‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 170 sur 234 · LXXXIX. — Déposition d'Etienne de Polignac, évêque du Puy · texte numérisé non relu

LXXXIX. — Déposition d'Etienne de Polignac, évêque du Puy

Les deux légats, Hugues, évêque de Die , 8c Amé, évêque d'Oloron, que le pape Grégoire VII avoit envoyés en France pour extirper la simonie, contribuèrent beaucoup par leurs soins au rétablissement de la discipline ecclésiastique. Ilsagissoient séparément en diverses provinces, 8c le premier assembla un concile à Clermont en Auvergne à la fin de l'an 1076 ou au commencement de l'année suivante, dans lequel il cita^ Etienne de Polignac, évêque du Puy, qui, comme on l'a déjà vu, avoit été excommunié pour cause de simonie 6c qui malgré son excommunication se maintenoit toujours dans son siège. Ce prélat, craignant cependant d'en être enfin chassé, dressa d'abord des embûches au légat pour tâcher de le surprendre; mais n'ayant pu réussir & voyant qu'il ne pouvoit éviter le jugement, il convoqua un jour ses chanoines dans la cathédrale 8c promit solennellement, devant l'autel de la Vierge, de quitter son siège 8c d'obéir entièrement au légat quinze jours après que celui-ci l'en auroit requis. Son clergé promit en même temps d'abandonner ses intérêts s'il n'exécutoit sa promesse. Le concile de Clermont s'étant tenu ensuite, Etienne y fut déposé comme simoniaque, avec Guillaume auparavant doyen ou prieur de Chamalières, qui, après la promotion d'Etienne à l'évêché du Puy, s'étoit emparé de l'évêché de Clermont sans aucune forme canonique.

Après le concile le légat partit pour Lyon, d'où il se rendit au Puy avant que les quinze jours qu'il avoit donnés à Etienne pour quitter son siège fussent expirés, mais il trouva que ce prélat avoit déjà pris la fuite. Le légat célébra alors la messe pontificalement, 8c se tournant du côté du clergé 8c du

' Pagi, ad ann. 1075, n. 2 Scseq. ^ Voyez Hugo FlaYÏniacensis, Chronicon, p. 197

* Catel, Mémoires de l'hist, du Languedoc,^, 872. &201.

An 1077

peuple après Tévangile, leur exposa les conventions qu'il avoit faites avec Etienne & auxquelles celui-ci avoit manqué , leur défendit de lui obéir dans la suite 8c le déclara excommunié s'il s'ingéroit à l'avenir dans le gouvernement de l'église du Puy. Grégoire VII ' confirma ce jugement par deux lettres datées du iS de mars de l'indiction xv, ou de l'an 1077. ^^^ l'une, adressée aux chanoines du Puy, il leur défend de continuer de reconnoître Etienne pour leur évêque, leur ordonne de le fuir comme un excommunié & leur enjoint, après s'être fait relever par l'évêque de Die, son légat, de l'excommunication qu'ils avoient encourue, de procéder à l'élection d'un autre évêque. Par l'autre lettre adressée à tous les évêques des Gaules, Grégoire se plaint de ce qu'Etienne continuoit de s'immiscer dans le gouvernement de l'église du Puy malgré l'excommunication que l'évêque de Die , son légat, avoit lancée contre lui ^ il leur défend de lui donner aucun secours, à peine d'anathème, & à tous les peuples d'apporter aucune offrande à l'église du Puy, jusqu'à ce qu'elle fût délivrée de l'oppression où Etienne la tenoit, parce que, dit-il, les offrandes ne servoient qu'à l'entretenir dans sa désobéissance. Enfin il ordonne à ces prélats de confirmer cette excommunication 8c de la publier dans leurs diocèses.

Cette dernière lettre est une preuve qu'Etienne continua de se maintenir dans le siège épiscopal du Puy malgré sa déposition au concile de Clermont, 8i en effet le pape, par une autre lettre* datée du 12 de mai suivant, ordonne entre autres à Hugues, évêque de Die, son légat, de terminer l'affaire de l'église du Puy conjointement avec S. Hugues, abbé de Cluny. Il paroît d'ailleurs par une donation 5 faite à l'église de Saint-Andéol de Polignac /7ûr Etienne j évêque du Puy y après la mort du vicomte Armand^ son père, que ce prélat occupa le siège épiscopal de cette ville jusques en 1081, ou du moins jusques en 1078 ; enfin nous n'avons rien d'Adhémar ou Aymar, son successeur immédiat, avant l'an 1087.

On prétend ^ que ce dernier étoit fils d'un comte de Valentinoîs : ce qu'il y a de certain 5, c'est que son frère prenoit le surnom de Monteil, petite ville située sur le Rhône dans le diocèse de Valence 8c qu'on appelle aujourd'hui Montèlimar, par corruption de Monteil-Adhémar ; soit que notre Adhémar de Monteil, évêque du Puy, lui ait donné son nom comme on le prétend, soit qu'elle l'ait tiré plus vraisemblablement de quelque autre seigneur de sa maison.

Éd. origtn.

t. II, p. 238.

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