‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 149 sur 227 · XXI. — Vicomtes de Millau , de Gévaiidan 6- de Lodève · texte numérisé non relu

XXI. — Vicomtes de Millau , de Gévaiidan 6- de Lodève

D'autres ^, on ne sait sur quelle autorité, rapportent la donation du comté de Tarragone par Raimond-Béranger en faveur du vicomte Béranger, à l'an 1049. Ils ajoutent que le vicomte Richard souscrivit à cet acte. Se que Rixinde, sa femme, étoit fille de ce dernier Se de la vicomtesse Garsinde. Si cela est ainsi, c'est sans doute à cause de cette alliance que , par le traité dont on vient de parler, Richard devoit résider à Tarragone en l'absence du vicomte de Narbonne, son beau-père. Enfin on fait ce Richard vicomte de Rode-^^ mais on se trompe, il ne l'étoit que de Millau en Rouergue, vicomte dont il hérita de Richard I son père. Se dont il fut le second vicomte de son nom. Il unit à son domaine^ la vicomte de Gévaudan , Se mourut avant le mois de janvier de l'an io5i. Il laissa plusieurs fils de Rixinde, sa femme qui vivoif^ encore en 1070 Se 1079. Béranger II qui étoit l'aîné lui succéda dans les vicomtes de Millau Se de Gévaudan Se épousa ^ Adèle, fille Se héritière de Gilbert II, vicomte de Cariât, Se deNobilie. Il paroît certain que celle-ci étoit fille d'Odon ou Eudes, vicomte de Lodève qui vivoit vers l'an 1000, qu'elle lui succéda dans cette vicomte, Se qu'elle la transmit à sa fille Adèle. Nous avons, en effet, d'un côté une donation"^ faite en 1048 à l'abbaye de Saint-Guillem du Désert dans le diocèse de Lodève, par le même vicomte Gilbert, Nobilie, sa femme. Se Bernard, leur fils , Se nous voyons "^ de l'autre que les descendans de Béranger II, vicomte de Millau Se d'Adèle, son épouse, possédèrent la vicomte de Lodève. Ce dernier réunit donc en sa personne ces quatre vicomtes qui passèrent à sa postérité.

Les autres fils de Richard II furent Bernard Se Richard, qui dans la suite embrassèrent la vie religieuse dans l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, dont ils furent élus successivement abbés j Hugues Se Raimond qui eurent quelque portion du domaine de leur père, Se dont le premier prit^ la qualité de vicomte. Se vivoit encore vers l'an 1079 5 Se enfin Roger qui se dit fils du vicomte Richard, dans une donation ^ qu'il fit en io58, en faveur de la même abbaye de Saint-Victor.

• Marco. Hïspan'ica, p. 1247. * Voyez tome IV, Note XX^', n. 5 & suiv.

' Le P. Ange, Histoire généal. des pairs de * Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-

France, t. 2, p. 696. méro CXCV, la 1 ^ charte citée sous ce nmnéro.

' Voyez tome IV, ?/ofe XXI & XXVI. ' Voyez tome IV, "Note XXV.

^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, numé- ' Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCLXXVII.

ros CCL, CCLXXVII. ' Lhid. n. CCVII.

An I o5o

t. II, p. l{

An io53

— 3i4 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIV.

An 1001 •

XXII. — Mort de Hugues, comte de Rouergue b marquis de Gothie. — Berthe, sa fille, femme de Robert 11, comte d'Auvergne, lui succède.

Béranger II, vicomte de Millau, fut présent le 23 de février de l'an io5i, à une donation que Hugues, comte de Rouergue & la comtesse Richarde, sa mère, firent' alors à l'abbaye de Conques pour le salut de leurs âmes 5t de celle du comte Raimond, mari de cette princesse. Hugues fait mention de ses Éd. origin. etifans en général dans cet acte qui est souscrit par la comtesse Foy Se la comtesse Berthe. Cette dernière^ étoit fille S<. héritière présomptive de ce prince, qui n'avoit pas d'enfans mâles. Elle avoit épousé le comte Robert, fils de Guillaume V, comte d'Auvergne, qui souscrivit avant elle au môme acte. L'autre étoit mère de Berthe Se femme du comte Hugues.

Ce prince, qui outre le comté de Rouergue posséda aussi celui de Gévaudan avec le marquisat de Gothie, le comté particulier de Narbonne, Sec, vivoit^ encore en io53. Nous n'avons plus depuis aucun monument où il soit fait mention de lui. Après sa mort, Berthe, sa fille, lui succéda dans tous ses domaines, ce qui fit "^ que Robert, mari de cette princesse, se qualifia dans la suite comte de Rouergue 8c de Gévaudan. On prétend^ qu'elle étoit fille unique; mais outre qu'on vient de voir que le comte Hugues, son père, avoit plusieurs enfans, CGSt-k-d'ne plusieurs filles en io5i, & qu'il suffit qu'elle ait été l'aînée pour recueillir sa succession, nous avons d'ailleurs quelque fondement de croire que Foy, femme de Bernard, fils de Béranger, vicomte de Narbonne, étoit fille du même comte Hugues &. de la comtesse Foy. Ce qu'il y a de vrai, c'est que cette dernière & la comtesse Richarde, sa belle-mère, survécurent à ce prince 8c qu'elles eurent part à l'administration ^ des comtés de Rouergue 8c de Gévaudan 8c des autres domaines de cette branche de la maison de Toulouse. Comme Robert se qualifioit "^ comte de Rouerguedès l'an loSç, 8c que Guillaume V, comte d'Auvergne 2, son père 8c son prédécesseur dans ce dernier comté, ne mourut que longtemps après, nous inférons de là : 1° que Hugues, comte de Rouergue, son beau-père, étoit certainement décédé en io5g ; 2° que Robert se qualifia comte de Rouergue depuis la mort de ce dernier jusques à celle du comte d'Auvergne, son père, pour se distinguer de celui-ci.

' Voyez tome V, Chartes &. Diplômes , nu- '' Voyez tome IV, Note VIII, n. 3o & suiv.

méro CXCVII, s Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auvcr-

^ Voyez tome IV, Note VIII, n. 3o & suiv. — gne, t. i, p. 48 & suiv. Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auvergne, * Ibid. t. 2, p. 62.

t. I, p. 48 & suiv. 7 Ihid.

3 Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCIII. » Ibid. t. i , p. 56.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIV. 3i5

XXIII. — Pons, comte de Toulouse, domine sur h Vêlai. — Èvêqucs du Puy.

Pons, comte de Toulouse, dominoit sur le Vêlai du vivant de Hugues, comte de Rouergue, son cousin. C'est ce qui paroît par ce qui se passa au sujet de l'élection d'un évêque du Puy après la mort d'Etienne de Mercœur.

Ce dernier, qui se qualifioit évêque de Velai^ assista le 4 de janvier de l'an io53', avec Guillaume d'Albi, Hildebert deCévaudan, Pierre de Rodez & les autres évêques de la province de Bourges, à l'élection d'Ictérius, évoque de Limoges, à laquelle il ne survécut pas longtemps, car nous verrons bientôt qu'il étoit déjà décédé au mois de mars suivant ^. Il fut inhumé dans l'église du monastère de la Voulte-sur-l'Allier en Auvergne, qu'il avoit fondé avec S. Odilon, abbé de Cluny, son oncle paternel j sous son épiscopat^, deux chanoines de sa cathédrale, Arbert &. Rostaing cédèrent, en 104?), le désert de la Chaise-Dieu situé en Auvergne, sur les frontières du Vêlai, à S. Robert qui y jeta lesfondemens de la célèbre abbaye de ce nom, dans laquelle le premier prit ensuite l'habit monastique.

Après la mort "^ d'Etienne, le clergé 8c le peuple du Vêlai jetèrent les yeux sur Pierre de Mercœur, son neveu, prévôt de la cathédrale, homme respectable par sa piété Se ils l'élurent dans les formes canoniques pour son successeur. Pons, comte de Toulouse, à l'instigation de sa femme, s'opposa à cette élection Si. nomma de son autorité pour évêque du Puy, Bertrand, archidiacre de Mende, de qui il avoit reçu une somme considérable. Les deux contendans s'étant ren- .dus ensuite à la cour pour avoir l'agrément du roi Henri , ce prince, gagné à ce qu'on prétend par argent, se déclara en faveur de l'archidiacre de Mende. Les députés du clergé Se du peuple du Vêlai, qui avoient accompagné Pierre de Mercœur pour faire valoir ses droits, crurent ne devoir pas céder en cette occasion à l'autorité temporelle. Ils consultèrent Léger, archevêque de Vienne, qui dans sa jeunesse avoit téé élevé parmi le clergé de l'église du Puy dont il étoit chanoine dans le temps de son élévation à l'épiscopat, 8c par son avis, ils eurent recours au pape Léon IX qu'ils allèrent trouver à Pvavenne, où ils arrivèrent le i3 de mars de l'an io53. Ils rencontrèrent à la cour du pape Hugues, archevêque de Besançon, Aymard, évêque de Sion, 8c Arnaud, évêque de Grenoble, qui employèrent leurs bons offices en faveur de Pierre de Mercœur j en sorte que Léon confirma son élection, le fit ordonner prêtre par Humbert, éd origm. cardinal du titre de Sainte-Rufine, 8c le sacra ensuite lui-même évêque 5.

' Conciles, t. 9, p. io68 & suiv. dans le diocèse du Puy à l'occasion de l'élection de

' Voyez tome IV, Note XVIII, n. 8. Pierre de Mercœur, l'ouvrage de M. Francisque

' Mabillon , ad ann. 104:^, n. 5, & 1046, Mandet , intitulé : Histoire du Velay, tome 3,

n. 107, 8cc. p. 81. Pierre de Mercœur mourut à Gênes en ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- 'oyS; il fut enterré dans l'église du prieuré de la

méro CXCIX. Voulte, en Auvergne, où son corps fut transporté.

* Consultez, au sujet des troubles qui éclatèrent [E. M.J

An I o53

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