XXIV. — Vicomtes de Polignac. — Abbés de Saint-Chajjre
Ce prélat demeura paisible possesseur de Tévêché du Puy. Il eut cependant des démêlés ' considérables tant avec les habitans de cette ville qu'avec les seigneurs du voisinage, surtout avec le vicomte de Polignac, ce qui causa entre eux une longue guerre. Armand III* possédoit alors cette vicomte. Il avoit succédé au vicomte Agnus, qui étoit vraisemblablement son père. Il eut plusieurs fils, savoir : Etienne, surnommé Taillefer, Guillaume, Pons & Armand. Le premier fut élu évêque de Clermont après Tan loSi & avant Tan^ io56, & consei*va avec cette dignité la prévôté de l'église du Puy qu'il possédoit auparavant } Armand embrassa vers le même temps l'état monastique dans l'abbaye^ de Tournus.
Nous ignorons les circonstances de la guerre que Pierre de Mercœur, évêque du Puy, eut à soutenir contre le vicomte de Polignac 8c les autres seigneurs du Vêlai. Nous apprenons seulement qu'il vint^ à bout de ses ennemis, qu'il entreprit ensuite le pèlerinage de Jérusalem & qu'à son retour il mourut à Gênes. Son corps fut apporté au Puy 8c depuis au monastère de la Voulte, en Auvergne, où il fut inhumé avec ses ancêtres. Ce prélat étoit cousin germain de Guillaume, élu abbé de Saint-Chaffre vers l'an io36, lequel^ étoit fils du seigneur de Solignac en Vêlai 8c d'une sœur de S. Odilon, abbé de Cluny. Le comte Humbert 8c ses fils Amédée 8c Odon donnèrent en 1042, au monastère de Saint-Chaffre, sous le gouvernement du même Guillaume, l'église de Notre-Dame des Échelles dans le diocèse de Grenoble,
XXV. — Evêques de Bé-^iers. — Differens plaids tenus dans ce diocèse &• dans
celui de Narbonne.
Le siège de Béziers vaqua aussi en io53, comme il paroît par le différend qui s'éleva alors entre les chanoines de la cathédrale de cette ville d'un côté, 8c un seigneur du diocèse nommé Odon Bernard 8c ses frères de l'autre, au sujet de l'église de Saint-André de Bétignan que les premiers prétendoient leur appartenir 8c dont les autres s'étoient emparés. Cette affaire ^ fut agitée dans deux plaids, durant la vie 8c en présence de Bëranger, évêque de Béziers. Ermengaud de Casouls , Matfred, son fils, abbé de Saint-Jacques de Béziers, 8c Matfred de Murviel, qualifiés seigneurs {seniores)y présidèrent au premier 8c ordonnèrent au défaut de preuves la bataille ou le duel, qui se ferait avec le bâton. Béranger, vicomte de Narbonne, présida au second tenu
■ Voyea tome V, Chroniques, n. IV. — GaUia * Voyez tome IV, Note X, n. 4.
Chrlstiana, nov. edit. t. 2, p. 699. * Voyer tome V, Chronic|ues, n. IV. — GallU
* Voyez tome IV, Note X, n. 4. — Voyez tome V, Christiana, nov. edit. t. 2, p. 695. Chroniques, n. IV. « Mabillon , ad ann. 1012, n. 71. — GaUU
' GaUla Christiana f nov. edit. t. 2, p. 261 Christiana, nov. edit. t. 2, p. jCS & seq. & seq. 467 & $eq. instrum. p. 161 & 229. » Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. COL
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIV. Si? ~ T
f An io53
à Saînt-Hippolyte auprès de cette ville. Il n'y eut rien de décidé ni dans l'un ni dans l'autre, parce que les juges voyant que Béranger, évêque de Béziers, gagné par une somme d'argent, soutenoit faussement que les seigneurs qui possédoient l'église de Bétîgnan la tenoient de lui en fief, suspendirent le jugement. Ce prélat étant venu à décéder peu de temps après, & Bernard, surnommé Arnaudy qui fut élu à sa place, ayant pris les intérêts de son chapitre dans un troisième plaid tenu à Lignan, dans le diocèse de Béziers, les parties s'accommodèrent par l'entremise du même Béranger, vicomte de Narbonne. Les possesseurs de l'église de Bétignan l'abandonnèrent aux chanoines moyennant trois cents sols & leur en donnèrent l'investiture avec Vanneau dont Vévéque s^étoit servi le jour de son sacre. L'acte est daté du palais épiscopal de Béziers, le vendredi 20 d'août de l'an io53.
Il y a lieu de croire que Bernard, évêque de Béziers, étoit originaire du pays de Foix, puisqu'il y avoit son domaine. Il donna * en effet le i3 de juillet de l'an io54, avec ses frères Amélius-Raimond & Guillaume, un alleu situé dans le comté de Toulouse 6» le territoire du château de Foix, à l'abbaye de Roses dans la Marche d'Espagne. Il est fait mention dans cet acte du comte Roger qui possédoit une vigne au village de Loar, conjointement avec le même Amélius-Raimond. Ce comte est le même que Roger premier du nom, comte de Foix, dont on a déjà parlé.
XXVI. — Pons, comte de Toulouse, fonde le prieuré du Vigan au diocèse
de Nimes.
Si Pons, comte de Toulouse, se rendit coupable de simonie pour avoir disposé à prix d'argent de l'évêché du Puy, il tâcha du moins de réparer cette faute par sa libéralité envers les églises & son zèle pour le rétablissement de l'observance régulière dans les monastères. Il donna en particulier à celui de Saint-Victor de Marseille le lieu du Vigan* dans l'ancien diocèse de Nimes, avec tout ce qu'il y possédoit ou que ses vassaux y tenoient de lui. C'est le plus ancien monument que nous ayons touchant la ville du Vigan, située Éd. origin. auprès de la montagne de Lespérou dans les Cévennes. Il y eut depuis un prieuré conventuel dépendant de l'abbaye de Saint- Victor dans cette ville, qui est chef d'une viguerîe royale & l'une de celles du diocèse d'Alais qui. entrent par tour à l'assemblée des états généraux de Languedoc.
Nous apprenons par cet acte que Pons étendoit sa domination sur le diocèse de Nimes; ce qu'on peut confirmer par un autre, selon lequel un comte, dont le nom n'est marqué que par la lettre ^ initiale P & qui ne peut être autre qxie notre Pons, comte de Toulouse, cède à la même abbaye de Saint-Victor de Marseille 8c à Pierre, son abbé, la puissance , l'élection ù Id'daminaticn dont il avoit joui jusques alors sur le monastère de Saint-Pierre de Psalmodi.
'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nir- » Voyez tômtV,Cbartc«& Diplômes, n.OtCVI.
méroCCm. ^Ihid. f
t. II, p. 191.
An io53
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Il confirme en même temps l'abbaye de Saint-Victor dans la possession de tous les biens qu'elle avoit déjà acquis, ou qu'elle pourroit acquérir à l'avenir au nom de ce monastère, soit de Tévêque de Nimes, soit du comte de Saint-Gilles y soit enfin des autres seigneurs du pays. Cet acte est sans date, mais il doit être antérieur à l'an 1060, par la raison que Pierre, abbé de Saint- Victor de Marseille depuis l'an 1048, étoit alors décédé * ; il prouve que l'abbaye de Psalmodi étoit encore soumise dans ce temps-là à celle de Saint- Victor, & que Pons, en qualité de comte de Saint-Gilles, dominoit sur cette partie du diocèse de Nimes.