‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 95 sur 234 · XXXVI. — Concile de la province de Narbonne · texte numérisé non relu

XXXVI. — Concile de la province de Narbonne

A l'exemple du roi & du comte de Toulouse, divers prélats & seigneurs de la Province s'empressèrent à l'envi de faire du bien à l'abbaye de Saint-Pons. Aymeri , archevêque de Narbonne, de concert avec son chapitre, lui donna ^ plusieurs églises & chapelles de son diocèse, par un acte daté du mois d*août de Vannée DccccXL, la troisième du règne de Louis, ce qui semble supposer qu'on ne comptoit en Languedoc le commencement du règne de ce prince que depuis l'an 987 ; mais il paroît qu'il faut rectifier cette date par celle d'une autre donation ^ que fit avec son chapitre Rodoalde, évêque de Béziers, à la même abbaye, au mois d'août de Van DCCCCXL, la quatrième année du règne de Louis, car il ne faut pas douter que ces deux actes n'aient été faits en même temps, puisqu'ils sont d'ailleurs souscrits des mêmes témoins.

De ce nombre sont presque tous les évêques de la Province avec six abbés. Nous inférons de là qu'Aymeri & Rodoalde firent ces donations dans un concile provincial tenu en 940, non pas à Fontcouverte, comme le prétend un historien espagnoH, car ce dernier fut assemblé longtemps auparavant, mais dans quelque autre endroit de la Septimanie. Les évêques qui souscrivirent à ces donations 5, après Aymeri de Narbonne 8c Rodoalde de Béziers, sont Gîsade de Carcassonne, Théodoric ou Thierri de Lodève, Pons de Maguelonne, Raînald de Nimes, Dacbert d'Agde, Hugues de Toulouse, Wadalde d'Elne & Wisade d'Urgel. Les sièges des six derniers ne sont pas marqués dans les souscriptions, mais ils nous sont connus d'ailleurs. Quant aux abbés, ce sont les mêmes qui assistèrent au concile d'Ausède & dont on a déjà parlé. Les souscriptions des évêques & des abbés sont suivies de celles de Pons, comte de Toulouse 6» duc des Aquitains y de Garsinde, sa femme, du comte Hugues, des vicomtes Arnaud & Sicard, & d'un seigneur nommé Aton, qui se trouvèrent sans doute à cette assemblée ou concile. Ce comte Hugues paroît être le même que le fils puîné d'Ermengaud, comte de Rouergue, 8c il étoit, par conséquent ^, Cousin germain de Raimond-Pons. Nous conjecturons qu'Arnaud étoit vicomte de Carcassonne, & Sicard, de Lautrec ou de la partie méridionale de l'Albigeois, & que le dernier étoit^ frère d'Aton premier du nom, vicomte d'Albi ou d'Ambialet, dans le haut Albigeois.

An 989

Éd. ongin.

t. II, p. 75.

An 940

* MabiUon, ad ann. 940, n. 12.

• Voyex tome V, Chartes & Diplômes , numéro LXIX.

» IbU.

^ Mariana, 1. 8, c. 5.

' Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, n. LXIX«

« Voyez tome IV, Note VIII.

' Ibid, Note XXI, n. 7.

XXXVII. — Fondation des abbayes de Lé-^at 6» du Mas-Garnier. — Vicomtes

de Toulouse.

Aton, vicomte de Toulouse, qui avoit succédé alors à Benoît, son père, dans cette vicomte, étoit à ce qu'il paroît de la même famille qu'Aton , vicomte d'Albî. On lui attribue la fondation' de Tabbaye de Lézat, & à Amélie, sa femme, celle du Mas-Garnier situées Tune & l'autre dans l'ancien diocèse de Toulouse. La première dépend aujourd'hui de celui de Rieux. On prétend^ que Benoît, vicomte de Toulouse, ayant entrepris la guerre contre ses parens ôc ses voisins qu'il vouloit assujettir à son autorité, fut tué dans un sanglant combat ; qu'Aton, son fils 8c son successeur, ayant vaincu ses ennemis avec le secours du comte de Toulouse, devint par cette victoire paisible possesseur de son domaine j que ce seigneur & sa femme Amélie, se voyant sans postérité, fondèrent les deux abbayes dont nous venons de parler, & qu'enfin Aton céda le patronage de celle de Lézat au comte de Carcassonne, son oncle. On ajoute plusieurs autres circonstances 3, qui, quoique tirées d'un monument peu authentique par lui-même, paroissent pourtant appuyées pour le fond sur des actes certains. Ainsi Aton, vicomte de Toulouse, aura rétabli l'abbaye de Lézat; car il paroît qu'elle avoit été déjà fondée, un siècle auparavant, par Antoine, vicomte de Béziers, ce qui a sans doute donné lieu de confondre ces deux seigneurs & ces deux époques. Il est certain qu'elle subsistoit déjà dès la cinquième année du règne de Louis d'Outre-mer, ou l'an 940. Elle fut soumise à l'autorité de S. Eudes, abbé de Cluny, qui y établit sa réforme & en donna l'administration à l'abbé Adasius, son collègue dans le gouvernement Êj.origin. des monastères de sa congrégation. L'abbaye de Lézat avoit, outre cela, un abbé particulier qui la gouvernoît sous la dépendance de S. Eudes & d'Adasius. Quant à celle du Mas-Garnier, la perte de ses anciens titres qui furent brûlés ou dissipés par les Calvinistes, lorsqu'ils la ruinèrent au seizième siècle, nous met hors d'état de connoître sa véritable origine, & il n'en est fait mention dans lesmonumens qui nous restent, qu'à la fin du dixième. Elle a été rebâtie dans le dernier , sur une élévation à la gauche de la Garonne, au confluent d'un petit ruisseau appelé le Lambon.

An 941

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