LXIII. — Comtes de Suhstantion ou de Melgueil
Il paroît que Raimond I, comte de Melgueil ou de Substantion, étoit déjà décédé lorsque Callixte II retourna dans ce comté vers le mois de mars de l'an 1 120. Nous savons ' du moins que Bernard, son fils, lui avoit déjà succédé vers la fin de la même année, 8c qu'il épousa alors Guillemette ^, fille de Guillaume V, seigneur de Montpellier. Suivant le contrat de mariage, ce dernier donna en dot à sa fille sept mille sols melgoriens, St Bernard, son mari, lui assigna , par un acte particulier, pour son douaire, les châteaux de Balaruc & de Mûries, les lieux de Grabels, Castelnau h. Substantion, la moitié de ses meubles, &C. Ce dernier acte est daté du mois de janvier de Van 11 20, indiction XIV j Se appartient par conséquent à l'an 11 21, suivant notre manière de compter. Bernard fut le quatrième comte de Substantion ou de Melgueil de son nom. Il avoit perdu alors vraisemblablement la comtesse Marie, sa mère. Il étoit encore jeune, car il fut d'abord, à ce qu'il paroît 3, sous la tutelle ou administration d'Almodis de Toulouse, son aïeule, mère du comte Raimond, son père, laquelle vivoit encore en ii35.
LXIV. — Mort de Guillaume Vy seigneur de Montpellier. — Guillaume VI y
son fils aine y lui succède.
Guillaume V, seigneur de Montpellier, ne survécut pas longtemps au mariage de sa fille avec le comte de Melgueil 5 le testament qu'il fit"^ en 11 21 est le dernier acte que nous ayons de lui. Il avoit alors six enfans vivans d'Ermessinde , son épouse, trois fils 8c trois filles, dont aucun n'avoit encore ^Éd^. origin^ atteint l'âge de vingt-cinq ans. Guillaume, leur père, donne par ce testament à Guillaume, son fils aîné, la ville de Montpellier avec ses dépendances, l'étang de Lates 8t les fiefs qu'il tenoit lui-même, ou que d'autres tenoient en son nom, du comte de Melgueil, 8c qui étoient situés au levant de l'Amausson, ruisseau qui traverse le diocèse de Montpellier du nord au midi 8c se jette dans l'étang de Maguelonne. Il dispose en faveur de son second fijs, qui portoit aussi le nom de Guillaume, des châteaux d'Omelas, de Popian 8c du Pouget dans le diocèse de Béziers, de celui de Mont-Arnaud dans le diocèse de Maguelonne, des fiefs qu'il tenoit des vicomtes de Béziers 8c de Narbonne 8c enfin de tout le domaine qu'il avoit au couchant de l'Amausson , excepté le château de Villeneuve qu'il réserve pour Bernard, son troisième fils. Il lègue, outre cela, à ce dernier ce qu'il avoit aux châteaux de Frontignan, de Mont-
• Voyez tome IV, 7/0/e XXXVI, n. 7. 'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- méros CCCCI & CCCCXXIX.
méro CCCLXXXV. — Voyez aussi tome IV, Note '' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
XXXVI, n. 7. méro CCCLXXXVI.
mSTOniE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVI. 645
bazen, de Cournon-Sec ik de Pignan dans le diocèse de Maguelonne. Il substitue ses trois fîls l'un à l'autre, & à tous les trois Guillemettc, sa iille aînée, ik enfin à celle-ci Ermengarde & Adélaïde, ses deux autres filles. Il donne à chacune des deux dernières cinq mille sols melgoriens 8c leur défend de se marier sans le consentement de leur frère aîné 6- des nobles de Montpellier. Il veut que l'enfant posthume qui naîtra de sa femme Ermessinde soit religieux ou religieuse d'Aniane, & lui lègue trois mille sols melgoriens si c'est un mâle, & six mille si c'est une fille. Il défend à son fils aîné de prendre aucun juif ou sarrasin pour baïle de Montpellier. Il laisse à sa femme la jouissance de tous les domaines situés au couchant de l'Amausson, à condition qu'elle vivra en viduité j il lui donne aussi, à cette condition, la jouissance du château d'Omelas & de ses dépendances, jusqu'à ce que Guillaume, leur fils puîné, eût atteint l'âge de dix-sept ans 5 & en cas qu'elle vînt à se remarier, il lui lègue dix mille sols melgoriens h. quelques meubles.
Ce sont là les principales dispositions de Guillaume V, seigneur de Montpellier, dans son dernier testament. Sa mort suivit de près, mais nous en ignorons l'époque précise. Ce seigneur fut un des" plus célèbres capitaines de son temps; il se rendit surtout recommandable par ses exploits contre les infidèles, tant en Orient qu'en Espagne. Il eut des liaisons étroites avec Henri I, roi d'Angleterre, 8c sachant que ce prince aimoit à avoir des animaux rares dans son parc, il lui en envoya plusieurs.
On prétend ^ que Guillaume V fonda dans Montpellier une maison pour les chevaliers du Temple, institués à Jérusalem en 11 18, 8c que Gautier, évêque de Maguelonne, consacra leur église sous le nom de Notre-Dame de Lè-^es. Si le fait est vrai, c'est sans contredit la première maison de cet ordre militaire fondée dans la Province, 8c même en deçà de la mer; mais comme leur règle ne fut dressée, 8c qu'ils ne passèrent en Occident qu'en 11 28, on a peine à croire que la maison du Temple de Montpellier soit si ancienne; ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle subsistoit vers le milieu du douzième siècle^ £c qu'elle a été toujours l'une des plus considérables de l'ordre. Elle étoit située à la porte de la Sonnerie, 8c elle a passé au commencement du quatorzième siècle à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte, ce qui fait qu'on lui a donné depuis le nom de Saint-Jean le Grand, pour la distinguer d'une autre commanderie qui étoit originairement du même ordre, 8c qui est dans la ville.
Guillaume V, seigneur de Montpellier, étoit déjà décédé en 1122. Guillaume, son fils puîné, jouissoit en effet alors de son partage, 8c mit sous sa protection, en qualité de baron d'Omelas"^, les biens de l'abbaye d'Aniane, situés aux environs de cette baronnie, moyennant une albergue que l'abbé 8c les religieux lui promirent; ce qu'il fit du consentement de sa mère 8c de
' Guillaume de Malmesbury, 1. 5. ' Voyez tome IV, Note XXXVII, n. 9.
'' Gd,r\e\., Séries praesulum M.agalonens'tum , i'' éàï- ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, mi-
tion, p. 139. méro CCCXCI , la 2*' pièce citée sous ce numéro.
An 1121
An 1 121 '
Guillaume de Montpellier, son frère. Bernard", comte de Melgueil, promit vers le même temps à ce dernier de le laisser paisible possesseur de ses Romaines Se de le défendre contre tous. Guillaume de Montpellier, seigneur d'Omelas , épousa quelques années après Tiburge, fille ^ & héritière de Raimbaud, comte d'Orange, dont il eut plusieurs enfans, comme nous l'expliquerons dans la suite.
LXV. — Bienfaits de Roger 11^ comte de Foix, envers l'abbaye de Lé-^at. Origine de la ville de Saverdiin.
Roger II, comte de Foix, mourut à peu près vers le même temps que Guillaume V, seigneur de Montpellier, 8<. les derniers mémoires que nous ayons de sa vie sont de l'an 1121. Il remit alors, par un mouvement^ de piété, Éd- or'fi'"- avec ses trois fils Roger, Bernard 5c Pierre, à l'abbaye de Lézat, l'albergue qu'il exigeoit dans le village de Saint-Ybars qui en dépendoit. Il enjoignit en même temps à divers seigneurs du voisinage qui avoient la garde de ce monastère, entre autres au comte Fourtanier 6* à Raimond-Guillaume ^ neveu de ce comte, d'en être les protecteurs} ce que tous ces seigneurs promirent. L'acte est daté du château de Saverdun, la seconde année qu'il fut construit, un mardi du mois de mars de Van 1 1 2 i , indictionXIV, dominant Alphonse, comte de Toulouse. Le même jour, Roger II s'engagea en particulier, tant pour lui que pour les comtes de Foix, ses successeurs, du consentement"^ de ses trois fils, de ne jamais exiger aucun cens ou usage de l'abbaye de Lézat, sans la participation de l'abbé. Il se réserva seulement d'y être nourri lorsqu'il y passeroit, 8c qu'il n'auroit pas avec lui un corps de troupes. Il décharge aussi ce monastère de l'obligation où il avoit été jusques alors de l'y nourrir Se défrayer, lui Se ceux de sa famille, la veille Se le jour de S. Pierre. Il voulut de plus que l'abbé Se les religieux ne fussent pas tenus malgré eux de donner alors à manger aux chevaliers ni autres laïques ; il ajoute que les seigneurs {domini) de Villemur, d'Auterive Se de Marquefave n'auroient à l'avenir d'autre droit sur les domaines de l'abbaye, que celui d'y être logés Se défrayés une fois l'an, à leur passage, avec dix personnes de leur suite seulement. Il déclare enfin que l'abbé ne devoit ni repas ni argent à la comtesse de Foix, ni à son fils, non plus qu'aux comtoresses de Villemur, d'Auterive Se de Marquefave.
Parmi les différens témoins qui souscrivirent à cet acte, on trouve un Raimond de Pissiniac, chevalier. Nous remarquerons ici, à cette occasion, que c'est un des plus anciens monumens où nous trouvions que les nobles de la Province se soient qualifiés eux-mêmes chevaliers. Rostaing Se Richard de
'• Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- méro CCCLXXXVII, la T'' charte citée sous ce numéro CCCXCI , la 2* pièce citée sous ce numéro. méro.
' Voyez tome IV, Note XXXVII, n. i o. " Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCLXXXVII,
''Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- la i'''^ charte citée sous ce numéro.
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Cornon prennent aussi la même qualité dans une ' restitution qu'ils firent cette année à l'abbaye de Gellonej 8<. Bernard de Mèze se dit, trois ans après^, fils de Guillaume de Mèze, chevalier, dans un acte suivant lequel, étant sur le point de mourir, il offrit son fils Bernard pour être religieux dans cette abbave, où il avoit choisi sa sépulture.
LXVL — Mort de Roger 11, comte de Foîx. — Roger III, son fils aîné , lui succède i^ fait la paix avec le vicomte Bernard- Aton,
On vient de voir que le château de Saverdun, dans le pays de Foix, fut construit en 11 20. Le comte Roger II, qui en est le fondateur, en donna le domaine aux mêmes seigneurs de Villemur, d'Auterive & de Marquefave qui avoient leurs terres dans le voisinage Si qui lui en firent^ hommage. Le second de ces seigneurs, nommé Raimond-Aton, étoit sans doute parent de Raimond-Matfred d'Auterive, qui approuva "* en 1122 l'oblation que le seigneur de Moreçag fit alors de Raimond, son fils, à l'abbaye de Lézat. Le château de Saverdun fut bâti auprès d'un village de même nom qui -* subsistoit vers le milieu du onzième siècle. C'est aujourd'hui une des principales villes du comté de Foix, située sur l'Ariége, à deux lieues au-dessus de Pamiers.
Roger II, comte de Foix, outre les trois fils dont il fait mention dans les deux chartes qu'il donna en 1 121 en faveur de l'abbaye de Lézat, en eut encore un quatrième. Nous avons, en effet, un traité de paix conclu le 3i de mars de l'an 11 25, entre Roger, comte de Foix, 6- ses jrères Pierre (y Raimond- Roger, d'un côté*^, & le vicomte Bernard-Aton, Cécile sa femme, 8c leurs fils Roger, Raimond-Trencavel Se Bernard, de l'autre. Ces divers monumens nous font comprendre : 1° que Roger II, comte de Foix, décéda"^ après le mois de mars de l'an 1121, Se avant l'an ii25j 2° que Roger troisième du nom, son fils aîné, lui succéda dans le comté de Foix, mais qu'il partagea cependant son autorité Si ses domaines avec ses frères, qui en jouirent sans doute avec lui par indivis, sans prendre néanmoins la qualité de comtes j 3° que Bernard, second fils de Roger II, ou ne survécut pas à ce dernier, ou mourut du moins peu de temps après lui, puisqu'il n'en est pas fait mention dans les actes de l'an 1 125 ; 40 enfin que Roger III Si ses frères, peu de temps après la mort de Roger II, leur père, eurent avec le vicomte Bernard-Aton quelques différends qw'ils terminèrent en 11 25 par un traité de paix.
Ces différends rouloient principalement sur les domaines de la branche aînée de la maison de Carcassonne, qu'Ermengarde, mère de Bernard-Aton, avoit aliénés en faveur des comtes de Barcelone, dont ce vicomte s'étoit remis
■ TomeV, Chartes & Diplômes, n.CCCLXXXlV, ^ Tome V, Chartes & Diplômes , n. CCCXClI ,
le 4* extrait de charte cité sous ce numéro. le i" extrait de charte cité sous ce numéro.
" Mabillon, ad ann. i 181, n. 26. ' Voyez tom.e V, Chartes & Diplômes, n. CLXX.
' TomeV, Chartes & Diplômes, n.CCCLXXXlV, « Ibld. n. CCCC.
le 5'' extrait de charte cité sous ce numéro. ' Voyez tome IV, Note XXII, n. 21
An 1121 '
Éd. origin. en possession, 8<. sur lesquels les comtes de Foix avoient des prétentions légitimes. Par le traité' dont on vient de parler : i» le comte Roger III & ses frères, de l'avis de plusieurs nobles, se désistèrent de toutes les demandes qu'ils faisoient au vicomte Bernard-Aton, à sa femme & à leurs enfansj 2° ils leur cédèrent la ville & le comté de Carcassonne, excepté les lieux d'Arsens, Alayrac, Preixan & Foncian, dont ils leur engagèrent les deux premiers pour la somme de trois mille cinq cents sols toulousains} S'^ ils leur cédèrent aussi le château 8^ le comté de Razès, avec les châteaux Scies pays de Chercorb & de Cueille j 4° ils s'obligèrent le même jour par un autre acte^, tant pour eux que pour leur postérité, envers le même vicomte, sa femme & ses fils, de ne pas donner, vendre ou engager à d'autres qu'à eux, tous les domaines qu'ils possédoient dans les comtés de Toulouse, de Comminges 8c de Carcassonne, dont les principaux lieux marqués dans l'acte sont Foix, Frédelas ou Pamiers, Lordat 8c les châteaux de Dun 8c de Mirepoixj 5° enfin il les appelèrent à la succession de tous ces domaines s'ils venoient à décéder sans postérité, 8c les substituèrent également à leurs enfans, supposé qu'ils en eussent &c que ceux-ci mourussent aussi sans postérité.
Roger III, comte de Foix, se dit en divers actes fils de Stéphanie^ ^ que Roger II, son père, avoit épousée"^ en secondes noces, mais dont nous ignorons la famille. Il avoit déjà épousé lui-même, vers l'an 1117, du vivant du comte son père, Ximène ou Chimène, fille de Raimond-Béranger III, comte de Barcelone, 8c de Marie Rodriguez, sa première femme, comme nous le verrons dans la suite. Au reste, quoiqu'il semble que ce comte ait partagé son autorité avec ses frères, ce fut pourtant à lui seul que les vassaux du pays de Foix rendirent hommage, entre autres^ les seigneurs des châteaux de Montaut, de Pérela 8c de Mirepoix. Les premiers exceptèrent dans leur serment les seigneurs d'Auriac 8c de Carcassonne, 8c les autres firent le leur, sauf la fidélité qu'ils dévoient au comte de Toulouse. Il n'est pas fait mention non plus des frères de Roger III, dans un acte^ par lequel ce comte, se reconnoissant coupable pour avoir établi divers usages injustes tant au village de Frédelas qu'au château de Pamiers, les abolit au mois de décembre de l'an 11 29, entre les mains d'Amélius, évêque de Toulouse, du prieur 8c des chanoines de Saint-Antonin de Frédelas.
LXVII. — Alphonse-Jourdain recouvre le comté de Toulouse sur le
duc d'Aquitaine.
On a pu remarquer dans les chartes que Roger II, comte de Foix, accorda au mois de mars de l'an 11 21, en faveur de l'abbaye de Lézat, qu'Alphonse,
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCC. ■♦ Voyez tome IV, Note XXII, n. z\.
' Ihid. 5 Xo„,e V, Chartes & Diplômes, n. CCCCXII.
' Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCCXII. « Ibid.
An 1 121
comte de Toulouse, étoit alors reconnu pour seigneur dominant dans le pays } preuve que ce prince avoit recouvré dès ce temps-là le comté de Toulouse dont Guillaume IX, duc d'Aquitaine, setoit emparé sur lui. Voici les circonstances que nous avons pu recueillir de cet événement mémorable.
Il paroît que Guillaume, après avoir envahi Toulouse en 11 14, demeura depuis paisible possesseur de cette ville jusques en 11 19 8c qu'il y fit son séjour ordinaire durant cet intervalle. Ce prince' lit un voyage en Poitou, cette dernière année, avec son fils Guillaume, £< après avoir rassemblé une armée, il passa les Pyrénées, alla joindre Alphonse, roi d'Aragon, qui l'avoit prié de marcher à son secours contre les Sarrasins Si. se signala par divers exploits contre les infidèles. Le duc d'Aquitaine, en partant de Toulouse, y avoit laissé un de ses capitaines^, nommé Guillaume de Montmaurel, pour y commander en son nom; mais-^ les Toulousains le chassèrent bientôt après de leur ville, l'obligèrent à se retirer dans le château qu'on appeloit Narbonnois, où étoit le palais des comtes. Se reconnurent publiquement Alphonse pour leur seigneur.
Nous ignorons si ce dernier prince vint alors à Toulouse Se s'il rentra par lui-même en possession de cette ville. Il paroît cependant qu'il ne se s'y rendit pas sitôt, qu'il continua de faire son séjour aux environs du Rhône où il setoit retiré pendant l'invasion du comté de Toulouse par le duc d'Aquitaine, qu'étant en différend dans ce temps-là avec Raimond-Béranger III, comte de Barcelone, au sujet du partage de la Provence que leurs prédécesseurs avoient possédée jusques alors par indivis, il ne voulut ou ne put s'absenter du pays dans ces circonstances, S<. qu'enfin il confia le gouvernement de Toulouse à Arnaud de Lévezon, évêque de Béziers. Nous voyons, en effet, que ce prélat commandoit*^ à Toulouse en 11 20, au nom d'Alphonse.
LXVIII. — Le duc d'Aquitaine se ligue avec le comte de Barcelone, ^ le comte de Toulouse avec le vicomte Bernard-Aton qui perd la ville de Carcassonne.
Le duc d'Acruitaine, informé de cette révolution, résolut de faire tous ses éd. oricin. 11 • 1 T- 1 -r^ -11- 1. 11, p. 590.
efforts pour rentrer dans la possession de Toulouse. Dans cette vue, il se ligua
avec Raimond-Béranger III, comte de Barcelone, qui de son côté étoit en différefid avec Alphonse, ainsi qu'on l'a déjà remarqué. Nous trouvons des preuves de cette ligue dans celle que ce dernier prince Se le vicomte Bernard- Aton formèrent^ ensemble quelque temps après contre les comtes de Poitiers ^ de Barcelone.
On a vu ailleurs que ce vicomte avoit embrassé, en 1 1 14, les intérêts du duc
' Resiy, Histoire des comtes de Poitou, p. ^36 & ^ Voyez tome IV, Note L, n. 7. — Chronicon
suiv. — Chronicon Malleaccnse , p. 21 5. Malleacense, dans Labbe, Bibliotheca nova manus-
' ^^oyez tome IV, Note L, n. 6 & suiv. cript. t. 2.
' Guillaume de Puylaurens, Chronicon , c. 5. — * Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
Voyez tome IV, Note L, n. 6 & suiv. méro CCCXCIII.
"T 65o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVI.
An 112 1
d'Aquitaine contre Alphonse, comte de Toulouse. Nous ne savons pas s'il demeura longtemps attaché au parti du premier. Tout ce qu'on peut conjecturer de plus vraisemblable, c'est qu'il se réconcilia avec Alphonse, du moins peu de temps après que celui-ci eut recouvré la ville de Toulouse Se qu'il eut recours à sa protection pour reprendre la ville de Carcassonne dont les habitans l'avoient chassé", le mardi 24 d'août de l'an 11 20. Peut-être que le comte de Barcelone, qui avoit des prétentions sur cette ville, porta ses habitans à secouer le joug de Bernard-Aton : ce qui aura engagé ce vicomte, pour se venger, à se liguer avec le comte Alphonse, ennemi de ce prince. Quoi qu'il en soit, il paroît que les principaux seigneurs de la Province se partagèrent alors entre le duc d'Aquitaine Se le comte de Barcelone, d'un côté. Se le comte Alphonse Se le vicomte Bernard-Aton, de l'autre. Se nous voyons entre autres qu'Aymeri II, vicomte de Narbonne, frère utérin du comte de Barcelone, s'étoit ligué avec lui^, en 11 24, contre le comte Alphonse, qui de son côté s'étoit uni avec Arnaud de Lévezon, alors archevêque de Narbonne.
LXÏX. — Archevêques de Narbonne. — Seigneurs de Termes, &c.
Richard de Millau, prédécesseur d'Arnaud de L^évezon, après avoir assisté au concile de Toulouse de l'an 1 1 19, s'en retourna dans son diocèse, suivi d'Aton, archevêque d'Arles, Se reçut la même année une donation^ faite en faveur de son église par Engelbert d'Olargues Se son fils Adalbert, en présence de Béranger de Puiserguier. Il accompagna ensuite l'archevêque Aton en Provence, où il souscrivit"^ avec lui à une charte en faveur de l'abbave de Saint-Victor de Marseille. Ils revinrent en deçà du Rhône, se trouvèrent^ à Narbonne, au mois d'avril de l'an 11 20, Se s'assemblèrent^^ quelque temps après à Saint- Thibéry, avec les évêques Arnaud de Béziers, Bernard d'Agde Se Arnaud de Carcassonne, le jurisconsulte Adalbert Se plusieurs autres, pour juger en qualité d'arbitres un différend qui étoit entre Eléazar de Castries Se Engelrade sa femme, d'un côté, Se Arnaud, abbé de Saint-Thibéry Se son monastère, de l'autre. Ce jurisconsulte Adalbert n'est pas différent sans doute d'Adalbert, qui succéda peu de temp-s après à Bernard, évêque d'Agde. Richard, archevêque de Narbonne, reçut '^ en 1121 l'hommage du vicomte Bernard-Aton pour le château d'Auriac, Se mourut^ le i5 de février de la même année," après quatorze ans trois mois & dix jours d'épiscopat.
Arnaud de Lévezon, qui fut élu à sa place le 16 d'avril suivant, occupoit^ alors le siège épiscopal de Béziers depuis plus de vingt ans Se avoit reçu en
•Voyez Tome V, Chartes & Diplômes, nu- «Voyez tome V, Chartes & Diplômes, numéro CCCLXXXIV. méro CCCXCI , la 5'' pièce citée sous ce numéro. liid. n. CCCXCVI. 7 Catel, Mémoires pour l'histoire du Languedoc, ' Premier c art ulaire de la cathédrale de Narhonne. p. 63 i.
■* Gallia Christiana, t. i, p. 876. » Voyez tome IV, Note L, n. 7.
^ Hid. 9 Gallia Christiana , t. 2, p. 41 3.
HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XVI. Cru
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engagement, en 1118, au nom de cette église, certains biens de Pierre Pelleti ou Pelet, Se de Pierre de Thésan. Il y a lieu de croire qu'Ai plionse, comte de Toulouse, qui, en qualité de duc Se de comte particulier de Narbonne, avoit beaucoup de part' à l'élection de l'archevêque de cette ville, contribua à celle d'Arnaud, qui, comme on l'a déjà vu, avoit embrassé ses intérêts avec chaleur. Ce prélat, peu de temps après sa translation à l'archevêché de Narbonne, reçut ^ les hommages que lui dévoient le vicomte Bernard-Aton Se Raimond de Termes pour les fiefs qu'ils tenoient de son église, & au mois d'août de l'année suivante, celui d'Aymeri II, vicomte de Narbonne, « qui lui promit'^ « fidélité envers tous Se contre tous, comme un vassal à son seigneur, excepté u contre Raimond-Béranger, comte de Barcelone, Udalgîer, abbé de Saint- <i Paul', Se les seigneurs de Casouls Se de Pierrepertuse, en présence de Ber- " nard, vicomte de Minerve. »
Ce dernier vivoit'^ encore en 11 25. Quant à Raimond de Termes, il se qualifie, de même que son frère Guillaume, j?Zj d'Olivier de Termes^ dans un acte^ du mois de décembre de l'an 1 128, par lequel ils restituent à l'abbaye de la Grasse, moyennant vingt livres pesant d'argent fin [de plata find) ^ du poids de Narbonne, différens biens situés dans le Termenois qu'ils avoient t.^n p"$i usurpés : ce qu'ils firent en présence d'Adhémar de Tays, Bérangerde Palayrac, Guillaume de Durfort Se Béranger de Quintilane.