‹ Histoire générale de la tapisserieChapitre 9 sur 21 · BRUGES - MIDDELBOURG (EN FLANDRE · texte numérisé non relu

BRUGES - MIDDELBOURG (EN FLANDRE

HAUTE-LISSEUR TRAVAILLANT A BRUGES POUR LE COMPTE DU DUC PHILIPPE LE HARDI. - ACHATS FAITS DANS CETTE

VILLE PAR PLUSIEURS SOUVERAINS AU QUINZIÈME SIÈCLE. - INCENDIE DES TAPISSERIES DE MARGUERITE D’YORK

AU CHATEAU DE MALE, EN I472. - TAPISSIERS SARRASINOIS DU QUINZIÈME SIÈCLE. - CORTÈGES ET FÊTES DE

I44O, 1462 ET 1468. - DÉVELOPPEMENT ET DÉCADENCE DE BRUGES. - TAPISSERIES COMMANDÉES PAR DIVERS

AU SEIZIÈME SIÈCLE. - LISTE DES HAUTE-LISSEURS BRUGEOIS DE CETTE ÉPOQUE. - TAPISSERIES FABRIQUÉES A

BRUGES. - QUELQUES NOTES SUR L’ÉTAT DE CETTE INDUSTRIE DANS CETTE VILLE AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. -

FONDATION DE MIDDELBOURG SOUS LE RÈGNE DE PHILIPPE LE BON PAR P. BLADELIN. — IL T INTRODUIT LA

FABRICATION DE LA HAUTE-LISSE ET CHARLES LE TÉMÉRAIRE LA FAVORISE. - TAPISSERIES TROUVÉES AU CHATEAU

DE MIDDELBOURG, EN I477, APRÈS LA MORT DE GUILLAUME HUGONET, SEIGNEUR DE CETTE LOCALITÉ.

BRUGES. Le métier des tapytwevers de Bruges, mot à mot des tisserands de tapis, est mentionné dans un compte de l'an i3o2‘, où sont annotées les dépenses faites par les corporations de la ville pour fournir des chevaux et des chariots destinés à l’expédition guerrière qui se préparait contre l’armée de Philippe le Bel, roi de France, concentrée aux environs de Douai, et qui voulait se venger de la sanglante défaite que les Flamands lui avaient fait essuyer sous les murs de Courtrai. Toutefois on ne doit pas s’y tromper, ces artisans qui existaient egalement a 1 état de corporation a Gand et a Bruxelles, au milieu du quatorzième siècle n’ont eu rien de commun, ce qui sera démontre plus loin, avec la belle industrie dont nous avons entrepris de retracer l’histoire dans les anciennes provinces des Pays-Bas. Cette appellation avait disparu vers la même époque, puisqu’on ne la retrouve pas dans une charte de i357 où figure la liste des cinquante-trois métiers de la cité’; elle y est remplacée par celle de lisecleedwevers qui a été mal traduite par tapissiers de lice3. Comme cette interprétation ne concordait point avec les documents que nous avions réunis , ni avec d’autres d’époques postérieures dans lesquelles on rencontre les noms de ces industriels*, nous avons cherché ailleurs sa véritable signification. Ce mot est composé de lise, lys, lyse, siège, banc, banquette5 ; de cleed, cleet, clederen, revêtement, tapis, couverture 6, et de ivevei s, tisserands. Mais ne nous embarquons pas dans les digressions étymologiques. Voici une note qui ne laisse aucun champ ouvert à la discussion; nous l’avons extraite d’un compte de Philippe le Hardi duc de Bourgogne, d’août G75 à juillet 13767, qui renferme, entre autres, les dépenses qu’il fit à l’époque d’un voyage en Flandre, où il était allé rendre visite au comte Louis de Male, son beau-père :

« A Colart de Paris, tapissier de haute-lichc, demeurant à Bruges, auquel Monseigneur h devise trois des tapis de Monseigneur, par mandement de Monditseigneur donné v de may n

i a ordonnez pour eslargir à certainne c lxxv : xx frans. »

Que l’on n’aille pas inférer de ce texte que la manufacture de haute-lisse a été introduite à Bruges par un artisan de Paris parce qu’il porte le nom de cette ville. Lorsqu’on s’est beaucoup occupé de recherches dans les archives, on sait combien on doit être circonspect à tirer de pareilles conclusions8.

Nous possédons peu de renseignements pour la période embrassant les règnes des ducs Philippe le Hardi et Jean sans Peur (1384-1419). Ceux que nous avons recueillis pour la suite du quinzième siècle ne consistent qu’en un fort petit nombre d’achats de tentures faits à Bruges à des marchands étrangers et nationaux, et aucun ne spécifie que l’un de ces derniers ait été réellement un véritable fabricant ayant des métiers de haute -lisse chez lui. 11 a été question plus haut d’un artisan de cette ville, dont le nom est resté ignoré, qui eut, en 1419, des pourparlers avec le magistrat d’Ypres pour l’exécution de tapis, mais on ne tomba point d’accord, et la commande fut donnée à Jean de Fevere, d’Arras”. Nous avons déjà parlé10 des somptueuses tapisseries historiées acquises par Philippe le Bon, en 1423 et en 1441, à des négociants italiens établis à Bruges, pour être offertes aux

I Waknkoning ci Gheldolf, Histoire de la Flandre, t. IV, p. 84; — Gu ts-Van Severek, Inventaire des chartes de la ville de Bruges, t. I«, p. 8 s Oilliodts, tac. cil., t. II, p. 28. Voy. aussi Gailuard, de Ambaclitc eringen van Brugge; 1854, p. 26.

8 Messager des Sciences h cit., t. IV, p. 162.

Gand, 1842; p. 397; -

» Lisecl

■ 36i (GiLuodTs, loc. cit., t. III, orporation qui se trouve appendu eeaux de ta Flandre, 1. 1»', p, 5i8)

et à divers actes de 1436, aux Archives du royaume, à Bruxolies; Lisecleetwe dans un compte de .411-1412 (G.lliodts, loc. cit., t. IV, p. 162), etc.

5 Oudemaks, Middel-en oudncderlandsch woordenboek, t. III, p. 402.

« Ibidem, t. IV, p. .54.

1 Compte de la recette générale des finances, cûté B 1445, fol. Ixiij v» Archives départementales de la Côte-d’or, à Dijon.

» Voy. des exemples dans de Laborde, les Ducs de Bourgogne, t p. 18; t. III, p. 65, etc.

* Vandenpeereboom, Ypriana, t. II, p, .3;

papes Martin V et Eugène IV. C'est peut-être encore de quelque marchand lombard que provenait la tapisserie d’Arras mentionnée dans l’inventaire du pape Paul II, comme lui ayant été donnée, en 1466, par le duc de Bourgogne1 *. En 1440, un marchand de Bruges, nommé Richard Hanis ou Danis, livra au duc, qui en fit cadeau à Marie de Clèves, sa nièce, qu’il venait de marier avec Charles, duc d’Orléans, deux chambres de tapisseries, avec « sarge, ciel, dossier, gouttières, muraiges, banquiers et autres choses y appartenans ». L’une contenait deux cent quatre-vingt treize aunes trois quarts, et fut payee, au taux de 21 sous 1 aune, la somme de 3o8 livres 8 sous 9 deniers ; l’autre, « de verdure où il y a plusieurs oyselez, » mesurait, avec ses accessoires, deux cents aunes et demie carrées, et ne coûta , à 9 sous 1 aune , que 90 livres 4 sous 6 deniers*. Ce mariage avait été célébré dans l’église de Saint-Bertin, à Saint-Omer, avec la plus grande pompe, « et faisait moult bel voir, « — dit le chroniqueur Molinet à ce propos, — les riches parements, tant de l’autel comme du chœur ; et pour « les François et Anglois là étant, étoient tout émerveillés de voir le grand état et les richesses du duc de Bourgogne3 ». Vers le même temps, ce prince fit encore acheter à Bruges, au prix d’environ 317 livres, une belle tapisserie représentant V Histoire du Sacrement , pour en parer la chambre du jeune comte de Charolais , son fils*. Dans une pièce du 14 mars 1457 (n. st.), Jean Vasquez, secrétaire d’Isabelle de Portugal, mère de ce prince, certifie que cette princesse « a fait achatter de Michel Lotin, marchant de tapisseries, demourant en la « ville de Bruges, une chambre à personnaiges et six aultres grans tappis aussi à personnaiges pour tendre en <f une salle, ensamble autres parties de bancquiers, de napes et de serviettes, etc., laquelle tapisserie, nappes « et serviettes madicte dame les a donné en don à monseigneur Jehan de Portugal, son neveu, prince d’Antioche, « pour l’avancement de son mariage , quand il s’en ala ou royalme de Cipre , où il est présentement marié <c avec la fille du roy dudit Cipre. » L’ordonnance de payement et le reçu de Lotin , qui datent du mois de novembre 1456, nous apprennent que ces diverses tentures coûtèrent un peu plus de 900 livres, de 40 gros la livre3 5 6. A quelques années de là, le 17 avril 1472, un incendie, qui se déclara au château de Male, situé près de Bruges, où logeaient alors le duc Charles le Téméraire et la duchesse Marguerite d’York, dit un chroniqueur", anéantit « tous les deniers qu’elle avoit comptant pour l’entretènement de son estât, ensemble ses « baghes, joyaux, tapisseries, robes et autres habillemens servans à sa personne, en valeur de moult grant « somme de deniers7 8 * ». Le duc profita de la circonstance pour inviter les états de ses provinces, par lettres patentes du 9 mai, à lui voter une aide; les pertes y sont évaluées de 5o à 60,000 écus*. A sa demande encore, le magistrat de Bruges et celui de la châtellenie du Franc, contribuèrent, chacun pour la moitié", dans le prix d’une grande et belle tapisserie représentant la ‘ Destruction de Troye l0, qu’avait livrée un marchand du nom de Pasquier Garnier". Divers documents déjà publiés, nous apprennent que c’était un haute-lisseur de Tournai très en renom de son temps, et comme cette localité n’est pas mentionnée dans les comptes où sont inscrits les payements qui lui ont été faits, il y a tout lieu de croire que Garnier avait un dépôt à Bruges. Revenons à la duchesse Marguerite d’York, au sujet de laquelle nous avons encore quelques mots à dire à propos de tapisseries. Quand elle fut veuve, elle habita tantôt les châteaux de Binche ou de

1 Voy. p. 26.

’ Cette acquisition ne se trouve pas dans l’ouvrage de de Laoorde, toc. cit. Elle figure pourtant au compte de le recette générale des finances de l’an 1440, fol. iij® xxvj v», qui existe aux Archives départementales du Nord, à Lille, et dont le double se trouve aux Archives du royaume, à Bruxelles.

3 Buchon, Collection des Chroniques nationales françaises, t. VII, p. 114.

* Note de M. de la Fons-Mélicocq dans le Messager des Sciences historiques ; Gand, i858; p. aa5. Il rapporte en même temps une acquisition, faite en 1439, d'un < tapiz paint de raz et de chaz » pour la chambre du comte, qui ne coûta que 20 sous. Voy. le double du compte de la recette générale des finances de l’an 1440 cité, fol. iij® xxxv».

5 Originaux, sur parchemin, dans lefondsde la chambre des comptes, aux Archives départementales du Nord, à Lille.

6 « Den xvij®» in april xiiij® lxxij was den brant in ’t casteel van Male 0 daerde hertoghe ende vrauwe Margriete sliepen. . (Piot, Vlaamsche chronijk, p. 237.)

7 Ce passage est extrait du préambule du compte de la quote-part du clergé et des bonnes villes de Hainaut dons l’aide accordée par les états, en 1472, lequel existe aux Archives départementales du Nord, à Lille. On conserve, aux Archives du royaume, à Bruxelles, différents comptes qui indiquent la quote-part des quatre quartiers du duché de Brabant dans la même aide. (Voy. l'Inventaire des registres de la chambre des comptes t. III, pp. t5, 23, 28 et 35). Dans le compte de la châtellenie de Courtrai dû

8 janvier 1472 (n. st.) au S janvier 1474 (n. st.), qui renseigne sa quote-part

(Registre n® 42929, fol. xxxiij r®, ibidem.) ’ ’

« Ces lettres sont transcrites en tête du compte qui existe à Lille.

» Dans le compte de la châtellenie du Franc de Bruges du i®® septembre i473 au 3i août 1474 (registre n® 42083, fol. 17 r® de la chambre des comptes, aux Archives du royaume, à Bruxelles) est consigné le dernier payement de

la quote-part de ce collège dans l’aide accordée au duc, en mai 1472, et qui s'élevait à la somme de 4,800 livres. parisis. Le compte précédent qui mentionne les payements antérieurs manque. Le libellé de cet article est mal conçu en ce qu’au lieu de d’indiquer à part la somme payée à Pasquier

« Passchiere Gernier [sic], coopman, denwelken, in meye xiiij® lxxij, ter 0 begherten van onsen gheduchten heere en prince, etc., bi der wet van den

« denzelven onzen gheduchten heere, te betalene iiij» viij liv. parisis, etc. >

10 C’est peut-être celle qui a figuré sous le nom de l’Histoire de Troie au chapitre de la Toison d’or, tenu à Bruxelles, en i5oi. (Henke et Wauters, Histoire de Bruxelles, 1. 1»®, p. 3 20.)

11 0 Item, betaclt, by ordonnance van dercamere, Pasquier Grenier [Sic] ® de somme van c lib. grooten, ende in minderinghe van den iiij® lib. grooten 0 daerin dat dese stede jeghen hem verbonden staet als over haer deel, en « avenant van den viij® lib. gr. ter causen van zekere scoone ende groote 0 tapytserie, inhoude de Historié van der destructie van Troyen, dcwclke by n deser stede ende by den Vryen ghegheven hebben gheweest onzen harde n gheduchten heere ende prince te zeere neerenster bede ende begheerte. ® (Compte de la ville de Bruges du 2 septembre 1471 au t"® septembre 1472, n® 32024, fol- exxj r®, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume, à Bruxelles.) Cette première dépense figure dans le chapitre des dépenses diverses, ghemeene qaken; les autres payements sont annotés au chapitre des dépenses arriérées, diverssclie achtcrslelien, dans les registres n«® 325a5, fol. Iiij v®; 32526, fol. lvj v«; 32527, fol. lv r®, et 32828, fol. lx v».) II ne s'agit donc pas ici d’une tapisserie offerte au duc de Bourgogne par la ville de Bruges comme un témoignage de gratitude pour les efforts qu'il avait faits

M. Gilliodts dans son excellent Inventaire des Archives de la ville de Bruges, t. VI, p. 66.

TAPISSERIES FLAMANDES

Rupelmonde, etc., qui faisaient partie de son douaire; tantôt à Malines, dont les revenus de la seigneurie lui appartenaient au même titre'. Elle acheta, en 1478, un grand nombre de tapisseries propres à garnir des meubles, provenant de la veuve de Guillaume Hugonet, seigneur de Humbercourt1, — il en sera question plus loin1, — pour l’hôtel qu’elle avait dans cette ville , devenue son séjour de prédilection , et où elle mourut en i5o3. Nous avons eu sous les yeux une lettre, datée de Malines, le 22 mars 1498 (n. st.), qu’elle écrivit à son receveur de Binche , et dans laquelle elle lui enjoint de lui envoyer les tapisseries qui se trouvaient au château, à l’exception d’une pièce à ses armes et de celles qui étaient tendues contre les murailles*. Il nous reste à parler d’une dernière acquisition faite à Bruges dans le quinzième siècle par nos souverains. En 1478, Philippe Sellier, « marchant tapissier, » qui y résidait, vendit aux archiducs Maximilien d’Autriche et Marie de Bourgogne, moyennant la somme de 1,014 livres 12 sous de Flandre, les cinq tapisseries suivantes : « deux pièces historiées de l'Empereur Maximien , ung tapis d’église historié des Trois rRpix\ une autre petite « pièce ouvrée à or; encoires une autre pièce de tappisserie historiée de l'Istoire d’ Ab salon. » Ces productions de l'industrie des haute-lisseurs furent envoyées en Angleterre pour être offertes au grand chambellan du royaume, au nom de nos souverains, par les seigneurs de la cour qu’ils avaient chargés d’une mission secrète en ce pays5.

Dans le livre consacré par le savant Van Praet' à la célèbre bibliothèque de Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, on lit que ce riche gentilhomme donna, en 1472, à l’église de Notre-Dame, à Bruges, de belles tapisseries représentant la Vie et le Martyre de saint Boni/ace, pour être tendues dans le chœur, ce qui fut observé jusqu’à la fin du siècle dernier, époque où elles disparurent. On peut supposer qu’il les avait fait confectionner à Bruges; elles étaient décorées de ses armes et de celles de Marguerite Van Borsselle, sa femme.

La preuve de l’existence de haute-lisseurs à Bruges au quinzième siècle nous parait ressortir mieux du document qui relate les faits suivants. Depuis assez longtemps déjà il y avait des contestations entre les villes de Bruges et de l’Écluse au sujet du droit d’étape ou d’entrepôt des marchandises qui avait été accordée à la première par le comte Louis de Nevers, en i323’. Une charte en français de Philippe le Bon, du 5 novembre 1441 8, mit fin à ces rivalités; on y lit qu’à l’Écluse on avait tenu étape entre autres de et sarges et tapisseriez », et plus loin on rencontre l’expression de « faiseurs de haute-lisse » employée pour désigner un des métiers qui étaient absolument interdits dans cette petite ville et qui n’étaient autorisés qu’à Bruges. Après eux sont cités les tapissiers sarrasinois dont le nom a été inséré en flamand dans le document (sara\inoosiverkers metter maertse). Cette même expression est employée dans les statuts du corps de métier des lisecleetwevers qui n’ont pas de date, mais qui font partie d’un recueil formé vers 1460". L’article 23 seul les concerne; en voici la traduction : « Que tout tapissier sarrasinois travaillant sur le métier avec la marche10, et qui veut devenir franc dans la corporation, doit payer pour son entrée 20 sous de gros ; s’il ne veut pas s’affranchir, il pourra néanmoins exercer ladite industrie pourvu qu’il soit bourgeois". »

Nous avons recueilli quelques noms de tapissiers sarrasinois 11 dans les comptes de Bruges du quinzième siècle, à l'occasion des fournitures qu’ils ont faites à la ville et qui n’offrent en somme aucun intérêt. Néanmoins nous avons cru devoir parler ici de ces artisans. Pierre den Meestere ou den Meestre livra, en 1429, neuf pièces d’étoffe à couvrir les bancs et les dossiers de la chambre échevinale de l'hotel-de-ville'1, et le peintre Gilles den Stichele dessina les deux patrons devant servir aux tapisseries et revêtements de ces bancs “ . On ne voit pas que

Galesloot, en 187g,

dons les Annales de la Société d'émulation de Bruges.

■iDe ma très redoubtéc dame madame la duchesse Marguerite, lexxij' jour 0 de septembre 'xiiij» lxxviij), la somme de ix"j livres dix solz pour ung ciel 0 de verdure avec les rabas, ensemble quarantc-deuxautrcs pièces, tant couver- « tures, murailles, banquiers que autres; le tout montant à vj« lix aulnes iij 0 quars à elle, vendu pour le prix de chascune aulne de xj gros. «

à Bruxelles. Cette pièce nous a été signalée par notre collègue M. Galesloot. 8 Alex. Pinchart, Archives des A rts, des Sciences et des Lettres, t. Ier,

8 Recherches sur Louis de la Gruuthuse, p. i3.

loc. cit., t. 11, p. 141.

» Gilliodts, loc. cit., t V, p. 236.

Archives de l’État, dans cette ville. Nous devons la connaissance de la pièce à M. Gilliodts et la copie à l’obligeance de notre collègue M. Vandenbussehc.

m Morts, maerts ou maertse, signifie la pédale du métier a tisser. Ce mot n'aurait-il pas quelque rapport avec celui de marclieteur, employé à Lille, comme on l’a vu, pour désigner certaine catégorie de fabricants de

cation de la tapisserie à Tournai, faite en 1397: « Qu’il ne soit nul ouvrier « à le marche ne de haute-liche, qui, d’ores en avant, œvreche ne fasse ouvrer « fors de loïaux estoffes... >. Puis dans l'inventaire des tapisseries de Charles Vf, de 1422, où on l’a pris pour le nom de la province de la Marche. Notons encore que dans Y Inventaire de mesubies du cardinal Majarin (il a été

s que pi

s les ai

L’une >

r faite à Paris par Lefebure », et les deu

" « Item, dat elc saergenoyswercker werckende up ’t ghetauwe metter

1 incomme den ambochte xx st. gr., behouden dies, wille hy niet vry zyn in 1 ’l voorscide ambochte, dat hy nochtans zal bliven doende zinc neeringhe up

l! Jean de Chastelin, « de saresynoiswerkere », est cité dans un reeistre

des Archives de l’État, à Bruges, de la première moitié . Furie vierscharc. Prévôté, 1409-1435, fol. 12 v«).

ù Bruxelles. Voy. aussi Gilliodts, loc. cit., t. V, p. 33g.

'* Ibidem.

siècle

le magistrat ait fait, pendant le quinzième siècle, de grandes dépenses pour les salles de son hôtel-de-ville, dont les murs étaient nus; c'est ce que démontrent les faits suivants. Ce furent deux tapissiers sarrasinois qui tendirent de tapisseries la salle où Charles le Téméraire prêta serment lors de sa joyeuse entrée, le 9 avril 1468'. En 1472, on loua à Nicolas de Labye plusieurs tapis de verdure pour décorer la salle dite des Orphelins où eurent lieu les conférences entre les ambassadeurs d’Angleterre et les députés du pays de Flandre à propos des traités de commerce’. Guillaume Moreel, Alard de Meestre’, un des descendants de Pierre probablement, et Jean Lancbaert, sont mentionnés dans les comptes communaux des années 1472 à 1479 pour livraisons de tapis destinés à la garniture des bancs et sièges de la vierschare ou salle aux plaids devant les échevins. Le premier seul n’est pas qualifié, mais les deux autres sont bien désignés comme étant des tapissiers sarrasinois. Lanckbaert fournit, en 1481, trente-deux aunes de tapis de verdure pour tendre dans cette même salle*, et il fut chargé, deux ans plus tard, d‘y ajouter un écusson aux armes du jeune archiduc Philippe5. A en juger par les exemples précédents, les notes qui suivent doivent se rapporter également à des tapissiers sarrasinois. En 1471, les échevins d’Oudenbourg, petite ville très voisine de Bruges, y firent acheter à Luc Julyen6, au prix de 3i sous parisis l’aune, quarante aunes de tapisserie aux armes de Charles, duc de Bourgogne, entourées des insignes de l’ordre de la Toison d’or, pour en parer les bancs et les pupitres de la salle de la vierschare1. Jacques Apans8 exécute, en 1480, d’après les dessins du peintre Jean Fabiaen trois pièces de tapisserie aux armes de la châtellenie du Franc de Bruges, mesurant quarante-trois aunes, à raison de 36 gros l’aune, destinées à être placées dans la salle du tribunal de cette juridiction. Une autre tapisserie aux armes de Flandre, fut commandée par le même collège, la même année, à un fabricant de Gand, nommé Pierre Van Borselaere ° .

La ville de Bruges qui était devenue dès le quatorzième siècle l’entrepôt général où toutes les nations de l’Europe venaient commercer, atteignit sous les premiers ducs de Bourgogne l'apogée de sa splendeur. C’était la cité aux réceptions grandioses, aux cortèges sans fin, aux processions éblouissantes d’or et de pierreries, aux décorations publiques les plus riches et les plus variées à la fois, grâce au concours des innombrables étrangers qui y trafiquaient. Dans ces diverses cérémonies, les tapisseries de haute-lisse jouaient toujours un rôle fort important : rien ne pouvait égaler du reste la magnificence de ces somptueuses tentures historiées qui brillaient alors de tout leur éclat. Les joyeuses entrées et les mariages des souverains donnaient plus particulièrement lieu à de pareilles exhibitions. Nous avons parlé ailleurs10 des tapisseries tendues sur le passage des cortèges organisés à Bruges à l’occasion des noces de Philippe le Bon, en 1430", et de celles de son fils, en 1468. Citons deux autres faits relatifs à cette ville. A la suite de l’émeute du mois de mai 1437, où le premier de ces princes avait couru le danger de perdre la vie, le duc avait juré de n’y plus remettre les pieds11, et quoiqu’il eût, par un acte du 4 mars de l’année suivante”,, pardonné aux Brugeois révoltés, il n’avait pas voulu retourner parmi eux, malgré toutes les instances qu’on avait faites auprès de lui. Cependant, au mois de décembre 1440, à la sollicitation de son neveu Charles, duc d’Orléans, Philippe le Bon consentit à se rendre à Bruges. Son entrée eut tous les caractères d’un événement, et les habitants firent aux deux princes une réception des plus somptueuses, dont un chroniqueur du seizième siècle nous a transmis les détails", probablement d’après quelque narration contemporaine. Dom Plancher, trop consciencieux pour rien avancer sans en avoir trouvé les preuves dans un document, rapporte13 que « les rues étaient richement tapissées et qu’il

' Giluodts, loc. cit., t. v, pp. 369-570.

3 « Colaerd de Labye, ter causen van der huere van zekeren lapy tse verdure a dacrinede de camere van der Wccscn behunglien was... » (Giluodts, loc. cit. t. VI, p. 63.)

:l * Betaclt Willem Moreel, ter causen van zekere nieuwe tapytsen ende « bandeederen by hem ghedaen maken, omme die te oorborne ende te han- « ghene in scepenen camere, etc. >1 (Registre n» 325z5, fol. cxxxvj, aux Archives du royaume, à Bruxelles.)

•t Eylae

iarasynoy

■ (Reg:

Registre n» 32532, fol. clviij r®, ibidem.)

* ( Betaelt Jan Lancbaert, tapytsier, ter causen van ghemaect t‘ hebben b xxxij ellen tapytserye verduere die men hanct in de vierschacre van dest a stcde, etc., te iij s. gr., etc. > (Registre n» 32533, fol. clxx r", ibidem.)

s « Betaclt Jan Lancbaert, de sarasynoyswerckere, van dat hy de wapen b van onzen gheduchten heeren ende prince ghewrochthecft in't voorschrevc « laPy‘s. «=• » (Giluodts, loc. cit., t. VI, p. 484.)

Jean Lancbaert est peut-être le même que Jean Lambert qui ligure e je » dans le compte de la châtellenie d’Ypre. 492-1494. (Registre n» 443.3, fol. 1 ro, aux Archives du royauim

qualité à Bruxelles.)

6 II y avait, en 1436, des tapissiers de ha krras. (Voy. cet article.)

1 « Item, betaclt Luucx Julyen, binder st 1 tapyds ghedaen maken ornrae de bancken vi

e-liss

* caineren ende ’t contteor metter wapenen,toyzoenende vysyl [fusilj van onzen « gheduchten heere, xxxj st. par. van elker elne, comt: Ixij liv. par. » (Registre n» 37658 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume, à Bruxelles.)

Voy. Fevs et Van de Casteele, Histoire d’Oudenbourg, t. I»', p. 557.

8 « Jacob Apans, poortere in Brugghe, tapissier... •

» Voy. la notice de M. Weale intitulée: le Palais du Franc à Bruges, dont la première partie, avec les textes à l’appui, est insérée dans le Beffroi, t. IV, pp. 46-83.

,n Pp- 26 et 3o.

"Voy. aussi à proposée ces fêtes deux narrations que nous n'avons pas citées p. 26, et dans laquelle il est également question des tapisseries qui y furent exhibées. L’une est en anglais et a été publiée dans les Bulletins de la Commission royale d’histoire, 3» série, t.X, p. 245; l’autre est en flamand et se trouve dans le Kronijk van het historisch genootscliap te Utrecht,\l‘ série, 2« partie. L’historien Despars, qui vivait au seizième siècle, et que nous avons négligé de consulter pour ce motif, rapporte, d’après quelque relation du temps

01 nées de toutes sortes de riches tapisseries et draps, et décorées de diverses armoiries et devises princiéres que c’était merveille, et que les marchands etrangers contribuèrent beaucoup à ces décorations b. ( Chronycke van den lande ende graefseepe van Vlaendcren, t. III, p. 3i4.)

'- Plancher, Histoire générale et particulière de Bourgogne, t. IV, p. 246.

18 Giluodts, loc. cit., t. V, p. .34.

11 Despars, loc. cit., pp. 429-442. Voy. aussi Gilliodts, loc. cit., t. V, PP. 196-197

TAPISSERIES FLAMANDES

« y avait de tous côtés des représentations d’histoires de princes qui avaient pardonné à leurs sujets «. En 1462, le duc Philippe alla par eau de Damme à Bruges, en compagnie de sa sœur Agnès, veuve du duc de Bourbon. On les reçut avec grande pompe. Des embarcations en nombre considérable s'avancèrent a leur rencontre. Une relation du temps nous dit que les marchands étrangers se distinguèrent dans ce cortège d'un nouveau genre : leurs bateàux étaient garnis de drap d’or ou de couleur, tous armoriés. Les Ecossais avaient recouvert leur esquif d’une « moult riche tapisserie » aux armes de leur pays 1 . La décoration des rues était digne du cortège maritime. Nous avons tenu en réserve, pour la placer à l'article de Bruges, la précieuse description que messire Jean, seigneur de Haynin, témoin oculaire des cérémonies qui eurent lieu dans cette ville lors du mariage de Charles le Téméraire, en 1468, fait dans ses Mémoires s, des salles de l’hôtel

ducal décorées, pour cette circonstance, des plus belles tapisseries que possédait ce prince :

« Or, avoit monseigneur le duc fait faire en la court de son hostcl une salle très grande, toute de bois et d’asselles, tant par terre comme les parois, accoustrée de tables, banqs, buffetz, salles, cuysines et autres aysements, le tout richement cevré d’escrinerie. Et avoit coustée deux mille huict cent livres; et ce debvoient les ouvriers ravoir toutes les estoffes, incontinent que lesdictes nopccs seront tenues. Et estoit ladicte cale toute tapissée richement de tapisserie contenant l'Histoire de Qédéon et de la Toison d'or. La grande sale du commun estoit tapissée de l’Histoire de la grande bataille de Liège, oit le duc Jean de Bourgoignc et duc Guillaume de Bavière, conte de Haynaut, desconfirent les Liégeois emprès Otey, en l’an 1408, par ung dimenche, 23* jour de septembre. La seconde sale en haut, c’est à sçavoir la sale des chambellans, estoit tapissée du Coronnement du roy Cloïs, premier prince chrestien de France, et du Renouvellement des alliances de luy et de Gondebaut.

roy de Bourgoignc; puis du Mariage dudit roy Cloïs avec la fille dudit Gondebaut ; item, comment un ermite apporta à

ladite royne un drap d’azur à trois fleurs de liz d’or, que l’ange luy avoit donné, et le délivra ladicte royne à son mari le roy Cloïs pour le porter comme ses armes, en lieu qu’il les portoit d’or à trois crapaux de sable. La sale devant la chapelle estoit tapissée de l'Histoire de Beggue, duc de Beline , et de Garin, duc de Lorraine. Une autre sale estoit tapissée de l'Histoire d'Assuérus et de Hesther. La chapelle estoit tapissée de drap d’or contenant la Passion de Nostre-Seigneur Jésus- Christ. La sale du parement de Madame tenoit l'Histoire de Lucrèce, et la chambre de madicte dame, eschecquée toute de quarreaux blancz, rouges et verdz, de la coleur de la marguerite, et le lict de drap d’or, à un et |1 sur chascun

quarreau. La chambre du parement de Monseigneur le duc, tapissée richement de vermeil, et au ciel du lict ung soleil d’or, et au dossier une royne estant en un jardin et baignant ung esprevier. Les sales de mademoiselle de Bourgoigne et de Monsieur le bastard, et les autres toutes très richement tapissées et parées3. »

La décadence de Bruges fut plus rapide que son développement. Cette ville communiquait avec la mer du Nord par le Zvvyn, ainsi que les villes de l’Écluse et de Damme. Déjà, en 1421, on avait reconnu qu'il était urgent de chercher le moyen d’empêcher l'ensablement de ce golfe, qui se manifestait depuis quelques années d’une manière inquiétante, et dans la requête qu’ils avaient adressée au duc de Bourgogne à ce sujet, les Brugeois déclaraient déjà que « le cours de la marchandise en est grandement empeschié . » Plus tard, divers événements politiques concoururent à éloigner un peu à la fois les commerçants étrangers; tels furent les émeutes locales de 1436 et 1437; les troubles arrivés en Flandre, en 1452, à la suite desquels plusieurs marchands étaient allés se fixer à Anvers; ceux qui éclatèrent à la mort de Charles le Téméraire; les pirateries exercées par les Anglais pendant les six dernières années du règne de ce prince ; les luttes des communes contre l’archiduc Maximilien d’Autriche à propos de la tutelle de son fils Philippe ; la peste qui vint s’ajouter à toutes ces calamités en 1491 et 1492, etc. Les efforts tentés pour arrêter l’émigration des étrangers, et par suite celle des gens de métiers, et les mesures quelles qu’elles furent que prirent les souverains et le magistrat, notamment en 1454, 1470, 1473, 1492, 1496 et 1498*, n’eurent pour résultat que de l’augmenter. En 1477, la foire d’Anvers attirait déjà la foule des marchands, à ce point que la vierschare ou tribunal des échevins de Bruges était suspendue pendant sa durée3. Parmi les gens de métiers qui s’expatrièrent dans le courant du quinzième siècle figurent des haute -lisseurs qui sont dits de Bruges dans les documents où l'on parle d’eux6; on ne sait pas toutefois s’ils abandonnèrent leur patrie à la suite de quelqu’un des événements dont l’énumération vient d’ètre faite, ou s’ils furent attirés en Italie par les promesses de quelque prince ou communauté. Parmi les mesures dont il vient d’ètre question, il faut citer les lettres-patentes du 4 mars 1470 (n. st.) par lesquelles le duc Charles le Téméraire, à la demande du magistrat, renouvelle les statuts de l’étape des marchandises à Bruges, et y ajoute quelques autres dispositions dans le but de maintenir ce privilège dans toute son intégrité pour le bien de la ville. L’une d’elles regarde notre sujet; en voici le texte ; « Item, ne sera loisible ne permis à aucun « étranger de vendre aucune tapisserie en ladicte ville de Bruges, ailleurs ni autrement que en leurs hostelleries,

» D’après une narration des mêmes fêtes de 1468 que M. le baron Kervyn

tendues de tapisseries à Pliôtcl du due. ( Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 2» série, t. XXI, n“ 3, et Comptes rendus des séances de la Com-

* Gilliodts, loc. cit., t. V, p. 372; t. VI, pp. 5, 53, 357, 4*7 et +33.

5 Diegerick, Inventaire analytique des chartes et documents de la ville d’ Ypres, t. IV, p. 36.

» Conti, Ricerche storiche sull’artc degli ara;;i in Firenqc, pp. 4 et 85; — Caui'ori, VA ra;;cria estense, pp. 12 et i5: — Gentili, Sur l'art des tapis, pp. 27 et 32; — Müntz, Tapisseries italiennes, pp. 54 et 62.

« et ce lundi seulement, pourveu que ladicte tapisserie le soir dudit lundi sera remise dedens les cordes; sur e l’amende de x livres parisis chascune foiz que le contraire adviendra'. »

Une note du quatorzième siècle, quelques unes du quinzième et du seizième; un certain nombre de noms de tapissiers de cette dernière époque; plusieurs tentures, la découverte de la marque que l’on employait pour indiquer leur lieu d’origine, tel est le bilan de nos recherches pour l’histoire de la haute-lisse a Bruges pendant cette longue période.

C’est au commencement du seizième siècle que la corporation des haute-lisseu rs dits lechtverckers fut organisée dans cette ville, et c’est vers la même époque seulement que nous avons rencontré cette appellation pour la première fois dans les documents. Ses statuts, rédigés par le collège des échevins et rendus ensuite publics, portent la date du 5 janvier i5o6 (n. st.)’. Contentons-nous d’en faire connaître les principales. dispositions :

Pour faire partie du métier il fallait être bourgeois. — Le magistrat de la ville choisissait annuellement pour le diriger un doyen et trois jurés ou vinders qui prêtaient serment devant la loi. — Personne ne pouvait ouvrir une boutique ou établir un métier dans l’étendue de l’échevinage de Bruges, s’il n’avait, au préalable, obtenu la franchise du métier. — Tout maître avait le droit d’instruire ses enfants, cl celui de posséder autant d’ouvriers ( cnapen ) qu’il le voulait. — Les enfants de ces derniers n’étaient admis à travailler qu’à l’âge de huit ans, pour les garçons, et de sept ans, pour les filles. — Il était interdit aux membres de la corporation de travailler les poils de vache, de chèvre et d’autres animaux, ou d’employer de mauvaises étoffes, sous peine d’une amende de io livres parisis et d’être privé pendant un an de l’exercice du métier. — Il n’était pas défendu de se faire aider par un autre maître dans l’exécution des figures et des armoiries’. — Tous les membres du style devaient assister aux assemblées pour traiter les affaires du métier quand ils en étaient requis par le doyen et les jurés; les absents étaient frappés d’amende.

Nous n’avons pas trouvé d’autre ordonnance ou règlement concernant les haute-lisseurs de Bruges. L’autel de Sainte-Catherine dans l’église de Saint-Gilles fut cédé à la corporation en i523‘, et chaque maître contribuait annuellement pour 6 gros à son entretien. On voit par quelques extraits des comptes de la fabrique de cette église des années 1527 à 1544 qui ont été publiés5, que c’est dans cette paroisse qu’habitaient en grande partie ceux qui exerçaient la profession de tapissier. La corporation était placée sous le patronage de sainte Geneviève6.

Voici ce que nous avons recueilli dans les livres et les archives sur les travaux des haute-lisseurs brugeois du seizième siècle. Nul doute que l’on ne découvre encore bien d’autres choses. Les comptes de la petite ville de Nieuport des années i5oi et i5o3, nous apprennent qu’il fut payé environ la somme de 94 livres à un peintre et à un tapissier de Bruges pour le dessin et la fourniture d’un nouveau tapis destiné à la chambre échevinale’. Des comptes d’une autre catégorie mentionnent les dépenses faites, de i5o3 à 1607, pour couvrir de tapis armoriés ou ornés de feuillages, les murs et la cheminée de la salle des échevins de la châtellenie du Franc de Bruges, et pour garnir les coussins et les bancs servant aux membres de cette magistrature. Ce furent Jean de Louf et Jean Saillié, un descendant peut-être de Philippe Seillier cité plus haut, qui livrèrent ces tapisseries*. Les auteurs de Y Histoire d’Oudenbourg ont rencontré en dépouillant les comptes de cette localité, quelques passages relatifs à des réparations de tapisseries de peu de valeur, exécutées également dans .la métropole commerciale de la Flandre, en i5i3, i534, i55g et i56g9. Il paraît que dans le couvent des sœurs de Notre-Dame-de-Sion, à Bruges, l’usage s’était introduit, au commencement du siècle qui nous occupe, à l’occasion de la profession d’une religieuse, d’offrir un devant d’autel d’étoffe ou de broderie plus ou moins riche. Dans un ancien inventaire, fait en i57o-i57i, on lit qu’il y en avait aussi en tapisserie {van tapytswerc ), qui avaient été confectionnés à la même intention. Sur l’une d’elles, donnée, en i5i8, lors de l’entrée en religion de sœur Melchie Heinderick, était représentée l'Annonciation; sur une autre, donnée, en x52i, pat- Pierre l’Apostole pour l’admission de sa sœur Marguerite, il avait fait tisser l’image de la Vierge et celles de leurs patrons. L inventaire en question énumère les tapisseries que possédait le couvent; toutes paraissent avoir été de petite dimension ; aussi les sujets n’avaient-ils guère d’importance : le Prophète Élie, des Anges, un calice, un pèlerin, un phénix. Le rédacteur de ce curieux document déclare qu’elles étaient l’œuvre du frère

TAPISSERIES FLAMANDES

convers Jean Piegousse, qui y travailla dans les années 1541 à 1548'. La corporation des peintres de Bruges chargea, en 1 525, Jean Boey de la confection d’une tapisserie de treize aunes de longueur, au prix de 4 escalins de gros l’aune, pour la chapelle de la gilde qui se trouvait dans l’église de l’abbaye d’Eeckhoute; elle réprésentait la figure de la Vierge, rehaussée d’or et de soie, d’après le patron qu’avait fait le miniaturiste Guillaume Wallinc*. En i520 fut commencée la construction du superbe édifice appelé avec raison le palais delà châtellenie du Franc de Bruges, qui sert aujourd’hui d’hôtel-de-ville, et dont l’Europe entière connaît la cheminée monumentale, achevée en i53oJ. La grande salle de réunion, dite chambre des échevins, fut, l’année précédente, décorée de cinq pièces de feuillages avec borduresI * 3 4, livrées par Antoine Segon, et tissées d’après les cartons peints par Guillaume de Hollandere5. Le compte nous renseigne à la fois sur les dimensions de ces tapisseries, et sur la destination particulière de chaque pièce; il apprend de plus que le célèbre peintre Lancelot Blondeel fit le dessin de deux sujets destinés à être travaillés dans les tentures de la nouvelle chambre6. 11 nous a paru intéressant de noter ces particularités : une pièce contenant vingt-deux aunes trois quarts pour être tendue, à l’aide d’anneaux de cuivre, contre la muraille derrière les bourgmestres; — une pièce de quarante-huit aunes et demie pour le pan du côté où se tenaient les échevins ; — une de dix-huit aunes trois quarts pour garnir les sièges des bourgmestres ; — une autre de vingt-deux aunes et demie pour ceux des échevins ; — une petite pièce de quatre aunes et demie pour masquer la porte donnant accès à la cour, et enfin deux coussins; le tout mesurait cent dix-sept aunes carrées, qui coûtèrent, à raison de 4 escalins 8 deniers de gros de Flandre l’aune, la somme de 327 livres 12 sous de gros. Trois ou quatre ans auparavant, les magistrats du Franc s’étaient adressés à Adam Van Riebeke et à divers tapissiers pour savoir à quel prix ils seraient disposés à se charger de l’entreprise des tentures de la grande salle aux séances7.

A propos de Blondeel8 * * 11 nous avons à faire connaître un document inédit d’une importance majeure pour le sujet que nous traitons. Il s'agit d’un contrat passé, le 22 août i534, devant les échevins de Bruges, entre cet artiste et Louis de Vallée, commandeur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à Slype, en Flandre. Le peintre s’engage à fournir trois cartons consacrés à l'Histoire de Saint-Paul et deux autres représentant la Mort et l'Assomption de la vierge Marie. Le texte de l’acte, qui mérite d’être publié, renferme des détails sur l’ordonnance de ces diverses compositions; la hauteur et la largeur de chaque pièce y sont également déterminées. 11 devait être payé au peintre 3 sous de gros, monnaie de Flandre, ou 18 patards de ce pays, par aune, tant pour les compositions que pour les bordures, et il avait en outre droit à un pourpoint de satin à titre de gratification".

I Le Beffroi, t. III, PP. 322-223 et 3i5-3i6.

s Ibidem, pp. 232-233.

3 La notice de M. J. Weai.b, intitulée : le Palais du Franc à Bruges n'a pas entièrement paru. Les extraits des comptes relatifs à la cheminée et à la décoration de la grande salle ont été publiés, mais traduits, dans un travail imprimé en 1846, et intitulé : Deuxième notice sur la cheminée de la grande salle d'assemblée du magistrat du Franc de Bruges, par F. de Hondt. Les doubles des comptes de cette châtellenie existent aux Archives du royaume, à Bruxelles; voici le texte qui mentionne le payement des tentures: « Betaelt

0 Anthonis Segon, tapytsier, ter causcn ende over de leveringhe van zekere

< tappytscrie by hem ghemaeck om ’t behanghen van scepen camcrc : iij® xxvi j

0 liv. xij s. » (Registre n® 42641, fol. 9 5 v“.)

‘ Un morceau assez considérable de ces tapisseries, paraît-il, est conservé au Musée de Bruges.

s Registre n® 4263g, fol. 10g V®.

« « Betaelt Lansioot Blondeel, scildere, over zyn moyte en.le airbeyt van

< betvorpen ende ghemaect t’ hebbenc de patroonen van twee joyer., omme die

11 te werckene in de tappytserie van den nyeuwen camere : iiij liv. xvj s. » (Registre n® 42641, fol. 96 r®.)

’ 11 ... bezich waeren, den xxx®“ van lauwe xv® xxv, met Adacm van 0 Riebeke ende eeneghe tappitsiers van deser stede van Brugghe, omme te 11 vernemene ende adviscerne hoevele dat de tappytserie van den lande omme « de nieuwe camere costen zal, ende te wat pryse dat zy de voorscreve tapyt- 0 série zouden willen maken, etc. » (Registre n® 42638, fol 35 v®.)

* L’article biographique le plus étendu qui ait paru sur cet artiste se trouve dans la Biographie nationale, t. U, col. 025.

» Voici le texte du contrat :

it Nous, bourgmestres, eschevins et conseil de la ville de Bruges, a tous savoir faisons, que aujourd’huy, date de cestes, par-devant nous est venu et comparu en propre personne Lancelot Blondel, pointre, bourgeois demourant en ceste ville de Bruges ; lequel confessa avoir marchandé et emprins de messire Loys de Vallée, dict Passay, commandeur de Flandres, à faire les patrons dccincq pièces de tapisserie cy-après spécifiez, assavoir : trois pièces contenant V Histoire de sainct Pol l'apostre, commenchant ladicte histoire au septiesme chapitre des actes des apostres, lù où sainct Pol prenoit plaisir à veoir lapider sainct Estiennc et gardoit les habitz de ceux qui le Iapedoient, et ainsi ensuivant toute l’histoire du sainct Pol jusques à son décollement, sans y riens réserver ou mectre en oubly, d’autant qui soit historial. Et a ledict Lancelot promis et promcct, par cestes, de faire le susdict patrons bien et

léaulment, comme il avoit proposé de la première heure qu'il en a parlé audict seigneur le commandeur, sans fraulde ou malengien. Et est assavoir que ledict Lancelot fera lesdiz patrons de l’esprit de la continence des personnaiges, des couleurs, païsaige, visaiges et autres articles telles comme il appartient, ainsi qu'il le veult respondre devant ouvriers. — Et doibt icelui Lancelot avoir de chascune aulne en quarrure la somme de trois solz gros, monnoye de Flandres, faisant dix-huit patars de Flandres, tant des bordures que de l’histoire, assavoir : aulne pour aulne; et en fera ledict Lancelot autant et aussi peu qu’il en fault à l’ouvrier louchant les frisures. — Pour la première pièce fault qu'elle soit longue onze aulnes et ung cincquiesme part d’aulne; et hault six aulnes, avecq les frisures de tous cottez; laquelle pièce contiendra en quarurc soixante-sept aulnes et ung cincquiesme part d'aulne. Les deux autres pièces seront longues cinq aulnes et ung quart; haulte neuf aulnes et ung cincquiesme part d’aulne; et contient chascune pièce quarante-huyt aulnes ung quart et le cincquiesme part d’un quart.

n En oultrc, fera ledit Lancelot, autres deux pièces pour le susdit missirc Loys de l’Assumption de Nostre-Damc. Et fera en la première pièce VHistoire du trespas de Nostre-Dame, avecq les douze apostres, paysaige, massonnerie ou chambre, tel comme appertient à l'histoire. Et contiendra ladicte pièce en quarure trente-et-ung aulnes et ung cincquiesme part d'aulne. Pour l’autre pièce, qui est de la ineisme grandeur, se fera là où Nostre-Damc fust eslevé ès deux, avecq les anges autour d'elle; en hault le ciel ouvert avecq la benoîte Trinité, et en bas les xij apostres autour du sépulcre là où on la vient ensepvelir. — Et a ledict Lancelot aussi promis et promect, par cestes, faire ces deux pièces bien et léaulment comme les trois précédées pièces, et au pris, aulne pour aulne, comme dessus; et à délivrer autant de frisures et candélabres qu’il en sera bcsoing au maistre tapisseur, entre huy et le Sainct-Mîchiel prochainement venant; moyennant que ledict tapisseur sera tenu de les venir quérir ou les envoyer quérir à la maison dudlct Lancelot en cestedicte ville.

a Et aussi, par-dessus lesallaire dessusdit, que ledict Lancelot doibt avoir ung pourpoinct de satin, que ledict seigneur commandeur lui auroit promiz à lever quant bon lui samblera. — Davantaige est ledict Lancelot tenu de jour en autre livrer et furnir audict tapisseur les patrons pour commencer l’histoire de laquelle pièce qu’il vouldra, affin que par faulte de cela il n’aye pas perte de temps. — Obligeant ledict Lancelot, comparant, en ce que dit est, sa personne et tous ses biens, présens et advenir, et sur peine de perdre sur chascun aulne ung solz de gros; réservé fortune de maladie, et moyennant que ledict tapisseur lui en advertisse ung mois devant qu’il en ait affaire après qu’il sera la première foy fumy. — Et renunchantad ce tous loix, dont

Ajoutons à ces renseignements sur le seizième siècle une liste des haute-lisseurs de cette période, que nous avons dressée d'après des sources de toute espèce *, et qui est loin d’être complété.

Jean de Wilde ou Sauvage. i5oi.

Laurent de Lamioot. i5oi?

Gilles Steeman (sic). i5oi.

Jean de Louf. i5o3.

Josse Van der Veucht. i5o6.

Josse de Moor. i5o6.

Jean Saillie. i5oy.

Pierre Steeman (sic). 1 5 1 5.

Adolphe Van den Waten. 1 5 1 7.

Antoine Van Oostende. 1 5 1 8.

Jean Hauwecl. i5i8-i520.

Henri Broucman. 1 520-1541.

Jean Bataille. i52i.

Jean Boey. r525.

Adam van Riebeke?. i525.

Antoine Segon. 1529.

Jean Houssier. 1 53 1 .

Étienne de Formont. 1 53 1 .

Jean Schitebrouck. Mort en 1 53a.

Jean Francq. Mort en i532.

Maylin Hcsselin. 1 533.

Jean Loysier. Mort eu 1534.

Jean Strinck. Mort en 1 5 35.

Jean de Smet. 1527-1 5 36.

Gilles Truweel. Mort en 1 536.

Veuve Jean Bartaigne. Morte en i536.

Pierre Vermote. Mort en 1 536.

Pierre Compère. Mort en r 536.

Jean Aernouts. Mort en 1 538.

Jean Van Callenberghe. 1539.

Jean Allet. 1540.

Jean Picgousse. 1541-1548.

André Hanssens. 1542.

Corneille Annaert. 1547’.

Jean Crayloot ou Craeylo. i545-i555.

Jean Poulain. 1549.

Pierre Tack ou Tacket? 1 548-1 55 1.

Christophe Van Dycke. i552.

Pierre Van Huyden. 1573.

Jacques Crayloot. 1576-1577.

Anselme Crayloot. 1 583.

Quoique bien déchue de son ancienne splendeur au commencement du règne de Charles-Quint, la ville de Bruges était encore un centre de commerce considérable et un vaste entrepôt de marchandises de toute espèce, et plusieurs nations y avaient conservé des comptoirs. Le fait suivant prouve que le nom de cette cité était toujours fort vivace au loin. Le chapitre de Saint-Anatoile, à Salins, dans son assemblée du 22 septembre i5oi, résolut d’envoyer deux de ses membres « en Flandres » pour « marchander la tapisserie » qu’il avait l’intention de faire faire. Six semaines plus tard, un contrat fut signé, à Salins, avec un tapissier de Bruxelles3, qui était peut-être de passage dans cette localité, pour l’exécution de « une pièce de tapisserie contenant trente a aulnes, de telz personnages et ystoires, assavoir comme sains Anathoile prend congié du roy et de la royne « d’Escosses, ses père et mère, etc. » Mais la convention n’eut pas de suite, puisqu’au mois d'avril suivant deux mandataires du chapitre, — l’un était un marchand de Gênes qui habitait Bruges, — en conclurent une autre, dans cette dernière ville, pour l'entreprise de la série entière des sujets à représenter, et dont l’ensemble devait comprendre un total de 480 aunes , « de bonnes et fines estouffes , » au prix de 7 sous de gros , monnaie de Flandre, l’aune. L'acte fut passé avec Catherine Hasselot, « tappissière, femme de Jehan de Welde (sic), « alias Savaige, » et en présence de ce dernier. On ne peut expliquer ce fait anormal qu’en supposant que sa femme, à laquelle il avait donné plein pouvoir*, connaissait seule la langue française dans laquelle le contrat fut rédigé ; son nom de famille semble confirmer cette supposition ; les archives du chapitre 8 nous apprennent que celui-ci paya 14 livres de gros au peintre qui dessina et peignit les patrons ou « pourtrais » et que ceux-ci avaient la dimension exacte des tentures. Comme la dépense entière est annotée en livres de gros de Flandre, il y a lieu de supposer que c’est à Bruges même qu’ils furent exécutés. On n'aurait pas, croyons-nous, trouvé alors dans toute la Franche-Comté, et moins encore à Salins, un artiste capable de concevoir des compositions aussi compliquées et de les disposer d’une manière aussi heureuse. D’ailleurs, ce pays faisait à cette époque partie des États de l’archiduc Philippe le Beau, qui régnait également sur la Flandre, et les relations avec cette dernière province étaient donc fort naturelles. Les tapisseries confectionnées pour le chapitre de Salins devaient être au nombre de quatorze, de dimensions différentes, et consacrées à quelque trait de l’histoire légendaire de saint Anatoile. Elles n’avaient pas de bordures, mais des deux côtés une colonne ornementée encadrait la scène; sur chacune d’elles se trouvait une inscription qui en expliquait le sujet. Elles ont été exposées dans l’église jusqu’au commencement du dix-septième siècle. Trois de ces tentures existent encore:

ledict Lancelot, en préjudice de ce que dit est, se pourroit ayder en temps

de Witte, pour et en nom de mondietseigneur le commandeur acceptant.

0 En tesmoingnaige desquelles choses nous avons faict mectre le séel aux causes de ladicte ville de Bruges à cesdiz présentes. Faictcs et donnés le

Cet acte est transcrit dans le registre aux procurations du i« septembre ■ 533 au 3o septembre t534, fol. 218, intitulé : Registerc van der greffe der srede van Brugglie, etc., aux archives communales de Bruges. Il nous a été signalé par M. Gilliodts.

1 La majeure partie de ces noms nous a été fournie par M. Gilliodts, qui les a recueillis dans divers registres des Archives de l'État, à Bruges, et des archives de cette ville:

8 Le nom du tapissier Antoine Hannourt figure dans un registre des Archives de l’Etat à Bruges, du quinziéme siècle ( Ferie vicrschare, Prévôté, 1480-1494, fol. i3o).

signature dont nous avons eu le calque est indéchiffrable (if arc van .........

de nos confrères. Nous n’avons pas été plus heureux dans nos recherches pour découvrir quelque tapissier bruxellois du même temps qui portait le prénom de Marc.

* " ... ledit Jehan de Welde présent à faire le marchief et donnant auctorité 0 à ladicte Katherine, sa femme, pour ce faire. »

0 Nous devons la connaissance des renseignements que renferment les registres du chapitre de Salins, qui sont conservés aux Archivesdépartementales du Jura, à Lons-le-Saulnier, à l’obligeance de M. Bernard Prost, auquel est confiée la direction de ce dépôt. Quoiqu’il prépare une notice détaillée sur les tapisseries en question il n'a pas hésité à nous communiquer ses découvertes. Un tel procédé n’a pas besoin d'éloges.

TAPISSERIES FLAMANDES

deux se voient au musée de Salins', et l'autre au musée de la manufacture des Gobelins"; ce sont les numéros VIII, XII et XIII de la liste qui suit; les autres ont été détruites en 1793.

I. Saint Anatoile prend congé du roi et de la reine d' Écosse, ses père et mère, pour aller étudier à Constantinople.

1 1 . Saint Anatoile dispute contre son maître dans cette ville.

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