‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 4)Chapitre 18 sur 186 · CXVIII. Sur les invasions arabes dans le Languedoc, p · texte numérisé non relu

CXVIII. Sur les invasions arabes dans le Languedoc, p

CXIX. Remarques sur quelques actes publiés par dom Vaissete, p. 558.

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NOTES

Note

NOTE 1

Si les peuples de laNarhonnoise étolent compris anciennement dans cette troisième partie des Gaules quon appeloit Celtique proprement dite '.

i^^ ne peut disconvenir que les peuples V^ de la Narbonnoise, ou de cette ancienne partie des Gaules que les anciens appeloient Braccata, ne fussent compris sous le nom général de Celtes, puisque les anciens le donnoient à tous les Gaulois, & aux peuples même d'une grande partie de l'Europe. La difficulté est de savoir si, suivant la division des Gaules en Celtique proprement dite, en Aquitanique & en Belgique, la Narbonnoise, avant la conquête dès Romains, appartenoit à la première de ces trois parties plutôt qu'à l'une des deux autres. IL S'il faut en juger par la situation, il paroît que ce pays devoit être compris anciennement dans la Celtique proprement dite; car, suivant le témoignage de César, la Belgique* occupoit les parties septentrionales

' Voyez, à la suite de cette Note, la Note additionnelle placée par D. Vaissete, au tome V de son édition.

' César, de Bello GalUco, 1. i, n. i.

de la Gaule, & l'Aquîtanique étoît bornée par la Garonne, les Pyrénées & l'Océan. Si donc la Narbonnoise avant la conquête des Romains dépendoit de quelqu'une de ces trois parties, ce devoit être de la Celtique, qui, selon le même historien, s'étendoit du côté du midi, depuis la source du Rhône jusqu'à la Garonne.

IIL II est vrai que César ne comprend pas la Gaule appelée Braccata ou Narbonnoise dans la division qu'il fait des Gaules en trois parties, parce que cette province étoit alors soumise à la République romaine, & qu'il n'entend parler que des provinces que les Romains n'avoient pas encore soumises; ce qui pourroit faire croire que la Narbonnoise faisoit anciennement une quatrième partie des Gaules : mais cet auteur, par les bornes qu'il donne à la Celtique propre, nous fait assez entendre que la Narbonnoise y étoit autrefois comprise, & nous croyons en avoir d'ailleurs d'autres preuves.

IV. Polybe ' l'insinue en effet, en disant que les Celtes habitent depuis Narbonne & son voisinage le long des Pyrénées jusqu'à la mer Extérieure ou la mer Océane ; & que les autres peuples qui s'étendent vers les côtes septentrionales de l'Océan, sont inconnus &

' Polybe, Hlst. 1. 3, p. 191.

Note

Éd.orig.

p. Sgj.

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

barbares. On pourroit dire que Polybe ne parle dans cet endroit que des Gaulois en général connus sous le nom de Celtes : mais comme il est certain d'un côté que les Celtes proprement dits se donnèrent' eux-mêmes ce nom les premiers, & que de l'autre les Grecs n'appelèrent' Celtes tous les Gaulois en général, que parce que ceux des provinces méridionales des Gaules ou des environs de Marseille qu'ils connurent d'abord & qui étoient les plus célèbres, se doniioient ce nom, il s'ensuit que les provinces méridionales des Gaules, comme la Narbonnoise, dévoient anciennement faire partie de la Celtique proprement dite.

V. Diodore' de Sicile paroît confirmer ce que nous venons de dire, lorsque, en parlant des Gaules, il avance « que les Celtes « habitent au-dessus de Marseille & occu- « pent le milieu du pays entre les Alpes & " les Pyrénées ; & que les Galates ou Gau- « lois s'étendent depuis le pays des Celtes i< vers l'Océan, la montagne Hercynie & la « Scythie, quoique, ajoute-t-il, les Romains " appellent Galates ou Gaulois les uns & " les autres ; » ce qui fait voir que cet historien met les provinces méridionales des Gaules ou les pays situés entre les Alpes ïz les Pyrénées dans la Celtique propre.

Vl^Strabon'' s'explique d'une manière encore plus précise. Il faut avouer cependant qu'il renferme la Celtique proprement dite dans des bornes trop étroites, puisqu'il n'y comprend que la seule Narbonnoise.

C'est ce qui fait croire ^ qu'il s'est trompé en voulant suivre la division de César : division dont il s'éloigne cependant ; car il confond la Lyonnoise avec la Belgique, & n'en fait qu'une ancienne partie des Gaules qu'Auguste, selon lui, partagea en deux provinces, dont l'une, dit-il, retint son ancien nom de Belgique, & l'autre prit celui de Lyonnoise : mais il est constant que la Celtique propre & la Lyonnoise ne sont qu'une même chose, & par conséquent que César distingue la Lyonnoise d'avec la Belgique.

' César, de Bello GalUco, 1. i , n. i.

' Strabon, 1. i , p. 33 & seq. 1. 4, p. 1 89.

» Diodore, 1. i;, p. 3o8.

^ Strabon, 1. 4, p. 177 & seq.

• Voyez Casaubon, Notae in Strab. ihld.

Ce qui aura induit Strabon en erreur, c'est sans doute qu'il aura cru que César avoit compris la Narbonnoise dans la division qu'il fait des Gaules en trois parties ; mais cet historien n'a pas eu dessein de parler de cette province qui étoit alors soumise aux Romains. Comme elle fit une quatrième partie des Gaules depuis l'empereur Auguste, Strabon, pour trouver son compte dans la division de César, aura cru que la Narbonnoise étoit la Celtique proprement dite, ce qui lui aura fait supposer qu'Auguste partagea la Belgique en deux parties dont l'une prit le nom de Lyonnoise, ce qui est faux j car Auguste laissa la Belgique" en son entier. Il réforma seulement l'étendue de, la Celtique proprement dite, dont il tira quatorze peuples entre la Loire & la Garonne pour les unir à l'Aquitaine, & donna le nom de Lyonnoise au reste de la Celtique. On ne peut donc faire aucun fonds sur l'autorité de Strabon pour prouver que la Narbonnoise appartenoit anciennement à la Celtique proprement dite, sinon qu'autant qu'il dit' ailleurs que les peuples de la Narbonnoise furent les premiers des Gaules connus sous le nom de Celtes.

[Nous plaçons, à la suite de cette première Note, la Note additionnelle suivante, imprimée par Dom Faissete dans le tome V de l'édition originale.']

Si les peuples de la Gaule Narhonnoîse étaient Celtes , proprement dits, d^origine^.

Nous avons dit qu'il paroît que les peuples de la province Narbonnoise faisoient partie de la Gaule Celtique proprement dite, avant que les Romains les eussent soumis. M. de Mandajors, dans son Histoire critique de la Gaule Narbonnoise , ouvrage plein d'érudition & de recherches, est d'une opinion contraire. Il prétend, entre autres, que les peuples de cette province n'étoient pas soumis à Ambigat, chef ou roi de la Celtique proprement dite, lorsque

' Diodore, Hist. 1. 53, & seq.

' Strabon, 1. 4, p. i 89.

' Voyez au tome I de cette édition, 1. I, p. 2.

NOTB

Note

ADDIT

Éd. on g.

Note

ADDIT

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

Bellovèse & Sigovèse (ses neveux) sortirent de leur pays; sur quoi il a fait une dissertation '. Sa principale raison est qu'il ne trouve aucun des peuples de la Gaule Narbonnoise parmi ceux qui passèrent les Alpes avec Bellovèse; & il soutient, contre le sentiment commun, que les Tectosages qui, s'établirent aux environs de la forêt Hercynie, n'étoient pas de la troupe de Sigovèse, ce capitaine pouvant avoir amené avec lui d'autres peuples de la Celtique proprement dite. Mais il paroît certain, sur l'autorité de Justin, que les Tectosages, qui, après avoir passé le Rhin , s'établirent d'abord aux environs de la forêt Hercynie, sortirent des Gaules sous la conduite de Sigovèse.

Justin* rapporte que les Gaulois s'étant extrêmement multipliés, trois cent mille d'entre eux sortirent des Gaules pour aller chercher de nouvelles demeures; qu'une partie s'établit en Italie, & que l'autre, après s'être arrêtée dans l'Illyrie & la Pannonie, & après avoir dompté les peuples voisins , s'étoit ensuite étendue dans la Grèce & la Macédoine ; que les mêmes Gaulois assiégèrent la ville & le temple de Delphes sous la conduite de Brennus, & qu'ayant passé en Asie, ils se fixèrent dans la Gallo-Grèce. Il n'est pas douteux que Justin n'ait voulu parler ici de la transmigration de Bellovèse & de Sigovèse, quoiqu'il ne les nomme pas. Or, les principaux des Gaulois qui assiégèrent Delphes, & qui s'établirent en Asie dans la Gallo-Grèce, étoient les Tectosages de la Narbonnoise, suivant le témoignage de tous les anciens, que nous avons rapporté ailleurs ^ Par conséquent les Tectosages sortirent des Gaules & passèrent le Rhin sous la conduite de Sigovèse, neveu d'Ambigat, & ce dernier étendoit sa domination, sinon sur toute, du moins sur une grande partie de la Gaule Narbonnoise "*.

' M. de Mandajors, Histoire critique de la Gaule NarbonnoisCj p. 4.

' Justin, 1. 24, c. 3 & seq.

' Voyez "Note II, n. 17.

^ Voyez les Notes CIV, CVI & CX, où les différentes questions relatives aux populations primitives de la Gaule ont été traitées d'après les idées fournies par l'érudition moderne. [E. M.]

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