XXIX. — Union du comté de Rajès à celui de Carcassonne
On vient de dire qu'Acfred, comte de Carcassonne, l'étoît^ aussi du Razès ; c'est ce qui paroît entre autres par une charte du roi Carloman datée de Compiègne, au commencement de l'an 884*7, suivant laquelle ce prince, </^ ZW/V 6» en présence du comte Acfred, donne à Sigebode, archevêque de Narbonne, 8c à son église, quelques fiefs du comté de Razès, en particulier le lieu de Trapes, que le roi Charles le Chauve avoit donné autrefois à un de ses vassaux , nommé Hilderic, sur lequel ils avoient été confisqués dans la suite &c unis au domaine. Charles le Chauve avoit disposé en faveur de ce dernier, en 848 8, de divers domaines du Minervois. Nous ignorons la raison pour laquelle il en fut dépossédé, à moins qu'il n'ait été engagé dans la révolte de Bernard II, marquis de Gothie.
' Voyez tome II, Preuves, Charles, n. LXXXVII. « Ih'id, n. XCIX. — Voyez notre Note rectifica-
• nu. n. CIU. tive à la Note LXXXVII du tome II. [E. M.]
> Ih'td. Notes XCIX & C. ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. VIL
♦ lèid. Notes XCIX & C. » Voyez tome II, aux Preuves, Chartes & Diplô-
* lèU. Preuves, Chartes & Diplômes, n. Cil. mes, n. LVIIL
An 883
An 884
"TTssT" ^^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XL
XXX. — Carlomanfait un voyage à Narbonne. — Mort de ce prince)
Ce fut peut-être pour punir ceux qui avoîent pris part à cette révolte que Carloman fit un voyage à Narbonne; mais l'ancienne chronique* qui fait mention de cet événement n'en dit ni l'époque ni les circonstances. Tout ce ^«JjOrigin. que nous savons, c'est que les continuelles entreprises des Normands l'obligèrent de passer les dernières années de son règne du côté de France, 8c qu'il fut enfin contraint d'acheter la paix de ces pirates à prix d'argent. Sans cet obstacle, ce prince, qui ne manquoit ni de capacité ni de talent, auroît achevé sans doute de reprendre le royaume de Provence sur Boson ; mais à peine eut-il fait la paix avec les Normands, qu'ayant été dangereusement blessé à la chasse en poursuivant un sanglier, il mourut de sa blessure*, le 6 du mois de décembre de l'an 884, sans laisser aucune postérité. Charles, son frère, né du second lit & qui n'avoit pas encore quatre ans accomplis, devoit naturellement lui succéder. Mais le besoin extrême où étoit alors le royaume d'un prince capable de s'opposer aux entreprises continuelles des Normands, 8c qui pût gouverner par lui-même, le fit exclure du trône pour un temps. Les grands jetèrent la vue sur l'empereur Charles le Gros, comme étant le seul de la maison royale qui fût d'un âge avancé. Se ils le pressèrent tant de venir prendre la couronne de France qu'il accepta leurs offres 8c fut reconnu dans toute la monarchie. Par là, sa domination se trouva presque aussi étendue que l'avoit été celle de Charlemagne. Il paroît cependant qu'il ne fut pas d'abord reconnu dans la Gothie, 8c on voit une charte de l'abbaye d'Arles, en Roussillon, datée de la manière suivante : Cette vente a^ été faite le 22 de mai, la seconde année depuis la mort du roi Carloman, J.^C. régnant 6* dans Vattente d'un roi.