‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 181 sur 234 · XXII. — Saint Raimond, chanoine de Saint-Sernin de Toulouse · texte numérisé non relu

XXII. — Saint Raimond, chanoine de Saint-Sernin de Toulouse

Les chanoines de Saint-Sernin vécurent avec édification après leur réforme, 8c on honore à Toulouse d'un culte public S. Raimond, l'un des premiers qui l'embrassa. Nous avons ^ sa vie écrite par un auteur postérieur, dont la narration est si peu exacte, qu'il ne marque ni le temps de la naissance, ni celui de la mort du saint. Voici ce qu'il rapporte de plus intéressant: « Raimond,

* C<iXi\^Mémoirei de l'hist, du Languedoc y -^.^-j^, ^ Bollandistes , Vltae Sanctorum , juillet, t. i,

' Ibid, p. 867. p. 670 8t suiv.

« plus recommandable par ses vertus que par sa naissance, naquît à Toulouse, tt & fut mis par ses parens dans Téglise de Saint-Sernin , où il fit l'office de c< chantre ou de choriste. Il quitta quelque temps s^près Tétat ecclésiastique « pour se marier, 8c, ayant perdu sa femme, il s'adonna entièrement aux « œuvres de charité & de miséricorde qu'il exerça même envers les juifs. Il et fonda entre autres un hôpital pour l'entretien de trente pauvres, fit cons- « truire un pont pour la commodité publique vers l'embouchure du Lhers (c dans la Garonne , 8c employa la meilleure partie de ses revenus pendant « plusieurs années à la construction de l'église de Saint-Sernin. » On peut connoître par là à peu près le temps où ce saint vivoit, puisqu'on commença le bâtiment de cette église vers l'an 1060 8c qu'il étoit presque achevé en 1096. Le légendaire remarque que Raimond commença d'y contribuer lorsque le chœur de l'église étoit déjà fini , 6» î^'î^ conduisit le reste du bâtiment depuis les fondemens jusques au-dessus des fenêtres. Il ajoute que S. Raimond, touché du désir de la perfection 8c voulant imiter les saints pères, prit Vhabit régulier dans l'église de Saint-Sernin , 8c qu'à son exemple plusieurs autres embrassèrent le même genre de vie: ainsi le relâchement, continue-t-il, cessa entièrement dans cette église &» la vie canoniale y fiit établie. Ces termes font comprendre que S. Raimond embrassa la réforme des clercs de Saint-Sernin lorsqu'elle y fut introduite; ce qui arriva, comme on l'a déjà vu, sous le pontificat de Grégoire VII, entre l'an 1078 8c l'an 1076.

Suivant le même auteur, Raimond se voyant dans un âge avancé 8c près de sa fin, demanda d'être inhumé dans la maison collégiale qu'il avoit fondée pour des pauvres clercs, 8c où il avoit fiait préparer son sépulcre. Le prieur de Saint-Sernin exécuta sa volonté après sa mort, qui arriva le 3 de juillet. Raimond mourut y continue l'auteur de sa Vie, sans avoir fait testament en faveur de ses parens y parce quil institua Jésus-Christ son héritier ^ d'où l'on pourroit, ce semble, conclure' que lorsque la réforme fut établie parmi les chanoines de Saint-Sernin, la désappropriation n'y étoit pas encore en usage; mais cela peut signifier aussi que Raimond, ayant disposé de tous ses biens en faveur des pauvres avant sa profession religieuse, ses parens n'eurent aucune part à sa succession. Quoi qu'il en soit, comme le légendaire appelle maison collégiale l'hôpital fondé par S. Raimond, 8c qu'il est certain que cet hôpital fut changé* dans la suite en un collège pour des pauvres clercs, il s'ensuit que cet auteur n'a écrit qu'après le milieu du treizième siècle, puisque l'Université de Toulouse, dont ce collège étoit membre, fut seulement fondée vers ce temps-là. Après la mort de Raimond, Dieu fit éclater sa sainteté par divers miracles, 8c on lui rendit ^ à Toulouse un culte public dès le milieu du douzième siècle. Ce culte diminua beaucoup dans la suite jusques à ce que les Toulousains le rétablirent en lôSi, après avoir éprouvé la puissante intercession du saint durant la peste qui désoloît alors le pays; ce qui donna lieu

' Cate], Mémoires de l'histoire du Languedoc, * Bollandistes, Fitae 5a»cr. juiUet^ t. i, p. 674.

p. 220. ' lèid.

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de transférer en même temps ses reliques du collège de son nom , où elles avoient toujours demeuré depuis sa mort, dans l'église de Saint-Sernin,

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