‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 153 sur 227 · XXX. — Dédicace de Véglise de Maguelonne · texte numérisé non relu

XXX. — Dédicace de Véglise de Maguelonne

Arnaud, évêque de Maguelonne, après avoir fait entièrement réparer sa cathédrale, résolut^ de la dédier. Pour rendre plus solennelle cette cérémonie qui se fit "^ au commencement de l'an io54, il y invita un grand nombre d'é- An 10^4 vêques des provinces voisines. Les archevêques Guifred de Narbonne, Léger de Vienne, Raimbaud d'Arles, Gineminarius d'Embrun 8c Austinde d'Auch s'y trouvèrent avec dix évêques, savoir : Frotaire de Nimes, Bernard de Béziers, Gonthier d'Agde, Rostaing de Lodève, Hugues d'Uzès, Alphonse ou Eléfant d'x\pt, Gislebert de Barcelone, x\rnaud d'Elne, Pierre ou plutôt Wifred de Carcassonne, 8c Arnaud de Maguelonne. Ce dernier travailla ensuite à réformer son clergé Se à régler les mœurs de ses ecclésiastiques, dont la plupart avoient ou des femmes ou des concubines. Il commença par son chapitre, composé de douze chanoines Se de douze prébendiers, qu'il voulut engager à vivre en communauté Se à suivre la règle de Saint-Augustin. Il leur assigna pour cela certains revenus, entre autres l'étang de Maguelonne qu'il acheta de la comtesse de Melgueil Se sur lequel il se réserva la dîme Se le domaine j mais il trouva tant d'obstacles à l'exécution de ce dessein, qu'il mourut sans l'avoir accompli. Se ce ne fut que sous le pontificat d'Urbain IP Se l'épiscopat de Godefroi que la régularité fut entièrement établie dans l'église de Maguelonne, où elle a subsisté jusque vers le milieu du seizième siècle. L'évêque Arnaud entreprit par dévotion quelque temps après le voyage de la Terre-Sainte Se du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Se mourut vers l'an 1060, à son retour dans son diocèse, après trente ans d'épiscopat. Un moderne "^ ajoute qu'il savoit plu-

■ Mdrca Hhpcinica, p. 544. ' Arnaud de Verdale, de Episc. Magalon. p. 799

'' Voyez tome ÏV, Note XXVII, £; seq.

^ Arnaud de Verdale, Je Ep'i'c. Magaîon. p 750. ''' Gnriel, Séries praesulum Ma^alonensiumj z" éd.

■* Voyjz tome IV, Note XXX. p. 1 i3.

An 1004

sieurs langues &. surtout Tarabe , mais cet auteur n'en apporte aucune preuve.

XXXL — Comtes de Substantion ou de Melgueil. — Seigneurs de Montpellier j

de Lunel, d'Andu-^e & de Sauve.

La comtesse de Melgueil ou de Substantion, de qui ce prélat acheta Tétang de Maguelonne, s'appeloit Adèle , comme on voit parla donation ' qu'elle fit vers l'an loSô, avec Raimond son fils & Béatrix sa bru, femme de ce dernier, d'une partie du même étang en faveur du chapitre de Maguelonne. Adèle étoit alors veuve ^ de Bernard III, comte de Substantion ou de Mauguio, qui possédoit ce comté en i025 5c qui vécut jusque vers l'an 1040. Il y a lieu de croire qu'il lui avoit laissé par son testament l'administration de son domaine pendant tout son veuvage.

La comtesse Adèle excepta de cette donation les fiefs des fils de Gaucelin. Elle entend parler de Raimond 5c Pierre, seigneurs de Lunel, au diocèse de Maguelonne, qui avoient succédé à Gaucelin leur père 5(. qui étoient mariés dès l'an io54, comme il paroît par la restitution de certains biens qu'ils firent^ alors à l'abbaye de Psalmodi. Pierre, fils d'Almèrade d'Andu-^e"^, pd.v\e du dernier dans une autre restitution qu'il fit, vers l'an 1060, à l'abbaye de Gellone ou de Saint-Guillem du Désert, d'un alleu que Guillaume de Montpellier, Pierre, fils de Gaucelin de Lunel, 5c un troisième seigneur, tenoient en fief. t.^n,p.'T94. Ce Guillaume fut le troisième seigneur de Montpellier de son nom, 5c le premier que nous trouvons avoir pris le surnom de Montpellier. Il étoit fils^ de Guillaume II, qui vivoit encore en io25 5c de Béliarde. Il reçut ^ en 1009 le serment de fidélité des seigneurs du Pouget 5c de Saint-Pons.

Nous apprenons de divers autres monumens l'état où étoit alors la maison d'Anduze 5c l'étendue de son domaine. Almérade dont on vient de parler disposa en io52, par un acte-' qu'on peut regarder comme son testament, de ce qu'il possédoit aux châteaux d'Anduze, de Peiremales 5c de Barre, en faveur de Pierre, son fils, qu'il établit en même temps défenseur du monastère de Saint- Pierre de Sauve dans le comté de Nimes. Il lui donna l'église de Saint-Pierre de Portes dans le comté d'U-^ès, dont il avoit hérité de ses parens. Pierre confirma cette donation d'Almèrade, son père, en faveur de Pierre, abbé du monastère de Gellone, duquel celui de Sauve dépendoit j il donna ^ de plus au premier la part qu'il avoit à. l'église de Merueys, dans le comté de Nimes.

Bermond de Sauve, frère d'Almèrade d'Anduze, mourut vers l'an 1064 à Pvome, où il avoit fait un voyage de dévotion. Il chargea en mourant^ sa

■ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCVI. ^ Voyez tome IV, Note XXXVII, n. 2.

" Voyez tome IV, Note XXXVI, n. 3. « Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCIX.

3 Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- ' Jèi^. n. CXCVIII.

méro CCIII, la 2'' charte citée sous ce numéro. * Ibld. n. CCXV, la 4'' charte citée sous ce nu-

■* Ihid. numéro CCXV, la 2*^ charte citée sous ce méro.

numéro. ^ Ih'id. n. CCÏII, 2'' charte citée sous ce numéro.

femme Austorge ({ui l'avoit accompagné, de donner conjointement avec leur fils Pierre, au monastère de Sauve, la portion qu'il avoit de l'église 8c du village de Portes, dans le comté & Vévêché d'U-:^ès. Pierre de Sauve exécuta la même année la volonté de son père, de l'avis d'Austorge, sa mère, 6* de ses vassaux nobles dont les noms sont rapportés dans l'acte. On voit par ces divers monumens qu'Almérade, fils aîné de Bernard, seigneur d'Anduze, prit son surnom de ce château, 8c que Bermond, son frère puîné d'un second lit, prit celui de Sauve, château dont ils possédèrent chacun la moitié, de même que de ceux de Barre dans les Cévennes 8c de Peiremales dans le diocèse d'Uzès. Quant au lieu de Portes qu'ils donnèrent au monastère de Sauve, c'est une ancienne haronnie du diocèse d'Uzès qui a aujourd'hui titre de marquisat.

Pierre d'Anduze, fils aîné d'Almérade, vécut jusques en 1077 ' ^ mourut à ce qu'il paroît sans postérité. Pierre Se Bernard de Sauve, ses cousins, partagèrent en effet sa succession. Comme ces deux seigneurs ajoutèrent à leur nom celui de Bermond, leur père, suivant l'usage du siècle, ce nom leur servit de surnom 8c passa à leur postérité. Pierre-Bermond forma la branche de Sauve 8c posséda outre ce château une partie de celui de Merueys, ancienne haronnie située autrefois dans le diocèse de Nimes 8c aujourd'hui dans celui d'Alais. Bernard- Bermond fit la branche d'Anduze 8c fut seigneur de cette ville, de même que des châteaux de Barre, de Peiremales, de Portes 8c d'une partie de Merueys dont il fit hommage à Pierre, son frère aîné.

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