‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 4)Chapitre 83 sur 186 · MONNAIES ANÉPIGRAPHES A LA CROIX AVEC ACCESSOIRES DIVERS · texte numérisé non relu

MONNAIES ANÉPIGRAPHES A LA CROIX AVEC ACCESSOIRES DIVERS

Les pièces d'argent dites à la croix' for ment, isolées &: en nombre, le fond des arabes attirèrent, en 1266, les censures de trouvailles du Languedoc; elles se ren- Clément IV''. Le conservateur des mécontrent même, mais moins fréquemment, dans une partie de l'Aquitaine &, à l'est, au delà du Rhône'. La quantité des monnaies à la croix recueillies depuis quelques années paraît prodigieuse, lorsqu'on considère depuis combien de siècles le sol est remué. Cette abondance avait déjà été constatée au dernier siècle, & l'abbé Audibert' rapporte que les paysans demandaient à travailler pour rien à Vieille-

' On reviendra plus loin sur les imitations (pi. III, fig. 1 & 2) qui procèdent de la rose vue par dessus.

' Monnaies des prélats & barons, t. i, pi. XIV, n"* 2 & 3.

^ Dissertation sur les monnaies de Provence, insérée dans l'Histoire de Papon.

* On fit au moyen âge de nombreuses imitations & contrefaçons de la monnaie arabe. M. de Longpérier (Kevue num. 1 856, p. 63) a publié une mon-

Toulouse, certains qu'ils étaient de se naie d'or de Bérenger Raimond, comte de Barce-

dédommager par les monnaies qu'ils recueillaient. Ces monnaies dites à la croix se rattachent à la drachme de Rhoda par plusieurs termes intermédiaires, qui ont été décrits dans le groupe précédent. La tête est encore une tête de femme, sauf

lone (1017 à io35), sur laquelle on voit au droit, en légende circulaire : RAIMVNDVS COMES, & sur l'une & l'autre face, en caractères arabes, l'inscription verticale des monnaies frappées par son contemporain, le prince hammoudite Yahia, roi de Malaga. Plus tard, les monnaies d'or & d'argent des Almoravides s'étant répandues dans le Midi de

de rares exceptions; mais, dans les divers la France, plusieurs barons se hâtèrent d'en faire aspects qu'elle revêt, on ne trouve pour fabriquer des contrefaçons. Ce sont des pièces d'à rainsi dire plus rien de l'image pure & si gent nommées millares que l'évêque Bérenger de

caractéristique du prototype grec.

Au revers, pour ne parler que des piè-

' Il n'existe que deux ou trois monnaies de bronze, de provenance encore incertaine, pouvant, par leur type, se rattacher aux monnaies d'argent à la croix.

* Cf. de Crazannes, Revue num. 1839, p. 161.

' Dissertation sur les origines de Toulouse, 1764, p. 8.

Frédol fabriquait au nom de Mahomet. La fabrication des monnaies à légendes arabes n'avait pas seulement lieu au château de Melgueil ; aussi saint Louis reprochait-il à son frère, Alphonse de Toulouse, de tolérer qu'on frappât, dans le comté venaissin, des pièces sur lesquelles on donnait à Mahomet le titre de prophète de Dieu. (Germain, Anciennes monnaies seigneuriales de Melgueil & de Montpellier, in-4°, 1862, p. 33; 8c Monnaie mahométane attribuée a un évêque, publications de la société arch. de Montpellier, t. 3, p. 683 & suiv.)

Note

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

dailles du Roi, Barthélémy, 'consulté par le savant toulousain, Audibert, reconnut le premier que les pièces à la croix étaient gauloises & n'hésita pas à les attribuer

bases d'une classification de cet important numéraire, d'après le type des têtes représentées ; de son côté, M. de la Saussaye avait signalé quelques spécimens qui lui pa-

aux Volkes Tectosages'; cette opinion a raissaient particulièrement anciens, parce

été reproduite par M.Dumège'. Sestini & M. de Lagoy"*, allant plus loin, ont entrevu dans ces pièces le souvenir de la monnaie frappée en Ibérie par les Grecs de Rhoda, mais ils ont eu tort de les attribuer à une autre ville de même ethnique.

qu'on y pouvait encore reconnaître la tête divine, telle qu'elle se voit sur les imitations directes de la drachme de Rhoda. Il y a assurément dans le travail de ces deux savants des principes qui ne devront pas être négligés, mais dont l'application est loin

Rhoda ou Rhodanusia, colonie grecque d'être générale. En effet, dans quelques

qui passe pour avoir existé à l'embouchure du Rhône. Un habile numismatiste, M. de Crazannes% a réfuté sans peine la localisation à Rhodanusia de l'immense numéraire à la croix, mais il s'est trompé à son

trouvailles, & notamment dans celle de Béziers, il y a des pièces portant des têtes de style fort différent & semblant, par l'état de leur conservation, n'avoir pas circulé plus longtemps les unes que les autres.

tour en considérant les deux barres qui Dans d'autres dépôts les têtes se reprodui-

se croisent dans le champ à angle droit comme un type essentiellement national & usité chez les Gaulois dès la plus haute antiquité & avant même l'arrivée des Grecs qui fondèrent Marseille & les villes du nom de Rhoda. Le type grec a précédé le type gaulois.

sent & les revers changent. Il faut donc renoncer à entreprendre un classement rationnel, par époque & par contrée, des monnaies d'argent au type de la croix, tant que de nouvelles trouvailles, soigneusement enregistrées & étudiées par les archéologues du pays, n'auront pas apporté

Le cadre de cet article ne permettant de nouveaux & nombreux éléments d'ap-

pas de citer & encore moins de reproduire dans les planches toutes les variétés connues des monnaies muettes à la croix, je me suis borné à faire un choix des spécimens les mieux caractérisés par le type de la tête au droit, ou, au revers, par les objets représentés dans les cantons de la croix. Si quelquefois j'ai fait suivre un de ces spécimens d'une pièce n'en différant

prédation. M. de Saulcy avait formé deux grandes divisions, comprenant l'une les monnaies ayant une hache au revers, l'autre les monnaies sur lesquelles cette arme ou cet outil n'est pas représenté. Je suivrai son exemple, non que je considère ces deux sortes de pièces comme correspondant bien nettement à des contrées différentes ou comme n'appartenant pas à la même

que fort peu, c'est que je voulais montrer époque, mais uniquement parce que c'est

qu'on se contentait souvent, pour obtenir un coin nouveau, d'y changer un de ces objets accessoires ou seulement de les poinçonner dans un ordre inverse.

Un maître, M. de Saulcy^ avait posé les

' Audibert, Dissertation sur les origines de Toulouse ; Toulouse, 1764, in-S",

''Monuments des Volces Tectosages ; Toulouse, 1814, in-S".

^ Medaglie Ispane , i8i8, p. i8o & pi. VIII, n°* 3 à 7.

^ Notice sur l'attribution de quelques médailles des Gaules, 1837, p. 4.

Dissertation sur les monnaies gauloises au type de la croix ou de la roue; Toulouse, 1839, in-4".

* Revue num. 1867, p. i & suiv.

un moyen de mettre de l'ordre dans la description. Quant aux variétés comprises dans chaque division, je m'efforcerai de suivre, autant que possible, l'enchaîneni: iit des types du revers, sans me préoccuper des têtes & en commençant, bien enteiuiii, parles pièces qui se rattaclient encore nettement au prototype de Rhoda. Je signalerai cependant, à l'occasion, les têtes de bon style & les plus barbares en apparence, sans affirmer que les unes soient les premiers produits, les autres les derniers du monnayage à la croix, car l'étrangeté des visages ou des coiffures peut être le fait d'un atelier aussi bien que d'une époque ou d'une tradition, hiératique.

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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

Les monnaies à la hache, que je ne décrirai du reste qu'après les autres, avaient été considérées par mes devanciers comme présentant une particularité qui contribuait à les distinguer spécialement j je veux parler de deux poissons, placés devant le visage & empruntés soit à diverses monnaies de Sicile", soit aux drachmes d'Emporiumj mais les poissons se rencontrent aussi dans le champ du droit des pièces au revers desquelles la hache n'existe pas. Il arrive souvent, sur les monnaies à la croix de l'un & de l'autre groupe, que les poissons soient remplacés par deux branches dentelées ou même par un fleuron qui semble sortir de la bouche.

M. de Barthélémy a bien voulu revoir avec moi le classement de ce deuxième groupe.

PREMIER SOUS-GROUPE Monnaies sans la hache.

N° I. Tète à gauche • devant le visage les poissons d'Emporium.

R. Croix cantonnée de quatre restes de pétales, comme au n° 3 des imitations directes de la drachme de Rhoda, au type de la rose retournée.

Trésor de Béziers'; coll. Charles Robert} flan bien arrondi j argent; 4,60; pi, I, fig. 9.

Cette pièce offre ainsi un souvenir des types monétaires de deux ateliers.

N° 2. Tète à gauche j chevelure exubérante, mais bien rendue j les poissons ne paraissent pas avoir existé. Le visage, d'art tout gaulois, n'est pas sans une certaine harmonie.

R. Croix cantonnée de quatre restes de pétales, comme au numéro précédent, & d'un objet en forme d'oreille.

Rencontrée à Béziers & dans l'Aveyron; Cabinet de Francej argent; flan bien arrondi; 3,65; pi. I, fig. I o.

' Cf. Torremiizza, Vet. num, Sic'iViae, ij8i,passim, & A. Salinas, Le moncte délie antiche citta di Sicilia, in-4'', 1872, pi. XIX, fig. 24 à 82.

^ Le trésor de Béziers se composait de ySo pièces d'argent. Cf. M. L. Nogiiier [Bull, de la soc. archéol. & scicntif. de Béliers, 1872, p. 277 & pi. IV).

Cette pièce^ plus ancienne que la précédente par son type, s'éloigne davantage par son poids de la drachme de Rhoda.

N« 3. Tète à gauche d'un style tout différent^ les lèvres semblent découpées dans le profil, au lieu d'être représentées par deux petits globes détachés & obtenus dans le coin au moyen d'un poinçon.

R. Semblable à celui du n° 2.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent; 3,5i ; pi. I, fig. u.

N° 4. Tête à gauche, différente de celle du numéro précédent^ les lèvres sont détachées & très-allongées.

R. Semblable à celui du n" 2.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent; 4,60; pi. I, fig. 12.

N'» 5. Tète à droite toute particulière 5 coiffure partagée en plusieurs lobes par des baguettes. Le champ de la pièce est encadré dans un grènetis.

R. Revers analogue au précédent, mais les figures représentant les pétales sont plus pointus & l'objet accessoire est remplacé par une sorte de torque.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent; 4,70; pi. I, fig. i3.

N" 6. Tête à droite; chevelure délicatement rendue, nouée vers le bas; sur le cou, à la place du collier, deux courbes à pointes aiguës.

R. Comme celui du numéro précédent, si ce n'est que le torque est remplacé par un objet fermé.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; flan coupé aux ciseaux; argent; 3,53; pi. I, fig. 14.

N° 7. Tête à droite ; le nez & le menton sont démesurément gros; les lèvres sont remplacées par deux globules; l'œil est triangulaire; le front est orné d'un bandeau perlé, sur lequel sont placés des arcs de cercle; les cheveux, relevés au-dessus de ce bandeau, retombent sur la nuque; un fleuron est placé devant la bouche.

Quelques exemplaires laissent voir le grènetis qui entourait la pièce.

R. Croix avec une petite sphère au cen-

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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

tre. Les objets qui rappellent les pétales sont plus allongés que dans les numéros précédents & en tout semblables à ceux qui se montrent sur le n" 2 & le n° 3 des spécimens d'imitation pure de la drachme de Rhoda. Au premier canton, dans la courbure de l'objet qui remplace le pétale, le graveur a représenté une figure composée d'une demi-circonférence coupée par un arc de cercle de plus grand rayon; au quatrième canton le reste de pétale est accompagné d'un perlé.

Plusieurs exemplaires recueillis à Vieille-Toulouse; coll. Gariel; argent; 3,41 à 3,45; pi. I, fig. 36.

N° 8. Tête barbare à gauche; chevelure frisée à deux étages; le profil, sur les exemplaires où les lèvres sont épaisses, rappelle complètement le type nègre.

R. Croix cantonnée, comme aux numéros précédents, de quatre objets tenant lieu & place des pétales; mais ces objets, tout à fait aigus à leurs extrémités, sont devenus des croissants; dans leurs concavités trois points & un annelet.

Coll. Charles Robert; trois exemplaires; 2,52 à 2,80; pi, I, fig. i5.

Cette monnaie, connue dans les collections sous le nom de tête de nègre, était représentée par divers exemplaires variés dans le trésor de l'Ile de Noé; elle est commune à Vieille-Toulouse & a été rencontrée plusieurs fois par M. Ricard sur le territoire de l'ancien évêché de Maguelone.

L'image du croissant, à laquelle les graveurs de coin étaient tout simplement arrivés par la dégénérescence progressive du prototype, est très-fréquente sur les monnaies à la croix & se retrouvera sur plusieurs des spécimens à décrire. Elle a beaucoup préoccupé les numismatistes; ainsi, au dernier siècle, elle a contribué à faire confondre les monnaies des Tectosages ou de leurs voisins avec la monnaie melgorienne, incriminée par Clément IV', &, de nos jours, les antiquaires qui veulent trou-

Le croissant, qui est considéré comme l'emblème de l'ishimisme, ne figure sur aucune monnaie arabe.

ver sur les monnaies gauloises des thèmes religieux y ont vu la preuve que nos ancêtres étaient voués au culte de Diane triomphante'. Sans contester que les Gaulois aient, comme d'autres peuples, mis des emblèmes religieux sur leurs monnaies, il ne faut pas oublier que, dans la composition de leurs coins, ils empruntaient souvent aux monnaies étrangères non-seulement le type principal, mais ses accessoires.

N° 9. Tête à droite, lourde de style; la chevelure est représentée par trois longues mèches à double courbure.

R. Type du numéro précédent; l'annelet porte un point à son centre; les reliefs sont largement accusés.

Cabinet de France; argent; 3, 12; pi. I, fig. 16.

Suivant M. de Saulcy% il n'y a point de monnaies à la croix plus communes dans le Languedoc que celles qui portent, au revers, comme les n*" 8 & 9, quatre croissants recouvrant trois petits globes & un annelet. Ces monnaies se rencontrent parfois aussi en Provence,

N° 10. Tète à gauche, d'un style tout particulier; le front est fuyant & le visage, en quelque sorte découpé à part, se détache de la chevelure 8c du cou.

R. Croix cantonnée de quatre croissants & de cinq points. Les branches de la croix sont minces.

Cabinet de France; flan coupé aux ciseaux; argent; 3,76; pi. I, fig. 17.

N" II. M. Garîel possède une variété de cette pièce, du poids de 8,72, au revers de laquelle les croissants paraissent n'avoir pas existé, il n'y a dans les cantons que les cinq points. D'autres exemplaires, sur lesquels on ne voyait également que les points, faisaient partie du trésor de l'Ile de Noé & pesaient de 3,3o à 3,40.

N° 12. Tête, dite tête de nègre, analogue à celle du n" 8, fig. i5.

R. Môme type de revers où les trois

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' De Crazannes, Revue num. \'i.n), ji * Revue num, 1867, p. 10.

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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

croissants, couvrant chacun un point, sont parfaitement visibles.

Coll. Garielj argent j flan coupé aux ciseaux; 3,19.

N"^ i3. Tète à droite; le nez, les lèvres & le menton ont été obtenus, dans le coin, au moyen de poinçons; la chevelure retombe en longues mèches doublement contournées & terminées par de petites sphères; sur le front un diadème; de grosses perles forment un collier.

R. Croix cantonnée de quatre croissants & d'un point.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert j flan coupe aux ciseaux; argent; 4,69; pi. I, fig. 18.

élégamment contournés; le cou est remplacé par un petit triangle.

R. Croix portant dans le second canton un point & un croissant; dans le quatrième, cinq petits globes disposés en croix, & dans les deux autres, des objets trop effacés pour être déterminés.

Musée de Saint-Germain; argent; flan cisailUj

pi. I, fig. 2 1 .

N° 17. Tète à gauche, ressemblant à celle du n" 2, fig. 10; mais le flan ayant été cisaillé, le haut de la tête n'est pas visible.

R. Croix portant, au premier canton, un annelet; au second, un autre annelet avec un point au centre & deux points placés

sur la circonférence; au troisième, un si- N° 14. Tête à gauche; traits largement gne en forme de S; enfin, au quatrième,

accusés; cheveux disposés en boucles, régulièrement entrelacées 8c enveloppées par un ornement epicycloïdal. Ce dispositif se retrouve, dans d'autres parties de la Gaule, sur des monnaies voisines du temps de César.

R. Croix portant, au premier canton, des restes de points; au second & au troisième, un croissant recouvrant un petit globe; au quatrième, trois petits globes, montés sur une tige ou placés bout à bout.

Trésor trouvé dans les environs de Blaye; Cabinet de France; argent; 3,49; pi. I, fig. 19.

N" i5. Tête à gauche, très-barbare; les traits du visage, le cou triangulaire & les cheveux ont été obtenus, dans le coin, au moyen de poinçons appliqués les uns à côté des autres.

R. Analogue à celui du numéro précé-

un croissant enveloppant un point.

Cabinet de France; flan cisaillé; argent; 2,70; pi. I, fig. 22.

Je possède un exemplaire de cette pièce dont la tête est plus barbare, où l'ordre des signes n'est pas le même au revers & qui pèse 2,58.

Une variété, découverte à Périgueux, appartient au musée de cette ville.

Enfin le musée de Toulouse en possède un exemplaire, au droit duquel se voit la tête dite tête de nègre; cette pièce a été exhumée à Pinsaguel.

M. de Crazannes, trompé par un exemplaire qui ne laissait pas distinguer tous les accessoires du type, avait fait du signe en forme de S & de l'annelet le commencement du nom des Sotiates'. D'après ce que j'ai dit plus haut, il n'est pas tout à fait impossible que les Sotiates aient participé au monnayage à la croix, mais on en

dent. Le coin n'ayant pas porté sur le mi- est encore réduit sur ce point à de pures lieu du flan, on ne voit qu'un anneau, placé hypothèses. Les seules monnaies apparte-

dans le troisième canton, & trois globes, montés sur une tige, dans le quatrième.

Cabinet de France; argent; flan cisaillé; 2,95; pi, I, fig. 20.

Cette pièce, rapprochée de la précédente, est un exemple frappant de la dégénérescence des types.

nant sûrement aux Sotiates' sont moins anciennes que les monnaies à la croix, même que celles qui portent une légende latine.

N° 18. Tête à gauche; les lèvres & le nez sont pointus; les cheveux forment des boucles.

N" 16. Tête à gauche; incomplètement . cf. de la Saussaye, Revue num. ,866, p. BçS.

sortie du coin, mais paraissant procéder = Voir ces monnaies dans les planches du Prcf.

de celle du n" i3, fig. 19; les cheveux sont topog. des Gaules, n. 47.

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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 478

R. Croix présentant, dans le premier l'autre une série de petits angles inscrits canton incomplet, un point; dans le second & le troisième, un croissant, & dans le quatrième, une sorte de fleur de lis surmontée d'un trait.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent; flan cisaillé; poids moyen de plusieurs exemplaires : 3,65; pi. I, fig. 25.

N" 19, Tête à droite; œil démesurément ouvert; lèvres anguleuses; barbe courte; collier perlé.

R. Croix à branches minces; le premier canton est occupé parmi croissant enve- pée en deux; il n'est pas probable qu'il loppant un point; le second est fruste; le ait renfermé un croissant, cet objet étant troisième laisse distinguer l'amorce d'un généralement figuré deux fois dans le coin, annelet. Quant au quatrième, qui fait l'in- Le quatrième canton est occupé par une térêt de la pièce, il est occupé par un qua- sorte de roue à aubes courbes, drilatère curviligne, qui n'est autre chose n^ j^ Noé; empreinte plus grande que les flans

Note

entre deux arcs de cercle concentriques.

Musée de Saint-Germain; argent; flan cisaillé & devenu rectangulaire; pi. I, fig. 23.

Une pièce analogue a été rencontrée en Provence, suivant M. de la Saussaye".

N* 22. Tête de même style, mais tournée à gauche.

R. Au premier canton, les restes d'un anneau à dents; au second, la série de petits angles jointifs; le troisième canton tout entier a disparu lorsque la pièce a été cou"

qu'un type principal devenu accessoire (voir les figures 7 & 8 de la planche première).

Capdenac; Cabinet de France; argent; 2,90; pi. I, fig. 26.

& pouvant servir à deux pièces; argent; de 3,3o à 3,40'; pi. I, fig. 24.

J'ai compris cette monnaie & la précédente dans la première planche, par suite d'une ressemblance de tête que j'ai indi-

Ce spécimen, par sa tête barbue, rap- quée ; mais comme un des objets figurés à

pelle les monnaies transpyrénéennes, com- leurs revers n'est pas visible, il ne serait

munes surtout dans la partie de l'Ibérie pas impossible que ce fût une hache. Ces

qui forma la Tarraconaise; il doit être pièces passeraient alors à la seconde plan-

cependant attribué à la Gaule, si les trou- che, où elles prendraient place après les

vailles à venir confirment les observations monnaies, également cisaillées, qui ont été

de M. A. Heiss, desquelles il résulte que gravées sous les n°' 21 & 22. De nouvelles

les monnaies n"*' 7 & 8, pi. I, ne se ren- trouvailles permettront seules de trancher

contrent pas en Espagne. la question.

N" 20. Tête sans barbe tournée à droite.

R. Revers mal venu & laissant voir seulement un point au troisième canton & un quadrilatère au quatrième.

Trésor de l'Ile de Noé; argent; pesant de 3,3o à 3,40'.

N* 21. Tête à droite; bon style; chevelure analogue à celle de la monnaie décrite plus haut, n" 2 & fig. 10. Le flan, cisaillé après la frappe, ne laisse voir du visage que l'œil & le sourcil.

R. Le flan, plus petit que le coin, ne montre que deux des cantons de la croix, portant l'un un objet en forme d'oreille,

' Cf. l'article de M. d'Hervey de Saint-Denis; Revue num. 1841, p. i55 & i56, & pi. VI, fig. 8.

N° 23. Tête à gauche; le nez & le front rappellent le profil grec; chevelure légèrement indiquée.

R. Croix cantonnée d'un signe en forme d'oreille, avec un point au centre, & de trois objets ressemblant à des V.

Capdenac; Cabinet de France; flan arrondij argent; 3,6o; pi. I, fig. 27.

Ces objets ressemblant à la lettre V & la panse du signe arrondi comme une oreille ont pu, aussi trompeurs que la pièce à l'S, faire admettre par quelques numismatistes, au début des études gauloises, une prétendue légende renfermant les principales

' Revue num. 1866, p. 399.

"^ Hervey de Suint-Denis; Rtvuc num. pl.VII, fig. 3.

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

lettres du nom latin des Volkes. M. de la Saussaye a, le premier, constaté que ces divers signes n'étaient pas des lettres".

N° 24. Tête à droite, de moins bon style que la précédente & d'un caractère tout particulierj l'oreille est retournée.

Cette pièce, d'exécution assez barbare, faisait partie de la collection de M. de Saulcy, à qui elle avait été présentée comme provenant de la rive droite du Rhin.

N° 28. Tète à droite, à peu près de même style que la précédente j les boucles des

Note

R. Croix cantonnée de deuxV &de deux cheveux sont plus petites & plus serrées.

objets formés chacun de trois croissants & d'un petit globe.

Cabinet de France j flan arrondi; argent; pi. I, fig. 28.

Une pièce toute semblable a été comprise, par M. de Crazannes*, dans une planche de monnaies à la croix, qu'il signale comme découvertes dans les départements du Gard, de la Haute-Garonne & de Tarn-&-Garonne.

N° 25. Tête à droite j cheveux courts & frisés.

R. Croix ayant, au premier canton, un V; au second, un annelet; au troisième, un grand anneau, un annelet & un point; au quatrième, un V, surmonté de cinq points.

Catinet de France; flan rond; argent; pi. I, {]g. 29.

N° 26. Tète à droite; type du n° 24, lîg. 28, décrit plus haut.

R. Croix portant, au premier canton & au quatrième, un objet en forme de V & trois annelets dans les deux autres cantons.

Cabinet de France; reliefs légèrement accusés; dan arrondi; argent; i,56; pi. I, fig, 3i.

N" 27. Tête à droite, tout à fait barbare;

mèches de cheveux à deux étages. L'œil, seules qui se seraient rencontrées en Ger-

le nez & les lèvres sont représentés par de manie. M. de Saulcy en possédait, en effet,

petits globes. d'autres exemp-Iaires, qui lui avaient été

R. Croix portant, au premier canton, vendus comme provenant du grand duclié

un V; au second, deux points unis par un de Bade & de la Forêt Noire. D'un autre

trait; au troisième, trois points, dont un côté, plusieurs pièces semblables existent

R. Croix portant, au premier canton, un V à extrémités bouletées; au second, deux points unis par un trait; au troisième & au quatrième, trois ou quatre points assez confus.

Cabinet de France; argent; 1,82.

N" 29. Tête à droite, tout à fait barbare; les cheveux sont rendus par des demi-cercles superposés.

R. Croix portant, au premier canton & au quatrième, une figure formée d'une sorte de V dont l'ouverture est partagée en deux par une bissectrice; au second 8t au troisième, trois annelets.

Collection du prince de Furstenberg, à Donaueschingen ; flan rond ; argent; 1 ,91; pi. I, fig. 3o.

Des sept pièces précédentes, qui forment une famille à part, caractérisée par la présence d'un objet en forme d'angle, avec ou sans bissectrice, l'une, le n" 23, a été trouvée à Capdenac; l'autre, le n° 24, provient, suivant M. Chalande, de Rodez; une troisième, le n° 27, est indiquée par M. de Saulcy comme découverte de l'autre côté du Rhin, & l'on peut croire qu'il en est de même du n° 29, qui fait partie de la collection du prince de Furstenberg. Ces deux dernières monnaies, d'un style tout particulier, ne seraient pas les

est peu visible; enfin, au quatrième, deux arcs de cercle joints bout à bout.

Cabinet de France; flan rond; argent; i,85, pi. I, fig. 32.

' Revue num. 1866, p. 395.

=■ Revue num. iSjp, p. i65 & 168, 8c pi. Vil], ilg. 9.

dans les collections d'Augsbourg '. Ce savant ne doute donc pas que des monnaies, portant dans les cantons un signe procé-

' lahresherîc/ttc des h'istonschcn Kreisverelns von Schwaben und Neuhourg,^fur die lahre 1839 und 1840; Augsbourg, 1843; 111-4°; P- 'c-^ à 108 & pi. I, n°*37 &46, pi. III, n'''29, 3i, 32 & 34.

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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

dant de l'angle, ont été rencontrées entre le haut Rhin & le haut Danube, & comme il est, sinon impossible ', du moins peu probable qu'un seul trésor, venu de Gaule, ait fourni tous les spécimens dont je viens de parler, il s'ensuivrait qu'il y avait, en Germanie, un peuple qui avait le même type monétaire que les Volkes des plaines de la Garonne. Or on sait par César* qu'il y avait des Tectosages sur les confins de la forêt Hercynia, & Isidore de Séville^ énumère desTolosates parmi les Bructères, les Vangions & les Chamaves; on est donc naturellement amené à classer les monnaies portant le signe angulaire en partie aux Volkes de notre Gaule, en partie aux Volkes de Germanie, & comme le type de ces monnaies, de même que celui de la plupart des monnaies que nous étudions, est d'origine gréco- ibérique, il s'ensuivrait que les premiers formaient le centre, le gros de la nation & qu'ils avaient donné aux autres leurs lois monétaires. Ce n'est que beaucoup plus à l'est, en descendant le Danube, que l'on rencontre un système monétaire tout différent, ayant pour unité principale une grosse pièce d'argent, le tétradrachme, dont le type général avait été puisé directement dans les ateliers de la Grèce. Dans tous les cas, la numismatique ", apporte ici, à l'histoire des Gaulois, des éléments dont la valeur mérite d'être discutée.

N° 3o. Tête à gauche j les traits du visage sont bien proportionnés; la coiffure est régulière.

' Les monnaies, dans l'antiquité, étaient souvent transportées fort loin, entre peuples de même race. M. de Saulcy possédait une pièce à la croix trouvée chez les Gaulois du Danube, & l'on sait qu'Eckhel, lorsqu'on lui montra, à Toulouse, un bronze portant l'ethnique de Béziers & fort commun dans le Languedoc, déclara qu'on lui en avait apporté de la Basse-Hongrie une quantité si considérable qu'il dut la livrer au fondeur. Enfin, suivant le témoignage de Lelewel, un tétradrachme inconnu dans les ateliers de la Gaule & appartenant aux riverains du Danube, ainsi qu'on n'en doute plus aujourd'hui, aurait été trouvé sur le sol de la France.

' Bello Gallico vi, 24.

^ Hispal. Etymol. ix, ch. 2, J 56.

R. Croix cantonnée de quatre angles très-ouverts, dont les côtés se confondent presque avec ses branches.

Cabinet de France; flan circulaire; petit module; argent; 0,68; pi. I, fig. 33.

Si cette jolie monnaie a, par les objets figurés dans les cantons, quelque analogie avec les numéros précédents, elle est d'un style tout différent & plus pur. M. E. Murot, attaché au cabinet des médailles, l'attribue aux Gaulois de la Transpadane, où elle s'est rencontrée,

N° 3i. Droit présentant seulement une forme inintelligible légèrement en saillie.

R. Croix cantonnée d'un angle, d'une sorte de K avec un point, d'un annelet, & enfin d'un arc de cercle terminé par de petites boules & surmonté d'un point.

Cabinet de France; flan rond; argent; 1,90; pi. I, fig. 35.

N" 32. Au droit, des traits confus, que l'état de la pièce ne permet pas de déterminer.

R. Croix portant, au premier canton, un angle avec bissectrice, semblable aux objets représentés sur la pièce n" 29, fig. 3o; au second & au troisième, un objet formé d'une sorte de tige qui se bifurque à son extrémité, vers le bord de la pièce, en deux arcs de cercle; enfin, au quatrième canton, un point, &, au-dessus, l'amorce d'une courbe convexe.

Cabinet de France; argent; 1,21.

Cette pièce, que je n'ai pas fait graver, est de provenance inconnue.

N° 33. Je cite ici, mais seulement pour mémoire, une monnaie' de type insolite, dont je ne connais pas l'original. Elle présente, au droit, une tête casquée à gauche; au revers, une croix portant, dans le premier canton, un objet indéterminé; dans le second, un annelet; dans le troisième, un point; & dans le quatrième, une main ouverte. Si cette pièce a réellement existé, elle doit être sortie d'un atelier voisin du pays des Santons, auxquels on

" Cf.de la Saussaye, Jîevwe num. 1866, pi. XV'II, fig- 47-

Note

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

attribue des pièces d'or, sur lesquelles se voit également une maiji comme signe accessoire.

Les trois monnaies suivantes présentent une croix, non plus à branches lisses, mais à branches fourchues, qui rappellent les sépales de la rose retournée, tels qu'ils sont représentés à la fig. 4, pi. I.

N" 34. Droit semblant sans empreinte, tant la forme de la tête est peu accusée.

R. Croix dont les branches sont fourchues à leurs extrémités & portent un petit globe à leur rencontre. Dans les cantons, des objets en forme de fer à cheval.

Cabinet de Francej flan arrondi; argent; 4,5o; pi. I, fig. 34.

N° 35. Droit présentant à la place de la tête une saillie en forme de sphère aplatie, qui occupe presque tout le champ de la pièce.

R. A peu près semblable à celui du numéro précédent '.

N° 36. Objet placé horizontalement & traversé par une sorte de hampe.

R. Croix à branches doublement fourchues à ses extrémités j dans les cantons, au lieu des objets en forme de fer à cheval, des croissants minces & aigus, semblables à ceux de quelques-unes des pièces décrites plus haut, & par exemple, des n"" 17, 18 & 25, mais les pointes tournées en dehors, c'est-à-dire vers les bords de la pièce'.

Je n'ai pas dessiné cette pièce, ni uno ou deux de ses variétés, que je ne connais pas en naturel Leur poids est élevé & atteint quelquefois près de 5 grammes.

Les petits croissants, qui cantonnent la

' Cf. de la Saussaye, Revue num. i 866, pi. XVII, fig. 54.

* Les croissants tournés en dehors ont été fréquemment employés, dans l'antiquité, comme éléments du type monétaire. Voir, par exemple, les monnaies frappées en Carie au cinquième siècle avant J.-C. (Waddington, Revue num. i856, p. 60 Se pi. III, fig. 5 & 6.)

3 Cf.de la Sau.saye, Revw; num. 1866, pi. XVIÏ, fig. 57.

croix fourchue, lorsqu'ils se rapprochent du centre, donnent tout à fait au revers de cette pièce l'aspect du revers du n** 4, fig. 4, où le calice de la rose retournée & ses sépales barbus sont encore parfaitement accusés.

N° 37. Dans le premier sous-groupe des monnaies à la croix & immédiatement après la fig. i5 de la pi. I, j'aurais dû, si je m'en étais rapporté uniquement au revers, décrire la monnaie suivante; mais le type insolite qu'elle présente au droit lui réservait une place à part :

Note

Tête de face dont le visage, vers le bas, s'élargit démesurément. Sur la tête, une sorte de crista dont les rayons sont terminés par de petites boules, comme sur les n"' 17 & 18 de la pi. II. De chaque côté du visage, un filet enroulé en volute.

R. Croix cantonnée de trois croissants, les pointes tournées en dedans, & dans la concavité desquels se rencontrent un annelet & trois points.

Ancienne coll. de la Saussaye; musée de Lyon; argent; 3,5o '.

Cette pièce, découverte, il y a trentecinq ans, avec des monnaies analogues aux figures l5, 24, 26 de la planche I, & 20, 22, 3i de la planche II, fut acquise par M. le marquis d'Hervey de Saint-Denis qui l'offrit à M. de la Saussaye.

M. de Longpérier a constaté que ce type insolite rappelle les monnaies d'Yviça, au Cabire, dont on a trouvé des exemplaires dans un trésor exhumé en Languedoc. La circulation simultanée dans le midi de la Gaule des monnaies baléare."; & d'une pièce gauloise reproduisant leurs principaux caractères, prouve de nouveau que des relations internationales existaient en Gaule au sujet du signe d'échange comme dans tout le monde grec.

' Revue num. 1840, p. 413, Si pi. XXIII.

Note "4

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

DEUXIEME SOUS-GROUPE Monnaies a la hache,

La hache a été considérée par M. Dumège & par M. de la Saussaye ' comme représentant une arme de guerre & servant en même temps de symbole à la nation des Tectosages. Il n'est nullement certain que la hache, qui figure sur les monnaies à la croix, soit autre chose que l'outil dont on se sert dans diverses professions. Quant au caractère emblématique que lui attribuent ces auteurs, il est également contestable. Le fait d'être représenté sur des monnaies gauloises n'implique pas nécessairement qu'un objet ait été l'emblème de la nation'; la variété des plantes, des animaux, des armes, des outils & des objets de toute sorte accumulés, comme types principaux ou comme accessoires, sur les pièces de divers métaux, aussi bien au nord & au centre qu'au midi, exclut le caractère qu'on veut donner à quelques-uns de ces objets. Il faut se borner à constater que la hache, de tous les accessoires du type de la croix, est, pour un motif qui nous échappe, celui qui se rencontre le plus sur les monnaies qui s'exhument dans le midi de la Gaule. La hache n'est pas particulière aux monnaies dites à la croix, on la rencontre non-seulement sur diverses monnaies de la Grèce, mais sur un statère gaulois, qui ne paraît pas être d'origine méridionale.

' Rev. num. 1866, p. 894.

* Les monnaies, dont le caractère a été jusqu'aux temps modernes essentiellement commercial, combinaient leurs types dans un Lut spécial. Au moyen âge même, à l'inverse des sceaux & des bannières, les monnaies ne s'attachaient pas toujours à exhiber l'emblème héraldique du seigneur ou celui de la cité. Si les blasons & si l'image des saints patrons se montrent fréquemment sur les monnaies de cette époque, il arrive fort souvent aussi que le blason est torturé de manière à figurer aux yeux celui d'un voisin plus puissant, & que le saint représenté n'est pas le patron de la ville, mais celui d'une cité étrangère dont on avait intérêt à imiter les monnaies. C'est ainsi que le chatel de Tours 8c la fleur de Florence ont envahi le coin monétaire de plusieurs Etats d'Europe, sans être devenus en aucune façon les emblèmes de ces Etats.

N" i.Tête à gauche, chevelure à boucles courtes & régulières; collier perlé; à hauteur du visage, les deux poissons empruntés aux drachmes d'Emporium ou à diverses pièces de Sicile.

R. Croix à branches lisses, avec quatre objets rappelant les pétales de la rose, &, dans la courbure de deux de ces objets, un signe en forme d'oreille & une hache.

C'est, sauf l'addition de cet instrument, le revers des fig. 10, 11 & 12, pi. I, appartenant au premier sous-groupe.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; flan arrondi; argent; 3,63; pi, II, fig. 1.

N" 2. Variété de tête; chevelure en longues mèches; même revers.

Trésor de Béziers ; plusieurs variétés; argent; pi. II, fig. 2.

N° 3. Autre variété de la même pièce; la tête beaucoup plus grande & d'Un style différent; rien de visible devant le visage; les cheveux sont formés de mèches contournées. Le revers est le même.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent; 3,55; pi. II, fig. 3.

N° 4. Tête de femme à droite; collier; cheveux réunis sur le derrière de la tête & s'échappant du lien en mèches ténues; entre les lèvres, une tige portant deux feuilles. Cet accessoire, élégamment rendu, présente le dispositif général des deux poissons.

R. Croix cantonnée de quatre restes de pétales, en dedans desquels se trouvent répartis un losange, avec un point qui lui donne l'aspect d'un œil, un signe en forme d'oreille, un triangle. & une hache.

Cabinet de France; argent; pi. II, fig. 4.

M. de la Saussaye' pense que le graveur du coin a bien eu l'intention de représenter un œil & une oreille, qui avaient été les emblèmes de la divinité. Mais alors la hache & le triangle devraient aussi revêtir un caractère hiératique, & il en serait de même des moindres accessoires.

' Revue num, 1866, p. 894.

NOTB

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

N° 5. Tête à gauche; collier; l'arcade souccilière & l'oeil ont une largeur démesurée; les cheveux sont ramenés en arrière, relevés & liés à leur extrémité, de manière à former une saillie très-prononcée qui occupe une partie du champ de la pièce. Devant le visage, les deux poissons.

R. Croix cantonnée de quatre restes de pétales, dans la courbure desquels se reconnaissent : 1° deux sortes d'oves évidés, renfermant des objets en forme de fruits, 2° une hache surmontée de deux points; 3° un objet elliptique fermé par un petit globe. La hache est munie de son couvretranchant.

Cabinet de France; 3,45; pi. II, fig. 5.

Je possède plusieurs exemplaires de cette jolie monnaie, qui proviennent tous du dépôt de Béziers. La chevelure y est toujours caractérisée par une queue énorme; mais les revers présentent des variétés qui consistent dans une disposition différente des accessoires ou dans la suppression de quelques-uns d'entre eux.

N° 6. Tête à gauche; cheveux formant trois systèmes de boucles; une sorte d'accolade placée en face de la bouche est substituée aux deux poissons.

R. Semblable à celui du n° 4, sauf le remplacement dû triangle par quatre points.

Coll. Charles Robert; argent; 3,57; P^- ^^^ fig. 6.

Plusieurs variétés de cette pièce se sont rencontrées dans le dépôt de Béziers.

N" 7. Tète à gauche, mal venue; cheveux hérissés; nez rentrant; menton fort en saillie.

R. Croix cantonnée de quatre restes de pétales, dans la courbure desquels se reconnaissent une olive, trois points, une hache & enfin un anneau dont le centre est marqué par un point.

Cabinet de France; Fonds de Luynes; très-petite pièce d'argent pesant 0,40, ce qui en ferait un tritemorion ; mais le poids des subdivisions est assez irrégulier & il est difficile de se prononcer sur un seul exemplaire.

N° 8. Tête à gauche semblable à la précédente, mais bien venue & d'assez joli

style; le sourcil est fortement accusé; les cheveux sont formés de mèches rejetées en arrière.

R. Croix cantonnée de quatre restes de pétales, d'un anneau, d'un objet elliptique, d'une hache & de trois points.

Cabinet de France; fonds de Luynes; argent; 0,39.

Il existe des variétés de cette division, où les objets du revers sont inversés.

Le système de permutation des accessoires était très-usité; il permettait, sans changer de poinçons, d'obtenir un nombre très-considérable de coins différents.

N" 9. Tête de femme à gauche; chevelure régulière, formée de deux étages de boucles en forme de c/j; ornement d'oreille à trois pendants; en face du visage, deux poissons..

R. Croix cantonnée, au premier, d'un reste de pétale & d'une olive; au second, des mêmes signes; au troisième, d'une hache; au quatrième, d'un reste de pétale & d'une ellipse évidée.

Sur un dessin commmuniqué par M. Anatole de Barthélémy, pi. II, fig, 7.

M. Gariel possède une pièce de même revers, mais dont la tête a un autre caractère & dont le poids est de 3,55.

N° 10. Tête à gauche très-barbare; le visage & le cou sont mal ajustés l'un à l'autre; les lèvres sont représentées par deux tiges terminées en forme de boule; les cheveux sont formés de mèches isolées; à la hauteur du cou, des traits recourbés semblent un souvenir de la queue du n° 5, fig. 5. Devant le visage, les deux poissons.

R. Croix cantonnée, au premier & au quatrième, d'un reste de pétale & d'une olive; au second, d'un reste de pétale & d'une ellipse; au troisième, d'une hache.

Provenance inconnue; Cabinet de France; plomb de grandes dimensions; pi. II, fig. 8.

Duchalais & M. de la Saussaye ont déjà publié cette pièce qu'ils considèrent comme authentique. Ce dernier, pour expliquer ses dimensions tout à fait insolites dans notre Gaule & la nature de son métal, propose de la considérer comme un faux tetradrachme du temps, ou plutôt comme l'âme d'un tetradrachme qui aurait perdu

Note

NOTB

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

sa légère enveloppe d'argent. Le tétradrachme ne se frappait ni chez les Volkos, ni dans les pays voisins. Cette pièce n'est peut-être qu'une contrefaçon moderne.

N" II. Tète à gauche; le front & l'arcade sourcilière se confondent; la coiffure est formée d'un mélange de grosses perles & de courbes.

R. Croix avec un globe à la rencontre des bras; dans les cantons, ce qui rappelle les pétales; de plus, dans le second, une courbe en forme d'oreille, &, dans le troisième, une hache.

Coll. Charles Robert; argent) 3,55j pi. II, fig. 9.

N° 12 Tète à droite d'assez bon style; devant le visage, deux courbes perlées tenant la place des deux poissons.

R. Croix portant, au premier canton & au second, un objet rappelant les pétales & placé entre un point & une courbe perlée; au troisième, une hache; au quatrième, le reste d'un pétale enveloppant un point.

Dessin publié par M. de la Saussaye (Reyue num. 1866, pi. XVI, n. Sz); argent; 3,5o.

N" i3. Tête à gauche; derrière & sous l'oreille, une croix bouletée.

R. Croix cantonnée de deux olives, d'une hache & d'une ellipse évidée; ces figures étaient sans doute enveloppées les unes & les autres par les pétales, mais les dimensions du flan ne permettent de reconnaître que l'un de ces objets.

Cabinet de France; flan cisaillé; argent} pi. II, fig. 10.

N° 14. Profil analogue à celui du numéro précédent; derrière la tête, à la place de la croix bouletée, un gros pendant d'oreille, formé d'une perle & de trois poires à queue,

R. Incomplet, paraissant le même que le précédent.

Cabinet de France; argent; 2,80.

N° i5. Tête à gauche; les cheveux sont représentés par des ovales détachés; les narines sont minces, le nez aigu ; les lèvres

sont de gros points ronds unis au visage par des tiges effilées. Deux poissons dans le champ.

R. Croix portant, au premier canton, une olive; au second, une ellipse; au troisième & au quatrième, une hache; ces figures étaient sans doute entourées chacune d'un pétale; mais le coin n'a pas entièrement porté sur le côté gauche de la pièce.

Cabinet de France; fonds de Luynes ; argent; 2,87; pi. II, fig. I I.

Il est à remarquer que la hache, par le peu de saillie qu'a la lame relativement au talon, ressemble, sur cet exemplaire, à un marteau de forgeron.

N° 16. Type rappelant, au droit, celui représenté à la figure 5 de la planche II; les deux poissons ont un si grand nombre de nageoires qu'on peut les prendre pour deux rameaux feuillus.

R. Croix cantonnée de quatre restes de pétales ayant pris la forme aiguë des croissants; dans la courbure des croissants, deux olives, une hache & une ellipse évidée;

Dépôt de Béziers; coll. Charles Robert; argent; 3,55; pi. II, fig. 12.

N° 17. Il existe une subdivision du numéro précédent, sur laquelle on voit, d'un côté, une iête à gauche fort confuse; de l'autre, la croix & des accessoires analogues, sauf que l'ellipse évidée est pleine & ne diffère plus par conséquent des olives des deux premiers cantons.

Cabinet de France; argent; 0,26.

N" 18. Tête à gauche; chevelure îrrégulière; collier représenté par un anneau dentelé; devant le visage, à la place des poissons, deux courbes terminées par des points sphériques.

R. Revers analogue à celui du numéro précédent, mais où les objets placés dans l'intérieur des croissants font corps avec eux.

Ancienne coll. de la Saussaye; musée de Lyon; argent; 3,53; pi. II, fig. i3.

N" 19. Tête à gauche; chevelure trèsélevée; deux poissons devant le visage.

Note

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

R. Croix cantonnée, au premier, d'un objet elliptique avec un point au centre; au second, d'un objet qu'on ne peut plus déterminer; au troisième, d'un croissant & d'une hache; au quatrième, d'un croissant & d'un losange. Le coin, qui n'a pas entièrement porté, devait aussi représenter un croissant au premier & au second canton.

Coll. Charles Robert; très-petit module; argent; trois exemplaires pesant de 0,40 à 0,48; pi. II, fig. 14.

N° 20. Tète à droite d'un style tout particulier; le haut du visage est formé par un triangle bouleté à ses sommets & dans l'intérieur duquel un point figure l'œil; la mâchoire est remplacée par des points & la chevelure par des courbes.

R. Croix cantonnée de trois croissants & d'une hache; il y avait peut-être un croissant en dehors de la hache.

Cabinet de France; coll. Charles Robert; plusieurs variétés; argent; poids de o,25 à 0,44; pi. II, %. .5.

Cette pièce & la précédente se rattachent, par leur type, à des unités dont le

Ce type bizarre est évidemment conventionnel, ainsi que le prouve la bonne exécution des détails. On le retrouve, avec de légères différences, sur un assez grand nombre d'exemplaires, dont le poids ne s'écarte guère de 3,45.

N° 22. Tête à droite représentée également par un triangle avec des courbes.

Des aigrettes la surmontent, comme la crista d'un casque.

R. Croix cantonnée d'un petit globe, d'un anneau, avec un point au centre & d'un point sur la circonférence, d'une hache & d'un petit globe dans un croissant, tourné les pointes en dehors.

Trouvé à Capdenac; Cabinet de France; argent; 3,5o; pi. II, fig. 17.

N° 23. Triangle facial & traits analogues à ceux du n° 21; le contour n'a que deux courbes; l'aigrette est placée dans le haut de la pièce, comme au n° 22.

R. Croix cantonnée, au premier, d'un globe; au second, d'un croissant les pointes en dehors, d'un globe & d'un point;

Note

poids dépasse 3, 5o; elles sont donc, autant au troisième, d'une hache, & au quaqu'on peut en juger par des pesées isolées, trième, d'un globe.

trop légères pour des oboles, trop lourdes pour des hemi-oboles. Il faut provisoirement les classer parmi les tritemorions ou huitièmes de l'unité principale, en admettant que les Gaulois du sud aient accepté tous les sous-multiples du système drachmique.

Les n°* 19 8c 20 proviennent de Vieille- Toulouse.

N° 21. Tête à droite, du même type mais plus complète que celle du numéro précédent. Des courbes partant des sommets du

Trouvé à Capdenac; Cabinet de France; argent; 3,17; pi. II, fig. 18.

Une pièce analogue a été découverte à Montauban.

M. de Saulcy' a déjà signalé l'étrangeté de ces monnaies à figure triangulaire. Il les considère comme appartenant à l'une des dernières périodes du monnayage à la croix.

N° 24. Tête à gauche; profil assez pur; ornements de cheveux contournés à la ma-

triangle représentent les cheveux & le bas nière de la corne d'Ammon.

du visage; en face du visage, un signe R. Croix cantonnée de trois points &

ayant la forme d'un P; une sorte de dra- d'une hache.

perie, relevée par des attaches, entoure la tête. Dans le champ, des traits parallèles terminés par des points.

R. Croix cantonnée, au premier, d'un croissant entre deux points; au second & au quatrième, d'un petit globe; au troi- sorte de crête sur le front, sième, d'une hache.

Cabinet de France; argent; pi. II, fig. 16. ' Revue num. 1867, p. 8.

Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent} 3,57; pi. II, fig. 19.

N° 25. Tête à droite; cheveux entremêlés de courbes & de perles & formant une

Note "4

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

R. Semblable à celui du numéro précédent.

Musée de Saint-Germain ; argent; pi. II, fig. 20,

Il y avait, dans le trésor de Béziers, une

variété de cette pièce dont la tête, tournée

à gauche, était du type de la pièce gravée

pi. I, fig. 9.

N" 26. Tête à droite de bon style; mèches dressées sur la tète; la première retombe sur le front.

R. Croix cantonnée d'un point, d'une trinacrie sicilienne, d'une hache & d'un point.

Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy; argent; pi. II, fig. 21.

N° 27. Tète à droite, couverte de cheveux bouclés, partagés en deux étages.

R. Croix cantonnée d'un anneau perlé avec globe au centre, d'une trinacrie, d'une hache & d'un petit globe.

Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy; argent; pi. II, fig. 22.

Une monnaie semblable à la précédente, sauf au quatrième canton du revers où le point est également entouré d'un perlé, faisait partie du trésor de l'Ile-de-Noé, près Auch, & pesait, comme les autres pièces du dépôt, de 3,3o à 3,40'.

N" 28. Tète à droite à peine indiquée; ensemble confus.

R. La trinacrie du second canton est remplacée par un signe en forme d'oreille; les trois autres cantons sont identiques à ceux du numéro précédent.

Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy; musée de Saint-Germain j flan cisaillé; argent; 3,40 ; pi. II, fig. 23.

N° 29. Tète à gauche; bon style; sourcil bien accusé.

R. Croix cantonnée, au premier, d'une fleur étoilée remplaçant le point inscrit dans un perlé, &, au second, de la courbe du numéro précédent. Le troisième canton & le quatrième sortent du flan, attendu que le coin du revers était beaucoup plus grand que celui du droit 8c pouvait servir

' Revue nurn. 1841, p. 167 & pi. VI, fig. i.

NOTB

en même temps qu'un coin de droit c[ui ''"^ aurait porté deux tètes.

Coll. Gariel; flan cisaillé; argent; 3,32.

N" 3o. Tète dont on ne voit que le nez, le coin n'ayant pas été appliqué régulièrement.

R. Semblable à celui du n° 27, si ce n'est que la figure du second canton est remplacée par deux sortes de crosses, dont les spirales sont tangentes l'une à l'autre & dont les hampes vont rejoindre, sur lo bord de la pièce, les branches de la croix.

Coll. Gariel; flan cisaillé en carré; argent; 3,40.

N" 3i. Tête à droite; grandes mèches régulièrement contournées.

R. Croix cantonnée alternativementd'une hache & d'un anneau centré.

Dessin communiqué par M. A, de Barthélémy; argent; pi. II, fig. 24.

N" 32. Tête à gauche, dont les lèvres & le menton présentent une grande saillie; le front est en dehors du flan. Sur d'autres exemplaires, c'est le bas du visage qui subsiste.

R. Croix. Au premier canton, un signe dont on ne voit que l'amorce; au second, une courbe perlée; au troisième, une large hache dont le manche est lui-même formé de petits globes jointifs; au quatrième, un anneau dentelé en dedans & au centre duquel se trouve une étoile.

Trésor des environs de Rodez; coll. Charles Robert; flan cisaillé en rectangle; argent; 2,25; pi. II, fig. 25.

Les coins de cette pièce étaient beaucoup plus grands que le flan, qui a été mis au poids au moyen de ciseaux; c'est un nouvel exemple d'un procédé de fabrication très-usité dans certains ateliers & qui rend la contrefaçon plus difficile.

N" 33. Tête à gauche, de bon style; nez un peu aigu; cheveux en courtes boucles rendues avec assez de naturel; perles à la naissance du cou.

R. Croix dont les branches se réunissent sur un anneau centré; au premier canton & au quatrième, une rouelle perlée & î'

Note "4

quatre rayons; au second, une courbe en forme d'oreille; au troisième, une hache à manche perlé.

Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy; musée de Saint-Germain} argent} 2,24} pi. H, fig. 26.

N" 34. Tête analogue à celle du numéro précédent, mais mal veiiue.

R. Même revers, si ce n'est que la courbe du second canton est perlée comme les rouelles.

Mèze (Hérault)} Cabinet de France} argent} 2,26.

N° 35. Tête à gauche; les mèches, longues, tombantes & à double courbure, rappellent une coiffure fréquente sur les monnaies du centre & de l'occident de la Gaule & dénotent peut-être un voisinage d'ateliers.

R. Croix cantonnée d'une hache au premier & au troisième, &, au second & au quatrième, de deux anneaux concentriques dont le plus grand est perlé.

Coll. Boulangé} argent} pi. II, fig. 27.

N" 36. Tête semblable à celle du numéro précédent.

R. Croix cantonnée d'une sorte de flabellum; d'une roue à quatre rayons; d'une hache & d'un point.

Ancienne coll. Gillet, à Nancy j argent} 1,86} pi. II, fig, 28.

N° 37. Pièce semblable au n. 35, si ce n'est que la tête n'appartient pas au type du centre de la Gaule; trouvaille de l'Ilede-Noé; voir la planche VI de la Revue numismatique de 1841,

N° 38. Tête analogue à celle du n" 35, mais où le cou est remplacé par deux traits en angle, terminés par de petits globes.

R. Croix cantonnée d'un anneau perlé, d'une roue à quatre rayons, d'une hache & d'une figure assez difficile à décrire. C'est un rectangle ouvert à ses extrémités & sur lequel repose une sorte de compas à branches courbes. Les objets représentés sur les monnaies gauloises, aussi bien dans le Centre & dans le Nord que dans le Midi,

sont extrêmement nombreux & très-variés; les uns sont empruntés à des prototypes grecs; les autres, & les plus bizarres, sont de création indigène. Ces accessoires mériteraient une étude spéciale & d'ensemble. Mèze (Hérault)} Cabinet de France} argent; 1 ,83 } pi. II, fig. 29.

N° 39. Tête à gauche; cheveux disposés comme aux n°' 34, 35 & 37; deux traits se rencontrant à angle aigu, à la place du cou; un annelet devant le menton.

R. Croix cantonnée d'un objet elliptique dentelé & ouvert en manière de torque; d'une rouelle à quatre rayons; d'une hache & d'un angle surmonté d'une sorte de tête d'oiseau.

Cabinet de France} très-petit module} flan épais } argent} 2,15; pi. II, fig. 3o.

N° 40. Tête à gauche, de bon style; chevelure formée de boucles longues & bien disposées.

R. Croix cantonnée d'un quatre-feuilles, d'un anneau dentelé avec une étoile flamboyante au centre, d'un objet ressemblant à une grenade entr'ouverte & d'une hache à manche perlé.

Capdenac} Cabinet de France; flan cisaillé; argent; 3,5o; pi. II, fig. 3i.

Une pièce presque identique, faisant partie de la collection Colson & pesant 3,32, ne montre que le bas du visage, mais laisse voir, à la hauteur où commence la poitrine, un objet elliptique avec point au centre. Cette monnaie rentre dans la catégorie de celles dont le coin s'appliquait sur un flan large qu'on coupait ensuite aux ciseaux.

N" 41. Variété du numéro précédent; l'anneau dentelé, avec un astre au centre, est accompagné d'un objet difficile à définir. On peut voir le dessin de cette pièce Revue num. 1866, pi. XIV, fig. 11, art. de M. de la Saussaye.

N° 42. Tête à gauche, analogue à celle du n° 40, fig. 3i, & d'assez bon style.

R. Croix cantonnée, au premier, d'un quatre-feuilles; au second, d'un objet en forme de navette; au troisième, d'une

Note

NOTB

hache; télé.

au quatrième, d'un anneau den-

Argent} flan cisaillé; trésor de l'Ile-de-Noé. Je n'ai pas fait graver cette monnaie que je n'ai pu dessiner moi-même. On peut en consulter la figure, pi. X, fig. iz, Revue num, 1866, art. de M. de la Saussaye.

N° 43. Tête à gauche, mal venue, mais analogue à celle des numéros précédents.

R. Croix avec un anneau perlé au premier canton 5 une hache au troisième & un quatre-feuilles au quatrième.

Musée de Saint-Germain; dessin communiqué par M. A. de Barthélémy; argent; flan cisaillé; pi. II, fig. 36.

N° 44. Tête à gauche, de bon style j devant le visage, une sorte d'accolade rappelant les poissons.

R. Croix cantonnée, au premier, d'un disque partagé en quatre par deux barres en croix & dans les angles desquels sont de petits croissants; au second, d'un annelet perlé avec point au centre; au troisième, d'une hache; au quatrième, d'un anneau dentelé en dedans, avec point au centre.

Cabinet de France; fonds de Luynes; argent; 3,29; pi. II, fig. 32.

Cette pièce est très-curieuse par la présence, au premier canton, comme type accessoire, du type principal des monnaies à la croix dont j'ai donné plus haut, pi. I, divers spécimens.

Plusieurs pièces analogues au n. 44 faisaient partie d'un dépôt exhumé en Provence, au delà du Rhône, & qui doit se trouver aujourd'hui à Avignon, au musée Calvet.

N° 45. Tête à gauche, analogue à celle du numéro précédent; au revers, l'annelet perlé & le disque aux croissants ont permuté entre eux; arg.; 3,32; ancienne coll. de la Saussaye.

N° 46. Tète à gauche; fleuron ou poisson; le haut du coin a seul porté.

R. Disque à croissants, entouré d'une branche avec ses feuilles ou d'une couronne. Le coin étant beaucoup plus grand

que le flan, on ne voit, au revers, qu'un des cantons de la croix.

Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy; pi. II, fig. 33.

Il est à remarquer que ce disque, coupé en quatre par deux barres en croix & cantonné de croissants, qui se trouve comme accessoire de type sur les monnaies à la croix, n°' 44 & 45, existe aussi sous le cheval d'un statère d'or qu'on croit arverne'; il y a là évidemment une idée commune & peut-être une preuve de voisinage.

N° 47. Tête à gauche; collier; cheveux formés de boucles contournées.

R. Croix avec une hache au troisième canton, & dans les trois autres, un flabellum ou une large feuille sur laquelle se détache une couronne de perles; chaque feuille est jointe par une tige au centre de la croix &, pour la symétrie, un trait va du centre au talon de la hache.

Musée de Saint-Germain; dessin communiqué par M. A. de Barthélémy; pi. II, fig. 34.

N" 48. Variété de la pièce précédente, où la tête est couverte de petites boucles disposées parallèlement au front en manière de couronne.

Ancienne coll. du comte de Renesse; argent; 2,3o.

N" 49. Tête à gauche, d'assez bon style; une sorte de bandeau de cheveux crêpés règne le long du front & supporte des ornements formés de courbes & de points.

R. Croix cantonnée, comme au n" 47, de trois larges feuilles & d'une hache; les feuilles laissent voir leurs nervures partant de la tige.

Musée de Saint-Germain; dessin communiqué par M. A. de Barthélémy; pi. II, fig. 35.

Des pièces analogues aux trois précédentes & pesant de 2,25 à 2,3o ont été trouvées à Mèze (Hérault).

On peut juger par les spécimens que j'ai réunis en deux groupes principaux pour en faciliter la description, combien sont variées les monnaies à la croix & dans le

' Revue num. i856, pi. IX, fig. 9.

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

type ou le style de la tête, & dans la forme ou la disposition des accessoires du revers. En se rappelant que c'est seulement depuis peu d'années que ces monnaies sont soigneusement recueillies, on se fera une idée de l'importance extraordinaire qu'avait prise la fabrication du signe d'échange chez les Volkes &,sans doute, chez quelquesuns de leurs voisins, & l'on ne doutera pas qu'il y ait eu, dans ces temps reculés, plusieurs ateliers sur le sol du Languedoc & que chacun de ces ateliers ait fonctionné assez longtemps. L'état de la science ne permet pas, malheureuse ment, de formuler quoi que ce soit à ce sujet.

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