‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 52 sur 248 · Du diocèse de Clermont, parti en · texte numérisé non relu

Du diocèse de Clermont, parti en

. Du diocèse de St-Claude, parti en 1784, mort le 12 mai 1790.

8. De Vannes, parti en 1785, mort le 4 février 1788. 9. Arch. M.-E., vol. 996, p. 692.

. Du diocèse de Besançon, parti en 1781, mort le 11 septembre 1783. W

. Du diocèse de Besançon, parti en 1785, mort le 29 septembre 1833,

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À cet article, les Anglais firent la réponse suivante d'un libéralisme tout protestant. « Accordé, tant qu'ils se comporteront comme il convient et qu'ils ne chercheront point à faire des prosélytes parmi ceux qui professent la religion protestante. »

Cependant, au mépris de cette ‘apitulation, les vainqueurs furent à peine maitres de la ville qu'ils détruisirent plusieurs édifices religieux, entre autre une église et le premier étage de la maison des missionnalres.

La situation de Mer Brigot fut dès lors fort délicate, il allait avoir à traiter avec les Anglais, ennemis de Ja France; s'il était calme et pacifique, les Francais l'accuseraient très vite d'antipatriotisme ou de trahison; s'il élevait quelques observations où manifestait des sentiments d'antipathie, les Anglais ne manqueraient pas de se plaindre de son hostilité: il suflisait d'une démarche imprudente, d'un mot inconsidéré ou irréfléchi pour compromettre les intérêts de la mission, pour faire chasser les prêtres catholiques comme des ennemis irréconciliables et des perturbateurs de la paix publique. La mesure, pour odieuse qu'elle fût, aurait soulevé pius d'applaudissements que de blâmes en Angleterre.

La conduite que les missionnaires tinrent dans ces circonstances critiques s'inspira des sages instructions émanées de la Propagande plus d'un siècle auparavant : «Ne cherchez jamais à exciter dans ces contrées aucune faction en faveur soit des Espagnols, soit des Fran-

cais, des Persans ou des Tures, mais apaisez de tout votre pouvoir celles qui existent. »

« Que si quelqu'un de vos missionnaires averti de ces choses ne s'abstient pas d'y prendre part, renvoyez-le immédiatement en Europe, de crainte que son imprudence ne vienne à compromettre les intérêts si graves de la religion. »

La susceptibilité du patriotisme anglais se compliquait encore de la haine protestante. La réponse faite à l’article XIE de la capitulation révélait aux prédicateurs de l'Évangile ce qu'ils avaient à attendre. Dès que l'Angleterre avait été victorieuse de la France, des ministres protestants étaient arrivés dans l’Tade et avaient déployé une activité capabie de leur attirer des adeptes et surtout d'en enlever au catholicisme.

Contre ce double obstacle, la patience, la générosité, le zèle discret et persévérant étaient les meilleures armes de combat. La tâche des missionnaires fut d’ailleurs facilitée par la bienveillance du commandant de Pondichéry, qui n'imita pas la plupart de ses compatriotes et se montra en toutes circonstances respectueux des prêtres ‘atholiques et de leurs droits.

« I fit tout ce qu'il put, dit M. P: nour leur faire oublier leur disgrâce. Il y aurait m si, Si un Français pouvait jamais préférer son in: rapre

à la gloire de son pays. »

Cependant la prise de Pondichéry, aggravée par trois défaites successives de notre allié Hayder-Ali, eut enfin le don d'émouvoir la cour de Versailles, qui se décida à envoyer dans les Indesle bailli de Suffren avee une flotte nombreuse et l’ancien compagnon de gloire de Dupleix, Bussy, à la tête de plusieurs milliers d'hommes.

Suffren remporta quatre victoires navales qui changèrent la face des choses, firent reculer les Anglais, donnèrent à nos alliés un nouveau courage, et nous

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ar malheur, Bussy n'était plus que l'ombre de Inimème, un vieillard affaibli par la longue jouissance de ses trésors.

Après avoir commis de nombreuses fautes militaires. il se laissa acculer dans Gondelour et allait être obligé de se rendre, lorsque, par une cinquième victoire, Suffren le sanva,

Le bailli s'apprètait à profiter de ce succès pour couvir à Madras que Bussy devait assiéger par terre lorsqu'une frégate parlementaire vint lui annoncer la nouvelle d’un armistice, Quelques jours plus tard, la paix était signée à Versailles (1783). Triste paix hélas ! au lieu de profiter de nos victoires navales pour exiger la restitution de nos anciennes possessions et de nos vieux territoires, le gouvernement se contenta de réclamer les comptoirs : Pondichéry, Chandernagor, Karikal: au lieu de donner à notre allié le roi de Mysore une situation indépendante et d'assurer l'avenir de ce royaume en lui envoyant des soldats et quelques officiers, il l'abandonna à ses propres ressources. Il aurait pu fonder un empire, il ouvrit des factoreries, et pour combien de temps? Tel n'était pas le rôle qu'avaient rêvé pour la France Martin. Duras et Dupleix.

Quels que fussent les événements politiques, la Société des Missions-ctrangères était désormais solidement fixée à Pondichéry, elle avait eu le temps de recevoir l'administration des mains des Jésuites, de se rendre compte du fonctionnement des paroisses, des méthodes employées dans l'évangélisation des païens. Le gouvernement francais l'y avait protégée, le gouvernement anglais conser-

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vée, elle était chez elle, et pouvait espérer qu'elle maintiendrait cette mission dans une situation prospère et que si, par hasard, elle était chassée par la persécution, par les guerres civiles ou étrangères, elle aurait pris racine assez profondément, pour ne jamais perdre le droit de rentrer et d'être bien accueillie.

L'exil et la proscription en effet sont un des côtés caractéristiques de l'apostolat en Extrème-Orient, pendantle xvmf siècle; mais à de rares exceptions près, on ne condamne pasles missionnairesà mort, on se contente de les chasser.

Les païens, ignorant ce que la foi met de vigueur et de persévérance dans le cœur des apôtres, pensent qu'il en sera d'eux comme des marchands et qu'après avoir été maltraités, ils ne reviendront plus. C’est le contraire qui se produit : le regret d'avoir laissé leurs chrétiens seuls ou sous la garde unique des prêtres indigènes ravive le zèle des missionnaires expulsés, qui font de suprèmes efforts, emploient les plus ingénieux stratagèmes pour tromper la surveillance de leurs ennemis et profitent de toutes les circonstances pour retourner dans leurs Églises.

Un roi persécuteurles a chassés, ils attendent sa mort, ou si sa vie se prolonge, ils font des tentatives de rentrée sous le couvert du commerce ; ainsi avait agi Mgr Bennetat, s'ils ne réussissent pas, ils se tiennent à la frontière et comme Mgr Piguel et Mgr Lefèvre, ils font de rapides voyages sur le territoire d'où une loi les bannit, pour soutenir et encourager leurs fidèles, S'ils ontété victimes d'une guerre étrangère, ils reparaissent aussitôt que le vainqueur s'est éloigné ou qu'il a perdu les avantages de ses premières victoires; tel est l'exemple que nous offrent les missionnaires de Siam, chassés où emmenés prisonniers par les Birmans, et dont nous avons précédemment raconté les malheurs.

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DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES 125 Slamois, un instant tranquilles et en apparence soumis, coururent aux armes à la voix d'un mandarin courageux et battirent les ennemis.

Ce mandarin se nommuait Phajatak, il était fils d'un Chinois et d'une Siamoise et avait pendant plusieurs années gouverné une des provinces septentrionales du Siam,

Brave, hardi, entreprenant, il se mit à la tête d'une petite troupe de partisans que des succès partiels augmentèrent rapidement, 1] s'empara d'abord de la ville de Bang-pla-soi qui le reconnut pour roi et ensuite de Rajong. Sacré chef des Siamois par la victoire, il appel

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‘cha contre Chantaboun dont le gouverneur refusait de reconnaitre son autorité. Arrivé aux pieds des murailles de la ville. il fit briser tous les vases de cuisine et dit à ses soldats : «Mes amis, il faut que nous allions prendre notre repas dans la place, » C'est moins grandiose que de brüler ses vaisseaux, mais, à Siam, la signification est la même. Quelques heures plus tard, Phajatak entrait victorieux dans la ville, Son courage ne connaissait pas de demimesure, lorsque dans le combat il voyait reculer un de ses officiers, il s'élancait vers lui : «Tu crains donc le sabre des ennemis, et tu ne crains pas le mien, » lui criaitil, et il lui fendait la tête. Maitre de Chantaboun, il se retourna contre les Birmans, les battit en plusieurs rencontres et les chassa du pays. Proclamé par le peuple reconnaissant, roi, sauveur et restaurateur de l'État, il monta sur le trône et se fixa à Bangkok dont il fit la nouvelle capitale du royaume.

À la nouvelle de ces succès, M. Corre revint du Cambodge à Siam le 14 septembre 1769. Phajatak lui fit bon accueil et lui donna une propriété avec autorisation de bâtir une église: cette bienveillance ramena l'espérance au cœur du missionnaire.

« Pour conserver la mémoire de cet événement, qui, éerivait-il!, semble annoncer l'exaltation de notre sainte religion à Siam, ce qui convient assez avec les cireonslances du temps et l'état présent du royaume, jui l'intention de bénir la chapelle sous l'invocation de la Sainte-Croix, »

La situation de la mission était alors profondément triste. Des 12,000 fidèles dont elle se composait avant la guerre des Birmans, elle n'en comptait plus que mille, les autres étaient morts ou exilés, les églises, les pres— bytères, les écoles avaient été incendiés.

Tout était à recommencer, Corre recommença. En 1772, Mgr Le Bon?, évèque de Métellopolis, vint l'aider, il était accompagné de M. Garnault3 et avait apporté pour le roi des présents et une lettre de M. Law, gouverneur de Pondichéry. Ces objets furent d'abord remis au barcalon ; quelques jours après, l'évêque et son mission naire furent priés de se rendre à l'audience royale. Le souverain leur demanda des nouvelles du gouverneur de

l'Inde francaise, leur offrit selon l'usage quelques pièces d'étoffe avec une somme d'argent, et donna ordre au ministre d'ajouter un nouveau terrain à celui qu'il avait précédemment accordé. Satisfait de ce premier entretien avec les prêtres étrangers, il voulut en avoir d'autres, mit la conversation sur les questions religieuses, écouta l'explication de la doctrine catholique, et posa même des objections : « Si Dieu n'a point de corps, disait-il un jour, comment a-t-il pu parler aux hommes? » On lui répondit que « Celui qui à formé la langue, l’oreiile et les sons, sait bien parler et se faire entendre sans avoir de corps, ou qu’il peut se revêtir de la forme humaine si telle est sa volonté. »

Nouvelles lettres édif., vol. 5, p. 483.

De St-Malo, parti en 1745, mort le 27 octobre 1780, mars 1811.

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