusa en ces termest : «La cour de France ne perdra point de vue la demande qu'elle a faite à la cour de Rome pour donner extérieurement à cette mission la forme de toutes celles que vous desservez, des circonstances particulières ayant engagé Sa Majesté à ne pas insister absolument dans ce moment-ci sur la première demande qu’elle avait formée, »

Ces circonstances particalières, auxquelles le ministre

4 Arch. M.-É., vol. 31, p. 469.

et.

mot refl Sén dan à 1

mission

1 ce que ôtres du

res.

ront les as biens été sont * donnés particunés à la xnement nouvel-

nslation lissions-

pressait lgré de ions du on d’un ninistre, a en ces e vue la donner es celles es ayant dans ce e avait

ninistre

PE ER a UE

CERN

FA

faisaitallusion, n'étaient autres que la susceptibilité tou- Jours en éveil des Portugais. La cour de Lisbonne n’avait élevé aucune objection contre l'envoi dans les Indes des missionnaires francais, mais seulement contre la nomination d’un Vicaire apostolique, « ce qui, disait-elle était contraire à ses droits de patronage ». Les évêques portugais des Indes, imbus des mêmes préjugés, suivirent les mêmes errements, et celui de San-Thomé menaçe d'un conflit de juridiction, Afin d'éviter ces divisions, le Souverain Pontife décida que l’évêque choisi pour gouverner la mission de Pondichéry n'aurait que le titre de supérieur. Cette mesure fondée sur des motifs d'une véritable sagesse chrétienne n'obtint pas tous les succès qu'on s'en était promis. Les Portugais firent entendre leurs éternelles réclamations, protestèrent de leurs droits sur les chrétiens et même sur les missionnaires ; on passa outre et on chercha parmi les prêtres de la Société le plus apte aux fonctions de supérieur dans cette délicate situation. Il fut d'abord question de M. Mathont, procureur à Pondichéry depuis 1743, ensuite de Mgr Davoust dont le ministre de la marine avait apprécié les remarquables qualités de finesse et d'habileté rehaussées de vigueur.

Dans un entretien qu'il eut avec ce prélat, il le pressa vivement d'accepter, et comme l'évêque s'en défendait et proposait Mgr Brigot, il termina l'entretien par ces mots significatifs : « Je vous donne trois heures pour refléchir, mais il faut que vous acceptiez. » Rentré au Séminaire, Mgr Davoust écrivit au ministre une lettre dans laquelle ilrésumait les motifs qui devaient l'engager à nommer Mer Brigot? :

«Après avoir réfléchi aussi mürement que le peu de

1. Du diocèse de Lyon, parti en 1743, mort en 1778. 2. Arch, M.Æ,, voi. 31, p. 428. Lettre du 26 août 1716.

temps que vous nous avez donné nous l'a permis, sur l'objet important dont il s'agit, nous persistons à croire que, dans les circonstances actuelles, il seroit sinon nécessaire, du moins fort à propos que ce fut l'évèque de Tabraca qui remplit le poste du nouveau Vicariat apostolique. Il connoit déjà les choses en grande partie, avant résidé assez longtemps à Pondichéry où il était aimé de M. Law et des autres principaux officiers de la ville, I sait parfaitement le genre d'éducation qu'il convient de donner à la jeunesse indienne, ayant été nombre d'années à la tête de notre séminaire et de notre collège dans le temps que ces établissements subsistoient à Siam. Il est d'un caractère fort doux et très propre à lui attirer la confiance de ceux qui vivent avee lai, et c’est par là qu'il se faisait aimer généralement des missionnaires, des élèves et chrétiens qu'il avoit sous sa direction. »

Mgr Davoust fut écouté et son choix agréé. Par le bref pontifical du 30 septembre 1776 qui substitua la Société des Missions-EÉtrangères aux Jésuites, Mgr Brigot, l'ancien Vicaire apostolique de Siam, récemment revenu des prisons de Birmanie, fut nommé supérieur de la mission. En même temps, une préfecture apostolique fut créée à Pondichéry et fut donnée aux religieux Capucins qui devaient exercer leur ministère parmi les Européens; le supérieur de Ia mission malabare et le préfet apostolique étaient complètement indépendants l’un de l’autre.

Maintenant que nous avons fait connaitre le détail des négociations qui conduisirent la Société dans les Indes, il nous semble bon de jeter un coup d'œil sur le pays dont elle était chargée.

Cor Fra E Tai Car E ter un par riz, tôt rivi etr l’an ond gris fac ent no:

figu par que ples des pli idio tres

zone de la cap ( entre côte

nis, sur

à croire t sinon ‘évèque Vicariat partie, il était rs de la il conant été le notre subsiset très , vivent œÉNÉrAns qu'il

Par le litua la s, Mgr emment rieur de stolique eligieux rmi les re et le endants

tail des ndes, il le pays

SRE MAR St

La mission de Pondichéry était située sur la côte de Coromandel et comprenait tout le pays possédé par la France, €'est-à-dire une partie du Carnate 1,

Elle devait quelques années plus tard embrasser le Tandjour, le Maduré dans la partie méridionale du Carnate, le Maïssour et le Coïmbatour à l'ouest.

Fraction d’une des plus merveilleuses contrées de lu terre, ce pays présente d'immenses plaines unies comme un miroir, empourprées par la vive lumière du soleil, parsemées de maigres pâturages ou de riches récoltes de riz, animées par des villages tantôt pittoresques et tantôt assez tristes, coupées par de larges étangs et par des rivières tortueuses, torrents pendant la saison des pluies et ravins desséchés pendant la plus grande partie de l'année. Il se relève vers l’ouest en des plateaux ondulés, des montagnes nues ou boisées dont les reflets grisätres ou les teintes vert sombre se détachent d'une façon saisissante sur le bleu profond du ciel. Les villes entourées de blanches murailles sont enrichies de mosquées, de palais aux bas reliefs couverts de délicates figurines, de pagodes gigantesques qui étonnent plus par leurs proportions et leur prodigieuse ornementation que par leur élégance.

Les habitants de cette région appartiennent aux peuples dits Dravidiens.

Le nom de Dravida fut donné par les Hindous à une des tribus de l'Inde méridionale; actuellement il s'applique à tout l’ensemble des populations parlant les idiomes d’une seule famille linguistique, distincte d'autres groupes de langues agglutinantes. Ces populations

1. Sous le nom de Carnate ou Carnatic, on désigneit la portion de la zone maritime du Dekkan dans l'Inde méridionale. Cette contrée s'étend de la rivière Gandlagama un peu au sud du Kistnah inférieur jusqu'au cap Comorin. Sauf dans son extrémité méridionale, le Carnate est enfermé entre les Ghâtes orientales et la mer et comprend à peu près toute la côte de Coromandel.

sont les Telougous ou Télingas, les Tamouls et les Kanaras, les Malayalam, ete,

Leur portrait a été souvent tracé : stature belle et bien proportionnée, peau fortement bronzée, yeux large: ment fendus, généralement noirs ou jaunes foncés, nez aquilin à narines minces et fines; chevelure variant du noir au châtain, soyeuse et abondante, barbe longue et fournie.

Ce qui frappe d’abord l'observateur européen dans les institutions sociales de ces peuples, c'est la répartition des habitants en une foule de castes, vestiges des races diverses qui sont venues successivement se fixer sur un mème sol et se sont juxtaposées sans se mélanger ni s'unifier.

On n° distinguait autrefois que quatre castes principales : les Brames, prêtres ; les Kchatrias, guerriers; les Vaïchyas, agriculteurs et commercants, et les Soudras, artisans. Ces castes se sont subdivisées en fractions presque innombrables qui ne sont en réalité que des corpo- ‘ations de métiers « sociétés restreintes dont le domaine ne s'étend parfois pas au delà d'une province, d'un canton, même d'un village ». Disons tout de suite que si une telle institution présente de grands inconvénients : ruine du patriotisme, destruction de la liberté individuelle et de l'initiative, négation de l'égalité entre tous les hommes; elle offre certains avantages pour établir et perfectionner l’ordre, faciliter le gouvernement et l'administration, contenir les passions, prévenir la dégradation et la barbarie.

Des religions qui se partagent les habitants, le Brahmanisme possédait au xvin' siècle et possède encore le plus grand nombre de sectateurs. Viennent ensuite le Djaïnisme et le Mahométisme.

Une étude détaillée du Brahmanisme ne rentre évidemment pas dans le cadre de cette histoire, mais

com

lequ rons Le Véd ou Le de st natu et at sous A des 6 parti Brah supr' ils co Av table:

perd à Vic ment Brahi prince Si | indou anciei légen Vichn égide, innon

1, Du Christi

s et les

“et bien : large:

cés, nez riant du neue et

en dans répartiiges des se fixer iélanger

s princiiers: les soudras, NS pres- $ COrpolomaine ‘un can- * que Si snients :

indivitre tous tablir et

et l'ad-

Légrada-

le Brahncore le suite le

itre évi- *e, Mais

Tr ae

comme cette religion est le principal obstacle lequel les missionnaires ont à lutter, nous e rons les lignes principales,

Le Brahmanisme a passé par trois formes successives : Védisme, Brahmanisme propre et Néo-Br ou Indouisme,

contre ln esquisse-

\hmanisme

Le Védisme, le culte des Aryas, ainsi nommé à cause de ses livres sacrés, les quatre Védas, était une religion | naturaliste dont le culte s'adressait aux grandes forces et aux phénomènes de la nature personnitiés et déifiés | sous des noms divers, A la période dite brahmanique, époque de Manou et des écoles philosophiques, ces dieux perdent une grande partie de leur importance et de leur pouvoir au profit de Brahma, personnification de la prière qui devient le dieu suprême, créateur des dieux, du monde et des hommes, ils continuent cependant à être adorés et invoqués. Avec le Néo-brahmanisme ou Indouisme, le seul véritablement existant depuis plusieurs siècles, Brahma 1} perd à son tour le rang de seul dieu suprême qui s'étend à Vichnou et à une divinité nouvelle, Siva. Ces dieux for- | ment avec Brahma la triade ou trimourti dans laquelle Brahma représente le principe créateur, Vichnou le principe conservateur, et Siva le principe destructeur, Si Bralhima est resté la première personne de la Triade indoue, ce n'est plus le Brahma majestueux des temps anciens, il a été défiguré, écrasé sous un amas de légendes burlesqnes où obscènes, il n'a plus de culte. Vichnou et Siva l'ont supplanté et avec eux, sous leur égide, et pour ainsi dire sous leur conduite, une tourbe innombrable de prétendusétresdivinsont rempli la scène. « Le Brahmanismet est devenu une arène immense

1, Du Br'ahmanisme et de ses rapports avec le Judaïsme et Le | 4 Christianisme. Mgr Laouënan, t, 11, p. 2,

dans laquelle s'agitent, se mêlent et se coudoient avec les dieux des antiques Aryas, les fétiches des populations aborigènes et sauvages, les animaux, les poissons, Îles reptiles, les montagnes, les pierres, par-dessus tout les divinités femelles des tribus dravidiennes, les dieux de chaque village, les esprits démoniaques de toute nature ; c'est un amas confus et sans cesse divers de croyances, de légendes, de pratiques et de prétentions qui se résolvent en sectes innombrables, plus différentes néanmoins par leurs dénominations que par le fond même de leurs doctrines. Il existe, en effet, dans ce pandémonium, un certain principe d'unité qu'il a reçu du Brahmanisme antique : c’est le panthéisme le plus effronté et le plus absolu, »

Les superstitions étranges ou impudiques y ont leurs coudées franches, elles embrassent la vie entière de l'homme et presque toutes ses actions; elles sont réglées et codifiées par de minutieuses prescriptions.

Parmi les pratiques des Indiens au xvinf siècle, les plus sanglantes étaient les sacrilices humains offerts à la déesse Kali et le suicide obligatoire des veuves, Elles ont été interdites par le gouvernement anglais.

Le Djaïnisme a beaucoup de rapports avec le Bouddhisme, tout en présentant plusieurs diflérences. I reconnait le Dieu suprême, l'âme éternelle, essentiellement distincte de la matière, le dogme des peines et des récompenses, il honore des divinités d'un ordre infé-

le mensonge, le vol, limpudicité; il

rieur, il prohibe enseigne que la plus crande vertu est de ne tuer aucun ètre vivant.

La doctrine religieuse et la morale du mahométisme sont assez connues pour qu'il soit inutile de l'expliquer.

Le protestantisme était aussi représenté dans l'Inde, mais il n'avait pas alors cette ardeur de propagande qu'il montre aujourd'hui, Dans les provinces confiées

en 177 elle fl

pa l'OIS:

queba

Les dans 1 succès d'anné cipal rl

par les Jésuite

D'ap nombr dans le et de 1

En !

ment « sance ]

En :

Pomba l sions €

cnirent Les , trouvèr tiens la Les | Anglais

: lécan,

ces chré en 177 sement

C'est tions Co

4 de la bt

Page 1