XC. — Vicomtes de Polignac
Armand, père d'Etienne, évêque du Puy, iut^ le troisième vicomte de Polignac de son nom. Suivant l'acte dont nous venons de parler, il avoit fait
* Grégoire VII, 1. 4, epist, 18 & 19.
' Ibid. epist. 22.
» Voyez tome IV, Note XXVIII, n. 9.
* Voyez tome IV, Note XXVIII, n. 10,
' GaUia Christiana, noY. edit. t. 1, p. 701.
® Voyez tome IV, Note X, n. 4.
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An 1077 ^^
une donation à Téglise ou prieuré de Saint-Andéol de Polignac, tant pour lui que pour sa femme Adélaïde, ses fils 8c ses filles. Etienne, évêque du Puy ', son fils, y ajouta différens biens, du consentement du vicomte Pons son neveu y d'Héracle, frère de ce dernier, & de leur mère. Celle-ci s'appelolt Auxiliende, comme il paroît par une donation* qu'elle fit vers Tan 1080 avec le vicomte Pons, & Héracle, ses fils, à Tabbaye de Saint-Chaffre, de Téglise de Saint-Vincent de Solignac. Nous ignorons ^ si Pons, vicomte de Polignac, 8c Héracle, son frère, étoient fils de Guillaume ou de Pons, frères d'Etienne, évêque du Puy, 8c si le même Pons, neveu de ce prélat, succéda immédiatement à Armand III, son aïeul. On prétend ^ qu'Héracle, frère de Pons, continua la postérité 8c qu'il fut père d'un autre Pons, vicomte de Polignac, qui vivoit en 1 io5 8c qu'on appelle Pons II, mais on n'en donne aucune preuve. Il nous paroît au contraire que ce dernier n'est pas différent de Pons, frère d'Héracle, que celui-ci mourut sans postérité 8c que l'autre la continua.
XCI. — Frotardy abbé de Saint-Pons y légat du Saint-Siège. — Guifred^ archevêque de Narbonne, excommunié de nouveau au concile de Besalu,
Tandis que Hugues , évêque de Die , exerçoit sa légation en diverses provinces de France, Amé, évêque d'Oloron, remplissoit les fonctions de la sienne dans la Narbonnoise première, la Gascogne 8c l'Espagne, 8c tenoit divers conciles dans ces provinces contre les simoniaques. Grégoire VII recommanda ^ ce dernier aux rois 8c aux princes d'Espagne, par une lettre datée du 18 de juin de l'an 1077, 8c lui associa Frotard, abbé de Saint-Pons de Thomières, dont il fait un grand éloge 8c qu'il appelle un homme vénérable, également recommandable par la pureté de sa foi 8c celle de ses mœurs. Amé, ayant passe au delà des Pyrénées, assembla <^ un concile à Girone, où plusieurs évêques 8c abbés se rendirent. Guifred, archevêque de Narbonne, qui s'y rendit aussi 8c qui se sentoit coupable de simonie , craignant d'être déposé , fit beaucoup de bruit 8c obligea enfin le légat de sortir de la ville 8c de se réfugier dans le château de Besalu, où Bernard, qui en étoit comte, le reçut 8c lui donna toute la liberté d'exercer sa légation 7. Une telle conduite attira à Bernard l'inimitié de la plupart des évêques , des abbés 8c des comtes qui se plaignirent du procédé du légat, ce qui n'empêcha pas celui-ci de transférer dans ce château le concile, qui sy rassembla le 6 de décembre de l'an 1077. Il nV eut que trois évêques qui s'y rendirent, savoir : Béranger d'Agde, Raimond d'Elne 8c Pierre de Carcassonnej le premier étoit par conséquent alors relevé de l'excommunication qui avoit été lancée contre lui au concile romain de
' GalUa Christiana, nov. edit. t. i, p, 701 j in- * Voyez les lettres du pape Grégoire VII, I. 4,
strum. p. 229. epist, 28.
• Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCLXXVII. * Diago, Histoire des comtes Je Barcelone, I. 2,
• Voyez tome IV, Note X, n. 4. c. 71. — Marca Hispanica, p. 36 1, & Pagi, ad ^ Chabron, Histoire manuscrite de la maison de ann. 1077, n. 12.
Polignac, c. 4, 5 & 6. ' Ihid.
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^ An 1077
Tannée précédente, & il devoit avoir abandonné les intérêts de son métropolitain. Quant à Pierre, évêque de Carcassonne, auquel on * donne le surnom à'ArtalduSy il avoit succédé à Bernard qui occupoit encore ce siège en 1072. Il le remplit jusques en 1099, & c'est sans aucun fondement que l'auteur* qui a écrit l'histoire de cette église en a fait deux évêques de même nom^.
Plusieurs^ abbés assistèrent aussi au concile de Besalu. Frotard de Saint- Pons, collègue de l'évêque d'Oloron dans la légation d'Espagne, fut sans t^^"!!?' doute du nombre. On y dressa divers canons contre les simoniaques, & Guifred, archevêque de Narbonne, y fut excommunié pour avoir causé du trouble dans l'assemblée & apparemment aussi comme simoniaqùe. Quelques auteurs^ ont cru que ce prélat avoit embrassé les erreurs de Béranger sur l'Eucharistie, & que ce fut là le sujet de son excommunication j mais on n'a aucune preuve de ce fait & il est certain qu'il n'étoit coupable que de simonie. Ce fut^ aussi pour ce crime qu'on déposa dans le même concile les abbés de six monastères situés dans les États de Bernard , comte de Besalu , de Fenouillèdes 8c de Valespir, lequel appuya les décrets de toute son autorité, se rendit vassal de l'Église romaine & s'engagea de lui payer tous les ans, tant en son nom qu'en celui de son fils &c de ses successeurs, une certaine somme comme une espèce de redevance.