XXII. — Hugues Capet reconnu dans le Vêlai
Le Vêlai est un des pays du Languedoc qui différèrent le plus longtemps à reconnoître Hugues Capet. C'est ce qu'on voit entre autres par une donation faite en faveur de S. Maïeul, abbé de Cluny & de son abbaye, par un chanoine^ du Fuy y au mois d'août f Tannée que le roi Louis mourut dans son adolescence. On a de plus diverses donations^ faites à l'abbaye de Saint-Chaffre, dans le Vêlai, Se datées du temps qu^'il n'y avoit point de roi, Jésus-Christ régnantj ou bien Jésus-Christ régnant, 6- dans l'absence d'un roi sur la terre, & enfin l'an 991 de l'Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ régnant, (y Hugues qui avoit usurpé le royaume contre le droit étant roi des François. Ce prince fut enfin cependant reconnu dans le Vêlai avant sa mort. On voit même quelques chartes du pays"^, datées de la troisième année de son règne, entre autres la fondation du prieuré conventuel de Cofolens, au voisinage de la Loire, dans laviguerie de Bas, sous l'autorité de l'abbé de Saint-Chaffre. Ce lieu, qui est dans le diocèse du Puy, est situé au confluent de la Loire Se du Lignon.
Les différens monumens dont on vient de parler sont autant de preuves que Hugues Capet ne fut pas reconnu dans le Languedoc, du moins pendant la première année de son règne. Aussi lorsque ce prince associa au trône Robert, son fils, qu'il fit couronner à Orléans le i" de janvier de l'an 988, n'y eut-il, suivant les historiens ^ du temps, que les seigneurs des royaumes de France Se de Bourgogne qui assistèrent à cette cérémonie j Se ces auteurs ne font aucune mention de ceux d'Aquitaine Se des autres provinces méridionales de France.
La Marche d'Espagne fut une des premières entre ces provinces qui reconnurent Hugues Capet, comme le prouvent plusieurs actes <^, Se en particulier une donation faite par Borrel 7, comte de Barcelone, en favevir du vicomte Guil-
' Mabillon , ad ann. 990, n. 53. — Voyez ' Glaber, I. 2, c, i .— Adrien de Valois, Notae in