TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DE LA FAMILLE D'OLIBA I , COMTE DE CARCASSOXXE
Note
RECTIF.
Oliba I , comte de Carcassonnc en 820 & S35. Epousa lilmetruJe & Ri- ' childc.
Bencion , comte de Carcassonnc, mort avant 908.
Oliba II, comte de Carcassonne, ) Acfrcd, dit Acfrcd II, comte de Carcassonnc, cil^ en 873 & en 877. Mort vers \ mort en ^34 ou ^35 ; eut peut-être une fille nom- 880. / mco Arsinde, qui épousa Arnaud, successeur d'Ac-
fred.
Bernard, mort jeune.
Guillaume succéda, en 918, à son oncle Guillau- Acfroi ou Acfred, comte de Ra- ] me le Pieux dans le comté d'Auvergne. Mort en zès, cité en 873. Epousa Adelinde, {927. sœur de Guillaume le Pieux. & j
mourut en 906. f Acfred, comte de Gevaudan, succéda à son frère
Guillaume dans le comté d'Auvergne, mais mourut la même année ou au commencement de 928.
trude, sa première femme, vivait en 820' ; Richilde , la seconde , lui survécut ; elle se disait veuve enSSy'. Dom Vaissete prétend qu'Oliba I laissa un fils , appelé Louis, qui lui succéda dans le comté de Carcassonne. Il allègue, comme preuve de ce fait , que dans la charte de l'année 820 où est nommée sa première femme , ce Louis a signé avant Elmetrude , & qu'ainsi il ne pouvait être que son fils. A prendre ce raisonnement au pied de la lettre, ce n'est pas seulement un fils qu'aurait eu Oliba I, mais bien deux; car dans la charte en question , à côté de ce Louis , & avant Elmetrude , on voit aussi figurer un Arnulfe. Mais la copie de cette charte qui a été envoyée aux auteurs de VHîstoire de Languedoc^ & dont ils se sont servi, était fautive. Dans l'original, qui existe encore aux archives du département de l'Aude, le nom d'Elmetrude suit immédiatement celui de son mari, comme on peut le voir dans le texte que nous donnons ci-après de cet acte, parmi nos preuves.
Les véritables fils d'Oliba I doivent être Oliba II & Aifroi ou Acfred , l'un & l'autre comtes de Carcassonne & de Razès, & ses successeurs immédiats. Les comtes Oliba II & Acfred sont dits frères dans l'acte de consécration de l'église de Notre-Dame de Formiguera dans le Capcir , à laquelle ils assistèrent en 878 ^ Oliba II est nommé pour la dernière fois en Syy"*; il dut mourir
'Voyez aux Preuves, Chartes & Diplômes, n. XXXVI.
' nu. n. L.
» Preuves, Chartes & Diplômes, n. XCIX. * Preuves, Chartes & Diplômes, n, CVII.
avant l'année 880. Aifroi, son frère , qui est dit comte de son vivant, était probablement comte particulier du Razès : on en peut trouver la preuve dans ce fait, qu'Acfred ayant vécu jusqu'en 906, & ayant exercé les fonctions de comte jusqu'à sa mort, le comté de Carcassonne fut occupé de sou vivant par un comte nommé Bencion, qui paraît avoir succédé directement à Oliba II & qui devait être son fils. Ce comte Bencion était remplacé en 908' par Acfred II qui, dans une charte de l'année 984 % se dit fils du comte Oliba II, d'où l'on doit conclure, comme l'a très-bien remarqué dora Vaissete, qu'Oliba II eut deux fils qui furent l'un & l'autre ses successeurs : Bencion , mort avant l'année 908, & Acfred II. Celuici figure dans plusieurs chartes avec le titre de comte de Carcassonne; il vécut jusqu'en 934 ou 935 environ. On croit qu'Arsinde, femme d'Arnaud, comte de Carcassonne & successeur d'Acfred II, était fille de ce dernier.
Acfred I , frère d'Oliba II , avait épousé Adelinde j sœur de Guillaume le Pieux , comte d'Auvergne, & fille de Bernard Plantevelue. Il en eut trois fils : Bernard, qui mourut jeune, Guillaume & Acfred'. Ces deux derniers succédèrent à leur oncle, Guillaume le Pieux , dans le comté d'Auvergne. Guillaume prit , à l'exemple de sou oncle , le titre de duc d'Aquitaine &
' Voyez au tome V de cette édition, Chartes & Diplômes, n. XXXIV.
" Ibld. n. LIX.
' Cartulaire de Saux'illanges dans les Mémoires de l'Académie des Sciences de Clermont-Ferrand , t. 3, 1861 , Charte i3.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
mourut sans laisser d'enfants , entre les mois d'avril & d'octobre de l'année 927 '. Acfred , son frère, qui avait déjà le titre de comte de son vivant & qui probablement était comte de Gevaudan , hérita de toutes ses possessions. Il se qualifia aussi comte d'Auvergne & duc d'Aquitaine \ On n'a pas de preuves qu'il fût encore en vie après l'an 927. Il ne survécut donc que peu de mois à son frère , & comme il mourut sans laisser de postérité , les comtés d'Auvergne & de Vêlai , avec le titre de duc d'Aquitaine, passèrent à Eble , comte de Poitiers \
VÏII
BORREL, COMTE D'ÂUSONE. — HISTOIRE DE SA FAMILLE. — ORIGINE DES ROIS D'ARAGON.
Les villes d'Ausone & de Cardone ayant été conquises sur les Sarrasins, en 798 *, Louis le Débonnaire les fit reconstruire & en confia la défense au comte Borrel. Borrel , comte d'Ausone, figure au nombre des principaux chefs qui accompagnèrent en 809 le roi d'Aquitaine, lorsqu'il pénétra en Espagne, à la tète d'une nombreuse armée, &vint mettre le siège devant Tortose^ Nous ne connaissons pas l'époque exacte de sa mortj elle est certainement antérieure à l'année 8195 il y a même beaucoup d'apparence que ce comte ne vivait plus en 812 ®.
' Conf. sur Acfred, la Charte i3 du Cartula'ire de Sauxillanges, & les Chartes 167, 3i5 & SSy du Cartula'ire de Saint-Julien de Brioude dans les mêmes Mémoires.
' Cartulaire de Sauxillanges, Charte i3.
' Son fils Guillaume Tête-d'Etoupes s'intitule princeps Arvernorum dans une donation faite au prieuré de Sauxillanges. Cartulaire de Sauxillanges, n. 571.
^ Ordinavit autem illo in tempore (Hludovicus) in finibus Aquitanorum circumquaque firmissimam tutelam (contra Sarracenos); nam civitatem Ausonam, castrum Cardonam, Castaserram & reliqua oppida olim déserta, munivit, habitarl fecit & Burrello comiti cum congruis auxiliis tuenda commisit. — Vita Hludoyici PU, dans leRec. des Hist. de Fr. t. 6, p. 91.
5 Ibid. t. 6, p. 93.
* En 819 il était certainement remplacé par
Il laissa un fils, nommé Sunifred, que l'empereur Louis le Débonnaire confirma en 829 dans la possession du lieu de Fontcouverte, situé en Septimanie, donné autrefois par Charlemagne à Borrel, son père'. En 819 Sunifred était comte d'Urgelj il assista cette même année à la consécration de l'église de cette ville, qu'il avait aidé l'évéque Sisebut I;, à reconstruire, & à laquelle il donna de grands biens \ Il est encore mentionné en 840, avec le titre de comte'. Mais il porte celui de marquis dans le diplôme de Charles le Chauve, donné en 844, en faveur des Espagnols réfugiés en Septimanie*. Il avait succédé dans cette dignité à Bernard I, révoqué peu de temps auparavant.
Sunifred, comte d'Urgel & marquis de Septimanie, mourut vers l'année 85o ou 85i, au plus tard'. Il laissa d'Ermesinde, sa femme, cinq fils, savoir : Sunifred, Wifred dit le Velu , Miron , Raoul & Humfrid.
Cette filiation est établie par un grand nombre de chartes, parmi lesquelles nous mentionnerons seulement les suivantes :
En 873 le comte Miron (comte de Roussillon) assista avec Wifred, son frère, à la dédicace faite par Sigebode, archevêque de Narbonne, de l'église de Notre-Dame de Formiguera dans le Capcir, qu'ils avaient fait construire avec les comtes Oliba & Aifroy ^
Dans un jugement rendu au Vernet, en Conflans, l'an 874, il est dit que le comte Miron était fils de Sunifred. Le tribunal rendit un arrêt suivant les lois visigothi-
Sunifred, son filsj il est à remarquer qu'on ne voit pas son nom figurer au nombre des comtes auxquels Charlemagne adressa, en 812, son diplôme en faveur des Espagnols.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. XLVI.
' Marca Hispanica, append. n. i & 2.
' Charte du 3 janvier 840 par laquelle Sunifred donne à l'église de Notre-Dame d'Urgel, reconstruite par l'évéque Sisebut I, certaines terres situées dans les faubourgs de la ville d'Urgel, près de l'église Saint- Pierre & Saint-Paul. Voyez ci-après aux Preuves.
" Ihid. n. LXV.
^ Diplôme de Charles le Chauve pour Saint- André de Sorède, Rec. des Hist. de Fr. t. 8, p. 5i5. — - En 852 il était remplacé par Udalric.
« Preuves, Chartes & Diplômes, n. XCIX.
Note
nECTlF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
ques sur ringénuité du nommé Laurent, naça de l'excommunier s'il ne réparait les que le procureur du comte Miron préten- maux qu'il avait causés". On croit c[ue la dait avoir été serf d'un fisc, ainsi que ses comtesse Quixilo, mentionnée dans la doparents & ses frères, sous le comte Suni- nation de l'année 885, était la femme de fred, père de Miron : « Servitium fecerunt Miron. Ce comte mourut sans laisser de domno SeniefreJo comité^ genhore seniore postérité en SçS. C'est à tort que dom meo IVlirone'. » C'est ce qu'établit encore Vaissete le considère comme père de Sula donation de la ville de Prades, dans le niaire II, son successeur. Aucun texte n'au- Conflans, faite au mois de mai 878 à l'ab- torise une pareille supposition, baye de la Grasse, par le même comte Mi- Sunifred, mentionné dans le même acte' ron à ses frères, les comtes Wifred & comme un des enfants de Sunifred I, mar- Raoul, où on lit : Propter remedium dominî quis de Gothie, & qui fut évèque de Gi- Suniefredi genitorîs nostri vel dominae Er- rone, est cité en 944'.
mensendae genitricis nostrae". Raoul, nommé dans le même document.
Le premier jour de décembre 885, le fut comte de Conflans; il figure comme tel
comte Miron, la comtesse Ermesinde, sa dans des actes de 876 & de 903''. Sa femme
mère, Raoul, son frère, & la comtesse se nommait Ralinde; ils eurent un fils ap-
Quixilo, qui devait être sa femme, firent pelé Oliba, qui vivait encore en 904% mais
donation à l'abbaye de Cuxa de l'église de qui paraît n'avoir pas survécu à son père.
Saint-Vincent du Vernet, dans la vallée de Raoul mourut en 914. C'est à tort que les
Conflans, avec toutes ses dépendances & auteurs de l'Art de vérifier les dates ont
notamment de l'alleu appelé Champlong & avancé qu'il avait été comte de Roussillon.
de la paroisse de Saint-Pierre dels Forçats, Humfrid , frère de Miron Se de Raoul,
dans la Cerdagne, avec les dîmes & autres était diacre & avait embrassé la vie reli-
dépendances'. Le comte Wifred souscrivit gieuse. Il sortit de son cloître en 878 &
le premier cette donation, que Baluze & commit en Septimanie de si grandes in-
dom Vaissete ont eu le tort de rapporter à justices que le pape Jean VIII le menaça
l'année 898, première année du règne de d'excommunication*, s'il ne rentrait dans
Charles le Simple. L'acte de délivrance une voie plus conforme à son état. Il est à
faite à Riculfe, évêque d'Elne, par les exé- croire qu'Humfrid reprit l'habit monasti-
cuteurs testamentaires du feu comte Miron que, car il nest plus fait mention de lui
des biens qu'il possédait dans le terri- par la suite.
toire d'Elne & qu'il avait légués à cette Wifred, qui était vraisemblablement le
église*, prouve que le comte Miron était second des cinq fils de Sunifred I, est le
mort le 12 mars 895 & que par conséquent célèbre Wifred le Velu, d'abord comte
la charte en question doit être antérieure d'Urgel & d'Ausone, puis comte de Bar-
à cette époque. Avant d'être le bienfaiteur celone.
de l'église d'Elne & de l'abbaye de Cuxa, Les historiens catalans ne rapportent
le comte Miron avait encouru les rigueurs qu'à l'année 874 le commencement de la
de l'Eglise; il avait commis avec son frère domination du comte Wifred sur le comté
Humfrid, diacre, de tels excès dans la Sep- de Barcelone, & ils paraissent avoir raison,
timanie qu'en 870 le pape Jean VIII me- puisqu'il ne put devenircomtede Barcelone
' Marca Hispan'ica, append. n. 34. ' Conciles, t. 9, p. Syy.
' Preavei, Chartes & Diplômes, n. CXII. — C'est ' Marca H'ispanicit, append. n. 56.
par erreur que les Bénédictins ont attribué la date * Ibid. n. 80.
de l'année 888 à cette charte ; elle doit être fixée '^ Cartul. d'Elne, (° 289, & copie dans la collect.
à l'année 878, pendant laquelle Louis le Bègue ne Moreau, t. 2, p. i 5i . — Charte de l'année 908. —
fut pas reconnu en Languedoc. Au tome V de notre édition, Chartes & Diplômes,
' Marca Hispanica, append. n. 56. n. XXX.
♦ Cartul. d'Elne, f" 193, & collée. Moreau, t. 3, ' Ihld.
P- 9'» '^ Conciles, t. 9, p. 577.