‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 90 sur 227 · LXXXII. — Concile de Fontcouverte · texte numérisé non relu

LXXXII. — Concile de Fontcouverte

Arnuste assembla la même année le concile de sa province dans l'église de Saint-Julien de Fontcouverte 5, lieu de son diocèse situé à quatre lieues au couchant de Narbonne, entre les rivières d'Aude Se d'Orbieu, à deux lieues de cette dernière. Huit évêques, ses suffragans, s'y trouvèrent, savoir : ceux d'Urgel, de Carcassonne, de Toulouse, de Barcelone, de Girone Se d'Agde, les mêmes qui, quatre ans auparavant, avoient assisté au concile de Saint-Tibéry, Se de plus Théodoric de Lodève qui, dans l'intervalle des deux conciles, avoit succédé à Autgarius, Se Adulfe ou Agilulfe de Pailhas. Benoît, évêque de Fréjus, s'y trouva aussi avec Aikard, envoyé d'Idalcharius, évêque d'Ausone ou de Vie, Se Savaric, abbé de Saint-Paul de Narbonne. Le principal sujet de cette assemblée fut un différend qui s'étoit élevé entre l'évêque d'Urgel Se

' Baluze, Histoire généal. delà maison d'Auver- ^ Voyez ci-dessus, n. lxi.

gne, t. 2, p. 4 & suiv. t Tome IV, Note VI. — Pagi,acl ann. 912, n. 9

* ioid. 5 Marca Hispanicaj p. 879 & seq.

celui de Pailhas. Ce dernier s'étoit fait ordonner, depuis vingt-trois ans, cvêque pour tout le comté de Pailhas, dépendant auparavant du diocèse d'Urgel. Nantigise, évêque de cette dernière ville, demanda au concile de rentrer dans la possession de cette portion de son diocèse, 8c l'assemblée lui accorda sa demande, à condition cependant que cette réunion n'auroit lieu qu'après la mort ou la démission volontaire d'Adulfe, à qui on permit par grâce de jouir pendant sa vie de l'évêché de Pailhas.

L'époque de l'épiscopat de ce dernier, marquée dans les actes, nous fait conjecturer que le siège épiscopal de Pailhas avoit été érigé par Selva , ce faux évêque d'Urgel qui , se prétendant métropolitain de la Taragonoise vers l'an 886, aura entrepris, pour multiplier ses suffragans,de rétablir les anciens sièges de cette province qui avoient été détruits par les Sarrasins ou d'en ériger de nouveaux. Se aura ainsi démembré une partie de son diocèse. Il paroît cependant que l'évêché de Pailhas ne fut pas supprimé après la mort d'Adulfe, car il subsistoit encore au milieu du dixième siècle. Savaric, abbé de Saint- Paul de Narbonne, souscrivit au concile de Fontcouverte au nom d'Armand, évêque de Toulouse, qui étoit présent, ce qui donne lieu de croire ' que ce dernier étoit ou aveugle ou malade, dans le temps de la clôture du concile. On y voit aussi la souscription de Bernard, évêque de Béziers; mais elle doit être postérieure.

LXXXIII. — Assassinat dfArnuste, archevêque de Narhonne. — Troubles an sujet de Vélection d'Agio, son successeur.

Arnuste, archevêque de Narbonne, ayant entrepris quelque temps après un voyage au delà des Pyrénées, fut cruellement assassiné en chemin; ce qui arriva^ avant le mois de juin de l'année suivante. Nous apprenons les circonstances de cet assassinat par une lettre que les évêques de la province de Narbonne écrivirent^ au pape Anastase III, tant pour lui en porter leurs plaintes, que pour lui donner avis de l'élection du successeur d'Arnuste. Suivant cette lettre, ce prélat étoit en route pour se rendre au concile de sa province, qui devoit se tenir dans la Marche d'Espagne 5c apparemment à Barcelone, quand ses ennemis qui le guettoient, l'ayant rencontré, se jetèrent sur lui, lui crevèrent les yeux, lui arrachèrent la langue 8c ce que la pudeur défend de nommer, 8c l'assommèrent enfin à coups de bâton. Réginald, évêque de Béziers, 8c Nantigise d'Urgel, qui passèrent ensuite au même endroit pour aller au concile, l'ayant trouvé dans cette triste situation, tâchèrent inutilement de lui donner du secours. Arnuste mourut entre leurs mains.

Le clergé 8c le peuple de Narbonne, avertis de la mort tragique de ce prélat, s'assemblèrent aussitôt pour poursuivre la punition des coupables 8c procéder

' Marca H'npan'ica, p. 879 & seq. ' Catel , Mémoires de l'histoire du Languedoc ,

' Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- p. 774 & suiv. méro XXXVIII/& tome IV, Note VI.

An 912

An 91

à l'élection d'un nouvel archevêque. Ils y invitèrent par une lettre circulaire lesévêques de la province, avec Rostaing, archevêque d'Arles, 6c ses suffragans, suivant un ancien usage' qu'une étroite liaison avoit établi entre les évêques ÉdjOrigin. ^gg deux provinccs, lesquels s'appeloient mutuellement, & surtout les métropolitains, dans toutes les affaires importantes. Rostaing se mit en chemin pour se rendre à Narbonne; mais étant arrivé à Agde, il s'y arrêta avec Amélius, évêque d'Uzès, l'un &. l'autre sujets de Louis l'Aveugle, roi de Provence, & là, ces deux prélats, sans vouloir passer outre ni se joindre aux évêques de la province, nommèrent, de leur autorité, Gérard, neveu du dernier, pour archevêque de Narbonne. Les autres évêques, vivement offensés d'une entreprise si peu conforme aux canons, s'assemblèrent de leur côté à Narbonne &c élurent, dans toutes les formes canoniques, Agius ou Agio, abbé de Vabres en Rouergue, religieux d'un mérite distingué Se d'une probité reconnue. Gérard n'omit rien pour soutenir son élection, quoique nulle de plein droit, 8c comme il avoit du crédit, il fit tous ses efforts pour s'emparer du siège de Narbonne 5c s'assurer du temporel. Les évêques de la province s'opposèrent avec force de leur côté à son usurpation Se eurent recours à l'autorité du pape Anastase III. Ils le prient par leur lettre de casser l'élection de Fintrus 8c d'envoyer le pallîum à Agio qui avoit été canoniquement élu 8c qui ne pouvoit aller à Rome pour le recevoir lui-même, à cause des dangers des chemins 8c des courses ordinaires des Normands Se des Sarrasins.

Ces prélats envoyèrent leur lettre par des députés qui, sur l'avis qu'ils eurent de la mort d'Anastase, arrivée vers la mi-octobre de l'an 918, retournèrent sur leurs pas pour attendre l'élection d'un nouveau pape. Jean X ayant été élu vers la fin du mois d'avril de l'an 914, Gérard^, dans le dessein de le prévenir en sa faveur, se rendit à Rome au commencement de son pontificat, lui exposa, comme il jugea à propos, les circonstances de son élection 8c lui demanda \t pallium. Ce pontife n'eut garde de le lui accorder, quoiqu'il ignorât son intrusion, 8c lui dit d'attendre jusqu'à ce qu'il fût pleinement instruit de ce qui s'étoit passé. Gérard, croyant avec raison que cet examen ne lui seroit pas favorable, prit le parti de retourner dans sa province Se, voulant persuader le public que son élection avoit été confirmée à Rome , il fabriqua de fausses lettres apostoliques Se s'empara, sous ce prétexte, à main armée, du sîége épiscopal de Narbonne. Agio, archevêque légitime, obligé de céder aux violences de cet intrus, se mit alors en chemin pour aller à Rome 8c y faire connoître au pape la canonicité de son élection. Gérard n'en fut pas plus tôt averti qu'il fit courir après lui, le fit arrêter Se le renferma dans une étroite prison. Les évêques de la province, indignés d'un tel procédé, en portèrent aussitôt leurs plaintes à Jean X, par^ une lettre commune écrite au nom de onze d'entre eux, savoir : de Réginald deBéziers, Armand de Toulouse, Riculfe d'Elne, Gimerade Carcassonne, Gérard d'Agde,Teudéric de Lodève 8c Hubert

' Marca, Concord. 1. '>, c. lo, n. 4. 3 Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. XL.

Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. XL.

An 914

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XI. 8i

An

de Nimes, dans la Septimanie, de Gui de Girone, Teudéric de Barcelone, George d'Ausone Se Rodolphe d'Urgel, dans la Marche d'Espagne. Il n'est fait aucune mention dans cette lettre ni d'Amélius d'Uzès, ni de Gontarius de Maguelonne : le premier avoit pris le parti de Gérard Se l'autre s'étoit peut-être déclaré aussi en sa faveur ou étoit déjà mort. Jean X, ayant reçu la lettre de ces prélats, leur répondit par un archevêque nommé Eiminus, qui leur remit en même temps des lettres apostoliques par lesquelles le pape reconnoît Gérard pour un faussaire Se un intrus, déclare son élection nulle, approuve celle d'Agio Se accorde à ce dernier \q pallium que le même Eiminus lui apporta de sa part. Agio demeura ainsi paisible possesseur de l'archevêché de Narbonne Se l'occupa pendant plusieurs années, quoi qu'en dise un moderne ' qui, sans aucun fondement, ne le fait siéger que trois mois. Il assista en effet, en 91 5, au concile de Châlons-sur-Saône^, avec Eiminus, archevêque de Besançon, qui est sans doute le même que le pape Jean X chargea de sa réponse auxévêques de la Province. Nous savons ^ d'ailleurs qu'Agio fut archevêque de Narbonne jus- "^ 7" que vers l'an 927, qu'il mourut j du reste, nous apprenons d'une'* autre lettre que Jean X écrivit à ce prélat, à Austérius, archevêque de Lyon, 6* aux évêques, leurs sujfragans de la Septimanie y de VEspagne 6* de la Bourgogne y que ce pape excommunia Gérard qui , malgré l'anathème, continua de se dire archevêque de Narbonne.

LXXXIV. — Courses des Sarrasins 6* des Normands sur les frontières de la Province. — Paix de Charles le Simple avec les derniers.

C'est avec raison que les évêques de la province se plaignent, dans leur lettre ^\\°çf^^, au pape Anastase III, des incursions des Sarrasins Se des Normands, mais surtout des premiers^, qui s'étoient cantonnés dans les montagnes de Provence Se qui faisoient tous les jours de grands ravages dans les pays voisins. Les autres, ayant pris de nouvelles forces depuis la mort du roi Eudes, continuoient de porter la terreur dans presque tout le royaume sous la conduite d'un de leurs chefs appelé Rollon. Ils remontèrent dans le même temps par l'embouchure des principales rivières, Se en particulier de la Seine, de la Loire, de la Garonne, de la Dordogne dont ils désolèrent les environs. Ceux qui entrèrent par la Garonne s'avancèrent jusqu'à Casseneuil^, ancien palais de nos rois, situé sur les frontières de l'Agenois, du Querci Se du Toulousain, Se le ruinèrent entièrement. Ils passèrent ensuite en Auvergne, où ils pillèrent la ville de Clermont. Ils étendirent sans doute leurs courses jusque vers la Septimanie Se la Provence, puisque les évêques de ces provinces n'osoient pas se mettre en chemin de crainte de tomber entre leurs mains. Enfin ces pirates causèrent

' Andoque, Histoire de Béliers, p. 49. * Voyez tome IV, "Note VII, n. 5.

' Conciles, t. 9, p. 679. ' Duchesne, t. 3, p, 336 & suiv. p. 4.^0.

' Catel, Histoire des comtes de Toulouse, p. 83 & " Le palais de Casseuil fut ruiné longtemps avant

suiv. l'époque fixée ici. [E. M.j

An pi 5

une si grande désolation dans toute la France, que le roi Charles le Simple se vit obligé, pour faire cesser leurs incursions, de céder en fief, en 911, au même Rollon, une partie de la Neustrie, qui prit depuis le nom de Normandie, de celui de ces peuples. Rollon ayant embrassé l'année suivante la religion chrétienne, les Normands devinrent depuis plus paisibles, & les différentes côtes du royaume ne furent plus si exposées à leurs excursions 8c à leurs ravages.

Cette paix donna à Charles le temps de respirer Se de se mettre en état de faire valoir ses droits sur l'ancien royaume de Lothaire, qui lui étoit d'ailleurs dévolu par la mort du jeune Louis, roi de Germanie, le dernier de la race de Charlemagne au delà du Rhin, décédé sans postérité l'an 911. Charles devoit lui succéder par droit de sang dans tous ses Etats j mais les peuples de Germanie appelèrent un étranger Se reconnurent pour leur roi Conrad, duc de Franconie. Les Lorrains, plus équitables, se soumirent à Charles j ce qui lui donna occasion de prendre possession de cette ancienne partie de la monarchie françoise 8c de dater ses chartes de cet événement.

LXXXV. — Louis V Aveugle j paisible possesseur du royaume de Provence. — Hugues , duc de Provence. — Union des abhayes d'Aniane, de Cruas 6* de Goudargues à Véglise d'Arles.

Le royaume de Provence, comme membre de l'ancien royaume de Lothaire, devoit aussi naturellement appartenir à Charles, Se ce prince auroit sans doute fait valoir ses droits sur ce pays, sans les nouvelles brouilleries qui s'élevèrent dans le royaume, à la faveur desquelles Louis l'Aveugle se maintint dans la paisible possession des deux côtés du Rhône, depuis Lyon jusques à l'embouchure de ce fleuve dans la mer. On voit, en effet, par une charte' de ce dernier, donnée en 912 en faveur de Fulchérius, évêque d'Avignon, qu'il régnoit alors sur la partie du diocèse de cette ville qui dépend du Languedoc. Louis donna cette charte à la prière d'Hugues, duc b comte, de Boson, son frère Se de Manassés, archevêque j ce qui prouve que le premier exerçoit alors l'autorité ducale dans le royaume de Provence, c'est-à-dire qu'il en avoit le gouvernement général sous Louis , qui le qualifie ailleurs^ son parent, son duc 6» son marquis.

Hugues étoit fils de Thibaud^, qu'on prétend avoir été comte d'Arles, Se de Berthe, fille naturelle du roi Lothaire j ainsi il étoit parent de Louis l'Aveugle, petit-neveu de ce dernier par sa mère Ermengarde. Il eut toute la confiance de Louis, qui se reposa entièrement sur lui du gouvernement de Provence, dont on prétend^ qu'il lui donna le duché lorsqu'il passa en Italie j mais ce fait

' GallU Chnsùana, nov. edit. t. i, instrum. Le ?. kn^t. Histoire génial, de la maison de France,

p. i38. — Voyez tome IV, Note V, n. n. t. i , p. 41 & suiv.

'Co\xxrnh\, Èyéques de Valence, ^p. 2^1. "Bouche, Histoire de Provence, t.' i , p. 792,

* Bouche, Histoire de Provence, t. i, p. 936. — p. 794 & suiv.

An pi5

est avancé sans preuve, houis appelle son parent le comte Boson, frère d'Hugues, en diverses' chartes, de môme que Manassés, archevêque d'Arles, qui étoit leur neveu, non pas par un frère, comme quelques-uns^ l'ont cru, mais par une sœur^ nommée Teutberge ou Tiberge, ainsi que Luitprand"^, auteur contemporain, le fait assez entendre. Manassés eut aussi beaucoup de part à la confiance de Louis l'Aveugle, qui lui donna ou confirma^ le port 8c la monnoie d'Arles, les abbayes d'Aniane, de Sainte-Marie de Goudargues 6c de Cruas 5c divers autres domaines que le roi Boson, son père, avoit accordés à Rostaing, prédécesseur de ce prélat. Manassés 5c ses successeurs jouirent pendant longtemps des deux dernières abbayes, situées dans. les diocèses de Viviers td. origin. Scd'Uzès, qui dépendoient alors du royaume de Provence. Il n'en fut pas de même de celle d'Aniane, qui n'étoit point soumise à la domination de Louis, 5c dont ce prince ne disposa*^, sans doute, en faveur de l'église d'Arles, que parce que Rostaing, prédécesseur de Manassés , l'avoit possédée auparavant avec son archevêché. La charte est datée de Vienne, le i^"" de février, la vingtième année de Louis empereur ; ce qui peut également se rapporter à l'an 910 5c à l'an 920, suivant la différente manière de compter le commencement du règne de ce prince, ou depuis l'an 890 qu'il fut élu roi de Provence, ou de l'an 901 qu'il fut couronné empereur} car Manassés siégeoit'7 à Arles dans ces deux années.

On cite quelques monumens^ suivant lesquels Florent, évêque d'Avignon, obtint un diplôme du roi Charles le Simple en faveur de son église 6c eut recours, en 921, à la protection de ce prince contre les entreprises du comte d'U-^ès^ qui avoit construit une forteresse d'où il causoit des dommages considérables au temporel de la même église ; ce qui prouveroit que Louis l'Aveugle reconnoissoit Charles pour son suzerain 5c que ce dernier exerça son autorité sur le royaume de Provence; mais il faut avouer que ces monumens sont très-suspects : il est faux, d'ailleurs, que Florent ^ ait occupé le siège épiscopal d'Avignon sous le règne de Charles le Simple.

LXXXVL — Guillaume le Pieux fonde divers monastères.

On voit l'union qui étoit entre Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine 6c marquis de Gothie, 6c Louis l'Aveugle, son beau-frère, dans l'acte '° de fondation que fit le premier du prieuré de Mainsac en Auvergne, au mois de mai de l'an 918, pour le feu roi Eudes, son seigneur, l'empereur Louis 6- Engelherge, son épouse, sœur de ce dernier prince. GvàlldiVime fonda" aussi, avec Engelherge,

' Pagi, ad ann. 900,11. i6; 91 1 , n. 6 ; 926, n. 2. ' Voyez tome IV, "Note V, n. 12.

' Gallia Chr'ist'iana, nov. edit. t. i, p. 548. * Gallia Christiana, nov. edit. t. i , p. 806.

' Le P. Ange, H'ist. généal. de la maison de France, * Voyez tome IV, Note V, n. 11.

t. I, p. 41 8c. suiv. '" Àcta Sanctorum ordinis sancti Benedicti, saec. 4,

■* Luitprand, 1. 4, c. 3. part. 2, p. 264. — Mabillon, ad ann. 912, n. 77.

^ Gallia Christiana, nov, ei'it. 1. 1 ,instrum. ■p. Çi{. " Wlah'illon, de Re diplomatica, n. 124, p. 559.

•^ Voyez tome IV, Note V, n. i5, — Labbe, Miscellanea, p. 5o3.

An 5)1 5

sa femme, au mois de novembre de la dix-neuvième année du règne de Charles, roi des François 6* des Aquitains, ou de l'an 916, le monastère de Sauxillanges en Auvergne, pour le repos de Bernard, son père , d'Ermengarde, sa mère, du roi Eudes, son seigneur, de ses frères, d'Adelinde, sa sœur &(. des enfans de celle-ci, qui sont sans doute les mêmes que Guillaume 5c Acfred qui souscrivirent à cette fondation. Guillaume le Pieux, dans tous ces actes, prend la qualité de comte, àç. prince, ou de marquis par la grâce de Dieu.

C'est de lui qu'il est fait mention dans une charte' par laquelle le roi

^^ jg Charles le Simple accorda^, vers l'an 916, à la recommandation de Roger, archevêque de Trêves, 6 de Guillaume, son grand marquis, à l'évêque Erifons, son vassal, habitant de Narbonne, 8c à quelques ecclésiastiques qui desservoient avec lui l'église de Saint-Quintin de cette ville, divers domaines qui auparavant avoient appartenu aux Juifs. Erifons, dont il est parlé dans cette charte, étoit^ évêque de Vindasque ou de Carpentras, dans la Viennoise, 8c non pas archevêque de Narbonne, comme quelques-uns l'ont cru. On ignore le motif qui l'avoit porté à quitter son siège pour s'établir dans cette ville, qui étoit vraisemblablement sa patrie. Il étoit encore dans le pays en 917 5c il assista

^^ alors à la'^ dédicace de l'église cathédrale de Sainte-Eulalie d'Elne, avec les

évêques Gimera de Carcassonne 8c Gui de Girone.

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