‹ Histoire générale de la tapisserie (volume 2)Chapitre 10 sur 59 · PÉROUSE · texte numérisé non relu

PÉROUSE

Pérouse ne tarda pas à suivre l’exemple de Sienne, sa voisine. En 1463, on y voit arriver toute une famille de tapissiers à laquelle les prieurs des arts firent l’accueil le plus favorable : le père, la mère, le fils, la bru. (C’est probablement une des rares occasions où des femmes se livrèrent à ce travail.) La petite colonie était originaire de Lille. Le père se nommait Jacques ou Jacquemin Birgières, fils de Philippe; le fils Nicolas; leurs épouses, Jeanne et Michelette 6. La cité, ainsi qu’on le verra dans un des documents

Item; quod dictus mngistcr Giachcctus teneatur et debeat dictant artem et exercitium pannorum de Razzo, et artem et magisterium tingendi docere quoscumque adiscere volentes gratis, et amore; et pro docendo, uullum premium reciperc debeat, aut possit.

Item; quod dictus magister Giachcctus habeat et habere debeat a Comuni Senarum pro predictis faciendis pro provisione quolibet anno florenos quadraginta quinque de libris quatuor dcn : sen : pro quolibet floreno, nitidos de cabclla : quam provisionem, camerarius Bicherne, qui per tempora erit, dare et solvere debeat dicto magistro Giachetto quolibet anno in tribus pagis,

quantitatis sine alia apotissa, et sine suo prejudicio. ». (Milanesi, Document i t- Il, P- an).

2 Bancali coll’urme, longhi braccia 4 l’uno, alti braccia 1 e quarri 1. ï Banchagli che stano in cappella confitti in ne gli apoggiatoi, longhi

7 Banchagli coll’ arme del Comuno et Populo, longhi braccia otto l’uno,

longho braccia

uno quarro, alto braccia

1 Banchale coll’ arme, longho braccia quattro e un terzo, alto braccia uno 1 Banchale coll’ arme, longho braccia cinque et mczzo, alto braccia uno 1 Banchale coll’ arme, longho braccia cinque e uno quarro, alto braccia uno

2 Banchagli coll’ arme longhi braccia sei, alti braccia uno e quari uno. »

(Milanesi, Document i, t. II, pp. 212-21 3).

11 1456. « Maestro Giachetto di Benedetto da Arazzavostrominimo figliuolo

vostra magnifica città, quantunque fusse invitato da alcune Comunità et

ahro luogho, per essere continuo scrvidore delle V. M. S. Et d’inde i che lui

lui à facti li panni da letta del vostro mngnifico Palazo et la spaliera délia sala del Consiglio et del vostro laudabile Concestoro et molti altri bancali, et anco à insegnata l’arte sua ad alcuno vostro cittadino : et quando la sua ragione si rivedrà, restera avéré dalla vostra magnifica Comunità.

Et di poi per aquistare fama, toise a fare certi panni da la beatitudinc di papa Niccola, li quali si puû dire si facessero in Siena, quantunque sia stato assente certi mesi dalla vostra Città, per ricavare il denaio suo e per fare certe sue faconde. Et volendo ora fermarsi in essa vostra Città et atendcre affinire certi lavori à dal vostro Palazo, et servire li vostri cittadini che de Parte sua

* Ga\<-‘tte des Beaux-Arts, août 1876; — Les Arts à la cour des papes’ l. I, p. 180.

0 « Item unus magnus (pannus) cum historia passionis S» Pétri cum aura, ubi est figura Urbis.antiquus et laceratus.— Item quinque alii magni inquibus continetur historia sancti Pétri, antiqui (deficiunt très). 1 0 Les documents qui servent de base à cette monographie de l’atelier de Pérouse sont tirés du Giornale di Eruditfone art ist ica, 1S73, pp. 265 et ss.

TAPISSERIES ITALIENNES

reproduits en note, possédait déjà un grand nombre d’arazzi à cette époque. Cependant le désir de compléter la décoration du palais municipal lui fit accepter les offres de service des nouveaux venus 1 .

Les clauses du contrat, qui fut signé le 1 3 août 1463, étaient lessuivantes : Maître Jacques et sa famille s'engagent t° à exécuter un certain nombre de tapisseries pour la ville de Pérouse ; 2° à enseigner gratis leur métier aux élèves qui se présenteront. Le nombre de ces élèves est fixé à deux, sur la demande de maître Philippe; ils doivent être âgés de quatorze ans ou environ. La municipalité de son côté promet de donner chaque année aux chefs de l’atelier douze mesures de blé et cinq florins pour la location d’une maison ; elle leur payera en outre chaque brasse de tapisserie à raison de 20 bolonais ; enfin elle leur fournira les laines nécessaires. Un teinturier originaire de Città délia Pieve fut spécialement chargé de s’occuper de la préparation de ces matières1.

Le 22 septembre 1466, le contrat fut renouvelé, mais’ pour une durée de quatre mois seulement. Ce délai était indispensable à l’achèvement des tentures commencées pour la chapelle des Prieurs. Passé ce moment, on n’entend plus parler ni de maître Jacques Birgières, ni de sa famille. On est mieux renseigné sur le sort des tapisseries dont ils avaient enrichi la ville de Pérouse ; elles existaient encore vers le milieu du seizième siècle3.

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