‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 156 sur 234 · XVIII. — Deuxième concile de Saint-^Thibéry · texte numérisé non relu

XVIII. — Deuxième concile de Saint-^Thibéry

Guîfred, archevêque de Narbonne, présida à un nouveau concile de s^ province, qui fat tenu ^ dans l'abbaye de Saint-Thibéry,au diocèse d'Agde, le i5 de Juillet de l'an io5o. Les évêques Hugues. d'Uzès, Arnaud de Magu^lonne, Béranger de Béziers, Bernard de Lodève, Gonthier d'Agde &. Béranger d'Elne s'y rendirent en personne. Ses autres suffragans se contentèrent d'y envoyer des députés, en particulier Guislabert de Barcelone 8c Wifred de Carcassonne, qui y souscrivirent quelque temps après. Les abbés de differens ordres de la Gothie &• de VEspagne s'y trouvèrent aussi avec plusieurs personnes de considération de Vun (y de l'autre sexe, ce qui montre: i^.que ce fut proprement une assemblée prxrvinciale; 2^ qu'on donnoit; encore alors le nom de Gothie à la partie de la province ecclésiastique de Narbonne qui étoit en deçà des Pyrénées & qui comprenoit la Septimanie,& celui d'Espagne à. l'autre, c'est-à-dire à la Catalogne ou Marche d'Espagne sitijéa au delà de ces montagnes. Il ne nous reste de ce concile que l'anathème que les pères prononcèrent , sur les plaintes des religieux de l'abbaye d'Arles, en Roussiilon, contre les usurpateurs des biens ecclésiastiques.

XIX. — Roger ly comte de Foix, succède dans une partie du comté 4^ Carcas--

sonne à Pierre^ évèque de Girone^ son. oncle.

Il n'est fait aucune mention de Pierre de Carcassonhe, évêque de Girone, dans les actes du concile de Saint-Thibéry, d'où l'on doit inférer que ce prélat étoit alors décédé. Nous savons en effet que Béranger lui avoît déjà succédé ^

* MabiUon, ad ann. 1060, n. 71. gne^ t. 1 , p. 49. — Gallia Christiana, nov. edit.

•Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- t. 1, p. 49 & seq. méro CXCIII. * Martène, Thésaurus anecJ. t. 4, p. 887.

' Baluzc, Histoire généaL de U maison d'Auver-^ ' Marca Hispanîca^ p. 444.

An 1048

An loôo

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dans cet évêché la même année ; ainsi Roger premier du nom, comte de Foix, son neveuj recueillit sa succession, suivant les conventions' qu'ils avoient laites ensemble, St entra dès lors en possession d'une partie du comté de Carcassonne, Pierre, évêque de Girone, fut tué peut-être durant la guerre que Raimond- Béranger, comte de Barcelone', avoit entreprise alors contre les Sarrasins ses voisins, car dans ces siècles les évêques se faisoient un devoir de servir contre les infidèles.

XX. — Béranger, vicomte de Narhonne , marche au secourt du comte de Barcelone contre les Sarrasins (y obtient de lui le comté de Tarragone,

Raimond-Béranger, comte de Barcelone, qu'on surnomme le Vieux, pour le distinguer de son fîls de même nom, étoit un prince' aussi recommandable par sa valeur que par sa probité. Il fut si heureux dans cette expédition, qu'après avoir fait diverses conquêtes sur douze rois maures, il les obligea enfin à se rendre ses tributaires. Il leur enleva entre autres, avec Béranger, vicomte de Narbonne, qu'il avoit appelé à son secours, l'ancienne ' ville & le comté de Tarragone, que lui 8t sa femme Elisabeth , après en avoir prescrit les limites, donnèrent en reconnoissance à ce vicomte, aux conditions suivantes: i" que l'ancien siège archiépiscopal de cette ville seroit rétabli, 6t que l'élection de l'archevêque appartiendroit conjointement au comte de Barcelone & au vicomte .le Narbonne; ï** qu'ils partageroient également les revenus du comté, savoir: les droits qui seroient levés tant sur mer que sur terre, la monnoie, le mar- :hé,&c., & même les dîmes, jusques à ce qu'il y eût un évêqueà qui elles appartiendroient alors, avec le tiers des autres droits ; 3° que le vicomte feroit liommage du comté de Tarragone au comte de Barcelone j 4"» que le premier ïeroit obligé de faire une guerre continuelle aux Maures d'Espagne, sans pouvoir conclure la paix avec eux que du consentement de l'autre; 5° que le «comte ou sa femme, ou du moins un de leurs fils, résideroit à Tarragone pendant dix ans consécutifs, &c k leur défaut Richard, vicomte de Millau, qui ans doute avoit eu part à l'expédition'*. Ce traité qu'on conserve dans les ar- ;hives de Barcelone n'est point daté, mais il est aisé de juger qu'il est antérieur t l'an io53, puisque Raimond-Béranger épousa alors Almodis en secondes loces, & que Richard, vicomte de Millau, étoit déjà décédé en io5i ; c'est lonc avec fondement qu'on en rapporte l'époque^ à l'an io5o. Il est d'ailleurs :ertain* que Raimond-Béranger étoit déjà maître de Tarragone en io58.

On prétend' que cette donation n'eut pas lieu. On se fonde sur ce que le :omte de Barcelone donna, en 1060, la vicomte de Tarragone à Bernard-Ame le Clermont; mais le comté &t la vicomte de cette ville sont deux dignités lifférentes. Il paroît cependant que Béranger & les vicomtes de Narbonne ses

■ VoïtziomeV,CIiart»&DiplâmM,n.CLX\.

■ Marca Hhp^nUt. p. $48 8c I < l3 ' Diego, Hiit. J« «mlfj Jr BintUnt, l.i.c. î * Itid.

Diego, Hist. Jes ternies Je Barctlone, I.

Marie tfi<pa«;«, p. im5.

Diïgo, Histoiri dti «mr« le BtrttUn,

P«», Htitotre de Nertettr. p- 117-

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successeurs, ne jouirent pas longtemps du comté de Tarragone, puisqu'en 1 1 17, Raimond, comte de Barcelone &de Provence, donna * cette ville à Oldegarius, qui en étoit évêque, & à ses successeurs.

XXL — Vicomtes de Millau^ de Gévaudan 6» de Lodève.

D'autres ^, on ne sait sur quelle autorité, rapportent la donation du comté de Tarragone par Raimond-Béranger en faveur du vicomte Béranger, à Tan 1049. Ils ajoutent que le vicomte Richard souscrivit à cet acte, & que Rixinde, sa femme, étoit fille de ce dernier & de la vicomtesse Garsinde. Si cela est ainsi, c'est sans doute à cause de cette alliance que , par le traité dont on vient de Darler, Richard devoit résider à Tarragone en l'absence du vicomte de Naroonne, son beau-père. Enfin on fait ce Richard vicomte de Rode-^} mais on se trompe, il ne l'étoit que de Millau en Rouergue, vicomte dont il hérita de Richard I son père, & dont il fut le second vicomte de son nom. Il unit à son domaine^ la vicomte de Gévaudan, & mourut avant le mois de janvier de Tan io5i. Il laissa plusieurs fils de Rixinde, sa femme qui vivoit^ encore en 1070 & 1079. Béranger II qui étoit l'aîné lui succéda dans les vicomtes de Millau & de Gévaudan 8c épousa ^ Adèle, fille & héritière de Gilbert II, vicomte de Cariât, & deNobilie. Il paroît certain que celle-ci étoit fille d'Odon ou Eudes, vicomte de Lodève qui vivoit vers l'an 1000, qu'elle lui succéda dans cette vicomte, & qu'elle la transmit à sa fille Adèle. Nous avons, en effet, d'un côté une donation^ faite en 1048 à l'abbaye de Saint-Guillem du Désert dans le diocèse de Lodève, par le même vicomte Gilbert, Nobilie, sa femme, & Bernard, leur fils , & nous voyons^ de l'autre que les descendans de Béranger II, vicomte de Millau & d'Adèle, son épouse, possédèrent la vicomte de Lodève. Ce dernier réunit donc en sa personne ces quatre vicomtes qui passèrent à sa postérité.

Les autres fils de Richard II furent Bernard 8c Richard, qui dans la suite embrassèrent la vie religieuse dans l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, dont ils furent élus successivement abbés; Hugues & Raimond qui eurent quelque portion du domaine de leur père, & dont le premier prit^ la qualité de vicomte, & vivoit encore vers l'an 1079 ; & enfin Roger qui se dit fils du vicomte Richard, dans une donation ^ qu'il fit en io58, en faveur de la même abbaye de Saint-Victor.

* Marca Hispanica, p. 1247. * Voyez tome IV, Note XXV, n. 5 & suiv.

* Le P. Ange , Histoire généal, des pairs de • Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- France, t. 2, p. 6^6, méro CXCV, la i*"' charte citée sous ce numéro.

* Voyez tome IV, Note XXI & XXVI. 7 Voyez tome IV, Note XXV.

^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, numé- * Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCLXXVII.

ros COL, CCLXXVII. » Ibid, n. CCVll.

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