II. — Premier testament d'Adélaïde, vicomtesse de Narbonne
Adélaïde, vicomtesse de Narbonne, veuve de Matfred, fit un testament^ le 4 octobre de la même année. Elle nomme sept exécuteurs testamentaires, entre autres Ermengaud, archevêque, 8c Raimond, vicomte de cette ville, ses fils; elle donne au premier les alleux qu'elle possédoit entre les rivières de Biaur ^ de Seron, en Albigeois; ce qui est conforme au testament qu'elle^ Se le vicomte Matfred, son mari, avoient fait en 966. Elle lui laisse de plus ses coupes d'or avec la moitié des fruits des terres de Florensac Se de Nébian, Sec. Elle dispose, en faveur de l'autre, du village de Colombier dans le diocèse de Béziers, d'un bassin Se de deux chandeliers d'argent, de la moitié des revenus de Narbonne, Sec. Elle réserve l'autre moitié, avec plusieurs domaines, pour la dotation d'un monastère dont elle avoit fait commencer le bâtiment au-dessous de cette ville sous le nom de Saint-Sauveur, Se auquel elle destinoit pour abbesse sa fille, dont elle ne marque pas le nom; nous apprenons d'ailleurs qu'elle s'appeloit Trudgarde'^. La vicomtesse Adélaïde recommande ensuite à ses sœurs Arsinde, Ermessinde SeGarsinde, Se à Za comtesse Arsinde, d'achever de construire le
' Marca H'npanica, p. 920 8c 922. ' Voyez tome V, Chartes & Diplômés, n. CXI.
=" Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CXIV. ^ Ibid. n. CI.
HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XIII. i(;i
monastère de Saint-Sauveur. Elle donne aux trois premières les terres qu'elle possédoit à Védillan, Tolmian & Armissan, dans le Narbonnois, pour en jouir pendant leur vie, avec substitution après leur mort en faveur du même monastère de Saint-Sauveur, si le bâtiment étoit achevé ; sinon elle substitue ces terres • à diverses églises.
Il y a lieu de croire que le dessein qu'avoit la vicomtesse Adélaïde de fonder l'abbaye de Saint-Sauveur auprès de Narbonne n'eut pas son exécution j car 1° elle ne dit pas un mot de ce monastère dans un autre testament qu'elle fît' treize ans après ; i^ suivant un acte ^ daté du mois d'octobre de la troisième année du règne de Hugues Capet, ou de l'an 989, « Ermessinde, surnommée Bonne, « donne à la cathédrale de Narbonne la troisième partie du village de Védillan, « dans le comté de Narbonne, b la troisième partie de Véglise, des dîmes, des t!'H,"p.'n"5. u prémices 6" de tout Vhonneur ecclésiastique , avec défense à tout évêque, « vicomte. Sec, de s'en emparer, 8c permission dans ce cas-là au comte Roger « 6- à ses deux fils de les revendiquer moyennant cent sols qu'ils donneroient « aux chanoines. » Or, comme la vicomtesse Adélaïde donne à la cathédrale de Narbonne le lieu de Védillan après la mort de ses sœurs, en cas que le monastère de Saint-Sauveur ne fût pas achevé, il s'ensuit qu'Ermessinde, sa sœur, n'est pas différente de celle qui donna le lieu de Védillan au chapitre de Narbonne en 989, tk qu'ainsi le bâtiment du monastère de Saint-Sauveur demeura imparfait.
Adélaïde fit plusieurs legs^ en faveur des chanoines de la cathédrale de Saint- Just Se de ceux de l'abbaye de Saint-Paul de Narbonne, Se de différentes églises ou monastères de la Province, savoir : des abbayes de Saint-Pons, de Saint-Anian ou Saint-Chinian , de Caunes, de Saint- Laurent, Se de Notre- Dame de Quarante, dans le diocèse de Narbonne ; des cathédrales de Carcassonne Se de Béziers, des abbayes de la Grasse, de Joncels, de Saint-Thibéry, d'Aniane Se de Vabre. Elle lègue à la cathédrale d'Albi, à l'église de Saint- Salvi Se à l'abbaye de Saint-Michel de Gaillac les fruits ou revenus des lieux de Pouzols, d'Ourban Se de Corras, trois terres situées dans l'Albigeois. Elle donne enfin la liberté à quelques-uns de ses serfs de l'un Se de l'autre sexe, Se fait un legs à Ermengaud Se Raimond, ses fils Se ses exécuteurs testamentaires, à condition qu'ils donneroient un grand festin.
La comtesse Jrsinde, à qui la vicomtesse de Narbonne recommande la construction du monastère de Saint-Sauveur, est sans doute la même qu'Arsinde, première femme de Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, laquelle devoit être par conséquent en vie en 977. Nous avons aussi dans ce siècle une autre comtesse de même nom, veuve en 969 d'Arnaud, comte de Carcassonne; mais il n'y a aucune preuve qu'elle ait vécu jusques en 977, Se il n'en est fait aucune mention après l'an 960.
'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- ' Archives de la cathédrale de Nnrbonne.
inéro CXXIX. ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CXIV.
An 977
An 979
An 981