XVIII. — Deuxième concile de Saint-Thihéry
Guifred, archevêque de Narbonne, présida à un nouveau concile de sa province, qui fut tenu"* dans l'abbaye de Saint-Thibéry,au diocèse d'Agde, le i5 de juillet de l'an io5o. Les évêques Hugues d'Uzès , Arnaud de Maguelonne, Béranger de Béziers, Bernard de Lodève, Gonthier d'Agde Se Béranger d'Elne s'y rendirent en personne. Ses autres suffragans se contentèrent d'y envoyer des députés, en particulier Guislabert de Barcelone &c Wifred de Carcassonne, qui y souscrivirent quelque temps après. Les ahhés de dijjerens ordres de la Gothie 6- de VEspagne s'y trouvèrent aussi avec plusieurs personnes de considération de Vun if de Vautre sexe, ce qui montre : 1° que ce fut proprement une assemblée provinciale 5 2° qu'on donnoit encore alors le nom de Gothie à la partie de la province ecclésiastique de Narbonne qui étoit en deçà des Pyrénées &. qui comprenoit la Septimanie, 8c celui d'Espagne à l'autre, c'est-à-dire à la Catalogne ou Marche d'Espagne située au delà de ces montagnes. Il ne nous reste de ce concile que l'anathème que les pères prononcèrent, sur les plaintes des religieux de l'abbaye d'Arles, en Roussillon, contre les usurpateurs des biens ecclésiastiques.
XIX. — Roger I, comte de Foix, succède dans une partie du comté de Carcassonne à Pierre, évêque de Girone, son oncle.
Il n'est fait aucune mention de Pierre de Carcassonne, évêque de Girone, dans les actes du concile de Saint-Thibéry, d'où l'on doit inférer que ce prélat étoit alors décédé. Nous savons en effet que Béranger lui avoit déjà succédé^
' Mabillon, ad ann. 1060, n. 71. gne, t. 1 , p. 49. — Gallia Chr'tstiana, nov. edit.
'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- t. i, p. 49 & seq.
méro CXCIII. ■• Martène, Thésaurus anecd. t. 4, p. 887.
' Baliize, Histoire généal. de la maison d'Auver- ' Marca Hispanica, p. 444'
An 1048
An io5o
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An looo
dans cet évêché la même année} ainsi Roger premier du nom, comte de Foix, son neveuj recueillit sa succession, suivant les conventions' qu'ils avoient faites ensemble, 8c entra dès lors en possession d'une partie du comté de Carcassonne. Pierre, évêque de Girone, fut tué peut-être durant la guerre que Raimond- Béranger, comte de Barcelone, avoit entreprise alors contre les Sarrasins ses voisins, car dans ces siècles les évêques se faisoient un devoir de servir contre les infidèles.
XX. — Béranger, vicomte de Narbonne , marche au secours du comte de Barcelone contre les Sarrasins (S* obtient de lui le comté de Tarragone.
Raimond-Béranger, comte de Barcelone, qu'on surnomme le Vieux, pour le distinguer de son fils de même nom, étoit un prince^ aussi recommandable par sa valeur que par sa probité. Il fut si heureux dans cette expédition, qu'après avoir fait diverses conquêtes sur douze rois maures, il les obligea enfin à se rendre ses tributaires. Il leur enleva entre autres, avec Béranger, vicomte de Narbonne, qu'il avoit appelé à son secours, l'ancienne^ ville &l le comté de Tarragone, que lui 5c sa femme Elisabeth , après en avoir prescrit les limites, donnèrent en reconnoissance à ce vicomte, aux conditions suivantes: 1° que l'ancien siège archiépiscopal de cette ville seroit rétabli, 8c que l'élection de ta. origin. l'archevêque appartiendroit conjointement au comte de Barcelone 8c au vicomte de Narbonne; 2° qu'ils partageroient également les revenus du comté, savoir: les droits qui seroient levés tant sur mer que sur terre, la monnoie, le marché, 8cc., &c même les dîmes, jusques à ce qu'il y eût un évêque à qui elles appartiendroient alors, avec le tiers des autres droits ; 3° que le vicomte feroit hommage du comté de Tarragone au comte de Barcelone ; 4° que le premier seroit obligé de faire une guerre continuelle aux Maures d'Espagne, sans pouvoir conclure la paix avec eux que du consentement de l'autre; 5° que le vicomte ou sa femme, ou du moins un de leurs fils, résideroit à Tarragone pendant dix ans consécutifs, 8c à leur défaut Richard, vicomte de Millau, qui sans doute avoit eu part à l'expédition"^. Ce traité qu'on conserve dans les archives de Barcelone n'est point daté, mais il est aisé de juger qu'il est antérieur à l'an io53, puisque Raimond-Béranger épousa alors Almodis en secondes noces, 8c que Richard, vicomte de Millau, étoit déjà décédé en io5i; c'est donc avec fondement qu'on en rapporte l'époque ^ à l'an io5o. Il est d'ailleurs certain <5 que Raimond-Béranger étoit déjà maître de Tarragone en io58.
On prétend*^ que cette donation n'eut pas lieu. On se fonde sur ce que le comte de Barcelone donna, en 1060, la vicomte de Tarragone à Bernard-Ame de Clermont; mais le comté 8c la vicomte de cette ville sont deux dignités différentes. Il paroît cependant que Béranger 8c les vicomtes de Narbonne ses
■ Voyez tome V, Chartes &Diplômes,n. CLXX. ' Diego, Hist. des comtes de Barcelone, 1. 2, c. Sp.
' Marco. Hispanica, p. 648 & 1 1 i3. « Marca Hisçanica, p. i 1 i5.
' Diego, Hist. des comtes de Barcelone, 1. 2,c. 39. ' Diego, Histoire des comtes de Barcelone, c. 48.
^ liid, — Pesse, Histoire de Narbonne, p. 217.
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successeurs, ne jouirent pas longtenijDS du comté de Tarragone, puisqu'en 1 1 17, Pvaimond, comte de Barcelone Se de Provence, donna' cette ville à Oldegarius, qui en étoit évêque, & à ses successeurs.