XII. La source d' elle ava
it jeter au milieu du feu, et qui fut retrouvé intact.
moyen d'un bras de saint Anatoile que les chanoines du chapitre
salée retr elle avait jailli.
Les villes de Dole et de Salins 3o septembre 1477, à la s Anatoile.
Combat de Dournon, le
par P intercession de saint Anatoile dont la tête avait été solennellement portée sur les lieux o
it préservées d’être prises par les Français qui en faisaient le siège, et qui se retirèrent, l ‘e de la procession que firent les habitants de cette dernière localité, avec la châsse de sain
janvier i4<)3, après lequel furent repris mit été attribué à l'intercession de saint Anatoile.
î les pièces d’artillerie destinées à la défense de Salins, fait
Sur la dernière de ces tapisseries on lisait à la fin de la légende explicative du sujet, l'inscription suivante , dont une copie imparfaite nous est parvenue" : Ces XIIII pièces de tapis furent à Bruges faits et construits à l'hôtel de Jehan Sauvage *, en incarnation, à notre usage, l’an 1S01. C'est donc bien dans la maison ou hôtel de Jean Sauvage que cette suite de tentures fut exécutée. Malgré la date de i5oi exprimée là si catégoriquement, il est néanmoins certain qu’elles ne furent achevées qu’en i5o5 ou i5o6, et les actes du chapitre établissent qu'en i5i3 seulement il fit payer à ses représentants à Bruges la somme de q5 écus d'or qu il devait encore sur 1 œuvre de la tapisserie. Jean Savaige ou Sauvage est la traduction du nom flamand Jan de Wilde, qui a été retrouvé daus un registre à Bruges; le passage prouve qu’il ne vivait plus à la date du 23 décembre i5o3"; sa femme a, par conséquent, continué et achevé l’entreprise.
peut attribuer ;
Outre les trois tapisseries provenant de l’église de Salins, nous connaissons d’autres spécimens que 1 Bruges, les uns, avec toute certitude, d’autres avec de très grandes probabilités.
i. - Dans cette dernière catégorie nous classons une petite tapisserie, tissée d’or, de laine et de soie, d’une grande finesse et h-" admirable conservation, que possède M. le baron Ch. Daviller. Elle représente un rétable divisé en trois compartiments
. Pilastres, arcatures, pinacles, galeries, niches, etc., le tout en style ogival flamboyant, d’une élégance tout
Au centre, la Vierge tenant l’enfant Jésus sur ses genoux : deux anges soutiennent une couronne au-dessus
;auche Moïse faisant jaillir l’eau du rocher,
avec colonnettes
à fait extraordinaire. Au centre, la Vierge tenant l’enfant Jésus de sa tête, et dans le bas, deux autres anges jouent des instruments de
et des femmes et des enfants qui viennent se désaltérer; à droite, le sujet de 'la piscine probatique guérissant les malades. Des deux côtes, dans la partie supérieure, les bustes de quatre prophètes. Au-dessous, dans la bordure, deux lignes de textes latins tirés de la bible. La première se termine par les mots : ACTV A» i485. Sur l’auteur de ces gracieuses compositions la discussion est possible; mais nous ne croyons que l’on puisse douter qu’elles sont l’œuvre de quelque artiste de l’école de Bruges, tant elles offrent de rapport avec les œuvres de Memlinc. On ne doit guère penser à l’attribuer à Thiéri Bouts, mort en 1475, ni à Van
der Goes, décédé en 1482. Cette tapisserie a été exposée à Paris, en 1874“, et la livraison de la Galette des Beaux-Arts du
i“r juillet de cette année en a publié une gravure sur bois.
2. — Une tapisserie de la fin du quinzième siècle, en laine et soie, appartenant à l’église de Notre-Dame de la Poterie ou
hospice du Saint-Esprit, à Bruges, et représentant l'Adoration des Bergers, avec sainte Catherine et sainte An:
donatrices. Voy. Verschelde, Catalogue de l’Exposition d’objets d’art et d'antiquités, organisée par la Société Bruges, en 1867, n° 277.
3. — La Vierge avec l'enfant Jésus, accostée des figures de saint Jean-Baptiste
patrons des archéologique de
t Jean l’Évangeliste. Tapisserie,
laine, du seizième siècle, appartenant à l’église de Notre-Dame de la Poterie, à Bruges. On y voit deux écussons, au centre desquels il y a un monogramme surmonté du chiffre 4. Voy. le Catalogue cité, n° 278.
4-6. — Trois tapisseries de l'Histoire de Scipion, tissées de laine et de soie, dans la seconde moitié du seizième siècle.
L’une d’elles a pour sujet le triomphe de cet illustre guerrier. Dans les bordures, toutes pareilles du reste, sont représentées des scènes des travaux d’Hercule. Ces tapisseries étaient, en 1876, la propriété de M. Galante, fabricant d’instruments de chirurgie, à Paris, qui les avait achetées en Espagne. Elles offrent un intérêt tout particulier, parce qu’on y voit sur la lisière de droite de deux de ces tentures les marques reproduites ci-contre, et qui sont celles du lieu de fabrication, avec le monogramme du haute-lisscur, accompagné d’un fuseau vide'. Le b gothique couronné se rencontre sur une quantité de jetons et de méreaux appartenant à diverses institutions de la ville de Bruges’. Nous n’hésitons pas à attribuer le monogramme des deux tapisseries de l'Histoire de Scipion à Jean Cruyloot ■ ICL) qui vivait au milieu du seizième siècle’; un autre Crayloot, ayant pour prénom Jacques, obtint la fourniture, ensuite d'une résolution du chapitre de l’église de Saint-Donatien, à Bruges, du 12 avril 1576*,
de quatre pièces de tapisserie pour la chambre du tribunal ( vierschare ) de la prévôté, et de huit pièces
pour la chambre du conseil de la seigneurie que possédait les chanoines, mesurant ensemble plus de cent cinquante aunes, à 8 sous de gros, l’aune, le tout d’après les cartons de Jules du Pundt8. Un troisième Crayloot, appelé Anselme, nous est connu par une condamnation à une amende dont il fut frappé en 1 583 °.
7. — L’ Hallali du chevreuil. — Tapisserie qui fut exposée à Paris, en 18747, par M. Bellenot, et qui a dû faire partie d’une suite consacrée à des sujets de chasse (haut. 3m6o, larg. 5“35). A en juger par les costumes elle date des dernières années du seizième siècle ou du commencement du dix-septième.
Elle est encadrée dans une riche bordure de fleurs, de fruits et d’animaux. Dans la lisière est tissée le b gothique couronné*, comme plus haut, avec un fuseau garni de laine au-dessous.
On retrouve le fuseau ou broche sur deux autres tapisseries du seizième siècle, travaillées en laine et en soie, qui appartenaient à M. le comte Pillet-Will. L’une représente un combat de cavalerie et une ville prise d’assaut au deuxième plan ; l’autre une femme agenouillée avec des enfants devant un chef militaire couronné. Sur le galon de droite, vers le haut, et dans une position perpendiculaire, on voit un fuseau jaune garni de laine blanche, puis au-dessous les lettres D et R superposées, en bleu clair, qui sont les initiales du fabricant. Sur la seconde, et à la même place, la lettre M, en blanc, au-dessus d’un fuseau jaune sans laine. Une troisième tapisserie de cette suite reproduit le même sujet que la dernière, dans des dimensions plus grandes; celle-ci n’est accompagnée d’aucune marque. Ces trois pièces seraient-elles aussi des tapisseries de fabrique brugeoise? toutefois le b couronné fait défaut0.
8. — De la fin du seizième encore, peut-être un peu plus tard, date une assez bonne tapisserie représentant, grandeur naturelle, la Vierge et l'enfant Jésus, se détachant sur un fonds d’architecture. Cette pièce existe depuis plusieurs générations dans la famille du propriétaire M. Désiré Van de Casteele.
9. — L'Histoire miraculeuse de Notre-Dame de la Poterie , qui appartient à l’église de ce nom, et qui est représentée sur trois longues bandes en dix-huit sujets, avec des légendes en vers flamands du seizième siècle. Ces tapisseries qui sont fort usées, ont été faites postérieurement, d’après des dessins à la plume que l’on conserve encore aujourd’hui. Voy. le Catalogue
plus haut, n°2, et Weale, Bruges et ses environs, 3“ éd., p. 244.
dans le fonds divers épisodes de sa vie. Tapisserie conservée à l’église de Notre-Dame de la haut dans un cartouche. Communication de M. C. Verschelde, architecte
: tapisserie
s initiales :
haut, n°2, et W — Saint Augustin
Poterie, à Bruges. Le millésime 1627 est inscrit ei à Bruges.
11. — L’église de Saint- Basile, à Bruges, plus connue sous le nom de chapelle du Saint-Sang, possède unt datée de 1637, sur laquelle est représentée la Translation des reliques de saint Augustin en Sardaigne, avec les figui Fridien et saint Herculan sur les côtés. Elle provient de l’abbaye d’Eeckoute, dont les bâtiments se détachent dai A droite sont tissées les armes de l’abbé Nicolas Van Troostenberghe, et sur le bord inférieur le fabricant a inscrit se;
1. D. R. Voy. le Catalogue cité, n° 280, et Weale, Bruges et ses environs, 2° édit., p. 118.
12-1 3. — L'Annonciation et la Présentation de la Vierge au temple. Deux grandes tapisseries conservées à l’église de Notre- Damede la Poterie. Chacune d’elles est accompagnées de légendes en latin ayant trait au sujet, et du millésime i63g. Voy. le Catalogue cité, n°* 281 et 282, et Weale, Bruges et ses environs, 3° éd., p. 214.
Différentes tapisseries ont été fort légèrement considérées comme ayant été fabriquées à Bruges. Il n’y a pas bien longtemps encore, pour beaucoup d’écrivains qui n’avaient étudié que d’une manière insuffisante les productions de la vieille école flamande, toutes les miniatures et tous les tableaux du quinzième siècle sortaient des ateliers de la métropole artistique, et pour eux les tapisseries de haute-lisse qui rappelaient de loin le faire des maîtres brugeois devaient nécessairement avoir la même origine.
Le Musée de Cluny, à Paris, possède une belle tapisserie, haute de trois mètres et un peu moins krge, représentant dam. Arithmétique debout au milieu de seigneurs et de dames à qui elle enseigne les règles du ealcol. Les eo.tume. appartiennent aus dernière, années du qu.tmème siècle ou ans première, du siècle suivant. . Cette tapisserie, - avance M. E. du Sommerard dan. son
* ’ 1 - • it= exécutée soit à Arras, soit « Bruges, et plus vraisemblablement dan. cette dernière ville, s’il faut prendre ponr
* 11 lenr! B disP"i' 4 I’“ra- 1™ ‘'“u *n milieu de 1. guirlande qui surmonte le tableau. . E. plu.
haut, apres avoir reproduit les inscription, laünes, cet écrivain dit qu'à droite sur le pilastre d’encadrement, il y a le nom de l’auteur • David F.". Rien ne ju.nnc l’attribution de cette tapisserie de haute-lisse à Bruges, car le B en question est placé au haut du pilastre qui est couvert d’une legende composée de lettres informes pour la plupart ou tracées au rebours, ainsi que cela se voit sur beaucoup de tableaux de, quinsième et seisième siècles. Une autre correction à faire dan, le Catalogue du Mutée de Cluay est 1. suivante • il faut
a David F. Récemment un écrivain ■■ a voulu voir dans cette signature celle de Gérard David, peintre de Bruges,
lire DAVI. F. c
1 Tous ces détails nous ont été obligeamment communiqués par M. Ph. Dautzenberg-Braquenié.
* Voy. entre autres les articles de M. de Schodt dans la Revue de numismatique belge, 1874, pp. 75 et 3ai ; 1877, pp. 84 et 245, et 1878, p. 293.
3 (i554-i555). « Jean Crayelo, tapytsier, in Brugghe, voor’t rnaken ende « leveren van zesse ellen tapyts omme te hanghene voor de duere up « st and shu us : ij ponden grooten. » (Registre n° 42667, fol. clxxx r», de la
4 Le Beffroi, t. II, pp. 5 et 6.
8 n Bctaelt Jacob Crayloot, tapytsier, bi ft Ixv liv. ij s. ix d. gr. over ghelycke sommejdic
ti vierschare, acht sticken tapytserie dienem f heerlichede; tsnmen bevonden lanck te we " stoex; metgaders achtien cussens lanck tsatr « pende de bovenscrevene dryepartyen de»noir
1 Brugghe, de somme vnn e heerlichede hem schuldich tapytserie hanghende in de otter camere der vorseyde hondert vichtich ellen vyf
van clxij ellen en half ende
“ vyf stocx»te viij st. gr. d’elle; bedragende in ponden parisis ter somme van
« Bctaelt Julius du Pundt ,over ’t maken van de patronen van de bovenghe- « noemde tapytserie : xiiij liv. par. » (Compte de la prévôté de Saint-Donatien commençant au 3o octobre 1 576, aux Archives de l’État, à Bruges. — Communication de M. Gilliodts.)
8 Registre intitulé: Memorial van der camere, i58o-i5go, fol. 1 1 3, aux archives communales de Bruges. — Communication de M. Gilliods.
7 Voy. le Catalogue de la quatrième exposition de l’Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l’industrie (Musée historique du costume), p. 128.
* Cette marque a été reproduite dans l’ouvrage de M. A. Jacquemart,
9 Renseignements communiqués par M. Dautzenberg.
10 Éd. de 1867, p. 480.
" M. Jacquemart a reproduit cette lecture fautive dans son Histoire du Mobilier, p. 1 5 1 .
13 Wauters, les Tapisseries bruxelloises, p. 32.
TAPISSERIES FLAMANDES
contemporain de la tapisserie. Il n'y a pas d’exemple qu’un peintre de cette époque ait inscrit son nom sur une tapisserie, et ce ne peut être ici que le nom du fabricant.
Lenoir a consacré une longue notice’ à la description d’une grande tapisserie, tissée d’or, de soie et de laine, mais d’un dessin fort incorrect, qui fut exposée à Paris, en 1819, et dont il a donné une fort mauvaise reproduction en couleur : elle provenait du château des Aygalades, près de Marseille, où elle est retournée après quelques pérégrinations. Millin5 en avait attribué la fabrication à Arras ; Lenoir, se basant sur la composition, y a vu un produit de Bruges. Le premier n’a pas hésité à y reconnaître une composition de Van Eyck; le second la déclara moins ancienne et l’œuvre de Roger Van der Weyden ou de Hugues Van der Goes, sans s’inquiéter si l’époque où vivaient ces artistes concordait avec la date qu’il assignait à l’exécution de la tenture. Selon Lenoir celle-ci nous montre, sous une forme allégorique, le mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII3, qui eut lieu en 1491 ; toutefois il ne la croit pas antérieure à l’année 1498, parce que la reine tient en mains (dit-il) le cordon de l’ordre de la Cordelière qu'elle institua à cette date. En voici une description fort abrégée. La partie centrale, qui occupe à peu près la moitié de la tenture, représente Dieu assis sur un trône, avec quatre figures d’anges à ses côtés; au bas, à gauche, un pape, des cardinaux, un évêque, des moines et des religieuses en adoration; à droite, dans ;a même attitude, un empereur, un roi, un gentilhomme, des bourgeois, etc., le monde civil en un mot. Dans la partie supérieure des deux compartiments latéraux, deux scènes à petites figures séparées de la partie inférieure par une arcade cintrée. Au-dessous les personnages sont traités dans les proportions du sujet principal, et l’on ne se douterait guère, si les inscriptions latines n’étaient là pour l’attester, que l’auteur du carton a voulu reproduire des scènes de l'Histoire d'Esther. On peut à la rigueur voir, dans le premier, Esther aux pieds d’Assuérus; dans le second, les deux époux sont assis, et le roi offre un anneau à la belle juive sous les yeux de sa cour. La tapisserie de la cathédrale de Sens4, — un vrai chef-d’œuvre, qui date du même temps environ que la tapisserie du château des Aygalades, — n’a aucun rapport avec cette dernière, quoique l’on y voie aussi, dans des compartiments, Esther agenouillée devant Assuérus, et que la figure du monarque biblique rappelle également, croit-on5, l’image du roi Charles VIII. L’agencement des différentes scènes, le dessin, le type des figures, les costumes, les draperies, tout enfin s’oppose à attribuer la composition de la tapisserie décrite par Lenoir à quelque maître de l’école de Bruges ou de l’école flamande de la fin du quinzième siècle.
Dans l'Inventaire des meubles du cardinal Malaria*, qui a été rédigé, avons-nous dit, en i653, par J. -B. Colbert, alors son intendant, beaucoup de tapisseries sont dites de « fabrique des Flandres » ou de « fabrique de Bruxelles ». H.-L. de Loménie, comte de Brienne, avance dans ses Mémoires que le prélat reçut en cadeau du roi Philippe IV, à l’occasion de la signature de la paix entre l’Espagne et le France, en 1659, de fort belles tapisseries, et entre autres « les Douqe mois, fabrique de Bruges. » Mais cette dernière tenture ne se trouve pas mentionnée dans l’inventaire, et celui-ci ne renseigne, avec les mêmes sujets, qu’une série de six pièces, tissées en Angleterre, « tenture très fine, laine et soie, relevée d’or et d’argent ». D’autre part, le cardinal légua à la couronne de France une tenture que lui avait donnée le roi d’Espagne, et qui représentait un tout autre sujet. On voit par ces détails qu’ici l’affirmation du comte de Brienne n’a aucune valeur quant au lieu d’origine de la tapisserie en question.
Bruges ne fut jamais un centre de fabrication de l’importance d’Arras, Tournai, Audenarde et Bruxelles. Cette yille est mentionnée dans les préambules de l’édit général du 16 mai 1544 et d’une ordonnance de 1 563 sur la matière, où sont énumérés les endroits dans lesquels on travaillait la haute et la basse-lisse, ainsi que la sayetterie. Marchantius7, écrivain de la seconde moitié du seizième siècle, cite Bruges en même temps qu’Audenarde , Alost, Tournai et Lille comme étant les localités de la Flandre où l’industrie de la tapisserie était active. Il reste à dire ici que ce sont des maîtres et des ouvriers de cette ville qui introduisirent cette manufacture à Orléans , vers le milieu du même siècle. Nous avons découvert à cet égard un très curieux document inédit où leurs noms sont indiqués, et que publiera notre collaborateur M. J. Guiffrey. Rappelons qu’à la même époque Jean Van der Straten (Sradano ou délia Strada, en italien), artiste brugeois dont M. Ed. Fétis a donné la biographie dans les Artistes belges à l’étranger 8, était employé à composer et confectionner des cartons de tapisseries pour la manufacture de Florence. Grâce aux savantes recherches de MM. Campori’ et Eug. Müntz10, on possède une longue liste d'œuvres de ce genre qu’il a conçues ; bon nombre de tentures existent encore.
Nous avons décrit plus haut quelques tapisseries faites à Bruges, en 1627, 1637 et 1639. Rubens en possédait une de YHistoire de Céladon , en huit pièces, de cinq aunes de hauteur, et mesurant ensemble deux centS' vingt-trois aunes et demie". D’autres, de même provenance, sont citées dans le testament de Philippe rie : Rodoan, chevalier, seigneur de Berleghem, mort à Gand, vers 1670; on y voyait dans les bordures les armes de Rodoan et de Nebra"; il les légua à l’abbaye de Saint-Sauveur, à Eenaeme, dont Charles-Philippe de Rodoan, son oncle, évêque de Bruges, mort en 1616, avait été l’abbé bénéficiaire. En somme, on sait très peu de chose des manufactures brugeoises du dix-septième siècle. Il est dit dans un passeport du 3i juin 1643, accordé au sieur de la Leu, écuyer ordinaire de feu la reine Marie de Médicis, qu’il peut sortir des Pays-Bas avec « six tainctures de tapisseries, les cincq fabriquées en la « ville de Bruxelles et une « en celle de Bruges" ». En i65o, un marchand de cette dernière localité va se fixera Bruxelles pour se livrer au commerce des tapisseries, qu’il exerçait probablement déjà, et il y obtint, en 1659, quelques privilèges de
1 Description d’une tapisserie rare et curieuse, faite à Bruges, etc.; Paris, 1819; 29 p.
» Voyage dam les départements du Midi de la France, t. III, pp. 309-3 18, avec une gravure sur cuivre (pl. LXII).
» Cette opinion a été adoptée par Jubinal ( Recherches sur l’usage et l’origine des tapisseries à personnages dites historiées; 1840, in-8", p. 74), Labarte (Histoire des Arts industriels, t. IV, p. 37-3), etc. Le premier de ces
‘ Elle est décrite par M. Guiffrey, Tapisseries françaises, p. 40.
s Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné du Mobilier français, t. Ior, p. 274.
« Voy., pour les faits dont nous parlons, aux pp. 142 et i5g.
7 Voy. plus haut, p. 47, non » T. Ier, p. 12. -142.
• Ricerche storichc suit’ arte
11 Wautbrs, les Tapisseries bruxelloises, p.
15 0 ... voorts, de beste tappysserye ghemaec 1 den rant, de yvapenen van Rodoan ende Nebra imers. » (Procédure entre l’abbé d’Eenaeme et ■ille de Gand, dans les archives du grand cons royaume, à Bruxelles.)
l’État et de l’a
la part du magistrat; mais environ deux ans plus tard, il s en retourna en Flandre'. Un fabricant français qui visita les Pays-Bas en 1691 ou 1692, re'digea pour la communauté des maîtres tapissiers et haute-lisseurs de Paris, un mémoire que celle-ci fit imprimer en 1718’, 'et dans lequel on lit des appréciations sur les manufactures d’Anvers, d’Audenarde, de Bruxelles, d’Enghien et de Bruges ; voici comment il s exprime au sujet de ces dernières :
« La fabrique de Bruges le dispute à toutes ces villes pour l’ancienneté, elle ne s’appliquait autrefois qu’à la haute-lisse, mais » dans ses desseins, ses figures et ses fleurs, on y apperçoit une négligence extraordinaire, qui fait que le tout n’est pas assez nuancé; 11 leurs couleurs ont longtemps surpassé toutes les autres fabriques par leur beauté. Cette fabrique n’est pas difficile à connaître; son a travail est tout de laine et peu de soye (elle donne beaucoup dans l’antiquité), et c’est ce qui la rend aride, et d’un grain dur et mal « travaillé, ce qu’on remarque aisément à ses chaînes grosses et velues. Pour ce qui est de ses verdures, le goût n’en est pas des plus 11 estimés: elle a cependant changé aujourd’hui quelque chose dans sa manière de travailler, mais non pas dans le fond, car cette fabrique « est toujours la même. »
MIDDELBOURG (en Flandre). — En 1440 l’abbaye de Middelbourg, en Zélande, aliéna les terrains considérables qu’elle possédait dans la paroisse de Heille, en Flandre, à environ trois lieues à l’est de Bruges. Quatre ans après, ces biens appartenaient à Pierre Bladelin, dit Leetsmekere, riche seigneur de la cour de Philippe le Bon, qui résolut d’y créer une ville, à laquelle il donna le nom de la communauté religieuse, l’ancienne propriétaire du sol. Il y fit construire un château fortifié, une église’ et des habitations. Pour y attirer et y retenir la population, il obtint du duc de Bourgogne, par lettres patentes du mois de mars 1465 (n. st.) l’octroi d’une foire franche pendant six jours. Après la destruction de Dînant, qui avait eu lieu en septembre 1466, le fondateur de Middelbourg fut autorisé par Charles le Téméraire à y accueillir les fugitifs de cette malheureuse cité, dont la réputation avait été si grande pendant quatre siècles consécutifs, à cause de ses produits de cuivre battu et de cuivre fondu*. A la même époque, nous voyons la fabrication de la tapisserie de haute-lisse introduite dans la nouvelle cité. En homme intelligent, Bladelin avait cherché à y fixer deux industries qui jouissaient alors, à juste titre, d’une réputation universelle. Il résulte des faits suivants que le duc de Bourgogne voulut personnellement encourager cette tentative. Au mois de septembre 1469, Brice le Bacquere, haute-lisseur établi à Middelbourg avec ses ouvriers, reçut 18 livres de Flandre « en prest sur certaine tappisserie de verdure,
<r fleurs et plusieurs autres couleurs que, du commandement de Monseigneur, il fait pour servir devers icelui a seigneur, de quatre aulnes et demie de largeur8. » D’autres acomptes lui furent successivement payés à mesure de l’avancement de l’œuvre1 * * * * 6. Une partie de cette tenture fut montrée au duc, à Bruges, au mois de mai 1470 7 8; elle se composait de six pièces « de tappis et trois pièces de goutières, toutes de verdure, à fleurs des diverses <c couleurs », et de dimensions differentes, et coûta, au prix de 21 sous l’aune, la somme de 204 livres 4 sous 6 deniers8. Cette même année, le duc alla visiter la nouvelle ville à son retour de Middelbourg, en Zélande, où avaient été réunis les état généraux de ses pays du Nord *. Il en avait très probablement fait la promesse formelle a Pierre Bladelin, son chambellan, car on lit dans un compte que ce seigneur envoya, le 12 juin, un messager vers le prince, qui était débarqué a l’Écluse, « pour savoir son plaisir sur le nombre de gens qu’il k amenroit avec luy audit de Middelbourg10. » Charles arriva le lendemain, et il ressort de divers passages du compte que son séjour se prolongea au moins jusqu’au 21 du même mois. Il faut placer à cette époque- l’achat dune « pièce de tappisserie de lainne de verdure, à pluseurs fleurs et couleures », contenant trente-cinq aunfes, fait, par le duc, à Melchior le Wede ou de le Wede, autre haute-lisseur qui était aussi allé demeurer à Middelbourg". Il ne borna point là ses acquisitions pendant son séjour, et il commanda encore à Brice le Bacquere et à Melchior de le Wede six tapisseries et trois gouttières de même espèce, qui mesuraient ensemble deux cent soixante-six aunes et demie, dont ils furent payés par acomptes, toujours au prix convenu de 21 sous l’aune 18 . Nous croyons que ces tapissiers sont venus de Tournai : le nom de le Bacre y était commun, et le prénom de Brice, fort en usage, puisque c’est le vocable d’une des églises paroissiales. Jean le Bacre de cette
1 Wauters, les Tapisseries bruxelloises, p. 336.
5 II a été réimprimé par M. Deville, dans son Recueil des statuts et de
documents relatifs à la corporation des tapissiers de 13S8 à 1S7S ; Paris
8 II ressort d’un passage du compte de Bruges du 3 septembre 1459 au
1” septembre 1460, que le magistrat de cette ville, qui avait été invité à la cérémonie de la bénédiction de l’église de Middelbourg, fit don à Pierre Bladelin de deux coupes d’argent. (Registre n» 3i5ie de la chambre des comptes, aux Archives du royaume, à Bruxelles.)
* De Smet, Nonce sur Middelbourg, en Flandre {Messager des Sciences historiques ; — Gand, i836);— Verschelde, Gescliiedenis van Middelburg in Vlaanderen; Bruges, 1867; - De Potter et Broeckart, Gescliiedenis van de gemeenten der provincie Oost-Vlaanderen, t. XV; Middelburg.
8 Registre n» 1924, fol. iij» xxiiij r.°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume, à Bruxelles.
8 Ibidem, fol. iij" xxxij v°, et registre n» iga5, fol. iiij» Ixxv v», iiij*
7 « A certains compaignons ouvriers de tappisserie, la somme de xlij « solz que Monseigneur leur a de sa grâce donnée pour une fois quant * nagaires il a veu certaines parties de tappisserie qu’ilz font pour luy. » (Registre n« 1925 cité, fol. iij"xüx v».)
8 Ibidem , fol. vc xvii] v".
8 Juste, Histoire des États généraux des Pays-Bas, p. 16.
,8 Registre n» 1925 cité, fol. vij“j r».
11 Ibidem, fol. v' xviij r».
13 Ibidem, fol. v» xix r", v»liiij v", v» Iv r» et v« Ixv r». Voy. encore de Laborde, les Ducs de Bourgogne, t. Il, p. 426. Dans le dernier poste cité, il est dit : 0 A Bricxe le Baquere et Melcior de le.Wede, tapisscurs, demouransà « Middelbourg, en Flandres, etc. »
TAPISSERIES FLAMANDES
ville fournit une tapisserie à Philippe de Commines, comme nous le verrons plus loin, et quatre haute-lisseurs du même nom y exerçaient leur métier en i5i3'.
Peu de temps après la mort de Pierre Bladelin, arrivée le 4 avril 1472, la ville et la seigneurie de Middelbourg furent vendues à Guillaume Hugonet, chevalier, chancelier du duc de Bourgogne, lequel eut la tête tranchée a Gand, le 3 avril 1477, dans la fameuse émeute où périt de la même façon Gui de Brimeu, seigneur de Humbercourt. Il avait épousé Louise de Laye, qui prenait le titre de dame de Saillant, d’Espoisse et de Middelbourg, auquel elle ajoutait celui de vicomtesse des ville et châtellenie d’Ypres. Un heureux hasard nous a conserve le compte que cette noble dame rendit après la mort de son mari de l’administration des biens du défunt1; ce document est intéressant à plusieurs points de vue. Il renferme un inventaire détaillé des meubles de luxe et des plus riches orfèvreries qui décoraient leur château de Middelbourg et leur hôtel à Bruges, et ceux de la garde-robe et de la curieuse bibliothèque du chancelier5. Nous en extrayons les articles suivants qui regardent notre sujet, et parmi lesquels il n’est pas douteux que figurent beaucoup de tentures exécutées par les tapissiers cités plus haut.
« Déclaration de la tapisserie trouvée au chastel de Middelbourg *.
Unze pièces de tapisserie verde garnye de toile et rubans servans à muraille.
Neuf pièces de semblable tapisserie verde garnye de toile comme doubles banquiers.
Deux cielz de semblable verdure et trois goutières.
Une couverte de semblable verdure.
Unze autres pièces de tapisserie verde.
Treze banquiers de verdure.
Trois pièces de verdure servant aux bancs du comptoir de feu monditseigneur.
Deux cielz de tapisserie jaune et verde garnies de goutières.
Le dossiel et quatre pièces pour muraille de semblable verd et jaune.
Deux couvertures de semblable.
Deux banquiers aussi verds et jaunes.
Trois pièces de satin rouge pour murailles, à léupars et aux armes de feu monditseigneur.
Dix pièces de tapisserie de drap rouge, à léupars et aux armes de feu monditseigneur et de madictedame de Saillant, les cincq garnis de toile et les autres cincq de rubans.
Deux pièces de tapisserie de haulte-lice à personnaiges.
Six pièces de sayete rouge où il y a des ours.
Trois pièces de saïette verde, doublé de toile.
Une pièche de tapisserie oîi il y a les douze mois de l’an.
Deux pièces nommées portes, où il y a un escuïer et une damoiselle.
Ung drap d’autel de drap d’or, aux armes de feu monseigneur et de madictedame.
Deux draps d’autel, l’un à ung Dieu de pitié, de verdure, et l’autre à un crucifix sur façon de drap d’or.
Une table d’autel sur velours bleu, faicte de brodure, livrée par Zebrecht de Bellecon, brodeur, le xxv" jour de juillet a0 Ixxvij.
Unze tapis de Turquie.
Vingt-quatre quarreaux de tapisserie verd.
Douze autres quarreaux de tapisserie verd et jaune.
Cinq autres de tapisserie verd de drap verd, dessoubz aux lettres de monditseigneur et de madictedame.
Trois pièces de saye rouge, auxquelz a ung homme chassant au sengler.
Ung grant cuyr en manière de tapisserie.
Neuf pièces de grosse verdure, amenée de Valenciennes, le xviij* de décembre a° Ixxvij.
Déclaration de la tapisserie qui au jour du trespas de mondit feu seigneur le chancellier estait ès 'mains de Martin Lein, à Bruges.
Sept grandes pièces de tapisserie à personnages à ystoires romaines, contenant chascune pièce douze aulnes et demie de long, six aulnes et demye de large.
Ung ciel et dossiel tenans enssemble, de damas blanc, brodé ou mylieu d’une dame et de papegais en caige, semez de rameaux et de papegais.
Une grande couverture de damas blanc brodée comme lesdits ciel et dossiel.
Dix pièces, tant grandes que petites, de semblable tapisserie blance, à figures de damas, seméez de rameaux verds et de papegais.
Deux pièces de banquiers à figures et semence dessusdicte.
Cinq pièces de sayette rouge à ystoires.
Six autres pièces de sayette rouge toutes à fueillaige de brodure.
Dix pièces de verdure fine, en quoy sont comprins le ciel et goutières, aux lettres et armes de feu monditseigneur.
Une autre pièce d’icelle verdure servant à la cheminée.
Deux banquiers d’icelle tapisserie de verdure, aux lettres et armes d’icellui seigneur.
Six quarreaux d’icelle verdure, ausdictes lettres d’icellui feu seigneur.
Quatre autres pièces de tapisserie, à personnaiges de vignerons et semées de vignètes. »
1 Voisin, Notice sur les anciennes tapisseries de la cathédrale de Tournai, p. 52.
* Collection de la chambre -des comptes, aux Archives du royaume, à Bruxelles; supplément nu chapitre LXVs
3 Ce dernier a été publié par M. Gachard dans les Comptes rendus des * Cet inventaire et lés notes qui suivent sont extraits du compte dont il
A cette liste importante de tapis de toute espèce, il faut ajouter « une petite pièce de tapisserie en « laquelle y a deux personnaiges , assavoir le chief Nostre-Seigneur et celui de Nostre-Dame » qui ornait l’une « des deux chapelles de feu monseigneur et de madame de Saillant ». Dans le même registre on voit que beaucoup de ces tapisseries et de ces tentures de sayette historiées furent publiquement vendues à Anvers, en septembre 1478, avec bien d'autres choses pour payer les dettes que Guillaume Hugonet avait laissées. Parmi les acheteurs figurent la demoiselle Jeanne du Chasteler, le chevalier Josse de Varssenaere, Marguerite d’York, la veuve du duc Charles le Téméraire, et Nicolas le Prévost, receveur général de Maximilien, archiduc d’Autriche. Un marchand anglais se rendit acquéreur, l’année suivante, des « sept grandes pièces de tapisserie « à personnaiges et ystoires romaines » qui contenaient ensemble six cent trente-quatre aunes et demie. C étaient évidemment les plus précieuses de toutes celles qui sont mentionnées dans 1 inventaire, puisqu elles furent payées la somme de 1,046 livres 18 sous 6 deniers, à raison de 56 sous l’aune. Plus loin on lit encore que suivant les dernières volontés du malheureux chancelier les « six pièces de sayette rouge a fueillages » furent données au commandeur de l’ordre des chevaliers teutoniques de la maison de Pitzembourg, à Malines, et les « deux pièces de tapisserie de saïette à personnaiges « de brodure, que Madame a fait depuis le trespas de <t feu monseigneur de Saillant, armoyé des armes de feu Mondictseigneur et de Madame, » à l’abbaye de Parc -les -Dames , près de Louvain. Enfin cette dame fit restituer à un certain Godevale de Bru « deux « pièces de tapisserie de haulte-lice à personnaiges du Couronnement Nostre-Dame avec sept autres pièces <t pour murailles, lesquelles avoient été prestées à mondit feu seigneur par ledit Godevale, luy estant tapissier de feu monseigneur le duc Charles ». Le compte de l’administration des biens de Guillaume Hugonet nous révèle un autre fait également curieux qui peut trouver place ici, car il se rattache indirectement à l’histoire de la tapisserie. Ce seigneur avait fait venir à Middelbourg, en 1476, comme fit en i5o4, Jérôme Lauweryn, le fondateur de Watervliet1, douze sayetteurs de l’une des localités voisines où cette industrie était alors active, telles qu’Arras, Lille, Tournai, Valenciennes, etc., à en juger du moins par leurs noms de famille'. Il leur avait avancé à chacun une somme d’argent, à charge « d’en estre remboursé par iiij gros sur chacune saye « qu'ils feront ». Au moment de monter sur l’échafaud, il se souvint d’eux et déclara à son confesseur qu’il leur remettait la moitié de leur dette, dont le total s’élevait à 1,016 livres 8 sous, de 40 gros, la livre’. Exemple touchant de la sollicitude du malheureux chancelier pour l’avenir des ouvriers qu'il avait déplacés, et qui allaient peut-être par sa mort se trouver sans ressources1. Pour revenir à la manufacture de hautelisse, il est plus que probable que les troubles qui ensanglantèrent la Flandre sous les règnes de Maximilien d’Autriche et de Philippe le Beau furent la cause de sa ruine complète à Middelbourg, ainsi que de celle de la sayetterie5.
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c. ci/.; Watcrvlie t trésorier géné
p. 9, note. Jérôme Launom s’appelait Jérôme al des finances de l’ar¬
chiduc Philippe le Beau.
11 Ledit Huchon le Vaillant, Arnoul de Bonnefoy, Jaques Longcourtil, « Colinot de Cambray, Symon Goret, Jehan Goret, Andrieu Aleghier, Jehan « Laigle, Jaquemart NoSl, Pasquier Folie, Jaquemart le Fèvre et Loyet le « Fèvre, qui sont au nombre de douze sayeteurs, etc. » (Fol. xxxiij r°.)
0 « Madicte dame fait cy déclaracion du prest fait par monseigneur, son « mary (cui Dieu pardoint) aux cy-après nommez sayetteurs, demourans . à Middelbourg, en Flandres, montans à la somme de mil seize livres huit
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• Ixxvj], la somme de cent livres dudit prix, que madictedame; leur a baillié « pour achater houpes de layne pour faire filé à Middelbourg, pour l’entre- 0 ténement des sayetteurs illec, etc. > (Fol. Ivij v».)
Les produits manufacturés étaient vendus au profit du seigneur:
« De Martin Lem, marchant, demourant à Bruges, la somme dé deux « mil cent soixante-dix-sept livres quatre solz pour le vendaige à luy fait par « ladicte dame et Clays de Nyeuwenhove de quatre cens cinquante-sept sayes b faictes à Middelbourg, en Flandres, levées et payées des sayetteurs illec, etc. i « (Fol. xx r».)
s Voici ce qu’on lit dans des lettres patentes du roi Charles, datées de
>5t8: . -et tellement sont iceux châtel et ville, lequel étoit toute belle et
t nouvellement édifiée et pleine de gens, et mesmement d’ouvriers de « sayetterie, destruicte et gastée, qu’en icelle ville ne habitent pour le « présent point quarante ménages, qui sont pauvres et n’ont le pouvoir de faire
* quelque mestier ou négociation et refaire leurs maisons. « (De Potter et Broeckart, loc. ci/., p. 49.)