tome IV, Natell. ' Ruffi, Dissertation^ p. 6 8c seq
* Hardouin^ CoUect, Conciliorum, t. 6, p. 602. ® Ibid,
An 948
Éd. origtn.
t. Il, p. 82.
de Provence } mais cet auteur se fonde uniquement sur la supposition que le roi Hugues, dans la cession qu'il fit du royaume de Provence à Rodolphe II, roi de Bourgogne, se réserva jusque sa mort la souveraineté sur la Provence proprement dite, ou comté de Provence, ce qui est absolument faux. Tout ce qui paroît de plus vraisemblable, c'est que Hugues, après avoir été duc ou comte de Provence du vivant de Louis l'Aveugle, & s'être emparé de l'autorité depuis sa mort, donna à son avènement à la couronne d'Italie, en 926, le comté ou gouvernement de Provence à Boson I, qui probablement étoit le même que Boson, frère de Raoul, roi de France; qu'il lui donna ensuite Berthe, sa nièce, en mariage , & qu'après avoir cédé en 980 tout le royaume de Provence à Rodolphe, roi de Bourgogne, ce dernier confirma le même Boson dans ce comté ou gouvernement 5 Se qu'enfin celui-ci étant décédé sans postérité, Conrad le Pacique, fils de Rodolphe II, donna à Boson II le comté de Provence. Du reste, soit que Boson II tînt cette dignité des rois de Bourgogne à titre bénéficiaire, ou non, il est certain que le comté de Provence devint héréditaire dans sa famille & que ses descendans ' en jouirent de la même manière que les grands vassaux du royaume possédoient leurs fiefs, c'est-à-dire avec une autorité presque absolue , en reconnoissant cependant la suzeraineté des rois de Bourgogne, & ensuite des empereurs d'Allemagne, leurs successeurs. En effet, les fils de Boson II partagèrent le domaine de ce comté , qui s'étendoit entre l'Isère, les Alpes, la mer & le Rhône, & le transmirent à leur postérité. Comme les comtes de Toulouse héritèrent dans la suite de la moitié du même comté parle mariage de Guillaume Taillefer avec Emme, petite-fille de Boson II, nous avons cru qu'il n'étoit pas inutile de faire connoltre l'origine de ce dernier & de ses droits sur la Provence*.
XLIX. — Donation d'Arnaud, comte de Carcassonne, en faveur de Vabhaye
de Montolieu. -— Amélius, vicomte de Carcassonne.
An 949
Nous avons remarqué ailleurs que Raimond premier du nom, comte de Rouergue & marquis de Gothie,avoit un frère nommé Hugues qui prenoit le titre de comte. Il en est fait mention, ce semble, dans la donation ^ qu'Arnaud, comte de Carcassonne, Arsinde, sa femme & leurs fils Roger 6c Odon firent à l'abbaye de Montolieu, & à Tresmire,qui en étoit abbé, de l'alleu de Sainte- Eulalîe, situé dans le diocèse de Carcassonne & le territoire d'Alzonne, par un acte daté du mois d^ avril la trei-^ième année du règne de Louis d'Outre-mer, ou
* Voyez tome IV, Note XIV.
* Boson II, fils de Rotbold, fut comte de Provence de 948 à 968 environ. Il eut deux fils. Guillaume premier du nom, l'aîné, comte de 968 à 992, épousa : 1° Arsinde, 2° Adélaïde, qui n'est point Adélaïde d'An}ou, comme Pont écrit plusieurs auteurs. Il fut père de Guillaume II & de la reine Constance. Après sa mort, son fils se trouvant en-
core trop jeune, ce fut son frère Rotbold qui lui succéda & exerça les fonctions de comte d*Arles ou de Provence jusqu'à ce que son neveu fût en âge dé gouverner. — Voyez sur ces comtes les chartes du Cartulaire de Saint-Victor de MarseiUe publié dans la collection des documents inédits relatifs à l'histoire de France. [E. M.]
»TomeV, Chartes & Diplômes, n. LXXVIII.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIL iS? ~I
/ An 949
de Tan 949, & souscrit par Hugues, évêque de Toulouse. Arnaud déclare que Roger,son frère, qui avoit acquis cet alleu du comte Hugues, le lui avoit donné. C'est de ce même Roger que descendoient vraisemblablement' les comtes héréditaires de Commînges qui vivoient au douzième siècle.
Tresmîre, abbé de Montolieu, fit bâtir Téglise de ce monastère, ou du moins la chapelle de Saint-Michel, suivant une ancienne inscription gravée sur une pierre d'autel & trouvée^ au commencement de ce siècle dans une chapelle. Le nom d^Amélius, vicomte par la grâce de Dieu, y est gravé ; nous conjecturons de là que ce seigneur contribua à la dépense du bâtiment. Amélius étoit donc vicomte de Carcassonne au milieu du dixième siècle, ce qui est confirmé par un autre monument^ du même siècle.