LXXIX. — Études. — Origine de V université de Montpellier
Les Juifs exerçoient aussi la médecine dans le Languedoc, au douzième siècle, Se on vient de faire mention du rabbin Juda, médecin de Lunel : ainsi
' hinerdrium Benjamin't Tudelensîsj tdit. 1633» p. 4 & seq.
' Nouf avions cru, fur Tautorité de Constantin PEmpcreur, traducteur de l'Itinéraire de Benjamin d* Tudèle, que ce voyageur parloit de Beaucaire ^ mais M. Astruc ' ji fait voir qu'il s'agit, dans Tendroit cité, de Posquiéres, près de Vaurert, au diocèse de Nimes, & qu'il n*en parle que comme d'un gros bourg &. non comme d'une ville considérable. Ainsi il faut appliquer à Posquières ce que nous avons dit qu^il rapportoit de Beaucaire. M. Astruc fait voir aussi que c'est mal à propos que les traducteurs de ce Juif lui font donner le nom de Nègres au bourg de Saint-Gilles, & que Benjamin a voulu dire seulement qu'il trouva, au y'dlage appelé Bourg de Saint-Gilles, le rabbin Abba-Mari, intendant de Raimond V, comte de
' Mémoires pour l'Histoire naturelle du IjtnfrueJoc, p. 199 & suiv.
Toulouse & de Saint -Gilles. [NqU aiiitionKtUe placée par dam Faissete au tome V de V édition aripnale, p. 681.]
' Les matières qui font l'objet des derniers cbipitres de ce livre ont été traitées par dom Vaissete d'une manière fort sommaire. Depuis la puUic^tioc de V Histoire générale de Languedoc , quelques- uce d*entre elles ont donné lieu à de nouvelles études. Nous citerons entre autres, sur l'histoire de l'uaiversité de Montpellier, le mémoire publ:é par M. Germain, sous le titre de la Renaissance a Mcstpellier, qui renferme des détails intéressants sur h faculté de médecine de cette ▼illc^ les dilercntcs publications de MM. Bartch , Paul Mc^cr, kc, sur la langue romane du Midi & sur la poésie des troubadours. On trouvera, du reste, rindication détaillée de ces différents travaux, dans les n3t& spéciales que nous avons déjà plusieurs fois *aenttonnées & qui seront insérées dans les toiaes^H 8^ X de cette édition. [£. M.]
nous ne doutons pas qu'ils n aient été les premiers qui professèrent publiquement cette science à Montpellier, où ils avoient alors une académie célèbre. Nous voyons du moins qu'on y enseîgnoit la physique ou médecine, en n8o, par le privilège que ' Guillaume VIII, seigneur de cette ville, accorda alors à toute sorte de personnes, de quelque pays qu'elles fussent, d'y professer publiquement cette science, avec promesse de ne plus les restreindre à l'avenir, comme auparavant, à un seul professeur, quelque prière qu'on lui fît, ou quelque somme qu'on lui présentât. Ce monument est le plus ancien que nous connoissîons en feveur de la faculté de médecine de Montpellier, l'une des plus anciennes 8c des plus célèbres de l'Europe. On fait remonter* son origine jusques au onzième siècle, ix. peut-être mêmey ajoute-t-on, jusques au dixième. On convient cependant qu'elle ne fut érigée en faculté publique qu'en 1220.
Le droit romain fut aussi enseigné^ publiquement à Montpellier au douzième siècle, & le fameux jurisconsulte Placentin mourut dans cette ville en 1192, après l'y avoir professé pendant longtemps, & l'avoir éclairci par ses commentaires. Il fut inhumé dans le cimetière de Saint-Barthélemî. Azon, autre célèbre jurisconsulte, natif de Bologne en Italie, professa aussi le droit à Montpellier dans la suite : ils eurent des successeurs qui se distinguèrent par leur mérite & leur capacité. Ces jurisconsultes enseignoient les Pandectes florentines, ou le Digeste 8c le Code de Justinien, qui depuis la fin du douzième siècle prirent enfin en Languedoc la place du Code théodosîen ou de l'abrégé d'Anian, lequel jusques alors avoit été le seul en usage dans cette Province. Quant à la grammaire, à la philosophie 8c à la théologie, on ne les enseignoit alors que dans les cloîtres^ des cathédrales 8c des abbayes.
LXXX. — Le Languedoc compris dans la Provence généralement prise. Poésie provençale. — Poètes provençaux natifs de la Province.
On cultiva aussi la poésie latine 8c la provençale en Languedoc dans ce même siècle. On a déjà dit ailleurs que Pierre le Vénérable 5, abbé de Cluny, fait mention d'un religieux de Toulouse de son ordre qui avoit rétabli de son temps la poésie latine dans cette ville, o\x elle avoit été anciennement en honneur. Nous avons divers monumens qui prouvent que la provençale y étoît alors fort en vogue. On comprenoit au douzième siècle, comme dans le précédent^, sous le nom général de Provençaux , les peuples de la Provence proprement dite 8c ceux des provinces voisines, mais surtout du Languedoc; en sorte qu'on divisoit alors le royaume en France 8c en Provence, suivant les deux différens idiomes dont se servoient les peuples de ces deux parties de la
' Gariel, Séries praesulum Magalon. p. 219 & seq. "* De Vie, Chronologia episeoporum Carcassonen^
' Voyez le Journal de Trévoux, août I73i, sium, p, 74. p. 1^26. ' Pierre le Vénérable, 1. 4, Epist» 23.
' Gariel, Séries prae s ulam Magaîon. p. 241 &seq. * Voyez ci-dessus, livre XIV, n. ci.
An 1 165
t. Il, p. 5i8.
Éd.^ngm^ monarchie ; c'est ainsi que Pierre le Vénérable* &Geoffroi, abbé de Hautecombe*, auteurs contemporains, mettent Nimes en Provence^ & que Robert, abbé ^ du Mont-Saint-Michel, autre historien du temps, parlant du voyage qu'Alexandre III fit en France, en 1162, dit que ce pape arriva àMontpeUiir en Provence, On voit aussi que les auteurs du même siècle mettent Saint- Gilles en Provence, quoique cette ville soit en deçà du Rhône, 8c que les templiers & les hospitaliers donnoient le nom de Provence, ou de langue de Provence, à toutes les provinces méridionales des Gaules où ils avoientdes commanderies, dont le chef-lieu étoit Saint-Gilles en Languedoc.
Enfin les anciens auteurs qui ont recueilli les ouvrages des poètes provençaux, 8c composé leur vie en langue provençale, nous fournissent une preuve que sous le nom de Provençaux on entendoit, au douzième siècle 8c dans le suivant, non-seulement ceu^ qui se mêloient de la poésie vulgaire dans la Provence propre, mais encore dans le Languedoc 8c les pays voisins. Il est marqué, en effet, dans ce recueil qui se trouve dans deux manuscrits de la Bibliothèque du roi^, i^ dans la vie de Gaucelin Faidits, poëte provençal, natif d'Uzerche en Limousin, « que sa femme étoit née dans un bourg fort « riche appelé Alest (c'est-à-dire Alais), dans la Marche de Provence^ de k V seigneurie de Bernard d'Andu'[e ^ » 2^ dans la vie de Pons Capdueill, autre poëte provençal, « que le même Bernard d'Anduze étoit un honnête baron à « îa Marche de Provence. » On voit d ailleurs par cet ouvrage que la poésie provençale étoit beaucoup plus cultivée au douzième srècle par les Languedociens 8c les peuples des provinces voisines, que par les Provençaux proprement dits; que tous les grands seigneurs de la Province se faisoient une gloire de protéger ceux qui s'y adonnoient, 8c qu'ils s'y appliquoient souvent euxmêmes.
Entre les poëtes provençaux dont les auteurs de ce recueil font mention, est un nommé Pierre Cardinal, natif du Vêlai, qui fut^ fort honoré par Jacques 1, roi d'Aragon } « 8c moi Michel de la Tor, écrivain, est-il marqué dans le manus- « crit, fais à savoir que Pierre Cardinal, lorsqu'il mourut, avoit bien environ « cent ansj 8c moi susdit Michel jai écrit ces sirventei (sorte de poèmes que « Pierre Cardinal avoit composés) en la ville de Nimes, 8cc. » On parle dans le même ouvrage de Bernard de Ventadour, autre poëte provençal, de la manière suivante : « Bernard de Ventadour étoit fils d'un fournier de ce « château. La vicomtesse de Ventadour le prît en affection, 8t ils s'aimèrent « longtemps tous les deux. II en fit le sujet de ses vers 8c de ses chansons, «c Mais le vicomte, s'étant aperçu de leur liaison, congédia le poète & fit « enfermer sa femme. Bernard se retira auprès de la duchesse de Normandie, t' jeune princesse qui le reçut fort bien. Il demeura longtemps à sa cour, &
' Pierre le Vénérable, 1. 5, Epist, 4. ^ Numéros 7225 & 7698, aujourd'hui 804 & 174)
* BoUandistes , Vita S, Pétri Tarent, mai, t. 2, du fonds français.
p. 37.7. ' Bibliothèque du roi.inss. 7226 ou 854 du fonds
' Robert du Mont, Chronicon, p. 73 1« français.
c( ils s'aîmèrent. Il étoit auprès d'elle lorsque Henri, roi d'Angleterre, alla V pour Tépouser & la mena en Angleterre. Bernard se retira alors triste & « dolent auprès du bon comte Raimond de Toulouse avec lequel il demeura « jusques à sa mort, après laquelle Bernard, qui en avoit un extrême regret, c( se rendit dans Tordre de Dalon (c'est-à-dire se fit religieux dans l'abbaye « de Dalon en Limousin). Et moi (ajoute l'auteur de cette vie, qui est la 0 quatrième du manuscrit), Hugues de Saint-Cire, qui écris ceci, ai su ces « particularités du vicomte Ebles de Ventadour, fils de la vicomtesse que « Bernard aima. »
On peut fixer par là l'époque des principales circonstances de la vie de Bernard de Ventadour, rapportées bien différemment dans Nostradamus, & le temps où Hugues de Saint-Cire écrivit la vie de ce poëte, avec une grande partie de celles des autres poètes provençaux qui se trouvent dans les deux manuscrits de la Bibliothèque du roi. Le bon Raimond^ comte de Toulouse^ auprès duquel Bernard de Ventadour se retira après avoir quitté la cour de la duchesse de Normandie^ n'est pas en effet différent de Raimond V, mort en 1194. Quant à la duchesse de Normandie auprès de laquelle Bernard s'étoit retiré auparavant, c'est la même par conséquent qu'Alix de* France, qui étoit encore dans sa jeunesse , lorsque le roi Louis le Jeune son père la promit en mariage, en 11 74, à Richard, duc de Normandie. Henri II, roi d'Angleterre, père de ce prince, l'épousa alors en quelque manière au nom de son fils, & la mena dans ses États de Normandie, 8c ensuite en Angleterre, où il la fit élever à sa cour; mais le duc Richard ne voulut plus l'épouser Éd.origîn. lorsqu'il eut succédé au roi son père à la couronne d'Angleterre, en 1187. Bernard de Ventadour quitta alors, ou peut-être même quelque temps auparavant, la cour de cette princesse pour se retirer dans celle de Raimond V, comte de Toulouse. Enfin nous avons dans le même recueil* la vie de Hugues de Saint-Cire, poëte lui-même, & on voit qu'il étoit contemporain du Dauphin d'Auvergne, de Savaric de Mauléon, d'Alphonse II, roi d'Aragon, mort en 1 196, 8c de Pierre, fils 8c successeur de ce prince.
Hugues de Saint-Cire, Michel de la Tour 8c les autres qui ont écrit les vies des poëtes provençaux, dont la plupart étoient leurs contemporains, sont sans contredit les plus anciens auteurs que nous ayons de ces vies. Le premier est le même dont Jean de Nostradamus^ ignoroit le nom, 8c dont il parle en ces termes dans la vie de Bernard de Ventadour : « Ebles de Ventadour, fils de la a vicomtesse que Bernard aimoit tant, raconta tout ceci (savoir les circonstances u de la vie de ce dernier) à un savant personnage de lors, duquel le nom est « inconnu, qui étoit poëte provençal, qui le rédigea par écrit, duquel S. Cezari (c dît avoir extrait, 8c le mit au catalogue des poëtes provençaux. Le Monge
' Le P. Ange, Histoire généalogique de la maison ' Jean de Nostradamus, Histoire des Poëtes pro-
de France, p. 77. ven^aux, p. 72.
' Bibliothèque dû roi, mss. 7225 ou 854 du fonds français.
T^TTôT" ^7^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVIII.
« des Iles d'Or & S. Cezari écrivent avoir lu ses œuvres, &c. » On apprend par là que les auteurs cités par Nostradamus dans les vies qu'il nous a données des anciens poëtes provençaux, & dont il s'est servi pour la composition de son ouvrage, sont fort postérieurs au douzième siècle. En effet, on voit en comprant ces vies avec celles qui se trouvent dans les deux manuscrits de la Bibliothèque du roi, que Nostradamus, ou les auteurs où il a puisé, ont ajouté à ces vies un grand nombre de fables, fait divers anachronismes 8c transplanté dans la Provence proprement dite, pour faire honneur à leur patrie, plusieurs poëtes qui étoient natifs des autres provinces. On doit donc faire peu de fond sur l'autorité de cet écrivain. Nous en citerons ici un exemple qui fait à notre sujet : c'est la vie de Pierre-Rogier qui est rapportée de la manière suivante dans un des deux manuscrits de la Bibliothèque du roi. « Pierre Rogier', « natif d'Auvergne, chanoine de Clermont & gentilhomme, quitta sa prébende c( pour se faire jongleur : il étoit bien fait & savant, &c avoit un bon sens «( naturel. Devenu jongleur, il parcourut les cours & vint à Narbonne à celle « d'Ermengarde, dame de grande valeur & de grand prix. Elle lui fit un « accueil favorable 8c le combla de biens. Il en devint amoureux, &c elle fît « le sujet de ses vers 8c de ses chansons. Elle prit de son côté de l'affection (( pour lui pendant le long séjour qu'il fît à sa courj ce qui donna occasion « à divers bruits désavantageux à la réputation de cette dame, qui pour les « faire cesser congédia Pierre-Rogier. Ce poète se retira alors à la cour de « Raimbaud d'Orange, 8c après quelque séjour * auprès de ce prince, il alla « en Espagne à la cour du bon roi Alphonse de Castille. Il fréquenta aussi « celles du bon roi d'Aragon, 6» du bon comte Raimond de Toulouse y &. « mourut ensuite dans l'ordre de Grammont. » Telle est la vie de ce poète, qui florissoit par conséquent avant la fin du douzième siècle ^ bien différente cle celle qu'on voit dans Nostradamus^, qui le fait retirer à la cour « de dame « Ermengarde de Narbonne, femme de Roger-Bernard, comte de Foix, où il « devint amoureux d'une de ses demoiselles, nommée Huguete de Baux, « surnommée Baussete, fille de Hugues de Baux, 8cc. » Il ajoute, sur le témoignage de S. Cezari , « que Pierre-Rogier florissoit du temps de Robert, « roi de Sicile, comte de Provence, 8c qu'il fut présent en la cité de Grasse en « Provence, lorsque Pierre de Corberia, antipape, surnommé Nicolas V, en « un prêche qu'il fit dans l'église, se dédit publiquement, environ Tan i33o, « des erreurs qu'il avoit tenues. » Récit qui n'est qu'un tissu de fables Se d'anachronîsmes.
La protection que Raimond V, comte de Toulouse, Ermengarde, vicomtesse de Narbonne, 8c les autres principaux seigneurs de la Province accordèrent, au douzième siècle, aux poëtes provençaux, fit que la poésie vulgaire y fut alors fort cultivée. Le recueil manuscrit de la Bibliothèque du roi fait
' Bibliothèque du roi,mss. 7226 ou 854 du fonds ' Nostradamus, Histoire des Poètes proremcatx,
français. p. 202 & suit.
' lèid. mss. 7698 ou 1749 du fonds français.
mention d'un grand nombre de ces poètes natifs de la Province, qui vivoient vers la fin de ce siècle, & dont nous aurons occasion de parler ailleurs. On compte plusieurs Toulousains parmi eux, entre autres un nommé « Pierre ft Guillems', homme courtois & affisible, qui fit de bons couplets, mais trop « emphatiques. On assure qu'il fit aussi des sirventes jongleurs, qu'il médit iJ^ii^p"?",;. « des barons, & qu'il se mit de l'ordre de l'Épée. » Il est représenté avec rhabit de cet ordre dans la vignette du manuscrit qui est à la tête de sa vie & de ses ouvrages. Il porte une longue barbe, un bonnet vert, une robe couleur d'incarnat, & une chape blanche, sur laquelle est cousue du côté droit une longue épée dont le fourreau est de couleur rouge, la poignée au-dessous du coude 8c la pointe en bas. Le manuscrit rapporte trois de ses chansons ou pièces de vers.
Les dames de la Province s'appliquoient aussi à la poésie vulgaire, au douzième siècle, & on fait* un grand éloge d'Adélaïde de Porcarages, « gentil- « femme de la contrée de Montpellier qui étoit parfaitement instruite, & qui « aima Gui Guerrejat, frère de Guillaume de Montpellier, sur lequel elle fit « plusieurs chansons. » On en voit une de sa façon dans le manuscrit. Gui Guerrejat mourut vers l'an iiyS, ce qui peut servira nous feiire connoître le temps où vivoit Adélaïde de Porcarages.
Nostradamus^ attribue à un poëte provençal nommé Guillaume Adémars, qu'il fait mourir à Gresignan ou Grignan en Provence, en 1190, un catalogue en rime provençale des femmes illustres; mais il se trompe certainement sur la naissance de ce poëte, qu'il dit fils de Gérard de Grignan, 8c gentilhomme provençal, à prendre ce terme dans sa signification étroite j car, suivant le recueil^ dont on a déjà parlé, ci Guillaume Adémars étoit natif d'un châ- « teau nommé Merueys en Gévaudan, 8c fils d'un pauvre chevalier. Il étoit c( vaillant, beau parleur, 8c savoit bien trouver. Le seigneur de Merueys le « fit chevalier 5 mais ne pouvant soutenir son rang, il se fit jongleur 8c fut « extrêmement goûté par le peuple. Il se fit enfin religieux de l'ordre de Cl Grammont. »
Le Gévaudan eut aussi, vers le même temps, un autre poëte provençal, qui se distingua beaucoup : ce fut a Guarin d'Apchier^, gentil châtelain Cl de Gévaudan dans l'évêché de Mende, vaillant 6c bon guerrier, libéral Cl 6» bon trouveur, beau chevalier 8c savant en galanterie. Il fut le premier « qui composa une espèce de poésie appelée descort. » Le manuscrit rapporte deux de ses poëmes ou sirventes. Il est représenté à cheval dans la vignette, le casque en tête, l'épée d'une main, 8c tenant de l'autre un bouclier chargé d'un écu d'azur à la bordure 8c à trois barres d'or, celle du milieu ondoyée.
Enfin le Vêlai eut ses poëtes provençaux, de même que le Gévaudan.
' Bibliothèque du roi, mss. 7226 ou 864 du Tonds * Bibliothèque du roi, mss. 722$ ou 864 du fonds
français. français.
» Ihid. * lèid.
' Hostradamus, Hist, des Poètes proren^aux,^. 4a.
An 11 65
On parle ' entre autres « de Guérin le Brun, gentil châtelain du Velaî, dans a Tévêché du Puy Sainte-Marie, qui fut bon trouveur, non de vers ni de c( chansons, mais de tensons, )> espèce de poésie par stances, en forme de dialogue, sur divers sujets, entre deux poètes provençaux qui parlent alternativement à chaque strophe *•