‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 205 sur 234 · LXXI. — Saint Bertrand y évêque de Comminges · texte numérisé non relu

LXXI. — Saint Bertrand y évêque de Comminges

S. Bertrand , évêque de Comminges , mourut à peu près vers le même temps que S. Guiraud, évêque de Béziers, & parvint comme lui à une éminente sainteté. Suivant l'auteur ^ de sa Vie, écrite quarante ans après sa mort, sous le

• Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCLXXV. » Archives de Tabbaye de la Grasse.

' Catel, Mémoires pour l'histoire du Languedoc, * Gallia Christiana, t. 2, p. 414. — Proprium

p. 786 & SUIT. Biterrensej p. 182, édition de 1721.

3 Ibid. p. 586 & SUIT. ' Vita S. Bertrandi, dans Martène, Amplissima

^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- Collectio, t. 6, p. 1022 8c seq. méro CCCXCIX, la 4' pièce citée sous ce numéro.

An 1 121

pontificat d'Alexandre III, il étoit fils d'Aton-Raimond, seigneur d'un château appelé alors Selio & depuis Tlle-Jourdain dans le diocèse de Toulouse, & d'une fille de Guillaume Taillefer, comte de cette ville. Bertrand naquit vers le milieu du onzième siècle, avec toutes les qualités capables de le faire aimer; on remarque entre autres qu'il étoit parfaitement bien fait. Il suivit d'abord l'exercice des armes, mais il s'y comporta plutôt en ecclésiastique qu'en séculier; aussi en abandonna-t-il bientôt le métier pour se consacrer entièrement à Dieu parmi les chanoines réguliers de la cathédrale de Toulouse, dont il fut archidiacre. Il s'acquit une si grande réputation de vertu, que le siège épiscopal de Comminges étant venu à vaquer, il fut élu unanimement pour le remplir. Il garda cependant son archidiaconé ; car on voit par un acte' de l'an io86, qu'étant évêque, il se disoiten même temps chanoine & archidiacre de Toulouse. On doit à ce saint prélat^ le rétablissement de l'ancienne ville de Lyon de Comminges, qui depuis le sixième siècle étoit demeurée ensevelie sous ses ruines, & où il n'étoit resté que la cathédrale. Il engagea d abord ses chanoines à embrasser la vie commune avec la règle de Saint- Augustin, &à fixer leur résidence auprès de la cathédrale; ce qui fit qu'on bâtit des maisons tout autour. Il se forma ainsi peu à peu une nouvelle ville qui s'est agrandie dans la suite, mais qui cependant est peu considérable. Elle porta depuis le nom de S. Bertrand, son restaurateur, qui mourut le 26 d'octobre, durant le cours de ses visites. Son corps fut apporté à la cathédrale & inhumé dans la chapelle de la Vierge. La sainteté de sa vie 8c l'éclat des miracles qui s'opérèrent à son tombeau lui méritèrent bientôt après un culte public, & sa cathédrale le prit pour son patron. On prétend que le pape Clément V le canonisa^; mais nous apprenons d'ailleurs '♦que ce fut Guillaume III, archevêque d'Auch, son neveu, qui procura sa canonisation au douzième siècle. Il est vrai que Clément V, qui ^ avoit été successeur de S. Bertrand dans l'évêché de Comminges, fit lever son corps de terre pour l'exposer à la vénération du peuple.

Quelques modernes^ assurent que S. Bertrand étoit déjà évêque de Comminges en 1073, qu'il posséda cet évêché pendant cinquante ans & quil mourut vers l'an iia3 ou 11 26; mais nous avons fait voir ailleurs*^ quil ne parvint à l'épiscopat qu'après Tan 1078. Quant à l'époque de sa mort, lauteur de sa Vie n'en dit rien , non plus que de celle de sa naissance & de son épiscopat. II témoigne^ seulement qu'il écrivit cette vie à la prière du même Guillaume, que ce saint prélat, qui étoit son oncle, avoit élevé autrefois auprès de lui parmi les chanoines de la cathédrale de Toulouse, & qui posséda l'archevêché d'Auch depuis l'an 1145 jusques en 1170. C'est sans doute sur ce

' Catel, Mémoires pour l'histoire du Languedoc, ' Baillet, Fies des Saints, i5 octobre,

p. 906. * Gttllia Christiana, noT. edit. t. i , p. 1094 &se^'

' Vita S, Bertrandi, dans Martène, Amplissima — BaiUet, Vies des Saints, i5 octobre.

CollectiOj t. 6, p. 1022 & seq. ' Voyez ci-dessus, lirre XIV, n. xcn.

' BaiUet, Vies des Saints ^ 1 5 octobre. ' Vita 5. Bertrandi , dans Martène, AmpUsaxi

^ Gallia Christiana, nor. edit. t. 1, p. 987* CoUectio, t. 6, p. 1022, n. 10.

An II 21

témoignage que divers auteurs' supposent que Raimond de l'Ile, frère de S, Bertrand, eut un autre frère dont ils ne marquent pas le nom Se qu ils font seigneur d'Endouffièle dans le Toulousain & père du même Guillaume III, archevêque d'Auch ; mais il faut avouer que ce témoignage n est pas bien clair, car outre que l'auteur de la Vie de S. Bertrand paroît se contredire, les anciens monumens nous apprennent que Guillaume III, archevêque d'Auch, étoit de la maison de Montaut*} ce prélat aura donc été fils d'une sœur de if'iiZ^f^; S. Bertrand.

Page 1