CHAPITRE IV
L Organisation des Missions de la Société des Missions-Étrangères. — Statistique. — Le personnel. — Vicaires apostoliques, — Missionnaires européens. — Prètres indigènes. — Catéchistes. — Religieuses. — 11. Organisation des districts, des paroisses, des chrétientés. — Visites des missionnaires. — Administration des sacrements.— IT, Séminaires. — Ecoles. — Fondations des écoles de filles au Su-tchuen par l'initiative de M. Moÿe. Direction de Mgr Pottier. Instructions de la Propa-
gande. Opinion de Mgr de Saint-Martin, — IV. Livres. — Ouvrages composés par les missionnaires : de Saint-Martin, Moye, Sérard, Mgr Longer, Mgr Pigneau. — Conversions des infidèles, — Difficultés des
conversions : l'état religieux de l'Extrème-Orient, la nationalité des missionnaires, l'orgueil national, les calomnies, les scandales des Européens, la pauvicté des néophytes. — V,. Causes des conversions : la grâce, le travail des hommes, les incidents divers. — VI. Le catéchuménat. — Valeur morale des chrétiens, — VIE, Baptèmes d'enfants de païens #x articulo mortis au Su-tchuen, en Indo-Chine. — Instructions de la Propagande. — Statistique.
La Société des Missions-Étrangères à un triple but que son règlement exprime en ces termes :
«1° Former à la cléricature les sujets qui en sont trouvés capables; 2 prendre soin des nouveaux chrétiens; 3 travailler à la conversion des infidèles, en sorte que le premier emploi soit toujours préféré au second et le second au troisième. »
Nous sommes en 1780, plus d’un siècle s'est écoulé depuis que la Société travaille à atteindre sa fin, au milieu des vicissitudes que nous avons racontées. Quels résultats a-t-elle obtenus? Quelle organisation a-t-elle donnée aux missions qui lui sont confiées? Quel per-
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Mours paroisses et de leurs chrétiens ce très détaillé et de très comple botit catalogue dressé par Mer Bontient le nom de toutes les st du Cambodge qui sont
À Au Tonkin, une lettre de M. I Brice le chiffre des chrétiens à 130,000. En 1782. Siam,
}sonnel emploie-t-elle ? Quelles œuvres d'évangélisation, de charité, d’éduc:
ation a-t-elle fondées? quelle est la valeur de ses chrétiens e‘ de ses néophytes ?
Telles sont les questions que peut se qui sait que la bataille n’est qu'un mo victoire et la victoire elle-même 1
quête.
poser tout esprit yen d'obtenir la a condition de la con-
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Nous allons essayer de donner des ré lielles.sans entrer dans de menus À cette époque, la Société est e
ponses substandétails.
hargée de 5 missions :
lune en Chine : la province du Su-tchuen, à ] rattachent les provinces de Kouy-te et un poste dans le Fo-kien :
{Uhine : le Tonkin occ
aquelle se heou et du Yun-nan, Hing-hoa : trois en Indoidental, qui s'étend depuis les frontières de Cochinchine jusqu'aux fronticres de sSarrètant à l'est au fleuve Roug la Cochinchine, compre
Chine en ecceta rivière Claire :
nant tout le royaume de c t le Cambodge: le royaume de Siam: une la mission malabare ou de Pondichéry.
La statistique de ces missions est assez difficile à dresper avec une exactitude absolue : les prédicateurs de l'Éangile, craignant que leurs Papiers ne tombent entre es mains des persécuteurs, n'osaient tenir le registre de
e nom aux Indes :
. Nous ne connaissons t sur cet objet qu'un Bennetat vers 1735. Il ations de Cochinchine et au nombre de 295 et le chiffre
des catholiques qui s'élève à 29:
dique, et d’après celle de
22,370. D'après cette staadministration des sacreents, on peut conclure que le nombre des chrétiens,
1 1780, était dans ce Vicariat de 30 à 35,000 environ.
amothe, datée de 1786.
né par la guerre birmane. ne comptait guère plus de
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1,000 à 1,200 chrétiens. Le Su-tchuen, le Kouy-tcheou, le Yun-nan où Mgr Pottier avait trouvé 4,000 fidèles en possédaient à peu près 12,000.
Enfin dans le Fo-kien, le petit poste de Hing-hoa et ses B dépendances, que les prêtres indigènes avaient adminis- li
trés pendant une cinquantaine d'années et qui venaient
d'être confiés (1778) à M. Chaumont comptaient cinq à
six cents chrétiens.
La mission de Pondichéry, restreinte à ses premières
limites, avait environ 55,000 fidèles.
La Société devait donc pourvoir aux besoins spirituelsgs
de 240,000 chrétiens dispersés au milieu de 150 millions
d'idolâtres. Comment y réussissait-elle ? Par quelle
organisation forte et simple à la fois soutenait-elle ct faisait-elle progresser son œuvre?
Examinons d'abord dans l'ordre hiérarchique le per: sonnel des missions. La première autorité ecclésiastique
qui commande aux Vicariats apostoliques ainsi qu'à kfé
Société, est après le Souverain Pontife, la Congrégation de la Propagande,
Les voies romaines avaient toutes pour point deb départ la colonne milliaire du Capitole; la Propagande est pour les Missions cette colonne milliaire, elle donne les pouvoirs aux ouvriers évangéliques et guide leu
ministère, elle nomme les évêques, délimite les juridicA
tions, et donne tantôt des instructions générales, tantolh des ri précises et absolues sur du cas déterm k
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Le personnel de chaque mission se compose d'évêque# Vicaires apostoliques, de missionnaires européens, dé prêtres indigènes, de catéchistes et de religieuses, Le Vicaire apostolique gouverne, comme l'évêque d'ulÿ
diocèse, dans la limite que lui donnent le droit ecc 1 siastique et le règlement général de la Société. Aucun autorité ne s’interpose entre lui et ses prêtres. Il est or .
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dinairement revêtu du caractère épiscopal, il y a eependant quelques exceptions. Maigrot fut Vicaire apostolique du Fo-kien plusieurs années avant d'être nommé évèque de Gonon ; Leblanc, Vicaire apostolique du Yunnan en 1697, ne fut élu évèque que vingt ans plus tard en 1717. Plus rarement encore à la tête de la mission est un simple prêtre avec le seul titre de supérieur; le fait se présente pour M. Néez, supérieur du Tonkin occidental pendant dix ans.
En vertu des ordres de la Propagande, le Vicaire apostolique est obligé d’avoir une résidence en un lieu déterminé, non qu'il soit tenu de l'habiter continuellement, car les besoins de la mission exigent de lui des courses multipliées; mais cette résidence est nécessaire pour donner la facilité aux prêtres et aux chrétiens de recourir au supérieur lorsqu'ils ont des affaires relevant de son autorité. Elle est située ordinairement au centre du peys, et dans un village habité par des fidèles nombreux. Lorsque l’évêque s'absente, il laisse à sa demeure un ou deux catéchistes qui connaissent son itinéraire et peuvent le tenir au courant des événements.
Il est souvent assisté d'un coadjuteur ; cette mesure est utile dans les temps de persécutions qui exilent les pasteurs, les emprisonnent ou les condamnent à mort ; elle a d'autre part l'avantage de ne jamais abandonner la mission à un administrateur intérimaire.
Si les coadjuteurs les premiers choisis disparaissent avant leur évêque, celui-ci en désigne d'autres. Mer Néez en eut successivement deux : Devaux et Bennetat. Mer Longer en aura quatre dont le dernier lui succédera. Mgr Pigneau de Behaine choisit Mgr Labartette, et Mgr Pottier sacra Mgr de Saint-Martin,
En 1780, la Société compte six évêques; quatre sont Vicaires apostoliques : un pour chacune des missions de
Siam, de Cochinchine, du Tonkin, et du Su-te & un coadjuteur au Tonkin, et Mgr Bri de la mission de Pondichéry.
ne faudrait pas inférer de cette dignité et de ces titres à une vie aisée et à des honneurs éclatants.
« Accepter un Vicariat apostolique, au moins dans les missions d'Asie, écrit un missionnaire de Siam 1, c du dévouement, et pas autre chose, I mour des aises et des commodité
s n'ont rien à mordreici, On n'a pas la cunsolation d'être à la tête d'un nombreux clerg
gé; on ne recoit pas d'honneurs extraordinaires, on n officie pas dans de belles églises, ni tueuse dig
huen : il y got est supérieur
est a vaine gloire, l'a-
avec cette majesnité qui se voit en Europe ; on n'a pour habitation qu’une véritable ‘abane; on achètcrait pour cent francs les matériaux qui vnt servi à construire celle de notre évêque, et quant à son mobilier, il serait bien ditlicile de le vendre : pour les honoraires et les traitements, ce n'est pas la peine d'en parler. »
A cette époque, les Vicaires apostoliques sont tout à la fois chefs et soldats, ils doivent diriger et travailler, car leurs prêtres sont peu nombreux. Naturellement, ils visitent leurs missions, administrent la e
onfirmation .
confèrent les
saints ordres, tiennent leur Correspondance à jour, mais encore ils confessent, prèchent et vernent un district ou un séminaire.
Auxtermes d'un décret du 8 août 1 795, le Vicaire tolique est assisté d’un ou de deux provicair
gou-
aposes qui le représentent et régissent la mission pendant son absence ou à sa mort s’il n’a pas de coadjuteur.
Ses premiers collaborateurs sont les missionnaires européens; plus d’une fois, nous avons dit que leur nombre était absolument insuffisant pour les travaux qu'ils avaient à faire, et pour ceux que leur zèle aurait