III. ao
XVL — Plaid tenu à Corneillan. — Limites du comté de Toulouse^ du côté
d'Espagne.
Raîmond, comte de Cerdagne, assista en 1047 k une autre assemblée, dont les actes* font voir manifestement que le comté de Toulouse s'étendoit alors jusques aux frontières d'Espagne & du comté de Cerdagne. « Ce prince s'étant <f rendu en effet au château de Corneillan, assisté de ses principaur vassaux, « entre autres de Bernard Olîba du château de Son, & s'étant plaint devant « les juges de ce que Bernard, vicomte de Cerdagne, vouloit porter jusque K dans ce comté les limites de la terre de Mérens que ses parens avoîent ac- « quise dans le comté de Toulouse, on ordonna que ce vicomte se renfer- « meroit dans les bornes de cette terre. Bernard abandonna alors tout ce « qu'il prétendoit posséder en Espagne au delà de la montagne de Puymo- « rens, qui séparoit les comtés de Toulouse & de Cerdagne, » ou les diocèses de Toulouse & d'Urgel. Le lieu de Mérens est situé dans le pays de Poix, vers les sources de la rivière d'Ariége 8c les frontières d'Espagne, ce qui prouve clairement que tout ce qui compose aujourd'hui ce pays faisoit anciennement partie du diocèse de Toulouse, & que les comtes* de Foix relevoient de ceux de cette ville pour tout leur comté ^.
XVII. — Accord entre V archevêque fi» lé vicomte de Narbonné.
An 1048 L'archevêque & le vicomte de Narbonne étoient encore alors en bonne
intelligence. Nous avons un acte du deuxième d'avril de l'an 1048, par lequel Guifred, qui se qualifie archevêque du saint (y premier siège de Narhonne, Etranger, vicomte de cette ville, Garsinde, femme de ce dernier & leurs fils Raimond, Pierre 8c Bernard, donnent '^ conjointement aux chanoines de la
t.ix,p"f87. cathédrale &c à ceux de Saint-Paul, pour les mettre en état de mieux faire le
service divin, la dîme du poisson qu'on prendroit aux environs de Narbonne, avec celle du sel de certaines salines, à la réserve de celui qu'on tiroit de V alleu des juifs, &c. L'archevêque donna aussi à sa cathédrale « le dixième de ce qu'il « retiroit de ceux qu'il nommoit aux abbayes de Saint-Paul, de Quarante 81 « de Saint-Laurent, aux archidtaconés & à la sacristie de son église, 8c enfin « lorsqu'il disposoit des fiefi que possédoient les chanoines, 8cc. » Guifred, pour se dédommager des sommes qu'il avoit données pour l'archevêché de Narbonne^ mettoit donc à prix les bénéfices de son église.
Il paroît par ce que nous venons de dire que l'abbaye de Saint-Laurent, unie à l'église de Narbonne & située sur la petite rivière de Niesle, étoît gouvernée en ce temps-là par un abbé. Nous apprenons d'ailleurs qu'en sc6o^ elle
' Marco. Hispanica, p. 1092 & teq. Note sur la géographie cÎTile & ecclésiastique du
• Voyex tome IV, Note XXII, n. iS. Languedoc. [E. M.)
' Voyez, à la fin du tome VII de cette édition, la ^ VoyextomcV, Chartes & Diplômes, n. CXCIII.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV, XIV. iii
en avoît un nommé Raîmond-Ebrinus', qui donna alors en fief une partie du domaine que son monastère possédoit à Espalais, dans le diocèse de Narbonne, pour une once d'or Se un cens annuel de trente-trois deniers melgoriens. Cette abbaye fut unie bientôt après à celle de la Grasse.
Au reste Pierre, fils de Béranger, vicomte do Narbonne, prend* la qualité de clerc tn souscrivant à la donation que son père 8c l'archevêque Guifred firent, eti 1048, à la cathédrale de cette ville. Il fut promu ^ bientôt après à l'évêché de Rodez, qu'il possédoit déjà en io5i & qu'il obtint peut-être parle crédit de Hugues, comte de Rouergue, qui, à ce qu'il paroit, étoit son allié. Il y a du moins lieu de croire qu'il fiit élu d'une manière peu canonique, puisqu'il fut déposé dans la suite comme simoniaque, ainsi que nous le verrons ailleurs. On prétend qu'il étoit moine de l'abbaye de Conques en Rouergue dans le temps de son élévation à l'épiscopat.