‹ Histoire générale de la tapisserie (volume 2)Chapitre 46 sur 59 · SUISSE · texte numérisé non relu

SUISSE

Les savants de la Suisse comme ceux de l’Allemagne s’obstinent à nier l’existence, dans leur patrie, d’ateliers de haute ou de basse-lisse. Peut-être ont-ils raison en ce qui concerne la fabrication en grand des tapisseries. Mais affirmer que les nonnes dans les monastères, les châtelaines dans les châteaux, n’ont pas occupé leurs loisirs à figurer sur le métier, qui des scènes religieuses, qui des emblèmes ou des armoiries, c’est, ce me semble, se montrer bien téméraire.

Dès le xv° siècle, en 1414, lors de l’entrée à Berne de l’empereur Sigismond, on recouvrit de riches tentures, de draps d’or et de soie, les parois de la salle dans laquelle on offrit un banquet à ce souverain

A une époque quelque peu postérieure appartiennent les Scènes de chasse, de la collection de M. G. Lebreton, conservateur du Musée céramique de Rouen (h. on4o; 1. 2"75). On y voit, au premier plan, une rivière, dans laquelle nage un cygne; plus loin, au centre, un château, dans lequel se tiennent un seigneur et une dame; des épisodes de la chasse au cerf, à 1 ours, au sanglier complètent la composition qui a pour fond des arbres et des rochers. A gauche un écusson à champ de gueules orné d’un bouquetin. A droite un autre écusson à champ analogue orné d'une rosace ; ces armoiries paraissent être celles de la famille de Steiger, de Berne.

Ne quittons pas le xv' siècle sans mentionner la conquête des riches tapisseries de Charles le Téméraire, ces trophées qui font aujourd’hui encore la gloire de la ville de Berne.

Signalons enfin la mention faite dans les registres de Bâle, en 1453-1454, de trois femmes qualifiées de - Heidenscli-werkerinnen » *, mot à mot, faiseuses d'ouvrages païens (ne serait-ce pas une réminiscence du terme de tapis sarrazmoisî). Plusieurs tapisseries de cette époque sont conservées au musée de Bâle.

Pour le xvi' siecle, on fait honneur à la Suisse d’une série de tapisseries, généralement de petites dimensions, disséminées dans les collections particulières. De ce nombre sont les huit jeunes femmes entourant un lion, avec des banderoles a inscriptions métriques en allemand, de la collection de M. Charles Ephrussi, les deux génies tenant des écussons et se^ détachant sur un fond de fruits, de fleurs et de feuilles, de la collection Spitzer (avec la 1598), le Mauvais riche e! Lazare (Musée archéologique de Lille : des musiciens debout égaient le festin; un lévrier lèche les plaies de Lazare : inscription LVC : XVI'; date ; ,597; travail assez grossier). Signalons aussi la presence, à Anvers, en i582, d’un tapissier de Zurich appelé Caspar3.

Le xv, f siècle est représenté par une Adoration de, Bergers (avec la date ,607) que Mgr Barbier de Montault

' t Es besteht allda mit gutem Erfolg eine Tapetcnwirkerei von sogenannter Haute-Lice, » (Widder, Versuch einer vollstündigen geograchisch Instorischen Beschreibung der churfarstlichcn Pfalj an, Rhein; Francfortconlient'umf^' P’b'4,8)- ~~ L<! p.fÜais. de Bruchsal> prvs dc^Hcidelberg, ... L" “nd do.man kam uffde" Platz vor dem Zitglocken Thurn, do gieng und T “e'l,hU,nb Und den ®c*,u'ern jegklichs in sin Gottzhusz,

und furtmanden Ivûnig zu den Predigern, aida was vorhin herrlich bereit

sm Kainmcr und sin Bett, mitguldincn und sidinen Tûchern. Oucli was in der grossen Stuben da er egsen soit, der Tisch und dieWænd bedeckt und, behengt mit kostbaren Tapettirhern, insonders an der Wand, hindersinem Tisch ein guldin Tuch. »(Tschudi, C/tronicon Helveticum, Bile 1734-1736, 1. 1. p. 678).

3 Guide de la collection d'objets du moyen âge, à Bâle. Bile 1881, p. 18

* Saint Luc, chapitre xvi.

3 Van de Graft, De Tapijt fabrieken, p. io3.

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