LXXX. — Guillaume le Pieux fijnde Valhaye de Cluny
Il y a lieu de croire qu'Eudes, comte de Toulouse, qui vivoit en 909, est le même que le comte de ce nom qui souscrivit 5 à la charte de fondation de l'ab-
' Vita S. Geraldi, 1. 2, c. 28, p. 100. ■• Duchesne, Not. in vit. S. Geraldi, p. 84 & seq.
» Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. XLII. = Acta. Sanctorum ordinis sancti Benedicti, saec. 5,
» Voyez tome IV, Notes XXI & XXIII. p. 80. - Baluze, Histoire généal. de la maison
baye de Cluny faite par Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine 5c marquis de Gothie, le 3 de septembre de l'an 910. Nous prouverons' en effet, dans la suite, qu'il devoit y avoir une grande liaison entre ces deux princes.
Le duc Guillaume fonda ce célèbre monastère, de concert avec sa femme Engelberge, dans une terre qu'il avoit acquise d'Ave, sa sœur. Il partit pour Rome peu de temps après, le mit sous l'autorité immédiate du Saint-Siège, offrit pour cela douze écus d'or au pape 8c ordonna que l'abbaye de Cluny payeroit une redevance annuelle de la même somme à l'Église romaine. Il voulut enfin que les religieux qui dévoient habiter ce monastère fussent soumis à la discipline de l'abbé Bernon, qui gouvernoit alors celui de Baume au diocèse de Besançon 8c qu'ils suivissent sa réforme. C'étoit la même^ que S. Benoît d'Aniane avoit introduite autrefois dans cette dernière abbaye j ce qui prouve que celle de Cluny fut redevable de son observance régulière, qui lui acquit une si grande réputation 8c qui s'étendit dans toute l'Europe, à ce saint abbé 8c au monastère d'Aniane. Guillaume se qualifie dans cet acte de fondation comte 6* duc par la grâce de Dieu, 8c dans d'autres, comte ^, consul palatin 6» marquis.
LXXXI. — Mdieul, vicomte de Narhonne. — Albéric, son fils, comte de
Mâcon.
On prétend que"^ Raculfe, comte de Mâcon, contemporain de Guillaume le Pieux, étoit son frère 5 mais cela n'est fondé que sur une fausse ^ supposition, savoir que Bernard Plantevelue, comte de cette ville, est le même que Bernard, comte d'Auvergne, père de Guillaume"^. Ce qu'il y a de vrai, c'est que Raculfe n'eut qu'une fille '^ nommée Écolane ou Attalane, qui hérita du comté de Mâcon 8c qui épousa Albéric, fils de Maïeul, vicomte de Narbonne.
Il est fait mention de ce dernier dans une donation qu'Arnuste, archevêque de Narbonne, fit^ le i5 de juin de l'an 911, à l'église de Saint-Paul, yé^z^/é^ dans le lieu appelé Albolas, proche de la ville 6» au delà du pont, de deux églises situées à Bisan, qu'il avoit acquises de Walcharius 6 du vicomte Albéric, son frère, fils du vicomte Maïeul 6* de Raimonde, sa femme. Nous inférons de là : 1° que Maïeul, vicomte de Narbonne, étoit alors déjà décédé; il avoit
d'Auvergne, t. 2, p. 11 & suiv. — Adhémar de point seulement. L'erreur qui consiste à croire que
Cliabanais, p. i63 & suiv. — Orderic Vital, 1. 12, Raculfe était frère de Guillaume le Pieux provient,
p. 862. d'une notice insérée dans le Cartulalre de Saint-
' Voyez tome IV, Note VII. Vincent de Màcon^ laquelle notice a été composée
' Voyez tome I, livre IX, n. xcvn. — Mabillon, en partie avec des récits légendaires. [E. M.] Annal. Bened. ad ann. 909, n. 52. ^ Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
3 Acta Sanctorum ord. sancti Bened., ibid. p. 32. gne, t. i, p. 4 & suiv.
'' Bernard Plantevelue, comte de Mâcon, est bien ^ Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 68.
le même personnage que Bernard, comte d'Auver- ' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, père de Guillaume le Pieux; miais Raculfe, ^ne, t. 2, p. 4 & suiv.
comte de Mâcon, n'était point le frère de ce der- « Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
nier. Dom Vaissete a donc raison , mais en ce méro XXXVIII.
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An Qi I
sans doute succédé immédiatement dans cette vicomte à Lindoin, qui vivoit en 878; 2° qu'il eut du moins deux fils de sa femme Pvaimonde ; 3° que Walcharius étoit l'aîné : il paroît que c'est de celui-ci que descendent les vicomtes de Narbonne dont nous parlerons ailleurs; 4° qu'Albéric partagea alors cette vicomte avec son frère, mais qu'il renonça à sa portion après son mariage avec la comtesse de Mâcon, puisqu'il s'établit alors dans cette ville Se que nous ne voyons pas que lui ou sa postérité aient rien possédé dans la suite dans le Narbonnois; 5° que ce mariage est postérieur à l'an 911, qu'Albéric étoit encore à Narbonne. Il dut cependant épouser Ecolane bientôt après, car on voit dans un acte' de l'an 980, où il se qualifie comte de Mâcon, qu'il avoit alors deux fils, Léotald 8c Humbert, dont le premier prenoit aussi la qualité de comte; 6° enfin que les vicomtes étoient déjà héréditaires au commencement du dixième siècle. Albéric, comte de Mâcon, vivoit encore^ en 987. Léotald, son fils, qui lui avoit déjà succédé dans ce comté dès l'an 942, avoit alors épousé Berthe en secondes noces après la mort d'Ermengarde, sa première femme, Se il eut un fils nommé Albéric. Celui-ci prenoit le titre de vicomte en 961, du vivant de Léotald, son père. Se d'Humbert, son oncle, Se il mourut sans doute avant eux. Nous savons, du moins, qu'après la mort du premier, le comté de Mâcon passa dans une autre famille. C'est ainsi que finit cette branche des vicomtes de Narbonne.
Au reste, la charte d'Arnuste, archevêque de cette ville, est datée de Van 911 t.ii,°p.^47. ^ <i^ i^ dou-{ième année du règne de Charles le Simple, ce qui confirme ce que nous avons^ déjà dit, que ce prince ne fut pas d'abord généralement reconnu dans l'Aquitaine Se la Septimanie après la mort du roi Eudes, puisqu'on n'y comptoit souvent les années de son règne que depuis l'an 900, ce qu'on peut prouver"^ par d'autres exemples.