‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 129 sur 234 · XLVI. — Assemblée tenue à Vabbaye de Psalmodi · texte numérisé non relu

XLVI. — Assemblée tenue à Vabbaye de Psalmodi

Plusieurs prélats & seigneurs de Languedoc 8c de Provence tinrent en 1004 une autre 3 assemblée à Psalmodi, dans le diocèse de Nimes, à l'occasion du rétablissement de cette abbaye, alors presque entièrement ruinée. Ils chargèrent de ce soin Warnari us qu'ils y nommèrent pour abbé. L'acte, dont il ne reste qu'un fragment, est souscrit par cinq évêques, deux abbés 8c plusieurs comtes ou seigneurs séculiers. Les premiers étoient Frotaire, Héribaldus, Dolon, Fulcrand 8c Pierre } on ne marque pas leur siège, mais nous savons par d'autres monumens que le premier étoit évêque de Nimes, le second d'Uzès, le quatrième de Lodève 8c le cinquième de Maguelonne. Les deux abbés étoient Warnarius dont on vient de parler 6c Gérard de Saint-Gilles. Entre les seigneurs séculiers, Adélaïde, comtesse de Provence, mère 8c tutrice du comte Guillaume II, souscrivit la première, 8c après elle Guillaume, comte de Toulouse, le comte Pons son fils, un seigneur nommé Ictérius, le même Guillaume II, le comte Rotbold, oncle de ce dernier 8c beau-père de Guillaume, comte de Toulouse, le comte Hugues 8c Pons son frère. L'abbaye de Psalmodi reçut diverses donations depuis son rétablissement. Guillaume II, comte de Provence, sa femme Adélaïde '*, le comte Rotbold, son oncle, 8c Guillaume, son frère y lui donnèrent entre autres le lieu de Mudaisons, dans le diocèse de Maguelonne, 8c celui de Bergen dans le comté d'Aix. Guillaume, comte de Toulouse 8c Emme de Provence, sa femme, lui avoient restitué quelques

* Voyez tome IV, tfote XXVIII, n. 3. ^ Mabillon, ad ann. 1004, n. 69.

' Marca Hispanica, p. 961. ^ Voyez tome IV, "Note XIV, n. 14 & $uiv,

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années auparavant', vers I*an 997, 8c à Wittard son abbé, le prieuré de Saînt- Julien de Corneillan. Nous conjecturons * que le comte Hugues qui se trouva à cette assemblée n'est pas différent de Hugues, frère puîné de Raimond II, comte de Rouergue Se marquis de Gothîe.

XLVIL — Mort de Raimond Ily comte de Rouergue 6» marquis de Gothie.

Hugues, son fils, lui succède.

Ce dernier étoit alors déjà décédé, ou décéda du moins peu de temps après. Il est certain 5 en effet que sa mort arriva après Tan 1000 & avant Tan loio. Il donna ^ peu de temps auparavant Talleu de Palais, dans le diocèse d'Agde, à Tabbaye de Saint-Sauveur de Conques en Rouergue, pour en jouir après sa mort, & lui vendit quelques autres domaines. Suivant la charte, cet alleu confinoit avec les terres de Garnier de Loupian, de Matfred, évêque de Béziers, £* de Bernard, fils d*Almérade. Celui-ci pourroit bien être le même^ que Bernard, seigneur d'Anduze, dont nous aurons lieu de parler ailleurs, ce qui nous donneroit sa filiation.

Pour revenir à Raimond II, comte de Rouergue, un auteur contemporain rapporte^ qu'il entreprit le voyage de la Terre-Sainte ou de Jérusalem 8c qu'il mourut en chemin; ainsi son sort fut à peu près semblable à celui de Raimond I, son père, qui décéda dans le cours d'un pèlerinage qu'il fit à Saint- Jacques en Galice, avec cette différence cependant que ce dernier fut assassiné. Raimond II donna ^ encore, avant son départ, à l'abbaye de Conques les Éd. origin. salines voisines du lieu de Palais qui s'étendoient le long: des côtes de la mer;

t.II,p.l4I. . ^ ^ . . O M V 1 .

il fit aussi présent a cette abbaye a une vingtaine de vases de vermeil très-bien travaillés, & d'une selle magnifique du prix de cent livres, dont le travail surpassoit de beaucoup la matière & dont il avoit coutume de se servir aux jours de cérémonie. Il l'avoit remportée avec plusieurs autres dépouilles sur les Sarrasins dans une occasion où il les avoit battus.

Ce prince avoit épousé versl'an^ 985 une dame nommée Ricarde, dont le nom peut donner lieu de conjecturer qu'elle étoit de la famille de Richard, vicomte de Millau, en Rouergue, qui vivoit alors. Il en eut un fils appelé Hugues, qui lui succéda^ dans le marquisat de Gothie, le comté de Rouergue Se ses autres domaines, sous la tutelle 6c l'administration de la même Ricarde qui étoit encore jeune à la mort du comte Raimond II, son mari. C'est ce que nous apprend le même auteur'® contemporain qui fait mention de cette comtesse & de sa dévotion envers sainte Foy, dont on conservoit les reliques

* Archives de Psalmodi. — Dom Estiennot , * Voyez tome IV, Note XXI, n. 3. Fragm. hist, ms. latin, n. 12763. * Voyez tome V, Chroniques, n. II.

' Voyez tome IV, Note VIlI, n. 24 8c suiv. ' Ih'ii.

* Ib'td. n. 29. • Voyez tome IV, Note VIII, n. 29. ^ Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes , nu- • IbU. n. 14.

méro CXXXIX, la i"^* charte citée sous ce numéro. •" Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. III.

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dans Tabbaye de Conques, à laquelle elle fit présent d'un de ses plus précieux bijoux. ^ .

XL VIII. — Mort de la comtesse Berthe, mère du même Raimond II.

La princesse Berthe survécut aussi à Raimond II, comte de Rouergue, son fils. Elle vivoit en effet encore sous Tépiscopat d'Arnaud, évêque de Rodez, qui ne succéda au plus tôt qu'en ioo5 à Deusdet, & qui convoqua ' un synode auquel elle se trouva. C'est sans doute de la même Berthe qu'un autre auteur* a voulu parler sous le nom de la comtesse de Narbonne , qui , vers la fin du dixième siècle, fit présent d'un calice de cristal enrichi de pierres précieuses à l'abbaye d'Aurillac, en Auvergne; car il est certain que Ravmond I & Raimond II son fils, comtes de Rouergue, possédèrent le comté particulier de Narbonne^iec le marquisat de Gothie.

XLIX. — Guillaume^ comte de Toulouse, fait sa résidence ordinaire

en Provence.

Nous avons déjà remarqué que Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, leur cousin, fit son séjour ordinaire en Provence depuis son mariage avec Emme, fille de Rotbold, comte en partie de cette province. Cela paroît entre autres par une^ charte de Pons, évêque de Marseille, de la maison des vicomtes de cette ville, suivant laquelle ce prélat confirma en ioo5 les donations que "ÂnToôT lui 8c ses parens avoient faites en faveur de l'abbaye de Saint-Victor. L'acte est souscrit & autorisé par Rotbold, qui se qualifie comte par la grâce de Dieu y par la comtesse Adélaïde 8c Guillaume, comte de Provence, son fils, par Guillaumey comte de Toulouse, 8c par Ermengarde, femme du comte Rotbold. On y voit aussi les souscriptions de divers évêques, abbés 8c seigneurs séculiers, en particulier celle de Warnarius, abbé de Psalmodî.

L. — Testament d^Ermengaud de Narbonne, archevêque de cette ville.

Il est encore fait mention de Guillaume, comte de Toulouse, dans le testament que fit ^ vers le même temps Ermengaud, archevêque de Narbonne. Ce prélat nomme dans cet acte 5, qui est sans date, pour ses exécuteurs testamentaires : j^ le comte Bernard, le même sans doute que le comte de Besalu 8cde Fenouillèdes de ce nom, qui vivoit alors 8c qui avoit déjà donné, ou donna du moins peu de temps après en mariage Garsinde, sa fille, à Béranger, fils de Raimond, vicomte de Narbonne, neveu d'Ermengaud j 2° la vicomtesse Ricarde, sa bellesoeur; 30 Deusdet, abbé de Saint-Paul de Narbonne; Francon, prévôt de la

' Labbe, BibL noya manusc, t. 2, p. SSy. — p. 64 & suiv. — GaZ/ia CAm^iana^ nov. edit. t. i,

Voyez tome IV, Note XXVIII, n. 3. instrum. p. 109 & suiv.

* MabiUon, Analect. t. 2, p. 24. ^ Voyez tome IV, Note XXVIII, n. 2.

* Bouche, Histoire des comtes de Provence j t. 2, ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CXL.

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t. II, p. 142.

cathédrale, 8cc. Il Jègue différentes terres tant à son église qu'à celle de Saint- Paul & aux chanoines de Sainte-Marie de Quarante, auxquels il laisse de plus deux coupes d'argent. Il lègue aussi quelque argenterie aux abbayes de Villemagne, de Saint-Pons, de Caunes & de la Grasse j il donne deux coupes d'or avec une selle précieuse à Raimond, vicomte de Narbonne, son frère, 6c à Béranger, son neveu, fils de ce dernier; à Guillaume, son autre neveu, l'alleu qu'il avoit acquis dans le Minervois; à Raimond, comte de Barcelone, sa mule; à Guillaume y comte de Toulouse y ses faucons; à Deusdet, abbé de Saint-Paul, deux coupes d'argent 8c les tasses qui avoient appartenu à Aymeri, son prédécesseur, à la charge de les remettre à celui qui après son décès seroit archevêque de Narbonne, pour s'en servir de même que ses successeurs. Il laisse aussi de l'argenterie à Frédelon, Etienne, Matfred, 8c Adalbert, évêques, dont il ne dit pas le siège : nous apprenons d'ailleurs que le premier étoit évêque d'Elne, le second d'Agde, le troisième de Béziers 8c le quatrième de Carcas- Éd origin. sonne. Il fit enfin divers autres legs à plusieurs personnes, à quelques ecclésiastiques 8c à ses domestiques, 8c donna à chacun de ses exécuteurs testamentaires dix sols, une jument 8c une vache, 8c à la vicomtesse Ricarde, sa belle-sœur, cinq jumens avec un alleu qu'il substitua à l'abbaye de la Grasse. Nous avons cru que ce détail ne seroit pas inutile pour faire remarquer les usages du siècle. Ce prélat survécut encore dix à onze ans à son testament.

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